vendredi 15 mai 2015

De l'origine du bénitier et de la répugnance à manger du lièvre ou du lapin.

                             

 Qu’est-ce que le bénitier qui orne nos églises ? C’est, dit le Littré, « un vase consacré  à l’eau bénite ».  Ce n’est que tardivement qu’on a utilisé des coquillages dans nos églises. On a retrouvé néanmoins dans la Sardaigne préhistorique  des bénitiers à fonction religieuse, à l’entée de lieux consacrés. 
L’eau benoistier (du bénitier), comme on disait au Moyen Age, demeure toujours sacrée et lorsqu’on doit la renouveler, on la verse derrière l’église, dans un endroit secret.  
Frazer a expliqué dans Le rameau d’or ce qu’est la magie imitative : il s’agit ici, pour éviter un nouveau déluge qui engloutirait les terres et noierait les hommes comme mlors de l’immersion de l’Atlantide ,de verser de l’eau dans un trou qui l’absorbe, situé aujourd’hui derrière la sacristie en principe.
Voici ce qu’écrit  Lucien de Samosate en Syrie , il y a quelque deux mille ans, dans La Déesse syrienne qui lui est prêtée:
13. Pour ce qui suit, les habitants d'Hiérapolis rapportent un fait on ne peut plus surprenant ; à savoir que dans leur pays il se fit une grande ouverture par laquelle l'eau [du déluge qui engloutit l’Atlantide et les terres habitées] fut toute absorbée. Deucalion, après cet événement, dressa des autels et éleva, au-dessus de l'ouverture, un temple qu'il consacra à Junon. J'ai vu l'ouverture située sous le temple : elle n'est pas très grande. Fut-elle plus large autrefois, alors qu’elle est devenue si petite aujourd'hui, je n'en sais rien,  mais elle est petite. Comme preuve de ce fait, on pratique encore maintenant cette cérémonie : deux fois l'année on fait venir dans le temple de l'eau de mer. Ce ne sont pas seulement les prêtres qui l'apportent ; mais la Syrie, l'Arabie entière, ainsi que plusieurs peuples qui habitent au delà de l'Euphrate ;  ils descendent sur les bords de la mer et y puisent de l'eau ; puis ils la répandent dans le temple, d'où elle descend ensuite dans l'ouverture, et celle-ci, malgré sa petitesse, en reçoit une grande quantité.
 En agissant de la sorte, ils prétendent suivre une loi instituée dans ce temple par Deucalion, pour être un souvenir et de malheur [le déluge] et de bienfait.[la mise hors d’eau des terres] Telle est l'antique tradition qui a cours chez eux au sujet de ce temple... 
"48. Les plus grandes de ces solennités sont celles que l'on célèbre sur les bords de la mer. Je n'en puis rien dire de certain, attendu que je n'y suis pas allé moi-même et que je n'ai jamais essayé ce voyage ; mais j'ai vu ce qui se fait au retour, et je vais le rapporter. Chaque personne porte un vase rempli d'eau [de mer] scellé avec de la cire. On ne rompt pas soi-même le cachet pour répandre l'eau, mais il y a un  galle (prêtre châtré) qui demeure près du lac : il reçoit les vases, examine le cachet, reçoit un salaire, enlève le lien et gratte la cire ; cet office vaut une grande quantité de mines à ce galle . Ensuite on va porter le vase dans le temple où l'on fait la libation. La fête se termine par un sacrifice, après lequel chacun fait sa libation."

Ce vase sacré est l'ancêtre de nos bénitiers. En apportant de l'eau de mer bénite au lac sacré d'eau douce, les Syriens réalisent encore un exemple de magie imitative: ils cherchent à prévenir par ce rite antique une inondation, en offrant à l'eau du déluge éventuel un déversoir symbolique..De même, le coquillage,  shank ou conque tibétaine qui pare les autels brahmanistes , comme la conque de triton des insulaires du Pacifique, est censé être une écope que le mort embarque avec lui sur sa pirogue destinée à passer les mers diluviennes d’outre-tombe. L’écope lui permet d’éviter que sa pirogue ne se remplisse d’eau lors du franchissement des cataractes.  Le coquillage des autels brahmanistes est sinistrogyre, comme la svastika ou signe de croix qui orne les tombes basques,  c’est-à-dire que ses spires  s’enroulent en sens inverse de la marche du soleil, ce qui est rare dans les espèces de coquillages: en effet,il s’agit, là encore par magie imitative,de faire que le soleil aille en sens inverse de sa marche habituelle, de façon que ne se reproduise pas de nouveau déluge (attribué au soleil).

Les huiles saintes, qu’elles soient extraites de l’olive (huile dite vierge) ou du coco,  utilisées dans l’ onction des rois et dans le viatique (de via, chemin vers l’au –delà) de l’extrême onction ou saint chrème  sont utilisées dans le Pacifique pour  frotter les morts. Elles ont pour but de protéger les défunts,  dans leur voyage sur l’océan souterrain,   contre les coups du soleil d’outre-tombe, plus perfide et plus fort que le soleil diurne de notre monde.
Les couronnes et les fleurs, en particulier les roses, qu’on offre  aux morts, sont un signe , non de deuil, mais de levée de deuil.
Le voile  provient de religions du feu, comme en Perse ou à Rome où les gardiennes de l’autel de  Vesta, les Vestales devaient porter le  velum lorsqu’elles allumaient le feu sacré. Le voile était de couleur safran pour imiter celle du soleil et le voile qui couvrait la bouche et le nez avait pour fonction sacrée d’éviter qu’en soufflant l’air ne soit pollué et ne devienne impur. Aucun contact ne devait avoir lieu avec le soleil ou son émanation , le feu sacré.  La notion de sacré, du visage (le voile des bonnes sœurs), s’est transférée  à la chevelure des enfants et des femmes qui ne doit  être ni touchée ni même  vue résulte de l’extension du voile.Le voile safran de la mariée à Rome résulte , à date historique, du fait qu'elle était censée devenir la gardienne du feu sacré domestique, mais,  plus anciennement, il avait pour, but d'empêcher la profanation à des étrangers du "partage du souffle" que symbolise le baiser dans notre cérémonie du mariage : "Embrassez la mariée!". Nombreux sont les peuples (maoris,, eskimos) où, pour saluer quelqu'un ,on  rapproche son  nez de celui de la personne à saluer (partage du souffle vital). 
La castration sacrée  et les diverses formes de circoncision  proviennent originellement du désir d’imiter la femme et sa fécondité  (« La femme, enfant malade et douze fois impur ») en faisant saigner l’homme également.
Il est étrange de voir qu’il est interdit de manger du poisson au bord de la Méditerranée, en Egypte par exemple. Le même tabou existe dans l’océan pacifique. L’explication en est que lors d éruptions volcaniques importantes les poissons mangent des substances toxiques rejetées par le volcan et que les hommes qui  mangent ces poissons en meurent.
Les fèves sont mortelles pour certaines races dont le sang est frappé d’hémolyse brutale  en cas d’absorption. Mais en revanche elles sont peu sensibles au paludisme et s’adaptent mieux que d’autres aux régions marécageuses.
 Le porc est sujet aux mêmes tabous alimentaires, et ce  dans des religions bien plus anciennes que l’Islam. Le porc est omnivore et mange des aliments impurs, en particulier des cadavres. Le vautour qui mange la chair des cadavres exposés sur l’esplanade sommitale  des tours du silence est sacré lui aussi.
La répugnance à manger du lièvre ou du lapin (absent en Europe, sauf en Espagne), ou bien l’interdiction de manger de la vache aux Indes pour les brahmanistes est d’origine religieuse très antique et plus difficile à expliquer.
Il nous faut remonter aux indo-européens ou plutôt aux Ibères et aux ligures (dont le nom est apparenté au nom du lièvre, grec lagos, qui était leur totem et leur animal favori, ainsi qu’Aristote le rapporte pour les Grecs ionienne) pour comprendre son intervention, ou plutôt au calendrier et aux figures du ciel.  Pour les vaches sacrées du Soleil dont parle l’Odyssée,il y a quelque quatre mille ans au moins, il faut comprendre le sens de la métaphore, déjà utilisée dans le Rig Véda et expliquée par  Tilak, dans Orion ou recherches sur l’antiquité des Védas , comme celle de la vache du soleil désignant  les jours fériés ou fastes de l’année. Il porterait malheur de manger l’animal en question, car ce serait détruire des jours et raccourcir sa vie. Ce n’est que bien plus tard qu’une rationalisation a joint ce tabou et la métempsycose ou réincarnation dans des vaches.
Le lièvre, latin Lepus, grec Lagôs (constellation) et le lapin
Le diminutif lapin est tardif, comme son importation d'Espagne.  Il a remplacé l'ancien français laper ou lapereau, cf; le portugais lapão, lapin , et laparo, lièvre. le grec lebèris, lebèridos, lapin,,de leghws apparenté à grec lachnè, poil,  lassios  ,  vieux slave vlassu, latin vellus, toison, poil. Le nom latin de l'organe sexuel féminin , cunus, donnant en français con, est une métaphore signifiant le velu, cf grec konnos, barbe, komè, chevelure.. L'hypocoristique affectueux latin cuniculus, lapin, signifie le velu chéri.On retrouve dans le latin canis, le grec kuôn, kunos , le sanskrit,çunah, çvaa,le même radical kehw-n rappelant la fourrure, comme dans les noms:du cheval, animal à crinière : sanskrit açvah, latin equus, grec ippos,ou kobalos. ,latin cabalus, d'origine celtique,  avec un suffixe en -alos indiquant l'appartenance, écuyer, qui nous  a donné cheval.
Il faut d’abord rappeler l’interdiction de manger du lièvre chez les peuples d’origine celtique ou ibère, aussi bien les Anglais que les Australiens et même jadis les Corses de Vezzani, d’origine ligure (cf la commune italienne au double nom de Vezzani Ligure). L’interdiction de manger du lapin sur les bateaux continue de nos jours, comme la répugnance à en manger  en Australie ou en Angleterre.
 Le lièvre était à l'origine le lièvre des neiges pour les indo-européens ,  qui se reproduit au Printemps arctique.  C’est le favori du Soleil printanier. . Son nom signifie (celui qui a l)’oreille dévorée (par le Chien ,  lévrier démoniaque analogue à l’infortuné galga espagnol, de gal, nom du lièvre criard, cf latin  glis,loir,  et de ga, de laghwa, déchireur,  ou au lévrier canarien).Oreille se dit   en grec ousos,  en latin auris (de ausos) et arracher en grec laphussô (cf grec laptô), en arménien lup’el, d’un radical laghw, arracher avec les dents : avec  ôs , oreille on retrouve ce verbe dans le grec lagôs, le latin lepus, le lièvre de la constellation Lagôs qui a l’oreille arrachée (par le Chien d’une autre constellation).
Tilak, dans Orion ou recherches sur l’antiquité des Védas, p. 181 sqq., cite un hymne du Rig Veda : « O Indra ! Comme tu protèges ton favori (Mriga, correspondant au lièvre celtique ou plutôt à un ochotonidae du type du lièvre siffleur ou criard ou encore du pika, mriga étant la métathèse, -gari, - du sanskrit girih, cf latin glis, gliris, grec galeè, lièvre, loir, chat, belette familière) ! Laisse le chien ,lui qui , dans sa gloutonnerie,  est  toujours à le  pourchasser ,le mordre à l’oreille Je lui couperai la tête afin que cet être malfaisant ne puisse jouir de son plaisir.» et Tilak continue : «  Les trois  étoiles de la  tête d’Orion dans la constellation d’Orion évoquent une tête d’animal,car les deux étoiles des genoux d’Orion nous donnent les quatre pattes de l’animal (lièvre pour les Gaulois, antilope ou autre pour d’autres), dont on pourra admettre que la tête correspond aux trois étoiles de la tête d’Orion….J’ai montré comment on devait trouver l’image de la tête de Mriga dans le ciel. En prenant les trois étoiles de la Ceinture d’Orion pour faire le sommet de la tête, le Chien est tout près de l’oreille droite de Mriga et l’on peut admettre qu’il va la mordre. »

Ainsi il est interdit de manger du lièvre parce que celui-ci était  le favori d’Indra et une constellation qui apparaissait, très anciennement, au début de l’année ibère, en mars, au   printemps. En manger signifiait donc raccourcir la nouvelle année et mourir. Lorsque l'évolution céleste fit disparaître au début de l'année la constellation du Lièvre, à Rome, la belette , petite belle, en latin mustela, mosteile en ancien français, dont il est interdit aussi de prononcer le nom véritable,comme en anglais fairy, ou en italien  bella donna, belle dame, prit la place du lièvre et représenta les ancêtres disparus.Elle vagabondait librement dans les maisons romaines, comme les vaches sacrées en Inde. Lorsque la peste eut  pratiquement exterminé les belettes au Moyen Age,c'est le chat qui, dans certaines régions d'Europe à fort héritage ibéro- ligure comme le Portugal , lui succéda à son tour..   

dimanche 10 mai 2015

Daufelt et mes activités sur la déportation et sur les langues mélanésiennes

Un témoignage authentique sur le bagne, œuvre du faux-monnayeur Delfaut (anagramme Daufelt) et mes autres activités culturelles

Je suis tombé par hasard, chez un descendant de communard de Nouvelle-Calédonie, M. Limousin habitant  au Pont- des Français, sur un manuscrit écrit par un bagnard. Mais il ne voulait pas que celui-ci, datant de 1895, sorte de chez lui , il ne voulait pas non plus que son nom apparaisse. Aussi, avec François Otonari, neveu du député de l’époque et avec le secrétaire de la mairie du Mont-Dore M. Heyman , il fallut que je lise sur un dictaphone le texte entier, puis que je demande à Madame Lecomte de le dactylographier gratuitement. F. Otonari était alors président du Kiwanis Club de Nouméa et  cherchait de l’argent pour les œuvres sociales du club. Je lui proposai d’éditer le texte en métropole (où cela était moins cher ) qu’à Nouméa) avec des illustrations photographiques que Otonari recueillit à Sydney auprès de la Mitchell Library, collection Hugan , 1878 environ. .Nous décidâmes que l’argent irait au foyer de garçons de la Vallée du Tir, le Foyer Georges Dubois dédié à l’enfance abandonnée (ma mère était directrice du pendant féminin,  l’ « internat des filles  auquel j’ai en vain proposé de donner le nom de Louise Michel, institutrice déportée en Calédonie. Je supprimai les noms des bagnards qui figuraient en toutes lettres, les remplaçant par de simples initiales, et les rares passages susceptibles d’offenser les Kanaks. C’est sous le titre Les damnés du Pacifique et sous le nom de Daufelt que l’ouvrage parut en 1974, connaissant plusieurs tirages. .
J appris que l’ouvrage avait déjà paru, sous son titre original, en 19+19,  dans le Messager d’Alain Laubreaux, d’après un autre manuscrit, qu’il connaissait grâce à Marie-Thérèse Levizac épouse de Henri- Louis Laubreaux et qui passa dans les mains de Marthe Levizac , épouse Nicolas Tiby Hagen, puis que  sa détentrice de l’époque,Madame Danton, née Hagen, tenait d’un avocat de ses parents, Guiraud de Levizac. Je le fis dactylographier à nouveau  et le tirai à 100 exemplaires dont je remis un exemplaire à la Bibliothèque Bernheim, dirigée alors par madame H.Colombani. Une traduction australienne par Reichenbach, T. Delfaud, Story of the outcast, histoire d’un paria, 1943, Sydney, avait aussi paru pendant la guerre, pour les militaires américains.
En 1976, dans la France Australe des 27, 28 et 29 septembre, je fis paraître un supplément, le marquis de La Furetière, extrait du second manuscrit, datant de 1896.
En 1985, le 1er décembre, aux éditions Grain de sable, un universitaire,François Bogliolo,suivit le texte du Messager , c’est-à-dire le manuscrit Danton –Hagen et  fit paraître le texte sous le titre Delfaut Daufelt, Nos criminels…le bagne en Nouvelle-Calédonie, mais il ne connaissait ni l’ouvrage de Maresca et de Lacourrège, heureusement pour les lecteurs, ni le texte dactylographié que j’avais remis à Madame Colombani pour la Bibliothèque Bernheim. En somme, je suis le seul à avoir publié le manuscrit Limousin ( Thierry Folcher aujourd’hui à ma connaissance).


En 1975, Les nuits du bagne calédonien (cf le bulletin de la SEHNC, n°52, 3e trim. 1982, de  Gérard Lacourrège et Pierre Maresca, avec Philippe Godard et Luc Chevalier .
Les collaborateurs clandestins :
Luc Chevalier, ex-scout devenu grâce à la politique et à ses amis catholiques conservateur en chef du musée de Nouméa avec le certificat d’études a dû s’occuper des dessins de Bournical , dessinateur peu fiable des pirogues canaques selon le spécialiste des pirogues , le Père Neyret. Il aurait mieux fait de se préoccuper des superbes dessins de Mauger achetés grâce à l’entremise  de Jacques Cheval  par le Territoire  et qu’il relégua dans une cave où ils furent grignotés et compissés par les rats !
Philippe Godard, « historien »  qui dans son ouvrage commercial intitulé Le Mémorial calédonien parle des deux navires avec lesquels  Cook découvrit la
Calédonie alors qu’il n’en avait qu’un (G. Pisier dénombra dans le bulletin de la SEHNC157 erreurs dans le seul premier tome) : on peut supposer qu’il donna accès aux documents que des documentalistes lui avaient fourni pour son travail.
Les auteurs officiels :
 Gérard Lacourrège qui avait fait des recherches dans les archives d’outre-mer à Aix-en-Provence et fut l’auteur du livre La Calédonie :une conquête du hasard, illisible et sans plan et d’un opuscule sur le rôle des RG et d’un mystérieux « Capuano » dans  L’affaire Declercq ,
Pierre Maresca, pied noir d’Algérie comme Lacourrège, instituteur et agent de police avant de trouver sa voie dans la politique de Lafleur (candidat battu aux législatives, il est encore conseiller spécial du chef du gouvernement Frogier, pour le dédommager de n’avoir pas été élu) a dû remanier le texte et fausser les documents. Je pense qu’il désira m’attaquer (j’étais un élu à l’époque) à travers le bagnard dont j’avais publié les mémoires.
Généalogie de Jean-Baptiste Delfau.
Manifestement, quels que  fussent ses motifs, il n’a pas voulu livrer les données généalogiques qui sont les siennes.
Il déclare à l’administration s’appeler Jean-Baptiste (il se fait aussi appeler Alphonse, où l’on trouve les lettres alfe ) Delfau (ou Delfaut, mais étymologiquement il n’y a pas de t, le nom venant de fagum, hêtre, et le t notant peut-être l’initiale de sa mère adoptive Tarcisse) est arrivé par le Fleurus en Nouvelle-Calédonie, aux débuts du bagne , en 1897, matricule 1275,puis  239, enfin  12403.Il fut en effet condamné sur le territoire , à nouveau,  en 1874 et en 1881 Né près de Rodez, dans l’ Aveyron, et mort à l’hospice de l’île Nou , le 24 octobre 1918  ; il est déclaré être né le 27 juillet 1839 à Turenne, arrondissement de Brive en Corrèze. il affirme avoir été l’aîné de  onze  frères et sœurs (peut-être des demi-frères et des demi-sœurs) et avait bénéficié d’une bonne instruction au collège des jésuites de Rodez  . Son père  était, nous dit-il, un républicain socialiste qui fut déporté en Polynésie française à Nouka Hiva pour sa participation aux journées républicaines de Sauveterre –de -Rouergue près de Rodez contre le coup d’Etat du 2-décembre 1851.  Selon le Maîtron, consulté en ligne (maitron-en- ligne.univ-paris1.fr), Dictionnaire du mouvement ouvrier, tome 1, j’ai retrouvé son père , un Delfau Hilaire, né à Saint- Geniez- d’Olt , le 7 janvier 1812,  près de Rodez,fils de Jean-François Delfau et de Rose Boulaye , tailleur d’habits . Les sources du Maîtron sont les Archives départementales de l’Aveyron, les Minutes des procès des résistants au  coup d’Etat du 2 décembre 1851, notes de J.-M. Cosson. Le Maitron écrit : « Il fut condamné à l’Algérie- Moins  », 
Son fils nous dit qu’il fut déporté à Nouka Hiva et qu'il est mort en déportation. J’ai écrit à l'île de Nouka Hiva aux Marquises  pour connaître la date de son décès, mais la commune marquisienne n’a de registres d’état civil que depuis 1865 ; j’ai donc écrit au service territorial des archives de Polynésie : celui-ci, pour 1854, a, dans le fonds d'archives n° 118W de la Polynésie française conservé au dépôt de Tipaerui concernant le registre Hatiheu, une liste de 6 noms de déportés: Atein, Hery,Jean-Baptiste, mort le 14 octobre ,  Lae Michel, mort le 17 septembre , acte n°6, Peron René, mort le 20 juin, Richi François, mort le 18 février ,Segalen François -Marie, mort le 18 juillet 1854. Pas  de Delfaut pour 1854.J'ai écrit à nouveau: pas de Delfaut entre 1845 et 1888. Mais il a effectivement pu être déporté en Algérie, En Algérie, département de Constantine, à El Milia, j'ai trouvé un décès en 1903 d'une Justine Delfau (sans t): on peut supposer que notre déporté devenu veuf s' est remarié (notre transporté Delfau n'a pas cherché à renouer le contact) et a eu une fille, celle qui décède à El Milia. Mais j'ai abandonné là les recherches.
 Il avait au moins deux frères, Jean François, né le 23 mai 1806 à Saint - Geniez d’Olt également,  Guillaume, le 20 mai 1809 et trois sœurs, Julie, née  le 24 avril 1808, Elisabeth, née le20 avril 1810  et Rose- Marie, née en 1805  qui va nous intéresser; l’un de ses deux frères s’installa en Dordogne et institua pour héritier Jean-Baptiste.
 Deux mots sur la profession paternelle : nous lisons dans son acte de mariage du 15 juillet 1839 au Monastère (de saint Sernin) qu’il était militaire. On peut supposer que c’était un sergent-major chargé de l’habillement, qui  s’est ensuite installé comme tailleur d’habits dans la région natale de sa femme.  Son fils écrit qu’il a dû vendre l’étude d’avoué de son père : il a ennobli le métier paternel à une époque où il travaillait dans l’étude d’avoué de Guiraud de Levizac, entre 1897 et 1899.
J’ai retrouvé l’ acte de mariage de son père au Monastère, acte N°29, le 15 juillet 1839, avec Tarcisse Salvagnac, née au Monastère le  11 juin 1807, fille d’ Ignace Louis Salvagnac, cordonnier résident au Monastère,  et de Thérèse Soulié. J’ai retrouvé également l’acte de décès de la mère de Jean-Baptiste Delfaut au Monastère, Acte nn40, le 3 septembre 1853, âgée de 45 ans, grâce à l’indication de son fils, p.4 : « Bientôt [après l’arrestation de son père] un malheur plus grand  devait le frapper encore : sa mère mourut de chagrin et de douleur, le laissant sans ressource pour nourrir sa famille. »
Je n’ai pu trouver son acte de naissance (ni celui de ses deux frères ou demi-frères puînés, l’un faisant des études à l’école de médecine, l’autre à l’école navale ,et le troisième à l ’école de droit) au Monastère ou bien à Saint –Geniez d’Olt, vers 1831 peut-être vers 1835. P. 24, il nous dit avoir 36 ans en 1867 à son arrivée dans la colonie, -28 ans à en croire son acte de décès, -ce qui le ferait naître vers 1831,hors mariage ;  toutefois ,  p. 4 , il nous dit qu’il avait à peine 16 ans en 1851 ou 1852, soit une naissance vers 1835, alors qu’à en croire son acte de décès il en aurait en réalité 12 ans  
Le roman véritable de son enfance selon moi.
Je crois avoir  trouvé la naissance, hors mariage,  d’un Marin Delfau, enfant naturel, qui pourrait bien être  notre futur condamné, né à Graissac près de Rodez , le 17 mai 1833 , de père inconnu et de mère autodéclarée Delfau Marie Rose .  Ceci lui donnerait, en 1867, non pas 36 ans, mais 34 ans et, en 1851, non pas 16 ans, mais 18 ans.
Qui sont ces parents biologiques ? Rose Delfau est une sœur de Hilaire Delfau, qui, avec sa femme Tarcisse, élèvera l’enfant bâtard, tandis que sa mère biologique lui disait qu’elle était sa sœur aînée (ce qui, vu son âge, est invraisemblable, et d’ailleurs Delfaut l’a –t-il crue ?).Elle épousera François Rouquette et s’installera avec lui à Montézic près de Rodez.  Hilaire l’appellera Jean-Baptiste du prénom de son grand-père et du prénom de son cousin, né vers la même date, le 01 février 1834 à Graissac près de Rodez, fils de Jean Baptiste Delfau et de Julie  Marie -Jeanne Doumergue qui avait 21 ans lors de son mariage à Cantoin , La bastide, près de Rodez , le 23 janvier 1831.
Le père, appelé Saige, est un ingénieur, en poste à la Compagnie du chemin de fer du Midi, qui paie les études de Jean-Baptiste au collège privé de Rodez, puis  le fait entrer comme archiviste à Bordeaux dans la Compagnie des Chemins de fer du Midi.Mais « M. Saige, écrit Delfaut,p. 6,  son vénéré maître, mourut subitement d’une attaque d’apoplexie [vers 1854]. Ce nouveau malheur…sembla un instant l’abattre. Rien ne pouvait le consoler de cette perte, qui fut en effet irréparable pour lui, comme on le verra par la suite .Un pressentiment secret semblait l’avertir que la perte de ce second père devait fatalement faire dévier sa destinée. » Il nous parle, p. 6, aussi de »  cet ingénieur distingué qui l’aimait comme son fils ».
C’est sous le coup de la douleur provoquée par la mort de son père biologique qu’il se livre à une insolence à Bordeaux contre Napoléon III, de passage aux Bureaux des Chemins de fer du Midi. il jugeait , consciemment ,l’empereur responsable de la mort à Nouka - Hiva de son père adoptif. Sa révocation, après une période de dépression due à la mort de son père biologique,  marque le début de ses aventures.
Quant à  la mort de celle qu’il appelle, p.13,  «  sa sœur aînée », sa mère biologique en réalité,  il nous dit qu’  « une lettre de son frère [son beau-frère ou plutôt son beau-père, François Rouquette]  vint lui apprendre que sa sœur aînée l’appelait à son chevet…. Sa sœur mourut quinze jours après son retour [de Tunis, d’où il embarque le 15 mars,] à Marseille puis à Montézic près de Rodez en Rouergue dans l’Aveyron . Nous trouvons effectivement l’acte de décès de Rose Delfau à Montézic le 132 avril1862 (et non pas 1861, comme l’écrit Dellfaut.
Ma femme a  trouvé  la naissance d’une Marie Delfau le 7 mai 1833 à Saint-Geniez d’Olt  et la naissance d’un  Jean-Batiste Delfau, le 9 novembre 1851 à Saint-Geniez d’Olt.  
Son dossier de condamné , riche de plus de 200 pièces, contient, aux termes de la description des Archives d’Aix, une correspondance particulière », peut-être celle du gouverneur Pallu de la Barrière, dont l’émouvante déclaration à son arrivée dans la colonie avait tant remué le cœur de Delfaut jusqu’à le conduire sur la voie de la régénération. .
J’avais demandé à un Calédonien professeur d’histoire certifié, Louis- José Barbançon,qui devait se rendre à Aix, de vérifier aux Archives d’Aix ce qui était cité dans l’ouvrage et qui visait à faire de Delfaut un indic et un tortionnaire au mépris , me semblait-il, de la vérité historique. Quand il revint en Nouvelle-Calédonie, il m’indiqua que les archives citées avaient été truquées  par des individus qui se sont dit : « Bah ! Un bagnard ! Ce  n’est pas grave ! » (cf le bulletin de la SEHNC, n°52, 3e trim. 1982).  Fort de ce que L.-J. Barbançon m’avait appris, je fis d’ailleurs,  en  présence de l’un des auteurs, Maresca,  au Kiwani’s, une mise au point à laquelle il ne répondit pas, faute d’arguments. Le Kiwani’s club de Nouméa dont F.  Otonari avait été le créateur et le président avait changé d’esprit et lui était devenu favorable. 
Tout le reste de l’ouvrage de P. Maresca  est de la même farine : ainsi, comme je m’entretenais sur tout autre sujet   avec ma voisine Madame D. Ignatieff, celle-ci me fit part de son indignation à la lecture de l’ouvrage en cause lorsqu’elle y apprit que sa parente, Madame Duhamel, épouse d’un surveillant au pénitencier de Teremba, était devenue une femme à la cuisse légère, alors qu’elle était particulièrement sévère et de mœurs parfaitement honnêtes.
Bien plus tard, parlant avec un professeur agrégé d’anglais, Thierry Faulcher, j’appris qu’il avait hérité par sa femme du manuscrit Limousin que j’avais suivi (j’avais consulté le manuscrit chez Limousin au Pont- des- Français : c’était le  second ,  le manuscrit chronologiquement le premier  étant le manuscrit Hagen-Danton, publié par Laubreaux dans le Messager , acheté par le service des archives , IJ 21, 2  MI 23, voir la note de Delfaut dans  Les damnés du Pacifique  p. 103)   et qu’après avoir lu le tissu de mensonges de Lacourrège et de Maresca il eut la tentation de brûler le manuscrit comme écrit par un bagnard mythomane. La réaction est typique de certains  Calédoniens.


La commune de 1871 et la déportation en Calédonie
  En 1959, à la fin de mon hypocagne à Louis-le- Grand, où j’avais eu comme professeur d’histoire Emile Tersen qui préparait un livre sur la Commune, me demanda de lui rapporter de Calédonie, où j’allais pour les vacances scolaires, une photo du cimetière des Communards de l’île des Pins, destinée à paraître dans son ouvrage. Accompagné de ma mère qui avait la fille du gendarme de l’île des Pins comme pensionnaire,je me  rendis spécialement à l’île des Pins pour cette mission. Il nous fallut d’abord le retrouver, car personne  ne connaissait son existence. On m’affirma même que les exilés avaient dû être enterrés n’importe où, sans nom. Grâce à une carte de 1880 que possédait le gérant de l’hôtel Jean Brock, nous pûmes,  avec la  jeep du gendarme,   y aller : le chemin était impraticable, une herbe très haute avait tout envahi; certaines tombes étaient éventrées. Ma photo arriva trop tard pour La commune de 1871, de Emile  Tersen, Jean Bruhat et Jean Dautry (1960). Mon passage fit beaucoup de bruit ;   le Président de la Chambre de Commerce, M. Jean Chalier, descendant de déporté, rendit visite à mon père , alors Président de l’Assemblée territoriale, pour lui dire que, politiquement (car il était de droite), il n’avait jamais pu rien faire pour le cimetière où dormaient ses parents, mais qu’il se réjouissait de mon voyage qui le sortait de l’oubli.
Plus tard, le Kiwani’s club de Nouméa, dont F.  Otonari était le créateur et le président fondateur et auquel il m’avait demandé, ainsi qu’à son oncle le député Roch Pidjot,  d’adhérer, a  cherché  à s’occuper du  patrimoine calédonien. Je suggérai la pose d’une plaque avec les noms des communards à l’île des Pins. Nous prîmes contact avec la municipalité pour lui demander de débroussailler le chemin et les tombes, contre défraiement. J’avais trouvé dans O’Reilly mention de m’existence d’un placard fabriqué par le déporté A. Bretonneau avec les noms de tous les déportés inhumés ou morts en mer  au cours d’une évasion. J’écrivis à la Bibliothèque Nationale pour en avoir une photocopie. Je vérifiai les noms sur les registres d’état-civil de l’île des Pins et l’agent des eaux et forêts de l’île des pins appelé Frouin, accepta de les contrôler defaçon plus détaillée. Un membre du club était le directeur d’Inco à Nouméa, de nationalité turque,  M. Sheito. Il accepta de nous procurer une plaque en nickel inoxydable et d’y faire graver les inscriptions que nous désirions. Il ne restait plus qu’à procéder à l’inauguration, avec le nouveau président, le docteur JeanTomasini, de la Société Le Nickel. Celui-ci me raconta qu’après son discours certains employés de la Société Le Nickel, le traitant de communiste, refusèrent de lu adresser la parole. Le premier secrétaire d’Etat socialiste à l’outre-mer Emmanueli rendant visite à la Nouvelle-Calédonie désira se rendre à l’île des Pins : il espérait avoir une photo  le représentant en train de déposer une gerbe aux déportés. Je fus choisi comme son mentor et avec B. Brou, président de la Société d’Etudes Historiques de Nouvelle-Calédonie et mon épouse, je me rendis à l’île des Pins. Mais malheureusement, entre le discours du maire et le discours coutumier, nous ne pûmes nous rendre au cimetière qu’après le coucher du soleil : il était trop tard pour la photo commémorative !
Restait le cimetière de Ducos pour les déportés en enceinte fortifiés,-les plus célèbres. Mais  concernant le cimetière de Ducos- Tendu ,et  alors que j’étais en séance  à l’Assemblée, je fus prévenu par téléphone que les bull- dozers s’occupaient activement de le détruire pour y faire les terrassements qui devaient servir aux habitations collectives de Tendu et malgré mes interventions le cimetière fut détruit de fond en comble : les ossements et les dalles fracassées  rejoignirent les scories. Quant aux déportés  qui étaient morts au bagne de l’île Nou et qui n’étaient pas déportés, mais transportés  bien qu’authentiquement communards, comme le poète Gustave Maroteau, ils n’avaient jamais eu droit à un cimetière. Mais Georges Pisier, membre écouté de la SEHNC et auteur d’une brochure sur l’île des Pins, affirmait qu’aucun communard n’avait été condamné au bagne,mais seulement à la déportation ; je fis , pour répondre à ces oppositions , un article dans le bulletin 43 , 2e trimestre 1980, de la SEHNC (La transportation  politique et la déportation  en Nouvelle-Calédonie) pour jauger de la moralité controversée des communards condamnés. De même qu’il avait existé un centre d’état-civil  à Nouville non rattaché à celui de Nouméa et commun pour les bagnards de droit commun et pour les transportés politiques,  Il  avait existé un centre d’état civil sur la presqu’île de Ducos- Tendu, transformé en léproserie et où un colonel anti -communard avait lacéré et dispersé dans la nature les registres. La deuxième copie, non rattachée à l’état-civil de Nouméa, se trouvait au Tribunal et , quand on connaît la susceptibilité des magistrats, on, mesure l’ampleur du problème. Aussi suis-je intervenu à l’assemblée territoriale pour demander l’autorisation au tribunal de consulter les registres d’état-civil de Ducos et ai-je pu établir une liste des déportés qui y moururent. J’ai ajouté à cette liste ce que je savais à l’époque (nous n’avions pas encore les précieux registres de la transportation politique de l’île Nou, non plus que ceux de Ducos et de l’île des Pins qui figurent dans la collection Amsterdam) des communards morts à l’île Nou. Je pus alors, au titre du Kiwani’s club de Nouméa et, avec l’aide de Alan Sheito, faire enfin graver la plaque qui figure à Tendu et procéder à l’inauguration. Mon épouse, en s’aidant du magistral  Maîtron, Dictionnaire du mouvement ouvrier, en plusieurs volumes, dressa une liste de tous les communards venus en Calédonie. La SEHNC, sous la direction de Georges Coquilhat, répartit en trois la liste établie par  ma femme (déportation simple à l’île des Pins, déportation en enceinte fortifiée à Ducos, transportation à Nouville ), ce qui rend très incommode la recherche d’un communard qui a pu passer de l’île Nou à Ducos et à l’île des Pins en cours de peine. Aujourd’hui, outre les  oublis signalés par B. Brou dans le bulletin de la SEHNC, on peut compléter par l’excellent travail de Roger Perennès, Déportés et forçats de la Commune, de Belleville à Nouméa, Ouest- Editions, Université inter- âges de Nantes, 591 p., 1991,  , malheureusement sans index.

 Aussi, quand j’ai lu sur le Net que c’était l’Association des Amis de la Commune qui avait réhabilité le cimetière des Communards de l’île des Pins, j’ai été confondu : jamais une telle association n’a existé à Nouméa à ma connaissance, et c’est le Kiwani’s club de Nouméa, comme l’indique l’inscription  « Don du Kiwani’s Cub de Nouméa » sur la plaque, qui,à mon instigation,s’en est , seul, occupé. Il n’y a, comme me le reprocha, L. –J.  Barbançon, spécialiste du bagne de droit commun, des relégués et des Arabes, qu’un petit nombre de descendants de communards à Nouméa, qui furent peu actifs au cours de ces opérations , sauf Jean-Jacques Bourdinat qui accepta de nous prêter le Dictionnaire de Maîtron qu’il possédait. Il n’y eut que cent Arabes politiques stricto sensu, tous expédiés à l’ïle des Pins à la suite de la rébellion de Mokrani de 1871, et qui rentrèrent pratiquement tous (sauf la famille de labelle Céleste qui servit de modèle à la statue de la fontaine à Nouméa) en Algérie après avoir, en 1880, été logés à Ducos. Les Arabes de Calédonie sont aujourd’hui des descendants de transportés de droit commun.
La collection Amsterdam, le projet de musée Gustave-Maroteau dans l’hôpital de l’île Nou où Bernard Brou voulait exposer définitivement cette collection de documents.
Maxwell Shakleton , membre de la SEHNC, repéra l’annonce que la collection amassée par un spécialiste de Jules Vallès sur la Commune , Lucien Scheler, était en vente au prix de 5 millions de francs CFP aux Pays-Bas, à Amsterdam.  Il prévint Claude  Idoux, le directeur de la Bibliothèque Bernheim. Idoux et son adjointe,  et Mme H. Colombani, se mirent en tête de l’acheter pour le compte de la bibliothèque et se rendirent incontinent à l’Assemblée pour demander de l’argent. Ils y rencontrèrent le secrétaire général, Claude Erignac, dans l’escalier de l’Assemblée, et j’assistai par hasard à cette scène mémorable où il les rappela à leur devoir de réserve et leur enjoignit de rentrer à la bibliothèque, ce qu’ils firent, tête basse. La SEHNC décida d’envoyer à Amsterdam Georges Pisier et M. Shakleton afin de jauger la valeur de la collection ; M. Shakleton revint enchanté, G. Pisier plus réticent. Il fut décidé, en 1975, de faire une collecte dans le public pour réunir les fonds et de créer une Association pour le soutien à la fondation « Souvenir de la déportation en Calédonie » pour les gérer. Comme personne n’en souhaitait la présidence, ce fut, par défaut, Jean-Marc Gaudrillet, un ingénieur de la Société Le Nickel qui fut choisi. De mon côté , je fis voter une subvention par l’Assemblée , 2 millions de francs CFP,  pour cet achat , qui s’ajouta aux sommes versées par la ville de Nouméa et par la Société Le Nickel. .
La collecte fut un grand succès  Lorsque les caisses furent à Nouméa,  il y eut à payer les droits d’entrée et de douanes et j’intervins avec beaucoup de difficulté auprès du Président de la Commission Permanente, Georges Nagle, pour faire exonérer la collection. Celui-ci fit ajouter la clause que la collection ne pourrait être utilisée à des fins privées et commerciales. Faute de mieux, on décida de les entreposer dans une  banque, la Société Générale . où travaillait un membre de la SEHNC, Jean-Claude Miroux.  Au bout d’un certain temps, nous avons subi les attaques des Nouvelles, un quotidien  qui monopolisait l’information, sous le titre récurrent  Où est passée la collection Amsterdam ? La bibliothèque estimait qu’elle était la mieux placée pour garder la collection et s’agita de façon souterraine ; des rumeurs commencèrent à circuler sur les vols dont elle serait l’objet et sur les détournements des fonds des cotisants. La SEHNC finit, bien plus tard, par publier la liste des cotisants, ce qui ne veut strictement rien dire en raison des  nombreux donateurs qui désiraient, pour toute sorte de raisons, demeurer anonymes. La Gendarmerie accepta de nous prêter ses locaux situés en face de l’Ecole F. Surleau  pour que nous puissions déballer et inventorier la collection. C’est là que B. Brou,  Jacques Cheval, Louis- José Barbançon , mon épouse et moi-même nous nous réunîmes plusieurs après –midi de suite afin de préparer cette exposition réclamée qui aurait  lieu à la mairie de Nouméa en 1977, sous la Présidence de Jacques Cheval.et qui fut un grand succès. . Il fallut se faire prêter des vitrines, tables et armoires. Lors de l’exposition qui fut un grand succès, nous fûmes honorés du voyage  de l’historien Dautry et du directeur du musée  de Saint-Denis consacré à  la commune,  éditeur  du journal La Commune. Jacqueline Senès nous en voulait de ne pas la mettre à l’honneur pour ses émissions radiophoniques sur le cimetière de Ducos, sur le bouif Trinquet, etc. Malgré tous nos efforts, nous ne pûmes exposer la collection de journaux de l’île des Pins appartenant au fils du pharmacien de la commune à  l’île des Pins Ventrillon. Toute une activité littéraire sortit de cette exposition : La déportation en Nouvelle-Calédonie, L’évasion de Henri Rochefort, bulletin n°50, 1er trimestre 1982,  Ebauche généalogique d’une famille calédonienne : les de Laville-Leroux , ,,  bulletin n° 58, 1er trim.1984, opuscule  Quand j’étais au bagne (poèmes de Henri Brissac),  les Mémoires d’Allemane  
En 1981, il fut encore décidé de faire une exposition en brousse à Bourail, plus exactement à Néméara, ancien internat des fils de concessionnaires originaires du bagne, à la demande de Louis- José  Barbançon.  Pourquoi à Bourail, ancien centre pénitencier  proche de Nessadiou, centre des Arabes ? Parce que déjà la confusion entre transportés politiques et transportés de droit commun existait dans l’esprit du public Tous déporté ! Une rumeur de vol courut à nouveau peu après et L. –J. Barbançon voulut que nous ouvrions à nouveau les caisses pour faire un nouvel inventaire. Sachant que l’archiviste du territoire B. Corre nous avait dit qu’il voulait faire son propre inventaire et quie le nôtre lui était donc inutile,  Je refusai énergiquement de perdre notre temps pour une rumeur parmi d’autres.
Mais la question se posait : où exposer la collection de façon permanente ? B. Brou eut l’idée d’aménager l’ancienne infirmerie du pénitencier de l’île Nou où un poète de la Commune mourut à vingt ans, le chartrain Gustave Maroteau, à propos duquel Victor Hugo lui-même intervint, -en vain. C’est là que B.  Brou voulait exposer définitivement la collection de documents.
 Jean-Marc Gaudrillet prit seul l’attache d’une société de travaux publics dont le directeur était son ami, lui demandant un devis. Ce devis était faramineux. Il nous écrivit en recommandé pour obtenir notre accord, sachant que c’était les grandes vacances et que la plupart des membres étaient en congé en métropole. Moi-même je lui écrivis une lettre recommandée avec AR pour lui faire savoir que nous étions opposés à son dessein ; il n’en tint aucun compte. Refusant de démissionner, ce qui entraînait un blocage,  il finit,  au bout d’un certain temps, par être  convoqué  par  la commission des Finances de l’Assemblée territoriale : il fondit en larmes pour toute justification .Je le rencontrai par hasard, peu après, à la Poste et le saluai, comme la politesse le demande. Ce rustre  me dit : « Te fatigue pas, ce n’est pas la peine de me dire bonjour ».
A la demande de L.-J.  Barbançon, ami du  maire socialiste de Chartres , le député Georges  Lemoine, universitaire et ancien ministre de l’outre-mer, le conseil municipal de Chartres décida d’honorer une rue du nom du poète mort au bagne à vingt ans, Gustave Maroteau, né à Chartres. Cette rue Gustave Maroteau est la seule chose qui reste de ce projet avorté de musée Maroteau cher à B. Brou et qui échoua à cause de la prétention et de l’obstination du sieur Gaudrillet.
Ce fut ma femme (auteur, je le rappelle, d’une liste des déportés qui a paru dans le bulletin de la SEHNC, unique à l’origine, mais qui fut scindée en plusieurs parties, chose éminemment regrettée par mon épouse car un déporté à l’île des pins pouvait se retrouver à Ducos au cours de son existence)) qui fut choisie pour remplacer Gaudrillet à la Présidence de l’Association. Mais elle et moi  nous avions décidé de quitter sans retour la Calédonie pour la métropole et la campagne de dénigrement : où est passée la collection Amsterdam ? continuait de plus belle dans les Nouvelles. Aussi décida-t-elle, en 1989, de remettre la collection qui dormait toujours dans les coffres d’une banque  au service territorial des  archives, nouvellement créé à Nouméa, avec à sa tête  Bruno Corre . De plus, elle démissionna  de sa présidence ; ce fut Maxwell Shakleton qui lui succéda. Depuis, l’association ne connut aucun ennui et organisa tranquillement une exposition en 1993, publiant deux opuscules, l’un intitulé La collection Amsterdam, l’autre intitulé Catalogue de la Collection Amsterdam.[ L’affaire fut  ainsi terminée.


« [lE HURON .] Car la langue huronne,est une bien belle langue en vérité.
-MADAME DE KERMADEC :  -J’avais toujours cru pourtant que le français était la plus belle des langue , après  le bas- breton. »  Voltaire ,  Le Huron
Mes études philologiques et grammaticales des langues kanakes.
Ma curiosité fut d’abord éveillée par le  livre, Primal Law, du calédonien Lord  Atkinson , livre qui inspira Totem et tabou de Freud et dont je projetai la traduction. J’avais pris contact avec son descendant qui me montra des photographies du génial observateur du cheptel calédonien et de sa soeur , fort belle et à laquelle la source de Freud , qui avait aussi lu Robertson Smith était très attachée.   Puis je recueillis des mythes à Fayawé (Ouvéa), publiés par la SEHNC. Enfin le vice-recteur de l’époque , M. Bruel, le seul intelligent qu’ait jamais eu la Calédonie, me chargea de superviser le bureau des langues mélanésienne. Ce dernier  ne comptait alors qu’un instituteur métropolitain protégé d’abord, puis devenu beau-frère de Madame J. Brunet  de La Fontinelle (disciple  de G. Martinet, professeur de houaïlou aux Langues orientales), savoir Claude Lercari, niçois spécialiste éminent du moindou, langue morte (i locuteur, défunt aujourd’hui, le chef Marcel Mousse). Ce bureau, rattaché au centre territorial de recherche de documentation  pédagogique (C. T. R. D. P.) fut l’origine de l’actuel Bureau des langues mélanésiennes.  Linguistiquement, j’étais comparatiste, ce qui est mal vu, et disciple acharné de Damourette  et Pichon, les auteurs du magistral Essai sur la langue française, Des mots à la pensée, 6 gros volumes, que je lisais avidement dans ma turne de l’Ecole normale Supérieure ou qui me servaient à caler l’antenne de ma télévision,  continué par Gougenheim pour les struments ou prépositions.  J’avais lu l’Etude métaphysique sur les langues mélanésiennes de Julien Bernier, curieux et non scientifique. Je retouchai les Dictionnaires de Canala et de Belep du Père Neyret , que je fis dactylographier et que je donnai au service des archives à mon départ,  ainsi que divers ouvrages de linguistique mélanésienne ou austronésienne, des bibles traduites et  des photocopies du texte d’Otto Dempwolff, le seul à avoir dressé un dictionnaire des racines austronésiennes, à partir de l’indonésien surtout, ouvrage repris par des Suédois qui n’ont apporté que leur ordinateur et des détails. 
  Je composai alors une Grammaire contrastive du Houaïlou,Des mots à la pensée canaque, 104 pages , avec deux parties : l’une consacrée à une étude des répartitoires du Houaïlou qui utilisait l’ouvrage de J .De La Fontinelle (je lui fis lire mon texte) et les repensai en fonction de Damourette et Pichon , en vue d’une utilisation éventuelle pour l’apprentissage du français (le plus intéressant était les noms de parenté du Lifou et leur variation suivant le sexe du locuteur, par exemple père signifie géniteur du même sexe que celui qui parle ou à qui on parle : comme le disent Damourette et Pichon à propos du français et des langues indo-européennes : « les choses semblables à un locuteur mâle seront précisément les dissemblables d’un locuteur femelle »,  définition du genre masculin utile pour comprendre  noms de parenté et  struments oncinatifs en Lifou) ; et une partie philologique , -de phonétique historique, -dont je n’ai vu nulle part l’équivalent qui appliquait Dempwolff , lequel n’avait rien fait sur les langues mélanésiennes) au houaïlou. Il y avait trois exemplaires dactylographiés, de 104 pages de mon texte, « le tube du siècle », ironisait Claude Erignac.  Sous l’autorité de M. Bruel, je tentai de mettre les racines sur ordinateur avec l’aide d’un collègue du Lycée, professeur   de mathématiques, Duquesne,  mais les événements balayèrent le projet imité des Suédois. Je n’en ai gardé aucun et je les ai remis à mon départ :
I l’un à Bernard Brou , président de la Société d'etude historique de Nouvelle-Calédonie (SEHNC) J’espérais une publication éventuelle par les soins de la société, mais je fus déçu : elle préféra publier l’ouvrage de Gabriel Païta et d’un linguiste japonais, espérant des subventions qu’elle n’aurait pas touchées en publiant mon ouvrage ; je voulais mette en exergue une phrase célèbre de Damourette et Pichon, que voici :
« Dans la langue d’aujourd’hui, les répartitoires de rection et de supportement se combinent de trois façons  qui constituent les trois modes de complémentation.
Dans le premier mode, appelé diaplérose, qui correspond à la souplesse la plus grande du circonstancement, les deux notions de rection et de supportement restent indépendantes l’une de l’autre : le diaplérome est d’une part le diadmète d’un premier terme qui est son diacrate ,  d’autre part,le diadumène d’un autre terme qui est sa diarrize, ex. :
Le petit chat est mort
(Molière, L’Ecole des femmes, II, 5)
Mort est le diadmète de est, diacrate, et le diadumène de chat, diarrhize.
Dans le second mode de complémentation, appelé épiplérose, il y a un support-régent ou épidecte et un apport -régime ou épiplérome, exemple :
Le fils du roi vint à passer…
Roi est l’épiplérome de fils, épîdecte.
Dans le troisième mode de complémentation appelé antiplérose, il y a un support- régime : le soutien, qu’on pourrait aussi bien appeler antirhrize
qu’antidmète, et un apport- régent, l’anticrate, qu’on pourrait aussi bien appeler antidumène. Ex. :
Le roi boit.
Roi est l’antirrhize (soutien) de boit, anticrate . »
2 un deuxième  au  vice-recteur, M. Bruel, avec un résumé plus lisible ; qu’est-il devenu ? 
3 un 3e  au service des archives dirigé par M.Cor  en même temps que mes Dictionnaires dactylographiés du Père Neyret des parlures Canala et  Belep , mais les Archives ne semblent plus posséder  ma Gammaire , dont tous les exemplaires ont disparu. 


Aujourd’hui grâce à l’Internet et à la Calédonienne Sylvie Douyère-Demeuleneyre, auteur aussi de la liste des colons de Saint-Domingue, nous avons la liste des colons Feillet ; grâce à ma femme, la liste des déportés. Un visiteur calédonien de l’exposition dit à ma femme : « Mais alors, si nous ne figurons pas dans la liste des déportés, d’où venons-nous ? »  Il ne pouvait effectivement venir, à priori, que du bagne, ou des relégués et l’on comprend sa déception. Déportés et transportés ont été sciemment confondus. Un ami de l’époque me dit ironiquement : « Il ne te reste plus qu’à publier le Who’who du bagne ; et ajoute bien que pour y figurer il faut en descendre  des deux côtés, tant maternel que paternel. »
 Quelles sont les causes profondes de la passivité des « Caldoches » devant les attaques injustes dont fut victime Delfaut, qui avait pourtant dit la vérité sur tous les points (même son allusion à la déclaration solennelle du gouverneur Pallu de La Barrière, déclaration qui amena chez lui un revirement, est authentique, comme le montrent les journaux) ?  La publication de cet ouvrage par mes soins vendait la mèche en quelque sorte, elle levait ce que Louis- José Barbançon appelait le « non-dit » calédonien, le refoulement profond dont faisait l’objet la généalogie des Caldoches, malgré la précaution que j’y avais prise de mettre des initiales à la place des noms. Delfaut, lui,  était un aristocrate du bagne et méprisait la tierce dont descendent surtout la plupart des  Calédoniens.
Quant aux  mobiles de l’enthousiasme factice et ambigu pour le « trésor d’Amsterdam », il faut les chercher, d’abord , dans la confusion entretenue volontairement entre  déportés et  transportés ou relégués, comme l’indique le choix de faire une exposition de la collection Amsterdam dans les locaux de Néméara à Bourail. Ensuite, l’achat de la collection était ressenti comme un retour de quelque chose qui  avait été dérobé aux Caldoches et qui leur appartenait.
  Que me reste-t-il aujourd’hui de mon activité passée en faveur des communards ? Une plaquette  de poèmes fort rare,  intitulée Les voix de l’exil, publiée à Ducos, œuvre du déporté  G. Baüer et que G. Pisier dans sa Bibliographie, partie Littérature (suggérée par moi à sa demande) a  signalé comme non vu par lui, , plaquette qui ne figurait pas dans la collection Amsterdam, bien entendu, et que j’ai récupérée dans les papiers d’un déporté de Ducos  se trouvant en brousse et qui allaient être jetés à l’époque, ainsi qu’une des 100 lithographies faite à l’île des Pins d’après l’artiste déporté  Capellaro et intitulée Le rêve (elle inspirera Puvis de Chavannes, voir mon article L’art dans Déportation) donnée par une descendante de déporté à l’île des Pins, Madame Cormier,  avant son départ  pour la métropole … et mes souvenirs.

 

Gergovie aux Côtes de Clermont

Gergovie aux Côtes de Clermont



 Au pays des Arvernes
1Avernis, la Croix-Verny, Montrognon et Gorgobina
D’où vient le nom des Arvernes ou Avernes et que signifie-t-il ? Il vient de gargerna, de gorgobina, de l’ibère gorgo, fort, puissant,grand cf.  Latin gorgo, et de dweina, redoutable, grec deinos, terrible). On le retrouve dans le nom de  la ville d’Arvernis (ablatif pluriel -locatif) connue par ses monnayages, aujourd’hui à la Croix-Verny.  .Avernis, chistianisé, est devenu saint Verny, patron des vignerons, dans la Croix-Verny (commune de Ceyrat).  Il est intéressant de remarquer qu’une fête en l’honneur du saint averne, dont la statue porte une serpe pour couper les raisins comme les druides une serpe d’or afin de cueillir le gui ,  a lieu la nuit de la pleine lune du mois de mai. Or, c’est à la fin mai  52 que César a été contraint de  lever le siège de Gergovie,  vaincu par Vercingetorix. Il existe un saint Vincent  qui est aussi patron des vignerons, fête le 22 janvier.
  Avernis se trouvait dans la commune de  Ceyrat , sur  la hauteur du Montrognon, qui domine , de ses 699 mètres  la Limagne. La population d’Avernis a suivi le déplacement des populations dans la plaine où la ville est de nos jours installée à Ceyrat, dès lors que la paix romaine rendait inutile la protection des hauteurs.
  Montrognon est cité par des chartes du XIIe siècle contenant des indications qu’il faut élucider, si difficiles que cela  soit, et non passer sous silence et  déclarer fausses comme cela a été fait  parce qu’on ne comprenait pas la localisation que ces chartes   faisaient de Gergovie.  La Gallia Christiana doit être consultée dans l’édition de 1720 (volume des Abbayes, p. 45), en tout cas avant 1770, date où le négationnisme a amené les éditeurs , à cause de Gergovie, à supprimer les chartes qui nous intéressent comme partiellement inventées. La charte en ce qui concerne Gergovie est pourtant  confirmée par deux bulles pontificales, l’une du pape Alexandre III en 1174, l’autre de Clément III en 1188 et par deux transactions de  l’abbaye et Clermont de 1190 et 1193. In Sauzeto, in Jussaco, …, in Fontvestigio , etc Nec amplius solvent tributum nostro castro de monte Rugoso sive de Montrognon, ratione arcis quam eis etiam etc. … », C’est-à-dire   « Moi , comte Guillaume, je  donne à l’abbaye de Saint André de Clermont et à ses ayant droit tous mes biens à  Sauzet
( Saulzet-le-Froid près de Clermont ?), à Jussat (commune de Chanonat), …, à Fontfreyde (Fontvestigium , trace de source, par étymologie populaire, en réalité Fons frigidum, source froide )(commune de Saint-Genès-Champanelle près de Clermont) etc. Et ils n’auront plus à payer de tribut pour notre fortin de Mont Rugosus , ou de Montrognon  en raison de la citadelle que nous leur avons donnée et dont nous leur confirmons le don , …à Avernis ».    Mons  Rugosus  est une étymologie populaire de Montrognon, le mont  plissé, alors qu’en réalité ce toponyme vient de mont trognon, mont en forme de tronc ébranché, dérivé nominal du verbe estrongner de la fin du XVIe siècle, élaguer,  avec influence du  gaulois trugna, trogne au sens dialectal de souche), ou de Montrognon. »
S’agit-il ici de la ferme Gergoye, près  du mont de Merdogne comme Napoléon III l’a compris, ou bien de Gerzat au pied du puy de Var? On remarque l’expression : « ceux qui ne sont pas sans quelque connaissance des lieux » car le nom de Gergovia pour  Gerzat devait être désuet. De plus, Gergoya est probablement une mauvaise lecture (intentionnelle ?) pour Gergovia, le vi ressemblant à un y. Il faudrait pouvoir consulter le manuscrit. Gergoye  est d’ailleurs également  cité  dans une introduction en latin de la Gallia Christiana, œuvre sans doute du même érudit que la charte de 1149,   consacrée à « ce Clermont (Ferrand,) voisin de la cité des Arvernes , Gergovie [les Côtes de Clermont], «  située sur un mont très haut qui avait tous ses chemins d’accès difficiles »


2) Nemossos , la capitale des Arvernes :  Tremouteix au pied de Clermont
 Les villes de Nîmes, Nemours, Limours tirent leur nom d’une divinité gauloise, Nemossos. Elle donna aussi son nom à la capitale des Arvernes, Nemossos, et se retrouve aujourd’hui  au pied de Clermont-Ferrand (anciennement Augusto nemetum) dans le nom de Tremonteix,  à prononcer montess (de trans,  au-delà de ,et de nemossès ,avec métathèse monetossès, montèss.  Clermont,  qui a succédé à Nemossos  et  à Tremonteix , puis à Augustonemetum, doit son nom à Tremonteix, car il signifie : l’illustre mont(èss) ou  l’illustre Nemessos (clarum nemesson) .
 Le toponyme des Côtes de Clermont  est tardif, postérieur au nom de Clermont (-Ferrand) et il signifie les flancs, les côtés de Clermont.




3) Gergovia -Gerzat ou « Gergoya »
Depuis  Decetia (Decize), chez les Eduens César est arrivé par la voie gauloise de la rive gauche de l’Allier jusqu’à Gerzat, doublée ensuite par une voie romaine, la via Claudia,  jusqu’à Bibracte chez les Eduens. : « César reconnut la position de la ville (urbis), qui était établie sur une montagne très élevée (« altissimo monte », dont tous les abords étaient difficiles (« omnes aditus difficiles »).

Le mot Gergobina ou Gergovia  au sens de puissant et redoutable, a donné de nombreuses Gergovie,  par exemple celle du domaine de Gergovia aux environs de Marlemont dans les Ardennes, ou celle du canton d’Argovie en Suisse , Segovie en Espagne (d’une labio-vélaire à explosion sifflante, gsegovie)., Mais ailleurs il peut être méconnaissable, comme dans celui de Gerzat., la cité des Avernes,  mentionnée en 958 sous la forme occitane Gergia, au XIII e siècle sous la forme Goregau, en 1268 sous la forme Goregen (de Gorgobina), au XIV e siècle sous la forme Gersat latinisé dans le procès des Templiers en Gerziaci, enfin Gerzat. Son terroir s’étend jusqu’au flanc est du Puy de Var et du plateau des Côtes et de nombreux cultivateurs  de Gerzat possèdent des terres sur le plateau voisin. .Paul Eychart a intitulé son dernier livre (2003) de façon provocante César est entré dans Gergovie, Le mystère éclairci, car il interprète la phrase de César : « Cesar Gergoviam …pervenit », où il n’y a pas la préposition ad devant Gergoviam , ad marquant la direction sans pénétration, comme «  César entra dans cette Gergovie du pied des Côtes de Clermont »., au-dessous des côtes, savoir  pour moi Gerzat. Eckart songe à Tremonteix.
          Mais reprenons le texte de la charte de 1149 : « In Sauzeto, in Jussaco, in Gergovia, in Fontvestigio , etc Nec amplius solvent tributum nostro castro de monte Rugoso sive de Montrognon, ratione arcis quam eis etiam dedimus et damst in Gergovia et in circuitu ipsius et in monte sive podio qui est supra, usque et comprehendo veterem masuram antiquam Gergoviae » « Moi comte Guillaume, je donne à l’abbaye de Saint André de Clermont et à ses ayant droit tous mes biens « à  Sauzet –le-Froid, à Jussat (près de Chanonat), à  Gergovie , à Fontfreyde (de fontem frigidum, commune de Saint-Genès-Champanelle),  etc. , … à Gergovie, et dans les alentours de Gergovie, et dans le mont ou puy qui est au-dessus de Gergovie, jusques et y compris une ancienne demeure de l’antique Gergovie (est-ce le clos de Gearghault,cité par une charte de 1614 ?) . »    Certains auteurs ont été embarrassés pour localiser cette Gergovie dominée par un puy, alors qu’il s’agit, selon moi de Gerzat, dominée par le  puy de Var et ils ont suspecté l’authenticité de la charte. S’agit-il ici de la ferme Gergoye, près  du mont de Merdogne comme Napoléon III l’a compris, ou bien de Gerzat au pied du puy de Var?.
Gergoye  est  également  cité  dans une introduction en latin de la Gallia Christiana, œuvre sans doute du même érudit que la charte de 1149 et  consacrée à « ce Clermont (Ferrand,) voisin de la cité des Arvernes , Gergovie [Gerzat et les Côtes de Clermont], «  située sur un mont très haut qui avait tous ses chemins d’accès difficiles » ,  cité qui est située non loin d’Avernis (  Mont Rognon) et qui  retient encore son ancien nom  auprès de tous ceux qui ne sont pas sans quelque connaissance des lieux, car un certain mont (la montagne  de Gergovie de 625 mètres  aux  Côtes de Clermont) distant de quelques stades de la ville (de Clermont-Ferrand) est appelé Gergoya (c’est probablement une mauvaise lecture  pour Gergovia, le vi ressemblant à un y)  où restent des ruines  et  de vieux monuments de la ville (de Gergovie). »    On remarque l’expression : « ceux qui ne sont pas sans quelque connaissance des lieux » car si le nom de Gergoya pour Gerzat devait être désuet, le nom de Gerzat pour le puy devait l’être encore plus.
 Cette  charte de 1149 est confirmée en ce qui concerne Gergovie par deux bulles pontificales, l’une du pape Alexandre III en 1174, l’autre de Clément III en 1188 et par deux transactions entre l’abbaye et Clermont de 1190 et 1193.
   Le lieu de Gergovia –Gerzat est encore désigné sous le même nom  dans un  titre de 1189. Mais on  a mal compris toutes ces chartes en localisant Gergovia à Montrognon ou comme Simeoni à  Merdogne.  Ainsi Ph .Lebas, 1842, dans France, Dictionnaire encyclopédique, tome VII) peut-il écrire : «Les lettres de fondation de l’abbaye de Saint - André de Clermont  datant  de l’an 1149 et imprimées dans la Gallia Christiana font mention de la montagne de Gergovia comme dépendant du château de Montrognon (commune de Ceyrat), et à cette époque les ruines d’une antique cité gauloise y subsistaient encore, car il en est fait mention dans ces lettres.» Il a rattaché à Montrognon ce qui doit se rattacher à Gergovie  et cela a amené certains partisans de Gergovie localisée à Gergoye-Merdogne à suspecter l’authenticité de cette charte et de celles qui la confirmaient. De, même, J. B. Bourguignon d’Anville, le célèbre fondateur de la géographie, écrit en 1735 : « Les ruines (de Gergovie-Ceyrat ) se voient près du château de Montrognon, entre Perignat, Jussat et le Crest. » Gergovie (Ceyrat) près de Montrognon , Gergovie-Gerzat et  Gergoye près de Merdogne ne doivent pas être confondues.




3Une autre Gergoïe , Merdogne et Chanturgue
Le nom de la ferme de Gergoye près du puy de gouille au sens d’eaux dormantes où Napoléon III a voulu situer Gergovie, il semble, en tout cas, provenir, non de Gergovia, mais du francique gullja signifiant mare et donnant goille en ancien français,patois  gouille au sens d’eaux dormantes, avec attraction sémantique de mare et de margouiller, aujourd’hui magouiller et margouillat (lézard), salir, être plein de boue, cf . Le latin mergulus, oiseau appelé plongeon. Le nom de Gergoye est bien celui d’une ferme : Napoléon III, par décret, a baptisé Gergovie-Merdogne  le village de  Merdogne dans la commune de La Roche Blanche et on dit de nos jours  le village de Gergovie pour le village de Merdogne, nom qui désignait d’abord le puy de Merdogne, 744 mètres d’altitude, .Le seigneur du lieu s’appelait le seigneur de Merdogne.
Le nom de  Merdogne  vient de l’adjectif   latin merdulea , (mare )souillée d’excréments d’animaux (merda), comme en témoignent  des noms de lieux proches : Mardou, Mardis, etc. 
Chanturgue vient  du mot gaulois désignant un causse, et  Cadurcium  en est un doublet.  Les causses sont peuplés de taillis. Or, selon Polyen, « à gauche (du grand camp de César, dans la plaine de Montferand)  , il y avait des taillis  bas et épais (c’est donc le  causse de Chanturgue le bien nommé) qui joignaient la colline sur laquelle il y avait une garnison (gauloise); à droite  c’était un précipice où il n’ y avait qu’un petit sentier que les Gaulois gardaient avec beaucoup de soin et de troupes (le col du puy de Var menant à l’oppidum de Gergovie) »Il s’agit de la prise de la colline de Chanturgue ;

L’impossible  localisation de Gergovie et la découverte en 1937 de la véritable Gergovie par le professeur Maurice Busset
A la fin du XVIII e siècle, l’Encyclopédie de Diderot affirmait  qu’on ignorait absolument où se trouvaient  aussi bien Gergovia que  Gorgobina. Donc, deux millénaires après la bataille, aucune recherche sérieuse n’avait été faite. Pourtant, depuis Simeoni (1569), nombreuses furent les polémiques.
Historique de la découverte de l’oppidum des Côtes de Clermont.
« Comment n’être pas scandalisé de voir les camps promenés d’emplacement en emplacement, au plateau de la Serre d’Orcet, à la roche Blanche, à gondole, au Crest, au Montrognon, à la vallée de l’Auzon, au puy de Monton, à Chanonat, au puy de Jussat, au puy de Chégnat, à la butte d’Orcet, au massif d’Auzelles, etc. ? » , s’indignait Pierre de Nolhac en 1937.  C’est dans L’Illustration du 25 février 1933, n°4995, que sonne comme un coup de cymbale, la photographie en première page des grands murs à contreforts de Gergovie , dont on s’étonne que personne ou presque ne les ait remarqués et n’ait fait le rapprochement. Certes, il y eut diverses et timides observations, comme celles de l’archéologue Bouyet en1840.  Maisil faut attendre cette date de 1937et le beau  livre de Maurice Busset , Gergovie, capitale des Gaules et l’oppidum du plateau des Côtes pour que commence véritablement une franche contestation du site de la commune de  La Roche Blanche (Merdogne-Gergovie),  la thèse officielle depuis Napoléon III. En 1970, Paul Eychart participe avec d’autres archéologues à l’identification officielle du camp romain de Chanturgue et son livre  Chanturgue, camp de César devant Gergovie, marque une date importante en 1975.Citons encore de Paul Eckart son livre le  plus récent, César est entré à Gergovie…, le mystère éclairci  (2003)  L’hypothèse traditionnelle (Mérimée  , qui se montre sceptique et poli dans Notes d’un voyage en Auvergne (1838),  Napoléon III , Camille Jullian, dans son Histoire de la Gaule, 7 volumes, 1920,  qui se montre très ferme, etc.) qui place Gergovie sur le plateau dit de Gergovie, près de La Roche Blanche, a gardé ses partisans. . Mais, comme les légionnaires de César devant Gergovie n’ont pas entendu sonner le rappel, de nouvelles hypothèses voient le jour, comme celle de l’oppidum de Corent  qui a été émise par Jean Baruch  en 2010 après que des  fouilles archéologiques eurent été faites  sur cet oppidum (Gergovie : fin du mystère).
Les arguments contre la localisation traditionnelle à la Roche Blanche :
1) l’absence de ville, urbs,  le mot urbs  désignant  une ville avec enceinte  (c’est l’élément déterminant pour l’appellation). « Une ville gauloise , s’interroge Mérimée, a –t-elle  réellement existé sur le plateau de Gergovie, et quels en sont les vestiges ? … Nulle part je n’ai observé de pierres taillées, quadrati lapides, telles que celles qui, d’après César, devaient former le mur construit en avant de la ville et sur la pente même de la montagne. Je n’ai pu trouver non plus de petites pierres de parement. »
2) l’absence d’eau. « Il n’y a pas de sources sur le plateau de Gergovie,remarque Mérimée,  et, pour avoir de l’eau, il faut aller en puiser à l’Auzon, soit au Sud, soit au Sud- Est. De là l’importance de cette rivière dans les opérations du siège. »
3.) la vallée assez grande,  « satis magna » qui empêche les légionnaires d’entendre la sonnerie de la retraite , vallée inexistante.
4) l’existence du lac de Sarlièves et les marécages qui l’entouraient jusqu’au XVIIe siècle, existence qui n’est pas signalée par César. Pourtant, Jullian place le grand camp de César  entre le ruisseau d’Orcet, l’ancien lac de Sarlièves, l’étroit  passage de Pérignat entre le lac et la Roche Blanche, ,et la route actuelle de Paris à Perpignan,  Il est vrai que d’autres, comme Bouillet et Mathieu,   le situent à Gondole, sur l’Allier, où il y a un oppidum ou, comme de Lacombe,  au puy d’Aubière. D’autres encore, comme Vial et Fischer, situent ce camp sur le mont de Crest, tandis que Passumot le situe sur la rive sud l’Auzon
5) César dit de ce qu’on estime être la Roche Blanche qu’elle est escarpée « de tous les côtés »., circumcisus ex omni parte.  Mais celle-ci ne l’est aucunement.
6) l’absence de terrain plat pour la cavalerie.Mérimée remarque : « Il devait y avoir aux environs un terrain propre aux manoeuvres de la cavalerie ; car les cavaliers des deux armées engagèrent,  les premiers jours, une suite d’escarmouches sans résultat. Or, si l’on se rappelle que le plateau du Crest fait face à la partie sud de la montagne de Gergovie, où la pente est la moins raide, cette position paraîtra la plus probable pour le camp de César. Les combats de cavalerie devaient avoir lieu dans la vallée de l’Auzon, et cette rivière étant facilement guéable, les Romains pouvaient pousser leurs courses dans la partie de la Limagne à l’est de Gergovie. »
Les raisons qui compliquaient le problème
 Mérimée a exprimé ses doutes : « Plusieurs circonstances me semblent encore bien extraordinaires, et sans parler de la course de douze cent pas que firent, en montant une pente rapide, des soldats pesamment armés, la présence d’une cavalerie sur ces escarpements est un sujet d’étonnement et d’incrédulité pour nos militaires. Ce fut la cavalerie gauloise qui, d’abord, attaqua les Romains ; praemissis equitibus, dit César. Le roi agenais des Nitiobroges,  Teutomatus , s’enfuit à cheval  de son camp situé dans la ville. Peu de nos écuyers, je crois, voudraient galoper sur les versants de « Gergovie ». »  Quelles sont les raisons qui ont ainsi compliqué le problème de Gergovie ?
1 D’abord, c’est l’incertitude des manuscrits, fort mauvais en ce qui concerne Gergovie, par exemple en VII, 45, eodem luce ne veut rien dire ; il faut corriger et mettre  eodem jugo..En VII, 47, 1, continuo, qui signifie  immédiatement ou par conséquent, n’a pas grand sens ,il faut le corriger comme le voulait Heller en nactus clivum, au début de la pente.Les partisans de la Roche Blanche comme d’ailleurs ceux des côtes de Clermont n’ont pas hésité   à corriger le texte des manuscrits pour le mettre en accord avec le terrain,  ils ont rectifié duodeni, chacun douze (les deux  fossés  creusés par  César de 12 pieds chacun de profondeur) en  seni, chacun six, ce qui correspondrait aux deux fossés de 6 pieds de profondeur  qui auraient été découverts par Auguste  Stoffel, le fouilleur de Napoléon III, et qui ont été découverts par Eychart..
2) Le soupçon sur l’honnêteté des fouilles faites par Napoléon III  à Alesia et sur Stoffel a pesé lourd.

  Tableau de quelques localisations
 Mérimée   et Jullian                                                                Baruch
Oppidum                        Puy de Merdogne                              Corent
Grand camp de César      Crest                                                  Martres-de-Veyre
Petit camp de César      La Roche Blanche                            Puy de Marmand, versant est
                                       Eckart
Oppidum                          Côtes de Clermont
Grand camp de César    Montferrand (plaine)
Petit camp de César        les causses de Chanturgue (où dès 1937  Busset signalait un camp gaulois), première colline
Puy de  Var (où dès 1937 Busset signalait un camp gaulois), deuxième colline
Colline de la Mouchette et plaine de la Mouchette (le Maupas, vallon du mauvais passage pour les Romains), colline intermédiaire entre Chanturgue et l’oppidum.
                                               Le temple de Teutatès (Mercure).
Un historien ancien de la ville de Clermont-Ferrand, Savaron, disait qu’il existait un temple de Mars, dieu de la guerre, sur les Côtes de Clermont. Un ruisseau du voisinage, le Toth, nous donne son nom gaulois, Teutatès, assimilé par César à Mercure, mais qui a de nombreux traits de Mars.
  La réfection gallo-romaine date de -22 , mais elle a laissé intact le mur précédent. , P ;66  En effet, Paul Eychart dans César est entré dans Gergovie indique, p ;66,  un fait capital à propos de ce temple : « durant les fouilles sont apparus des murs rustiques à pierres sèches dont l’un était plaqué contre le mur gallo-romain du péristyle, l’un doublant l’autre. »Or, il existe une construction comparable dans l’Ain à Izernore. Jacques Maissiat, Jules césar en Gaule, vol. 3, p.232,  au terme de sa description de cet édifice d’environ 20mètres de largeur et 23 mètres de longueur,conclut :
« 1) que, à la place même où l’on voit aujourd’hui les ruines du monument d’Izernore et avant que ce monument à colonnes y ait été élevé, il en avait  déjà précédemment été érigé un autre, d’une même forme générale, de mêmes proportions horizontales, mais de dimensions un peu moindres ;
2) que celui-ci, monument primitif, construit simplement avec de petits matériaux et du ciment, présentaitàl’extérieur, au moins jusqu’à la hauteur où l’on voyait la peinture primitive, des parois bien unies et peintes en rouge vif. »Ainsi les Gallo-Romains ont profité de l’existence antérieure d’un temple gaulois dédié à Mars Rudiobus (couleur rouge à l’extérieur des parois) pour bâtir un temple gallo-romain qui lui servait de cadre et le consolidait le temple ancien. Plusieurs figures animales du temple de Teuthatès des Côtes de Clermont méritent des explications , car elles symbolisent des constellations.

Les constellations gauloises
Le cheval ou plutôt la jument Epona-Pégase
On connaît le petit cheval de bronze de Neuvy-en-Sullias près d’orléans dans le Loiret qui porte une inscription dédiée à (Mars ) Rudiobus (rouge) .En territoire averne, on a trouvé sur une monnaie de Brienos un cheval entouré d’un petit temple, car il est l’animal de la guerre par excellence, surtout si on évoque les chars et les figurations de Pégase sur les pièces de monnaie.
La Grande Ourse et les oursons
Nous avons une inscription à Beaucroissant en Isère dédiée à  Mercurius Artaios,Mercure gaulois (dieu de la guerre également) à l’ours, ainsi que la belle statue de bronze de Muri représentant une femme, la déesse Artio, en face de qui s’avance un ours , artos en gaulois, ours et arta, ourse. Il y avait 3 noms pour l’ours :
1) le plus connu, l’ours en général,  gaulois artos , irlandais,art   ,  vieux-slave uxô,  sanskrit riksa-, avestique aresa,  arménien arj,grec arktos,  latin ursus, radical indo-européen rkso;
2)  l’ourson de plus  de trois ans,   celtique matu ; l’épithète du Mars gaulois,  matunus, qui a,  la force d’un ours, qualifie comme ici   un puissant dieu de la guerre ;
3 ) l’ourson jusqu’à trois ans ,  aveugle, édenté et informe à la naissance (l’expression « ours mal léché » provient de cette croyance que la mère devait lécher son petit pour lui donner forme) ,mathonwy ,, mathghamhan ou mathmhamna qui avec le préfixe mac devait donner Mac Mahon, On peut l’interpréter le kymrique math vab mathonwy, ours fils d’un ourson à peine né comme ourson formé à partir d’un ourson informe.
Le chien
Sur le monument de Mavilly-Mandelot en Côte d’Or, le chien est attribué à Mars. Mais la constellation du Chien ( Canis major) indiquait pour les indo-européens le début de l’ancienne année de dix mois, le 21 mars,  l’équinoxe de printemps. Le chien d’Orion s’appelle Sirius,la canicule ou petit chien  et c’est aussi une constellation et signifie le soleil (sanskrit Suriah) ;
Le lièvre, latin Lepus, grec Lagôs (constellation)
Le lièvre  est plus difficile car il nous faut remonter aux indo-européens ou plutôt aux Ibères  pour comprendre son intervention. Il faut d’abord rappeler l’interdiction de manger du lièvre chez les peuples d’origine celtique ou ibère, aussi bien les Anglais que les Australiens et même jadis les Corses de Vezzani, d’origine liguro- ibère. Le lièvre, réputé de couleur jaune, rappelle le soleil. Son nom signifie (celui qui a l)’oreille dévorée (par le Chien  levrier démoniaque (analogue à l’infortuné galga espagnol, de gal, nom du lièvre criard, cf latin  glis , et de ga, de laghwa, déchireur,  ou au levrier canarien).Oreille se dit   en grec ousos,  en latin auris (de ausos) et arracher en grec laphussô (cf grec laptô), en arménien lup’el, d’un radical laghw , arracher avec les dents : avec  ôs , oreille on retrouve ce verbe dans le grec lagôs, le latin lepus,celui qui a l’oreille arrachée (par le Chien de la constellation).
Tilak, dans Orion ou recherches sur l’antiquité des Vedas, p. 181 sqq, cite un hymne du Rig Veda : « O Indra ! Comme tu protèges ton favori (Mriga, correspondant au lièvre celtique ou plutôt à un ochotonidae du type du lièvre siffleur ou criard ou encore du pika, mriga étant la métathèse, -gari, - du sanskrit girih, cf latin glis, gliris), grec galeè, lièvre, loir, chat, belette familière) laisse le chien ,lui qui , dans sa gloutonnerie,  est  toujours à pourchasser ,le mordre à l’oreille Je lui couperai la tête afin qu’un être malfaisant ne puisse jouir de son plaisir.» et Tilak continue : «  Les trois  étoiles de la  tête d’Orion dans la constellation d’Orion évoquent une tête d’animal,car les deux étoiles des genoux d’Orion nous donnent les quatre pattes de l’animal (lièvre pour nous, antilope ou autres pour d’autres), dont on pourra admettre que la tête correspond aux trois étoiles de la tête d’Orion….J’ai montré comment on devait trouver l’image de la tête de Mriga dans le ciel. En prenant les trois étoiles de la Ceinture d’Orion pour faire le sommet de la tête, le Chien est tout près de l’oreille droite de Mriga et l’on peut admettre qu’il va la mordre. »



Le lieu d’incinération des Romains.
César dut enterrer ou incinérer ses 700 morts et ses 46 officiers.  Pour les officiers, il a certainement pratiqué l’incinération. Or, Paul Eychart, dans César est entré dans Gergovie, p 50, nous apprend que « sous-jacente au gallo-romain de « Var 2 »  s’étendait en direction de laplaine un lit de cendres qui fut suivi sur 200 mètres dans une tranchée EDF.Pour les hommes de troupe,  plutôt que de creuser une énorme fosse commune, il a pu  utiliser  les fosses déjà creusées,  en particulier les deux tranchées menant du grand camp au petit camp.


Les fossés
Selon Eychart, p. 80, on peut voir sur le flanc est de Chanturgue deux fossés de 4 mètres(6 pieds environ) de largeur environ, l’un sur la partie sud, l’autre sur la partie nord. « Leur tracé est rare, écrit Eychart, sans exemple dans la région et à l’image des tranchées militaires d’approche, en zigzag comme l’est celui de la liaison des deux camps du blocus de Massada en Palestine. » Le texte de César  porte : «  deux  fossés de chacun douze (duodeni) pieds de largeur (plus de 7 mètres au total) et de  quatre pieds (1mètre 20 de profondeur) chacun de profondeur ».Il faut le corriger en seni, 6 pieds chacun, comme dans l’hypothèse de la Roche Blanche. Il est vrai que la profondeur semble suffisante pour dissimuler les légionnaires, surtout si ceux-ci  se courbent et dissimulent leurs casques. .

La vallée  « satis magna », assez grand, qui empêcha les légionnaires de César d’entendre le signal de la retraite.
 Pour Eychart, il s’agit de la plaine de la Mouchette appelée encore appelée le Maupas(le vallon du mauvais passage pour les Romains) ou du Cheval mort, la Mouchette étant une colline intermédiaire entre Chanturgue et l’oppidum.
          
Le scénario de la bataille aux Côtes de Clermont.
L’oppidum de Vercingetorix (300 hectares, 645 mètres d’altitude)
Le fait incontestable est que ces magnifiques remparts qui avaient résisté au blocus par la faim organisé par les Cimbres et les Teutons et qui avaient vu le roi arverne Bituit dans sa gloire, puis Vercingetorix et César démontrent l’existence de ce qui ne peut être qu’une très vaste place- forte gauloise. Quand on ajoute les noms de Gerzat et celui de Gergovia ou Gergoya attesté par une charte de 1149 pour le puy des Côtes de Clermont de 645 mètres d’altitude et sans autre nom connu, le doute n’est pas permis.
 Vercingetorix , qui campait sur la montagne même, in monte, avait  autour de lui, à de faibles distances, les troupes de chaque peuple qui, couvraient toutes les collines de cette chaîne de collines et de puys (omnibus ejus jugi collibus) et offraient de toutes parts un aspect effrayant Il avait installé son camp sur les terrasses entre deux murs qui s’étageaient en contrebas de la ville.
 Il y a 5 chemins qui  mènent à l’oppidum
Le grand camp de César dans la plaine de Montferrand
Dion Cassius nous dit que le grand camp de César  était situé dans une plaine


Le petit camp de César, Chanturgue ,  la conquête nocturne  du camp gaulois de Chanturgue.
  César écrit ,  P 152: « Il y avait  en face de (e regione) de  l’oppidum gaulois du puy de Gergovie aux Côtes) une colline (collis, grec lophos, Chanturgue)  qui se trouvait au pied  même de cette montagne (montis, le puy des Côtes de Clermont), colline  remarquablement fortifiée et  de toutes parts  escarpée ; en cas d’occupation  par nous, nous priverions l’ennemi de la plus grande partie de son approvisionnement en eau et en fourrage ; mais elle avait une garnison qui était loin d’être faible. César dans le silence de la nuit sort de son camp, s’empare du poste dont il culbute la garde avant que de la  ville on puisse lui envoyer des secours,  y met deux légions, et tire du grand au petit camp deux  fossés de chacun douze (duodeni) pieds de largeur (plus de 7 mètres au total) (texte incertain, corrigé en seni, six pieds)  et de  quatre pieds (1mètre 20 de profondeur) chacun de profondeur  »
  Le Grec Dion Cassius (155-235) écrit dans son Romaïkè Historia (livre 40, 32) : « La citadelle, placée sur une éminence fortifiée par la nature, était  entourée de solides remparts. Les barbares avaient occupé avec des forces redoutables toutes les hauteurs voisines et pouvaient y rester sans danger, ou descendre dans la plaine, avec la certitude d’avoir presque toujours l’avantage. En effet, César, n’ayant pu s’établir sur une hauteur, avait son camp en rase campagne (César dit planities, surface plane, plaine),  et il ne lui était pas possible de connaître d’avance les projets des ennemis. Ceux-ci, au contraire,  des hauteurs où ils étaient postés, avaient vue dans son camp…Après avoir attaqué plusieurs fois la montagne (le puy de Gergovie aux Côtes) sur laquelle la citadelle était bâtie, César en avait pris et fortifié une partie (en réalité la colline de  Chanturgue), ce qui devait lui permettre d’attaquer plus facilement le reste ; mais,  en définitive, il fut repoussé et perdit beaucoup de monde. »
  Le petit camp de César à Chanturgue est un camp à entrée défendue par une  clavicula et par un  titulus constituant un dispositif à chicane, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de vantaux aux portes qu’on puise ouvrir ou fermer, mais qu’il faut les obstruer (verbe obstruere utilisé par César) avec des mottes de terre et des branchages lorsqu’on craint une attaque.

  Le grec Polyen, dont on raconte  qu’il avait visité les lieux, nous dit dans ses Ta  stratègika, La tactique du général (vers 163),  VIII, 23, 10 : « Gergovie était une ville très forte par la bonté de ses murs et par son assiette avantageuse, étant élevée quant à la crête des retranchements  (je lis echôn  +adverbe hypsèlôs+accusatif de relation de  kephalè au pluriel),  sans hauteurs au voisinage plus hautes qu’elles. A gauche [ du puy deVar],   il y avait des taillis bas et épais (c’est un causse  comme l’indique le nom gaulois de  Chanturgue ) qui joignaient la colline (de Chanturgue) sur laquelle il y avait une garnison (gauloise) ; à droite (le col qui joint à l’oppidum le puy de Var où l’on a trouvé les traces d’un camp gaulois dès 1937, bordé de précipices) c’était un précipice où il n’ y avait qu’un petit sentier que les Gaulois gardaient avec beaucoup de soin et de troupes. César prit les plus dispos de ses soldats et les plus endurcis à la fatigue, et les envoya, la nuit, dans les taillis. Il ne leur donna que des javelots très courts et des dagues de peu de longueur à cause de l’embarras des broussailles et leur ordonna de se couler doucement dans ces taillis, non pas tout debout, mais couchés et en se traînant sur les genoux. Au côté gauche de la colline,   ces gens se traînèrent ainsi jusqu’au point du jour ; au côté droit, César présenta son armée pour y attirer les Barbares. En effet, ils s’opposèrent fortement à l’ennemi qu’ils voyaient pendant que ceux que les Gaulois ne voyaient pas s’emparaient de la hauteur ».
La distance entre Chanturgue et l’oppidum
César nous parle de 1200 pas (1798 mètres) entrel’endroit où commençait la montée et les remparts de la ville. Du côté oriental de Chanturgue, telle est bien la distance jusqu’aux remparts.



Le puy de Var et son col : les feintes de César
César voulait détourner l’attention des Gaulois du point où il comptait les attaquer réellement, à partir du petit camp. Il fit donc une démonstration vers  une colline détachée du puy d e Gergovie aux Côtes, le puy de Var,  et qui était devenue l’objet de l’inquiétude des Gaulois depuis l’établissement du petit camp, étant donné le col étroit qui joignait le puy à l’oppidum par un chemin par lequel il y avait accès à l’autre partie de l’oppidum  Le camp vidé d’hommes aperçu du petit camp par César dorsum esse ejus (il s’agit de la collem) jugi  prope aequum , sed silvestre et angustum, qua esset aditus ad alteram partem oppidi  L’échine de cette colline (jugi) était pratiquement plate, mais boisée et étroite, formant le chemin par lequel il y avait accès à une autre partie de l’oppidum Aussitôt , les Gaulois craignant beaucoup  pour ce point et étant bien persuadés que si les Romains, déjà maîtres de la  colline de Chanturgue, s ‘emparaient d’une seconde colline, ils seraient pour ainsi dire cernés sans pouvoir ni sortir ni aller faire du fourrage,  se portèrent en masse sur le point menacé  où ils avaient un camp dont on a retrouvé les traces (plan datant de 1937 de Busset).
 César avait en même temps  envoyé,  au milieu de la nuit, plusieurs escadrons de cavalerie, avec ordre de se répandre en tous lieux avec beaucoup de bruit. Ayant ainsi détourné l’attention des Gaulois sur le puy de Var, César, qui avait fait passer secrètement la plus grande partie de ses troupes du grand camp de la plaine de Montferrand dans le petit camp de Chanturgue grâce aux deux fossés qu’il avait fait creuser dans cette intention, donna tout à coup le signal de l’assaut.De plus,  au point du jour,  il fait sortir du grand camp beaucoup d’équipages et de mulets qu’on décharge de leurs bagages. Il donne des casques aux muletiers pour qu’ils aient l’apparence de cavaliers et leur ordonne de faire le tour des collines. Il fait partir avec eux quelques cavaliers qui doivent faire semblant d’aller au loin. Il leur assigne à tous un point de réunion qu’ils gagneront par un long circuit autour de l’oppidum. «César envoie  une légion  par (question qua, le lieu par où l’on passe, ablatif) la même  croupe (celle du puy du Var)  et, quand elle a fait quelque chemin, il l’arrête et la fait se cacher dans un endroit  à basse altitude et boisé.   Les soupçons des Gaulois redoublent et ils font passer toutes leurs troupes de ce côté. César, voyant le camp  des ennemis vidé, fait couvrir les insignes, cacher les enseignes et défiler les soldats du grand camp dans le petit par pelotons pour qu’on ne les remarque pas de l’oppidum.Il fait monter dans le même temps  les Eduens sur la droite par un autre chemin. Legionem eodem jugo (correction de luce qui ne veut rien dire) mittit et paulum progressam inferiore constituit loco silvisque occultat…. Ab dextra parte alio ascensu eodem tempore Haeduos mittit.
  Le grec Polyen nous donne une description dont on ne sait si , comme le croyait C .Jullian, elle se rapporte à la conquête du petit camp de Chanturgue , ou bien si elle se rapporte, comme il est plus vraisemblable,  à la feinte concernant le ravin du puy de Var :  César y a fait manoeuvrer bien en vue  une légion pour faire croire aux Gaulois qu’il veut tenter l’assaut par le col du puy de Var Voici ce qu’il écrit (vers 163),   dans ses Ta  stratègika ,  VIII, 23, 10 : « Gergovie était une ville très forte par la bonté de ses murs et par son assiette avantageuse, étant élevée quant à la crête des retranchements  (je lis echôn  +adverbe hypsèlôs+accusatif de relation de  kephalè au pluriel),  sans hauteurs au voisinage plus hautes qu’elles. A gauche [ du col  du puy de Var qui joint  l’oppidum au  puy de Var où l’on a trouvé les traces d’un camp gaulois dès 1937,],   il y avait des taillis bas et épais (c’est encore un causse  comme à Chanturgue au nom révélateur ) qui joignaient la colline (de Var ) sur laquelle il y avait une garnison (gauloise) ; à droite (du col bordé de précipice qui joint  l’oppidum au  puy de Var ) c’était un précipice où il n’ y avait qu’un petit sentier que les Gaulois gardaient avec beaucoup de soin et de troupes. César prit les plus dispos de ses soldats et les plus endurcis à la fatigue, et les envoya, la nuit, dans les taillis. Il ne leur donna que des javelots très courts et des dagues de peu de longueur à cause de l’embarras des broussailles et leur ordonna de se couler doucement dans ces taillis, non pas tout debout, mais couchés et en se traînant sur les genoux. Au côté gauche de la colline,   ces gens se traînèrent ainsi jusqu’au point du jour ; au côté droit, César présenta son armée pour y attirer les Barbares. En effet, ils s’opposèrent fortement à l’ennemi qu’ils voyaient pendant que ceux que les Gaulois ne voyaient pas s’emparaient de la hauteur ». Suivons de près Eychart : pour accéder à l’autre partie de l’oppidum, il faut  faire le tour de la chaîne de collines ou jugum. Quant à l’accès au puy de Var, il est possible non seulement par le col entre le puy du Var et l’oppidum (la légion), mais encore par les sommets du jugum à partir de sa dernière colline, qui est aussi la moins élevée : celle de Cébazat.  Après sa marche dans la plaine, la légion s’avancera sur le jugum et s’immobilisera entre deux de ses sommets devant le col du puy de Var afin d’inquiéter les Gaulois.

La colline intermédiaire, la Mouchette et le lieu de l’assaut.
«Pour ainsi dire  à mi-hauteur d’une colline (celle de la Mouchette), longitudinalement et selon la nature de la montagne, Vercingétorix avait   construit un mur de grandes pierres de six pieds (1m80) qui était destiné à freiner notre élan » Aux Côtes de Clermont , entre Chanturgue et l’oppidum, s’érige la colline de la Mouchette sur une sorte d’ isthme ou de col étroit , bordé de chaque côté par des ravins très en pente sur la gauche et impraticables sur la droite (à 60%) qui relie les deux hauteurs. Ce passage s’élargit au milieu à la dimension du flanc de la colline de la Mouchette, vers le bord de l’oppidum. La colline de la Mouchette est campée à l’endroit ou le col se raccorde au bord de l’oppidum, p .116 .Au revers de la colline de la Mouchette existe un vallon dit de Maupas, -celui qui a empêché les légionnaires d’entendre le signal de la retraite. Les légionnaires sortirent
Le scénario de la seconde attaque selon Eychart
César opère deux mouvements de diversion :
1) le premier est confié à des escadrons qui  suivront la base des collines  la nuit, par la plaine, sur la droite et prendront position sur le revers de la montagne de Gergovie.
2) le second sera composé de cavaliers et de muletiers déguisés n cavaliers  qui, au petit matin, iront dans la même direction que les précédents et s’écarteront des collines dans la plaine, pour que les Gaulois postés sur les hauteurs ne puissent distinguer les mulets des chevaux ;  puis, arrivés à l’extrémité du jugum, ils feront le tour et rejoindront les escadrons (7 kilomètres)
 Les deux groupes ont contourné les collines (« collibus circumveni jubet »)Ces troupes  atteindront l’extrémité de la chaîne de collines, la contourneront ,  s’engageront dans la vallée du Bédat et se réuniront  vers le village de Blanzat..
 La légion de l’assaut véritable suivra le même chemin, mais s’arrêtera en route, progressant par les collines de la chaîne, mais sans en faire le tour comme les autres troupes.