vendredi 14 septembre 2018

LA DÉCOUVERTE DE LA STRUCTURE SOUS-MARINE MYSTÉRIEUSE AU SUD DU JAPON A YONAGUNI : LE PROFESSEUR KIMURA A RAISON .


 LA DECOUVERTE D’UNE STRUCTURE SOUS-MARINE MYSTERIEUSE AU SUD DU JAPON A YONAGUNI : LE PROFESSEUR  KIMURA A RAISON .  
 « La structure sous-marine de Yonaguni est une formation gréseuse sous-marine située dans les eaux claires de la pointe d’Arakawa, à l’extrémité sud de l’île Yonaguni dans l’archipel Ryūkyū » où se trouve Okinawa  et qui a été annexé par le Japon. Cette île sous-marine fait l'objet de débats scientifiques depuis sa découverte en 1985 car elle est  le vestige d'une cité préhistorique.
L’internet, Wikipedia, nous l’apprend : « La structure est constituée d’immenses plates-formes interrompues par des failles formant de grandes marches angulaires séparées par des parois à l’apparence lisse. La structure mesure plus ou moins 75 mètres de long et 25 mètres de haut. En raison de son apparence lisse, peu érodée et peu colonisée par la vie marine, certains auteurs estiment qu’elle pourrait être artificielle et très ancienne 1 Histoire
Le site de Yonaguni , de 28 km2,  daterait de la dernière glaciation, lorsque le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’aujourd’hui. Le bas niveau de l’océan est démontré par un pilier de roche dans une grotte submergée interprété comme un amas de  stalactites , qui ne pouvaient se former qu’en dehors de l'eau, et en 2007, des datations au carbone 14 et au béryllium-10 ont montré que les coraux étaient immergés il y a 5 000 ans av. J.- C.  tandis que le socle de grès était à l'air libre il y a un peu plus de 2 000 ans av. J . –C. . Le  professeur Masaaki Kimura,  de l’université des Ryūkyū,  affirme qu’au cours de cette période glaciaire la mer du Japon était une mer fermée et que la mer Jaune n’existait pas encore, ce qui permettait aux hommes et aux animaux de rejoindre les îles Ryūkyū à pied. Yonaguni aurait alors été l'extrémité sud d’un pont de terre reliant le Japon et le reste de l’Asie, la presqu’île coréenne entre autres, où se trouvent de nombreux et énigmatiques dolmens et autres mégalithes.  Le professeur Masaaki Kimura estima initialement que le site datait  d’au moins 10 000 ans, av. J.-C.,   époque où il aurait été hors de l'eau avant d’être immergé par une montée des eaux de plusieurs dizaines de mètres,  puis, dans un rapport remis au 21e Congrès des sciences du Pacifique en 2007, il révisa son estimation et affirma que le site remonterait à environ 2 000 ans av. J. –C.  .
« En 1985, Kihachiro Aratake, un organisateur de plongées touristiques, en repérage pour un tour opérateur en plongée sous-marine, entend parler d'un haut-fond poissonneux connu des pêcheurs locaux dont les légendes évoquent aussi un palais englouti. Kihachiro Aratake découvre alors des plateformes de grès, qu'il interprète comme une structure mégalithique.
« Une première étude est entreprise en 1996 par le professeur de géologie Masaaki Kimura de l’université des Ryūkyū, qui crée l’UAET (Équipe d’Exploration d’Archéologie Sous-marine). Il déclare lors d’une interview en septembre 1999 interpréter la structure comme étant faite par l'Homme.
L’équipe du professeur fit par la suite d’autres découvertes au sud-est des îles Shihuan et dans les régions alentour , en particulier une pierre ressemblant  à une tête humaine. Lors d’une interview à l’université des Ryuku, le professeur a exposé les cinq points qui lui font croire que ces vestiges ont été  créés de la main de l’homme : la forme générale, la grande quantité de marches , l'existence , au fond , d'une sorte de route avec peu de fragments de pierre ; la présence d'un muret en pierre longeant cette structure.
Selon Masaaki Kimura, ce serait un monument servant à la fois de château et de temple. En regardant un modèle à l’échelle,  assemblé après plusieurs explorations du site par son équipe et lui-même, tous  lui trouvent une ressemblance frappante avec les gusuku, châteaux –temples propres au Royaume des Ryou Kiou, de l’île Okinawa notamment.  Les similitudes avec les gusuku consistent dans des  zones de marches avec de grandes terrasses plates ;  un porche  constitue la  porte d’entrée, localisée du côté Ouest de ces ruines, tandis que, sur une autre section,  on trouve  des trous inexpliqués à un niveau inférieur. Au sommet de ces ruines se trouve une ouverture conduisant vers le bas, évoquant la présence de tombes. A noter l'existence d'une tradition ancienne du travail de la pierre à Yonaguni et dans les autres îles des Ryūkyū,  que  confirment certaines tombes. »
 Mes réflexions sur ce palais sous-marin des îles Ryoukyou. .
Les  trous  témoignent , selon moi, de l’habitude ibère, puis aïnoue encore aujourd’hui à Hokaïdo, de planter une rame  d’abord sur les tombes masculines, puis un simple mât représentant cette rame  , et une figuration d’une navette ou d’un rouet sur les tombes féminines.
 On trouve sur l’île de nombreux monticules de coquillages qui sont comme la marque des Ouigours ou Ibères.
L’étymologie du nom de l‘île : Yona –guni et de celui de l’archipel Rioukiou.
Il est facile de voir la parenté du  nom Karen-ni, les petits Karens, altéré en Nouvelle-Calédonie en  Gorouna, ou le nom Karen, porté par les Tibawés de Nouvelle-Calédonie aussi ,avec Kuna ou Kunya qui donne Koné dans cette île  (site lapita, donc Gorouna précisément) , ainsi que le nom de  l’îlot Koniene en face de Koné et  celui  de l’île des Pins , Kunie: ces formes , comme le nom de Yonaguni (de Yanakuni) ou de Anakena à l’île de Pâques (voir mes trois  blogs : Du nouveau sur l’île de Pâques ; les tumuli de l’île des pins ; et   Kunie)   viennent tous de arakounia, le nom d’une région de Birmanie dont le nom a été donné, par exemple,  au Chili : l’Araucanie,  ou  aux îles Ryoukiou (de [ya]anoku[na]) .Son étymologie nous est donnée par le grand linguiste Jean Karst, qui reconstitue un radical composé , azika-anay, azika signifiant la tribu, la nation, tandis que anay signifie les frères (souvent traduit à tort  par hommes simplement, comme dans aïnou,eïno [le nom des Indiens Micmac],  inuit, T-aïno (Haïti),Hai-nan,  l’ensemble voulant dire les frères de la tribu.
 La génétique.
Les Ainous souffrent, aujourd’hui encore,  d’un déni de blancheur chez les blancs, dépités d’avoir des cousins sauvages. Le Larousse du XIXe siècle disait avec mépris qu’ils étaient «  si velus et si sales que nul n’avait  jamais pu déterminer la couleur de leur peau » !  Pourtant, au XIIIe siècle,  Marco Polo écrivait que Cipango (le Japon) était peuplé par « une race blanche et de belle allure ».  « Les Ainous, nous dit l’hématologue Jean Bernard, dans Le sang et l’histoire, 1985 p. 70, se séparent des populations mongoles [chinoises] par la présence dans leur sang d’un facteur V qui a été observé dan le système Rhésus des Amérindiens, mais jamais chez les Chinois ; par la fréquence  très élevée du sous-groupe Rhésus R et par une fréquence dans le système MN de NSS qui est la plus forte fréquence connue du monde. » On retrouve certains de leurs gènes dans les populations d’Andaman (de Djomon, autre nom des Aïnous ) où certains Djomons sont passés. Paul Rivet fait remarquer que les caractéristiques aïnoues se retrouvent dans le crâne de l’homme de Cromagnon des gisements du quaternaire supérieur en Chine près de Pékin  (Chou -kou- tien) et ont des affinités avec l’homme de Chancelade et avec certaines populations blanches  du Turkestan, de Sibérie et d’Hainan,  les Ouigours pour simplifier.  Le crâne de l’homme de Kennewick trouvé dans l’Etat de Washington et âgé de 9000 ans, proche de celui des Inuits,  en  est  morphologiquement très proche. Bref, parenté des Ainous,  il y a  50 000 ans au moins,  avec les Esquimaux, les Amérindiens et, selon le Professeur Paul Avias, avec les Kunie de l’île des Pins et des Gorounas de Nouvelle-Calédonie.
J’entendis parler des Aïnous par le professeur Paul Avias dont j’entendis d’abord le nom à Sarraméa en Nouvelle-Calédonie (j’avais treize ans) alors qu’il était en quête de crânes et en difficultés pour cela avec certains Mélanésiens du coin .  C’est  lui qui,  le premier, étudia sur place les Mélanésiens du point de vue de l’anthropologie physique et associa les habitants de Nouvelle-Calédonie aux Aïnous. L’historien Bonnefous,  dont j’étais l’élève en cagne au Lycée Louis- le- Grand, me parla un jour des travaux d’Avias en me disant : « Il suffit pourtant d’avoir regardé une photo de  Néo-Calédonien pour douter de leur origine aïnoue.  ». Il ignorait  que j’étais né en Nouvelle-Calédonie et que j’étais déjà l’adepte des théories d’Avias, lui-même disciple de Paul Rivet ! Mais j’aurais pu lui objecter : « Pourquoi alors personne ne fait-il le lien entre les autochtones de Nouvelle-Calédonie et les habitants de l’Afrique noire ? »
Le hasard fit que l’arbre généalogique de mes neveux , à la suite d’une alliance de leur père avec une descendante d’un autochtone de Okinawa, déporté en Calédonie par le Japon pur ses idées indépendantistes par rapport au Japon (il ne fut pas le seul déporté politique de cette île en Calédonie ) et nommé Nakamoura , remontait à cette île méconnue , sauf pour son régime  favorisant les  centenaires et pour les grandes batailles américaines contre le Japon. Aussi,  lorsque je me rendis avec mon épouser au Japon en 1980, je voulus voir des Aïnous et entendre leur langage qui n’a rien à voir avec le japonais. A Tokyo, à l’Hôtel où nous étions entendu, je demandai l’adresse d’un restaurant aïnou et l’Hôtesse , d’abord charmante, me demanda si c’était la cuisine d’Okaïdo qui m’intéressait. Mais lorsque je lui eus dit que ce qui m’intéressait, c’était la cuisine aïnoue, son visage se ferma et elle refusa de me donner des renseignements. Heureusement, le Guide du Routard sur le Japon que je possédais m’indiqua un restaurant à l’enseigne de l’ours que je réussis à trouver non sans mal et où je rencontrai un couple d’Aïnous au visage européen. La vérité m’oblige à dire que jamais jke ne mangeai aussi mal que cette cuisine aïnoue.
  Il  faut aujourd’hui ajouter à Rivet (Les origines  de l’homme américain) et aux articles de P. Avias l’œuvre, publiée à Cambridge en 2004, d’une  Japonaise professeur d’anthropologie à Berkeley, spécialiste de préhistoire japonaise et américaine, Madame Junko Habu, Ancient Jomon of Japon. Les  Gorounas de Gabriel Païta sont des migrants apparentés aux  Océaniens blancs de Rivet, aux Aïnous d’Avias et aux Jomons (ou Djomons) de Madame Habu.
L’itinéraire des Ibères.
Leur odyssée en Asie, puis dans le Pacifique, de la Micronésie jusqu’à l’île de Pâques et à la côte d’Amérique du sud.
Ils viennent de Birmanie. La Birmanie est un pays grand comme la France et qui fut riche en minorités blanches, jaunes ou noires venant elles-mêmes du Pamir, du Cachemire,  des îles  Laquedives (de mal-aka, aka signifiant île et dive signifiant seigneurie) et  Maldives (de malaka), de la côte des Malabar, où l’on reconnaît Myanmar et qui désigne les  Hmongs Ibères (Avars, Ouigours). Le mot Birman, Burma en anglais, Bama, Bamar passe pour appartenir au  registre familier. Dans la première syllabe bir , on reconnaît  le bar de Malabar, Ibère, Ouigour, le br de Bornéo ou de Brujnii ou Bruijin en Papouasie et de Burnam en Malaisie
Quant à la seconde syllabe man, mar, mal, min, mir,  on la retrouve dans le  mir de Cachemir ou de Pamir,  min de Amindivi,  mal de Maldive,  cette syllabe mir ou mar  venant de Hmong. Ainsi, Mamar (de ma pour mar, signifiant hmong,  et de mar pour bar, Avar,  ibère) signifie les hmongs ibères ou ouigours.  Malacca, Malais, viennent de mal + aka, île.  Le nom officiel de la Birmanie est l’Union de Myanmar ou Myanmah. Le mot birman tel que je l’emploie ici est  donc géographique et  ne renvoie pas à l’ethnie birmane aujourd’hui majoritaire, mais au pays originel peuplé d’ancêtres mythiques, appelés  les Bya Ma.
Le pays compte aujourd’hui 130 minorités ethniques, appelées les « races nationales » :  Rakhins (Arakhan, Ryukyu), Karens(métathèse de rakhin donnant karin), Karen-ni ou Petits Karens, les Kachins, les Chins,les  Shans, les Mongs. Les Karenni portent une écharpe rouge, leurs femmes ont le cou entouré d’un anneau de laiton qui les a fait appeler les femmes -girafes et ils habitent l’Etat Kayah, autre forme de Karen.  Les Karens noirs, Pa O, Pwo ou Taung Thu (taung désignant les Tuas et thu signifiant noir), vivent dans l’Etat des Shans et parlent une langue austroasiatique du groupe semai.
Bref, le mot birman,  renvoie aux habitants anciens du pays, qu’il s’agisse de la  minorité blanche des  Karen-ni dans  l’Etat des Shans , ou  d’autres minorités,  noires celles-ci,  comme les Taung Thu ou Tuas.
Sans insister, signalons qu’ils ont eu la religion de Zoroastre puisqu’ils craignaient, en Micronésie, le démon Ahriman. On pourrait leur  attribuer  la civilisation de Moendjo Daro et d’Arappa avec sa statue de chaman ou prêtre-roi semblant avoir les mains jointes sur les cuisses comme certaines statues  pascuanes.  

1 Le désert du Taklamakan . Micronésie : un grand ensemble mégalithique à rapprocher de celui de Yonaguni.
 Au nord du Tibet, dans l’immense désert de Taklamakan , peuplé de Ouigours, leur  nom est une variante de  Ibère ou Avar ,   des archéologues chinois ont eu l’étonnement de découvrir une nécropole, avec des momies aux traits européens, aux cheveux châtains et au nez long et aquilin , datant d’il y a 4 000 ans environ et enterrés dans des bateaux retournés recouverts de peaux de vache , avec un mât de bois situé à la proue , de 4 mètres de haut et dont la sculpture varie selon le sexe : pour les hommes , le sommet est effilé, symbolisant,selon les archéologues chinois, des phallus,  tandis que , pour les femmes, le sommet serait plat et  peint en noir et rouge, évoquant des vulves. On peut toutefois se demander s’il ne s’agit pas, pour les femmes, de  la navette ou de  la quenouille. O’Connell,  en Micronésie,  décrit cette habitude funéraire en précisant qu’il s’agit de fuseau ou de quenouille,  attributs de leur sexe que les Chinois n’ont pas compris,  et pour les hommes, d’une perche servant de  godille  et permettant de se diriger  dans les eaux de l’au-delà. Ce trait est à rapprocher de la culture aïnoue. En 1978,le fondateur de l’hématologie, Jacques Ruffié,  alla observer les derniers Ainous d’Hokkaido. Il  nota qu’à Nibutani les tombes étaient  surmontées « d’un curieux poteau de bois dont la partie supérieure sculptée variait  avec le sexe du mort ».
3 Micronésie : un grand ensemble mégalithique à rapprocher de celui de Yonaguni.
 En Micronésie, près de Pohnapé,  Tawache (Touache) est  le nom d’une presqu’île de l’île de Temwen  où se situe le plus  fameux ensemble mégalithique du Pacifique, mais hélas ! les autorités ont interdit toute visite et toute photographie. 
Il y existe un extraordinaire complexe mégalithique,  parent de celui de l’île de Yonaguni , comme de ceux de l’île de Lelu et de sa cité d’Insaru, ainsi que des ruines de Palau ou, un peu plus loin, des colonnes [des monuments comparables à ceux de l’île de Pâques] des îles Marianne sur l’île Tinia.  Au total il y aurait 92 îlots carrés  artificiels  et quelques îles supplémentaires  sur le récif qui entoure Pohnapé. Ce complexe  de Nan Madol  et son  site de Nan Dowas, sur l’île de Temwen,  ont été décrits par Jacques de Rosamel qui l’observa en 1840  (Pohnpeï Micronésie 1840, p. 102), mais la description la plus éclairante  du site me semble avoir été donnée par James F. O’Connell, dans A residence of eleven years in New Holland and the Caroline Islands, being the adventures of James F. O’Connell, 1836, réédition numérique américaine, p. 210 sqq. , que je traduis librement : « La muraille extérieure ferme un espace d’environ un mille de circonférence. Cette aire n’est pas vide, mais,  à environ vingt  pieds de distance du mur extérieur, il y en a un autre, exactement parallèle au premier ; ensuite,  à la même distance,  un autre, et encore un autre, au nombre de cinq ou six [cinq en réalité]. Le mur de l’enceinte centrale ne renferme qu’un espace d’environ quarante pieds de côté et il est parfaitement carré … Sur le mur extérieur, quatre piliers carrés, partie autrefois  d’un portique ou d’un élément d’architecture comparable [à comparer avec l’étonnant portique en pierre de Tonga, savoir deux menhirs surmontés d’une pierre représentant comme ici la mort préalable du germe de coco ou de la graine de fruit d’arbre à pain], traversent le fossé plein d’eau [seulement à marée haute]. L’entrée, ou l’ouverture pratiquée dans le mur, était d’environ quatre pieds de haut. En entrant, aucune ouverture ne se présente dans le mur suivant, mais, après avoir remué des broussailles, nous avons découvert une entrée au coin du mur, à droite de la première entrée. Après l’avoir empruntée,  nous avons trouvé une ouverture dans le mur suivant, mais à gauche cette fois ; et ainsi de suite : nous avons trouvé les portes alternativement à droite et à gauche avant de pénétrer dans l’enceinte centrale. En marchant à l’intérieur de cette enceinte, grâce à la chute accidentelle d’une pièce de bois, nous avons découvert une crypte »
Ces pierres carrées et ces portiques sont destinés à être des catalyseurs pour favoriser magiquement la pousse aussi bien des arbres à pain que des cocotiers.
L’ensemble est tabou et est protégé par Animan [mot proche de Anita aux îles Mariannes, mais venant de  Ahriman. le dieu du mal du zoroastrisme]  «  Les bras de mer étaient autrefois des passages secs, que l’eau  a envahis, en raison de la proximité de l’île par rapport au récif de terre… Dans l’un des arroyos  sur cette île des Ruines,  se trouve une énorme pierre carrée ». Cette « pierre carrée est située,  non sur les murs, mais dans l’arène   qui se trouve entre les bras, seul endroit où les prêtres sont autorisés à  marcher.
  Les mystérieuses sphères de pierre de toute taille qu’on voit encore en ces lieux ont pu servir, à mon avis, comme moyen de traction des très lourds blocs de pierre qui étaient remorqués à terre et qui étaient  plus faciles à pousser sur des routes pavées  grâce à ces sphères.
Rapprochons ces sphères  de  l’existence, encore en Micronésie, dans l’île de Yap, d’une prétendue monnaie géante en pierre avec un trou au milieu, en aragonite importée de l’île Palau. On a trouvé à Andros, p.  56 dans Pierre Carnac,   L’histoire commence à Bimini ,  dans une excavation artificielle sous-marine profonde ,  des pierres discoïdales au centre troué, d’un diamètre de 2 à 5 pieds, semblables à celles de Yap. 
La crypte est plus mystérieuse encore. J. O’Connell y a trouvé un squelette de chef, mais très récent, et  il ne pense pas qu’elle ait eu à l’origine la moindre destination de conservatoire de  squelettes. Nous devons la comparer avec d’autres cryptes en voùte  de pierre, plutôt rares dans le  Pacifique, comme celles de  l’île de Pâques. Thomson,  p. 81, découvrit dans cette dernière  « un immense dallage en ruines, de type non polynésien, qui comportait des maisons de pierre à double pointe et qui s’étendait sur près de 2 kms,  le long de la haute falaise de la côte nord- ouest. Chaque demeure était pourvue d’une crypte qui,  parfois, était couverte d’une arche soutenue par une belle pierre en clef de voûte et qui était destinée à abriter les statuettes représentant les morts.  Beaucoup de ces maisons ont malheureusement été emportées par l’érosion et les tremblements de terre ». La crypte a une voûte à 3  ogives et 4 voussoirs. 
4 Ticopia
Les premiers habitants de Ticopia, -des migrateurs Ibères, -   étaient  des « magiciens » .  Selon J. Guillou,  ils faisaient appel « à un esprit mythique surnaturel qui, la nuit, se chargeait de la mise en place de ces énormes pavés » qu’on voit encore sur l’île.   Une tradition hawaïenne, rapportée par G. Coquilhat, nous confirme que  les premiers habitants de Ticopia « avaient une réputation d’habiles artisans de la pierre, capables d’édifier un temple [ahu] en une seule nuit grâce à des  procédés magiques qui leur  permettaient de se passer de la main à la main de gros blocs de rocher. » Ils ont ainsi inventé le travail à la chaîne sous les yeux  de natifs médusés ! « Une curiosité remarquable de l’île, décrit encore dans Peter Dillon, capitaine des mers du sud, p. 186 Jean Guillou qui  m’a dit  être allé à Ticopia  en personne, c’est  « une longue route pavée de blocs de basalte qui ceinture le cratère. Ce travail colossal serait l’œuvre d’une population pré -lapita [entendons ibères] qui, selon les habitants de l’île, faisait appel à un esprit mythique surnaturel [Ahrimam ] qui, la nuit, se chargeait de la mise en place de ces énormes pavés. Un cyclone aurait anéanti cette civilisation. » Selon moi, ces blocs de basalte sont des ahu funéraires analogues à ceux de l’île de Pâques et des Touamotous, et la route où passaient des charrois de gros blocs évoque la route bien déblayée qu’on observe sousl’océan à Yonaguni.
  Les Ibères  quittent Ticopia, que ce soit à cause d’un cyclone ou d’un tsunami et  émigrent  alors  aux  Tonga où ils laissent comme trace de leur passage le célèbre porche de pierre.
5)A Koniene en Calédonie et à Kunie, l’île des Pins , les monticules de coquillages qu’on trouve également en grand nombre dans le royaume de Ryoukyou.
Les monticules de coquillages de l’îlot Koniene.
J’emprunte à Max Shekleton (Bulletin de la SEHNC, n°158, 1er tr. 2009, « « Walkabout du 14 juillet 1941, sur l’îlot Koniene en Nouvelle-Calédonie, par Wilfred G. Burchett ») la description suivante :
« Alors que nous traversions l’île vers la côte faisant face au récif, nous avons rencontré des hectares et des hectares de coquilles en tout genre y compris des huîtres, des bénitiers, des conques et bien d’autres coquillages qui me sont inconnus, des monticules entiers formés de masses compactées de ces coquillages. Mon guide [originaire de Lifou] m’indiqua qu’on les trouvait jusqu’à une profondeur de deux mètres. Deux mille tonnes ont déjà été prélevées  pour en faire de la chaux et l’impact sur la ressource est insignifiant ; mon hôte [Jules Calimbre] est convaincu qu’elles représentent des siècles d’accumulation alors que l’île était un lieu de festins pour les indigènes se rendant au récif à marée basse, récupérant les coquillages par pirogues entières et  revenant sur l’île pour un festin et un pilou- pilou… « Mais ce n’était pas seulement un lieu pour festoyer », mon hôte interrompit ainsi mes pensée. «  Venez par ici ! ». Et,  en me retournant, je remarquai un grand banyan. Nous nous en approchâmes lentement, les coquillages s’écrasant en poudre sous nos pas. A l’ombre, sous les racines du banyan, se trouvait une possibilité d’explication horrible pour ces festins.   Des os blanchis y étaient éparpillés et, scrutant la pénombre, je pouvais voir les orbites vides de crânes humains. Lisses, gris et polis, il y en avait à tous les stades de conservation, certains dont les dents étaient intactes. Il y avait des os de bras et de jambes, certains avec des traces de fractures. En certains endroits, les racines et les branches avaient entouré les ossements humains, -bien implantés dans le bois de l’arbre, -laissant supposer que les corps avaient pu être placés sur l’arbre même. « Il y avait des centaines de crânes quand je suis arrivé, mais les Javanais les ont dispersés et jetés. Pas les indigènes. » Le guide de  Lifou  apprend au journaliste  qu’il ne s’agissait pas de cannibalisme, mais de tombes.
Au Japon :   les dépôts de coquillages associés aux tombes.
Chez les Djomons du Japon, c’est sous le tumulus que se trouvent les ossements.
On peut songer aux kanjo dori qui sont des sépultures collectives, d’une hauteur de 0, 50 à 5 mètres et d’un diamètre de 30 à 75 mètres ;  le montant de terre est estimé à 300 m² : il faudrait 25 personnes travaillant  pendant 123 jours pour remuer cette terre en provenance du puits funéraire voisin, un homme remuant 1 mètre cube par jour .Ces tumuli sont associés à des dépôts coquilliers du Djomon final. Il y  a 14  kanjo dori  contenant de 1 à 21 puits funéraires à Kiusu près de Chitose.
Au Japon préhistorique,  à Terano– Higashi, on compte 127 dépôts coquilliers (et 804 dans la région entière), nombre qui serait plus proche du nôtre : 300 à l’île des Pins. Il y a 1108 dépôts djomons au Japon: d’autres avancent le chiffre de 4 000 mais en comptant des dépôts de période plus tardive .
6 Les colonnes au centre des tumuli de l’île des Pins ou Kunie. 
L’explication des tumuli avec deux trous à leur sommet et de leur cylindre central  de chaux.
Voici le scénario,  tel qu’on peut vraisemblablement le reconstituer pour expliquer les quelque 200 ou 300 tumuli de l’île des Pins :
1) une  maison funéraire sur pilotis  est bâtie à l’occasion d’un  décès ;dans cette maison cohabitent,  pour le  temps du deuil,  les parents du défunt et le cadavre ; la maison a deux planchers à claire-voie  et,   au-dessous du plancher  supérieur,  le cadavre est mis à pourrir sur le plancher inférieur,  à ras de la terre ,   plancher inférieur avec ,  sur le cadavre,un grand nombre de coquillages encore vivants , hommage , comme le mât ou  la rame, au dieu de l’océan ; 
2) au bout d’un certain temps, une fois les chairs décomposées, les parents  recueillent  le crâne et le squelette, ils les placent dans une jarre lapita pour ce qu’on appelle  une inhumation secondaire. Ils construisent ensuite un mât, sous la maison, avec des blocs de coraux et des coquillages, puis  brûlent à grand feu  l’habitation sur pilotis , le mât et les coquillages amassés. Ils édifient  autour du mât, formé de coquillages spathifiés, concassés et compactés, transformés en chaux  sous l’action de la chaleur,  un tumulus qui imitait  la forme d’une pirogue   renversée. C’est le cylindre de coquillages transformés en chaux qui constitue le mât de la pirogue,  renversée en signe de mort. Ils mettent  la jarre avec les reliques  au pied du tumulus ;
3) plus tard, intervient  la levée de deuil  avec  transport de  l’urne funéraire au bord de la mer, dispersion des restes dans l’océan et bris de la jarre sur la plage ; 
4) éventuellement, un substitut du mort en une matière quelconque :   nacre, argile, pierre, etc., le remplace  sous la forme d’une « tête de monnaie » conservée par les parents ou d’une « poupée » exposée sur les lieux .  
 Si le conservateur du musée de Nouméa Luc Chevalier a trouvé deux pieux de soutien dans l’un  des quatre tumuli éventrés par ses soins,  ce sont les quatre pilotis qui  appartiennent à  une maison mortuaire sur pilotis.
  Cradgi ou gadgi semble  bien être le  nom kunie et calédonien   de ces monticules préhistoriques  de coquillages  appelés kaizuka au Japon et sambaqui au Brésil.
  Un trou figurait aussi au sommet de certains tumuli récents, selon une indication orale recueillie par Luc Chevalier. Ce trou aurait pu servir à  planter au sommet de certains  tumuli plus récents, au demeurant très peu élevés,   une perche ou rame,  aujourd’hui disparue,  dont le bout variait selon le sexe de l’individu ;  c’est ce qu’on retrouve dans les cimetières  ainous actuels observés par Ruffié e,  dans les cimetières ouigours fouillés par les archéologues chinois dans le bassin du Tarim et  dans le cimetière sous-marin  des  îles Ryukyu.

vendredi 10 août 2018

Les mégalithes de Changé (Saint-Piat)



DU NOUVEAU SUR LES MEGAITHES DE CHANGE : ESSAI D’INTERPRETATION DE LEURS FONCTIONS RESPECTIVES  ET DE LEURS NOMS, AINSI QUE DU ROLE DE GARGANTUA EN BEAUCE


Le nom d’un  dolmen de Changé (Saint-Piat), le Berceau, c’est-à-dire selon Littré « le lit des enfants  à la mamelle » et par suite le  lieu où l’on est « né », où l ’existence sociale  a commencé, nous interpelle sur la fonction de certains dolmens,réputés être des maisons pour nains , pour «  korrigans », c’est-à-dire des nains, en Bretagne,des hommes qui ne seront des hommes faits, des « vrais hommes » qu’après leur initiation secrète dans les dolmens . Vérifions si d’autres noms de dolmens en Eure-et-Loir  confirment notre interprétation du dolmen comme lieu d’initiation, étant précisé qu’après l’ère néolithique, à l’âge de bronze, une époque où l’initiation n’était plus pratiquée ,  le mégalithe  a pu être réutilisé comme sépulcre .
Illustration éventuelle du dolmen du Berceau.  
Les noms de certains  dolmens
1 Le nom de La puce qui renifle  à   Fontenay –sur- Conie,   vient , avec changement de genre par incompréhension, de puticellus, le pucel, le jeune garçon de moins de 17 ans,  qui pleure par peur avant de subir la terrifiante initiation  et ce nom constitue une référence à la vocation des dolmens : l’initiation  des jeunes gens. 
2 Le nom du  dolmen du Corbeau, près de Doué-la-Fontaine, commune de Louresse -Rochemenier, dans le Maine -et-  Loire ; est de même nature. Il vient d’un radical apparenté au  grec  kouros, adolescent , de korv_os, correspondant en latin au  diminutif corb-ellus, petit jeune homme. On retrouve le même nom dans l’Odyssée, XII, 407,  la pierre du « corbeau », korakos lithos, adjectif à rattacher à kouros, jeune homme, le dolmen des jeunes gens : c’est le plus ancien nom de   dolmen que nous connaissions grâce à Homère.
 3 Le nom du Puy aux Ladres est intéressant parce qu’il révèle le souvenir que ce type de monument s’adressait à des jeunes qui n’étaient pas encore initiés. Ce nom est, en effet, l’altération de puy (podium, au sens de tribune, estrade,lieu d’ apparition en public ) aux jadres (du latin juniores, garçons trop jeunes, candidats à l’initiation, cf le nom , en ancien français, de gindre, le plus jeune ouvrier boulanger qui pétrit la pâte). Il est celui d’un dolmen à Bonneval.
Dans la commune de Châtillon –en- Dunois subsiste, christianisé, le nom de Saint -Ladres (au pluriel) qui fait référence à un dolmen disparu
La fonction primitive de ces  dolmens : des lieux d’initiation à la date du solstice d’hiver comme les autres dolmens, et non des tombes collectives pour les chefs.
Le dolmen immergé de la Conie ne saurait avoir été un lieu d’inhumation , ni individuelle,  ni collective, puisqu’il est inondable. Il ne  pouvait naturellement pas  être enterré et ne possédait donc pas de tumulus, qu’il s’agisse de terre formant tertre ou de cailloux comme dans le cas des cairns  On peut supposer que le sol y avait été surhaussé, de façon à obliger les néophytes à se baisser en n’ayant que la tête hors de l’eau, leur  tête étant prise entre l’eau et la face inférieure de la dalle de couverture du dolmen. La date des fêtes nous est livrée par le nom  des nombreux dolmens appelés  Jolimont dans le nord de la France, composé de -mont,  du francique mound, ensemble de pierres,  et de Joli, du scandinave jôl, nouvelle année, solstice d’hiver du 21 décembre avec  les débordements qui l’accompagnaient.
La «  hauteur sous plafond » du dolmen immergé de la Conie, à Péronville, appelé   la pierre Saint-Marc.
Max Gilbert , dans Pierres mégalithiques (menhirs et dolmens) en Normandie, Guernsey Press, Guernesey,  1956, p 144),  fait  remarquer que l’entrée des dolmens normands est trop petite pour permettre le passage aisé d’un homme :  « Sous les dolmens de Martinvast et de Flamantville , [à supposer aux dolmens une fonction d’inhumation, ce que ne fait d’ailleurs pas Max  Gilbert ] on ne pourrait mettre qu’un homme enterré assis ou les jambes pliées […] Pour le   dolmen de Mortain,  seul un lapin pourrait maintenant se glisser sous la dalle inférieure ; sous les dolmens de la Grandière à Joué- les- Bois et du Faldouet à Jersey, un homme pourrait se tenir debout en inclinant la tête, mais ne pourrait y évoluer ni y vivre. Dans la plupart des allées couvertes, un enfant ne pourrait pas se tenir debout, mais seulement entrer à genoux ». Ainsi, il s’agissait  de contraindre  les candidats à l’initiation  à se baisser et à marcher à quatre pattes comme des bébés.

Penchons-nous maintenant sur les menhirs en général avant d’examiner le nom de celui de Changé, le But de Gargantua.
Illustration : le menhir du But de Gargantua.
A quelle intention , d’abord, répondaient  les menhirs? La fonction première du menhir : c’est un catalyseur magique de la percée végétative.
James George Frazer, dans Le Rameau d’or,  Balder le Magnifique, Ed. Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 1984, 4 vol., vol .4,   p. 98, donne cet exemple : « Dans plusieurs parties de la Bavière, on pensait que la hauteur des tiges de  lin dépendrait de celle des sauts des jeunes gens. » A Vanuatu, sur l’île Pentecôte, le spectaculaire saut du gaul (mot qui signifie plongeoir, -une corde à grande  hauteur ),  qui est toujours pratiqué malgré les accidents mortels et qui consiste  à sauter du point le plus haut, est censé faire pousser les tubercules des ignames  d’autant plus profondément  que le saut aura été accompli du plongeoir le plus haut. En Nouvelle-Calédonie existaient aussi  de précieuse pierres à ignames , sur lesquelles les sorciers canaques faisaient leurs  conjurations secrètes. Ces pierres à ignames étaient les équivalents en miniature de ces  pierres  pour les céréales : orge, blé,  seigle ou sésame qu’étaient  les menhirs. Dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, à Arama,   il existe  une quarantaine de petits menhirs dépassant du sol de 60 cm environ : ils sont censés favoriser magiquement la croissance  des cocotiers.  
  On retrouve en France des  restes analogues  de cette  superstition.  Nos épis de faîtage au nom symbolique reposaient sur la même croyance que, grâce à ces talismans placés en hauteur   les récoltes croîtraient aussi haut que  ces ornements. L’érection d’un menhir avait ainsi  pour but de mimer analogiquement la pousse  de l’orge ou de quelque  autre céréale,  de la stimuler et de la favoriser par magie imitative. Frazer, op. cit, vol.  III, Esprits des blés et des bois, p. 26,  écrit du « Dionysos de l’arbre » que « son image n’était souvent qu’un poteau planté en terre, sans bras  », imitant très grossièrement  l’arbre fruitier , ici le cep de vigne, qu’il s’agissait de faire pousser par sympathie. 
Le nom des menhirs est d’ailleurs révélateur de cette  destination de fécondité agraire. Ainsi, grâce à  l’auteur latin  d’un Traité d’agriculture, Res rusticae (I, 48,3).   Varron au Ier siècle avant  J.- C, nous avons conservé le nom non latin , indéclinable, de l’épi sans sa balle,   frit. La Pierre Frite, avec ou sans  le suffixe –ske  marquant le commencement, était  la pierre en forme d’épi naissant, et elle a donné en Eure-et-Loir :
-les noms de  la Pierre –Xi--Frite (Xi ,  de axis,  pieu , et de  frit , soit la pierre- pieu en forme d’épi),  nom d’un  menhir ,  transféré par la suite à un dolmen de Boulay- Thierry près de Nogent-le-Roi ;  
-ainsi que  Saint -Jean- Pierre- Fixte (métathèse de  fit-ske, fikste)  près de Nogent-le-Rotrou ;
- la  Pierre Fiche, de  fit + suffixe -ske à Alluyes. Ailleurs, on  a  la Pierre Fite, Peyrefitte. On trouve aussi ce mot en Alsace dans le nom du  menhir de Breitstein, de frit -stone, la pierre -épi, ou en Moselle,  à Marty,   dans  le nom de Frescaty, de frit-sk, -aty provenant du  suffixe de ressemblance basque  ada, –eida ou –eita, soit la pierre qui ressemble à une pointe d’ épi .Nous avons le même nom à Toulouse, à l’hôtel Assézat (Musée Saint- Raymond) , avec  le menhir de Frescaty qui  y a été transféré depuis Lacaune.
 Songeons aussi  au nom de  l’Afrique (le latin Africa  désigne la seule Tunisie actuelle, qui est précisément une région riche  en mégalithes), de fritsk-a, avec coup de glotte initial rendu par un a. Le nom est christianisé   au masculin   à Saint- Affrique  près de Millau,  ou encore à  Saint-Affrique -du- Causse à Gabriac dans l’Aveyron, et, dans le Tarn, à Saint-Affrique –les- Montagnes. Pour la Corse, il n’est que d’invoquer le site préhistorique de Filitosa (du collectif  ibèro-basque  frit-oda, les pierres qui ressemblent à des épis), nom qui donne aussi  Frileuse en Eure-et-Loir, dans la commune de  Péronville ou dans celle  d’Orgères-en-Beauce ;   pour la Sardaigne, Filigosa , de fri(ts)k -oda; pour la Corse encore, la   Petra Frisgada (de frit- sk-ada) , la pierre qui ressemble à une pointe
d’ épi, dans la commune de Cambia ; pour les Pays-Bas,  le toponyme de  Frisia (de frit-sk-ia),ou Frise .Dans l’Antiquité,  le nom de la  Phrygie, de frit-skya en a gardé le souvenir.
  Mais les menhirs peuvent aussi porter fréquemment un nom de  mesure de capacité du grain, car  ces noms de mesure de capacité du grain de semence, précédés ou non de grand,  ont été souvent attribués aux menhirs pour l’abondante  récolte qu’on  escomptait de leur efficacité  magique: ce sont le grand Muid, du latin  modius, un boisseau plus grand, que le boisseau ordinaire,   à Villiers- Saint -Orien, le Boisseau (petit menhir du près de Ver- lès- Chartres),  le grand et le petit Bussard (au sens de tonneau,  - deux menhirs disparus à Saint-Denis- les- Ponts), la  Bure, au   sens d’aiguière à col allongé, nom de menhir  transféré à un dolmen de Corancez  ;et , comme pour le menhir de Changé ,  bot qui désigne grosse barrique à sommet plat utilisée  pour le  vin , avec ajout explicatif , pour insister sur sa taille , du nom du géant Gargantua .
Ce nom bot n’étant plus compris est altéré en but ou en quille, puis, à cause de l’homonymie avec bot au sens de crapaud, en  pierre aux bouts (au sens de crapauds), puis en pierre aux grenouilles à Alluyes  ou encore en La  Grenouille ou La  Grenouillère comme à Changé. Tel est le secret du nom du menhir de Changé, le But de Gargantua.
Du nouveau sur l’évolution historique de la forme des  menhirs grâce aux fouilles de l’archéologueallemand  Klaus Schmidt à Göbekli en Turquie et à son livre,  Le premier temple (2015).
De 1995  à sa mort en 2014,  l’Allemand Klaus Schmidt  a exécuté les fouilles de Göbek-li en Turquie et il a fourni  le récit de ses recherches dans Le premier temple, CNRS Editions, Paris, 2015, 420 pages et illustrations. Il s’agit , selon lui ,du  plus ancien temple de l’humanité, et il le date d’il y a  -12000 ans,soit 7000 ans avant les Pyramides, 5000 ans  avant les menhirs de Carnac ; pour nous, c’est l’apparition, il y a quelque douze  mille ans,  de curieux menhirs en marteau ,   taillés dans un seul bloc de calcaire blanc lissé , avec  à leur sommet une dalle horizontale dépassant des deux côtés  que nous retrouverons aux Baléares, mais les menhirs de Minorque appelés taulas (stèles , du latin stipula , tige du blé ) sont taillés en deux blocs séparés cette fois.
 Illustration : carte postale d’un menhir en marteau à Minorque.
Que signifie ce linteau au sommet du menhir ? Il symbolise le grain mort et enterré , condition nécessaire de sa renaissance pour ces premiers agriculteurs. 
Le grand secret des menhirs, ou  la problématique fondamentale de la représentation du blé ancien et du blé nouveau dans les  menhirs : la dalle au sommet.  
Voltaire a raillé ce qu’il appelait l’ignorance botanique du Christ lorsque celui-ci déclare dans Jean  12, 24: « si le grain  de blé qui est  tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ».Le Christ se faisait là l’écho d’une croyance populaire universelle et millénaire: le grain ne pouvait germer que s’il mourait d’abord !
Il faut donc que la mort du grain, condition de tout,  soit à l’origine symbolisée, d’une façon ou d’une autre, dans le menhir qui représente la germination du grain .
Il nous reste  à examiner le prétendu « dolmen »  de Changé nommé la Grenouillère.
Illustration : la Grenouillère.
Première question : est-ce bien un dolmen ?
Un peu de  lexicographie : menhir, dolmen, demi- dolmen, trilithe ou lichaven .
Dans son Dictionnaire (1846 -1872), Littré définit le dolmen comme  un « monument formé d’une grande pierre plate posée sur deux pierres dressées verticalement, qu’on attribue aux premiers habitants de la Gaule » et il définit le lichaven (de ven, pierre en breton, et de licha, trois) comme un « monument celtique formé de trois pierres, l’une plate superposée sur les deux autres qui lui servent de support. »
 A partir de la première définition, le demi- dolmen est   défini comme un « dolmen  dont la table repose à terre par l'une de ses extrémités ».Le prétendu « dolmen »  de Changé serait donc , selon Littré, un demi-dolmen.
Ces définitions sont pourtant trop floues pour être d’usage scientifique et il vaut mieux se servir de termes purement  descriptifs comme dilithe (deux pierres) ou trilithes (ou,  en breton, lichavens, trois pierres )  pour désigner ces mégalithes .
  Le cas,  fréquent dans le Centre, des   dilithes  appelés  palets de Gargantua.
Ces dilithes sont formés de deux pierres,  dont l’une est d’origine  inclinée , représentant  l’orge penchée sous le poids des épis ou plutôt des grains d’escourgeon ou d’engrain (parfois figurés,  comme dans  la taula de Taliti   à Minorque aux Baléares , par une pierre ronde figurant un grain énorme d’engrain qu’on pourrait prendre pour une simple cale ) et qui  s’appuie lourdement sur la dalle horizontale .
Illustration : Carte postale de Taliti, un trilithe.
Les « palets de Gargantua » du Centre sont composés de deux dalles seulement (la 3e dalle symbolisant la mort du grain a disparu , signe d’évolution des croyances) : l’une , inclinée , représente  l’orge penchée sous le poids des épis ou plutôt des tiges porteuses de  grains d’engrain ou d’escourgeon , et  repose sur l’autre restée plus ou moins droite , comme sur la photo ci-dessous du «  palet de  Gargantua » de  Chamizay en Indre -et- Loire.  
Image illustrative de l'article Palets de Gargantua 
Le « palet de  Gargantua » à Chamizay en Indre -et- Loir.
De même, le dilithe de Torcé-en-Vallée, dans la Sarthe, également appelé « Palet de Gargantua.
La magie imitative explique ce nouvel arrangement : en représentant des tiges de blé ployées sous le poids des épis, on croyait augmenter les probabilités d’une récolte abondante.
Je citerai encore, à Nottonville , un mégalithe appelé  Palet de Gargantua
 Illustration : le mégalithe de Nottonville
 
et deux autres dans la région de Bonneval, l’un  près d’Alluyes,le « Palet de Gargantua » , et  un autre près de Dangeau (la pierre dite du Breuil).  

Le cas rare et archaïque des trilithes.
A ma connaissance, on trouve aujourd’hui trois  trilithes bien conservés  d’un  type archaïque, voisin du type avec les deux pieds droits  qu’on retrouve aussi à Minorque (Taula Truncada, altération du latin trutina,+-ada, suffixe de ressemblance, qui ressemble à une balance,  le menhir à deux pieds étant comparé à une balance à deux plateaux)  : à Saint –Nazaire en Loire Atlantique, dans le  voisinage à Saint-André- des- Eaux et  à Brantôme en Dordogne. Ce dernier a nom la Peyre Levade,  appellation intéressante, car levade vient , non pas du latin  levata, (pierre)suspendue, levée, mais du grec labis,marteau, + suffixe en -ada, qui ressemble à un marteau. Ce nom confirme la parenté avec les menhirs en marteau de Göbekli et de Minorque.
 Les deux pieds du menhir symbolisent les deux pousses de céréales souhaitées. 
Cartes postales de la taula Truncada à Minorque, de  Saint-Nazaire en Loire Atlantique,  et de Brantôme, en Dordogne.


 Un mégalithe composé de trois pierres, dont la dalle supérieure s’est effondrée au fil des millénaires , comme celui de Changé appelé la Grenouillère, est  un trilithe,  les deux pierres  de soutien représentent les deux pousses souhaitées d’orge et où la pierre oblique était horizontale à l’origine et représentait la mort du grain préalablement à sa renaissance.
LES « PALETS DE GARGANTUA » d’EURE-ET-LOIR ET DU CENTRE, OU LES  TRACES D’UNE TRES ANCIENNE DIVINITE, GARGANTUA, AVATAR DE LA GRAND-JUMENT SACREE.
  Nous connaissons Gargantua à travers l’œuvre de  François Rabelais, le protégé de Guillaume du Bellay, sieur de Langey en Eure- et Loir, où existe encore une maison dite de Rabelais à cause du médaillon tardif dont elle est ornée, mais Rabelais  n’est pas le créateur du nom du  personnage, car , en août  1532, à Lyon,  avaient déjà paru anonymement les Grandes et inestimables cronicques du grant et énorme géant Gargantua, republiées en 1988 dans Chroniques gargantuines,  où le géant était  rattaché à la légende celtique  du roi Arthur , de Merlin et de la reine Guenièvre.
Un peu de mythologie classique d’abord  :  Démèter en grec ou Cérès en latin,  sa fille Perséphone en grec ou Proserpine en latin  et la Grand- Jument blanche (qui est l’avatar de l’une ou l’autre de ces deux  déesses).
 A en croire la tradition,  Mars, en grec  Arès, poursuivit Cérès, Dèmètèr en grec,  de ses importunités. Celle-ci se métamorphosa en une grande jument blanche pour lui échapper,delà vendrait son nom phrygien : la mère –jument , de davamètèr,dava-, da-, de l’indo-européen  gzwha , donnant en phrygien gdaa, puis daa,enfin dè-,  cf  latin  caballa, jument , et grec kobalos ; mais Mars se transforma de son côté en cheval de labour   et il  naquit de cette union deux enfants à l’aspect , l’un  de pouliche  , l’autre de poulain :
-une fille  dont il était interdit de prononcer  le nom  véritable  et qu’on appelait seulement la Jeune Fille, la Dame ou la Maîtresse, savoir l’épouse  du dieu des morts ,   Perséphone (ce nom, venant  de Phorkus –éponè  et  signifiant  la jument, étrusque éponè, d’Orcus,  ou Phorkos,  le dieu des enfers   ;
-et un fils nommé Aréion qui tire son  nom de son père Arès (Mars en latin).
Toutefois,  l’engloutissement du sanctuaire  de la Jument, Gebelg- ol Bahar,gebelg-ol venant de kebelk-ol, jument,cf .latin cavalc-a,   à deux kilomètres  de l’île de Malte, près de  l’île de Gozo,  ayant été interprété comme une   manifestation  du mécontentement de Neptune, en grec  Poseidon, le dieu de la mer et des tsunamis, amena à modifier cette croyance : on retira à Mars  la paternité d’Aréion et de Perséphone  pour en faire honneur à Neptune-Poseidon , dans l’espoir de l’apaiser et on interdit de surcroît de prononcer le nom de la fille de Mars, en se contentant de l’appeler  Perséphone.
  Cet engloutissement  témoigne de la montée des eaux et du recul de la côte  lors du dernier maximum glaciaire, à la fin du pléistocène, vers 9350, à 200 années près, av. J. C. Il est contemporain de la submersion  de l’île de Pantelleria Vecchia, à 60 kilomètres au large de la Sicile, où, par 60 mètres de fond, on a trouvé un menhir de 12 mètres de haut, l’un des  pus anciens qu’on ait pu dater, datant de 9350, à 200 années près, av. J.-C.
L’historien grec du VIe siècle Hérodote (IV, 94)   nous a conservé  le nom d’une déesse appelée Gebeleïdzis, au nom parent de Göbekli en Turquie et de  Gebelg-ol  sur l’îlot englouti près de Malte, tous ces noms signifiant le sanctuaire de la Jument divine, savoir un avatar de Cérès : göbelkli est la  forme féminine du grec kobalos, en latin cavallus de kabalkos, qui nous a laissé  le français cheval. La Jument sacrée ,  ou plutôt la déesse Cérès, est associée aux céréales et aux menhirs, si bien qu’ on retrouve ce même radical caballos désignant Cérès  dans des noms de lieux préhistoriques riches en mégalithes  comme Gavarni , de kabalni, ou  l’îlot Gavrinis , de kabarni, en Bretagne.  La déesse gauloise Epona, au nom  correspondant au  latin equina, jument,  dont on peignait l’image dans les écuries devant des mangeoires emplies d’orge, est un avatar de la déesse Cérès.  
D’où vient le nom de Gargantua ?
 Tua  désigne la  jument  et se rattache au latin (e)qua , jument, avec ensemble labio-vélaire où le kw est traité phonologiquement en t  , cf.  pour le traitement gaulois du kw en t, le nom de femme gaulois Etain, de equanina.
Quant à gargan ,il  signifie grand et il est à rapprocher du latin grandis, grand, de gandhar-is, sans redoublement initial , et du grec  gigant-, géant,  avec redoublement augmentatif :
gagant -,  de gargan(t). Il est parent du  sanskrit gandhar-va , centaure(sse),  grande- jument, et du  grec Centauros qui se décompose en gandhar-u -os.   Pour  -u ou –va,  cf. le  latin  equa ou le  gaulois tua, jument.    Le doublet originel de Gandharva, centaure,   a été conservé  dans le nom gaulois  de la mère de Gargantua à savoir  Gargamelle, -melle vient du basco- celtique  mere qui signifie jument, l’ensemble signifiant la grand- jument.
Il existait en Eure-et-Loir des simulacra de la déesse locale correspondante, Bellena, avatar de la Grand-Jument de Cérès, qui se retrouve dans le nom de la Beauce et de Bellême, de belsema, dont le nom  vient par apocope de (ka)belksina, la Jument. On voit aujourd’hui encore le visage ancien de la déesse Belena sur la façade de la chapelle  de  la commune de Moléans à Valainville (de Belena + suffixe féminin gaulois  aïn et  villa, la ferme  de Belena) ,  comme à la chapelle de Saint- Hilaire- des- Noyers dans la commune de Saint-Denis d’Authou (anciennement commune de Bellenville,  de Belena, à rapprocher du nom du manoir de Blainville, de Belena + suffixe féminin gaulois  aïn et de villa). On peut aussi  voir le même fruste visage  dans la commune de Lanneray  entre  Crenne, toponyme  signifiant les écuries et venant  de equirina, dérivé de equiria qui désignait une  course de chevaux rituelle , et Boulay , de Velay, de ( ka) belenaï(n), la jument (ci-dessous, cliché due à  Madame Yvonne Cochard, tête trouvée au Boulay). 

Simulacrum de Belena, équivalent de Cérès, déesse de la Beauce, au  Boulay, commune de Lanneray.
Les « palets de Gargantua » dans le Centre.
Le mot palet est l’altération par in compréhension du nom de l’orge , et vient de pal +-eti, pal étant à rattacher au radical qu’on retrouve , par exemple, en latin, plures et désignant la multiplication magique,  le grand nombre de touffes d’orge souhaitées -eti désignant l’orge, cf.  le grec kri-tha , grain d’orge,  et le  vieux  haut allemand ger-sta, de  même sens. En somme, la Grenouillère de Changé est, non pas un dolmen, mais  un  trilithe qui s’appelait anciennement le palet de Gargantua dont le  nom,  incompris, .a été permuté avec celui du  menhir voisin  appelé auparavant le bot    et a été transformé par incompréhension en Grenouillère  sous l’influence de la forme du mégalithe et du nom du menhir pris pour bot désignant le crapaud, la grenouille. Le menhir est alors devenu le But de Gargantua.