vendredi 27 août 2021

Les pétroglyphes de Calédonie et leur signification

 Les  pétroglyphes de Calédonie et leur signification

Bibliographie :

Il y a  l’excellent  CD de Fernand Jammes, malheureusement épuisé, et les ouvrages magistraux  de MONNIN Jean et SAND Christophe, 2002. Kibo, le serment gravé. Pétroglyphes de Nouvelle-Calédonie. Nouméa : Les Cahiers de l’Archéologie en Nouvelle-Calédonie, et de Christophe Sand en 2016 Kibô, Pétroglyphes du pays kanak / Petroglyphs of the Kanak Country

Archeologia Pasifika, Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique (IANCP), 2016

qui,  après celui publié en 1988 par  la SEHNC , de  Buchalsky et Perron ,  Les pétroglyphes , un siècle d’occultation scientifique ,  a dressé un inventaire quasi exhaustif des pétroglyphes calédoniens. D’autre part, C. Haddon a publié  en 1894, The decorative Art of British New Guinea , de plus de 300 pages, avec de nombreuses illustrations,   réimpression numérique de nos jours ,

Mais nous  restons  toujours leur notre faim concernant leur signification.

La surprenante agriculture préhistorique à base d’empierrement ,   la chaleur, les tertres à ignames de l’île des Pins

Voici une technique agricole préhistorique méconnue, utilisée sur des terres latéritiques peu fertiles comme le plateau de l’île des Pins et qui se retrouve aussi bien à l’île de Pâques qu’au Pérou, celle des jardins empierrés .Voici ce qu’en a écrit Jared Diamond à propos de l’île de Pâques et de sa technique des jardins de pierres dans Effondrement ou Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, Paris, 2005, p.  132  : « les zones d’agriculture extensive étaient partiellement recouvertes de pierres placées en surface à proximité les unes des autres afin que les cultures puissent pousser entre les pierres ; d’autres vastes zones furent modifiées par ce qu’on appelle des « mulchs lithiques », c’est-à-dire que l’on ajoutait au sol , sur une profondeur d’environ trente centimètres,  des pierres qui étaient, soit prélevées sur des affleurements rocheux environnants , soit obtenues en creusant jusqu’au substratum rocheux pour briser les roches qui le composaient. ».[On appelle mulch en anglais un paillis, une couche protectrice faite d’éteules  et de déchets de moisson , d’herbes séchées laissées à la surface du sol pour le protéger avant et pendant la mise en culture.]

 «  Dans les fermes du nord-est des Etats-Unis, […] les agriculteurs se donnaient beaucoup de mal pour évacuer les pierres de leurs champs et ils auraient été horrifiés à l’idée d’y apporter délibérément des pierres .On retrouve […] l’agriculture de mulchs lithiques dans de nombreuses parties du globe, comme dans le désert du Néguev en Israël, dans les régions sèches du Pérou, de la Chine, de l’Italie antique et en Nouvelle-Zélande maorie. Les pierres rendent le sol humide en le recouvrant, réduisent l’évaporation d’eau due au soleil et au vent et empêchent la formation à la surface du sol d’une croûte dure qui favorise  le ruissellement des eaux de pluie [en  ne laissant pas l’eau de pluie pénétrer en profondeur]. Les pierres réduisent les fluctuations diurnes dans la température du sol en absorbant la chaleur du soleil au cours de la journée et en l’évacuant pendant la nuit ; elles protègent  le sol contre l’érosion car les gouttes de pluie viennent s’écraser à leur surface ; des pierres sombres sur un sol plus clair réchauffent le sol en absorbant une plus grande quantité de chaleur solaire ; et elles peuvent également servir de pilules fertilisantes à diffusion lente […],  car elles contiennent des minéraux indispensables qui pénètrent progressivement dans le sol .

Des chercheurs américains comme Christopher Sevenson ont expérimenté ce système agricole dans le sud-ouest américain et prouvé que la quantité d’humidité était ainsi doublée et  les températures maximales des sols au cours de la journée abaissées,  tandis que les températures minimales durant  la nuit étaient augmentées ; le rendement  était de quatre à cinquante fois supérieur selon les espèces. »

Au départ, à l’île des Pins, telle fut la technique agricole pratiquée sur le plateau latéritique pour cultiver les ignames. Celles –ci avaient besoin de  chaleur et les pierres la leur procuraient.

b L’évolution de la culture des ignames et l’origine de l’apparition des pétroglyphes en Calédonie, vers -1500 .

Les cultivateurs d’ignames s’aperçurent rapidement que, avant la récolte du tubercule et comme indice de sa maturité invisible, la partie aérienne de la plante jaunissait, se flétrissait, c’est-à-dire, en quelque sorte,  mourait. Il pouvait donc être inutile de construire, pour renvoyer à la mort préalable (voir mon blog sur les quelques 200 ou 300 tumuli..), ces colonnes de coquillages morts. De là l’avènement des pétroglyphes qui sont des menhirs sans le renvoi à la mort préalable, comme les pétroglyphes du pic N’Ga à l’île des Pins.

c) Les figures identifiées, toutes relatives à l’alimentation végétale ou marine.

 L’igname  est symbolisée sur les pétroglyphes par les  hannetons qui sont des parasites du tubercule. Cette référence métonymique et allusive s’explique pour des raisons religieuses apotropaïques.

Les insectes à métamorphose comme les chenilles ou les libellules ,  ou à mue comme les hannetons, les criquets, les charançons ou les sauterelles, qui perdent leur peau, dépouilles ou exuvies, ont un grand rôle à l’époque préhistorique parce qu’ils sont l’objet d’une mort apparente suivie de renaissance..

La chenille de sagoutier et de  bancoulier .

 La chenille de bancoulier calédonienne aujourd’hui est une grosse chenille de couleur blanche ,  très appréciée des aborigènes australiens comme du Sud-est asiatique en général.  Aux dires du préfacier de l’édition française  de Héros phalliques… de Roheim,  les femmes la  détectent avec un flair infaillible. Elle est consommée crue ou à peine grillée, son goût rappelant celui du rôti de porc,  d’être humain ou des œufs frits. Ce sont les larves d’un lépidoptère, Endoxyla leucomochia. En tant qu’aliment  (ce sont pourtant des charançons !), elles sont  les héritières  des vers de sagoutiers de Papouasie, que l’on consomme,  aujourd’hui encore, partout en Asie du sud, parfois aussi sous forme de farine. Le sagou est une farine jaune issue d’un arbre, sagoutier, qui fut longtemps , la nourriture principale à l’époque préhistorique (et comme la poudre râpée au pied du bananier dit d’Egypte ou le fruit de l’arbre à pain).

 Sur les pétroglyphes reproduits par Luc  Chevalier, dans « Nouveaux pétroglyphes du Nord », Etudes Mélanésiennes n° 12-13 de décembre 1959, consultable sur le net,   pour Ouégoa et Tiari,  certains d’entre eux  pourrait être des représentations du totem des  chenilles, à côté d’une croix enveloppée à droite  (les bananiers plantains dits d’Egypte) et de deux cercles concentriques (le germe du cocotier)   A Sarraméa, les chenilles sont encore aujourd’hui très appréciées des Mélanésiens.  

La croix enveloppée est l’emblème du bananier dit d’Egypte, dont on mange cuites  les très grosses bananes appelées encore  plantain ,ou à la Réunion  banane-cochon . L’emblème finira par évoluer en France en …la fleur de lis !

Le fruit du cocotier est symbolisé par des cercles concentriques représentant la noix, la crème et le germe.Le cocotier, nouvellement importé, était très précieux et faisait l’objet de plantations attentives. Le prédateur est parfois représenté : il s’agit du rhinocéros des cocotiers (voir mon blog sur le sujet ). La magie imitative de la gravure  du coco  se rajoutait à la vertu du  menhir et la menace du  rhinocéros  était conjurée

Le riz de montagne, qui existe en Calédonie à l’état naturel, cultivé en terrasses (appelées pirogues à Païta ou tarodières)  est peut-être symbolisé par des feuillages.

Les œufs de seiche sont  représentés par  un ovale avec un trait pour favoriser magiquement la croissance  des seiches. Mais en Bretagne  c’est une autre représentation des capsules des œufs qui a été utilisée, mais qui, faute de compréhension à été appelée le motif de la « hache-charrue ». !

La représentation d’iguanes (caraïbe iguanana), gecko (mot néerlandais , du malais gékok, saurien)  , margouillats ou lézards préhistoriques, très appréciés comme aliments, est aussi fréquente, en particulier un gecko constellé de taches noires apparenté au Hecadactylus oskrobapreinorum qui ne survit qu’aux Petites  Antilles, à Saint-Martin. Cf. aussi le margouillat, Gekko mabouia Moreau de Jonnès, 1818, mabouya désignant un mauvais esprit en Afrique et ayant été altéré en margouillat .

 

Thecadactylus oskrobapreinorum

Description de l'image Thecadactylus oskrobapreinorum - ZooKeys-118-097-g004-c.jpg.

A remarquer que ni les taros ni les oualeï ne semblent représentés sur les pétroglyphes calédoniens.

 Ils doivent être postérieurs à l’ère des pétroglyphes et a         avoir été introduits par les  Polynésiens , à Ouvéa d’abord.

 

 

 

 

 

                                 

 

                   

 

 

 

 

 

Essai sur les énigmes des flèches faîtières calédoniennes.

 

  Essai sur les énigmes des  flèches faîtières calédoniennes.

 

 

Les théories psychologiques primitivistes ont tenté d’expliquer,  par  l’étalement de la face et de la nuque   sur un plan horizontal unique, les formes énigmatiques   des flèches faîtières de Calédonie. Ainsi, Leenhardt, dans Notes d’ethnologie calédonienne, écrivait en 1930 : « j’ai longtemps interrogé pour connaître le détail de ces figures grotesques…La large plaque en bas est le ventre, au-dessus la cravate et le menton, puis les oreilles, le front, la frondeLa large plaque finale d’où s’élève la flèche  représente la nuque [arrière du visage], allongée sur le même plan que la face. C’est, en effet, la vision qui préside au dessin d’enfant où les parties invisibles  [l’arrière du crâne]sont surajoutées sur le plan des parties visibles. » Le pasteur avait utilisé des travaux sur la Papouasie britannique : de là le nom de cassse- tête à bec d’oiseau , impropre pour la Calédonie,  emprunté à Alfred Cort Haddon, The decorative Art of British new Guinea :a study  in Papuan Ethnography, 1894, réimprimé (p. 181, clubs with bird’s  head -and -neck  pattern ) et surtout pour ce qui nous concerne ici  la théorie exposée , p.137 de l’ouvrage de Haddon ,  à propos des dessins « géométriques ».Pour Leenhardt , « il n’y a aucun doute que ces motifs [géométriques] sont dérivés de visages humains  qui ont été comprimés latéralement et développés verticalement en raison des exigences d’un espace restreint et de la difficulté de sculptures plus réalistes sur de telles étroites baguettes (les flèches). »

Eliane Metais résume très honnêtement dans L’art néo-calédonien le problème de cette flèche faîtière  qu’elle qualifie d’emblée de géométrique.  Il s’agit « essentiellement de dessins géométriques en forme de losanges étriqués   : on ne peut en retrouver les éléments, les indigènes réinterprétant  par analogie les figures qui  la constituent, car toute sculpture change d’âme au cours des années… Personne ne peut en donner la traduction… Toutes les suppositions sont possibles, aucune certitude n’est permise, car les porteurs de cette culture ont disparu. »

 Il ne faut pas avoir peur de dire que, même à l’époque de Leenhardt, les insulaires ne pouvaient plus comprendre  cet art dont les modèles dans la nature avaient disparu. Les sculpteurs, en recopiant un modèle, le rectifiaient sans vergogne au nom de la vraisemblance, car ils n’avaient pas vu par eux-mêmes le monstre en cause ; ainsi , ne sachant pas que les  céphalopodes avaient des yeux latéraux , et non frontaux comme les nôtres  (et c’est effectivement  bien étonnant), ils transformèrent les yeux de leur  modèle en oreilles placées de chaque côté de la tête  et rajoutèrent deux yeux au milieu de la face ! L’hypothèse que j’ai exposée en 1982 dans le bulletin n°53, 1er trimestre1982,  de la Société d’Etudes Historiques de Nouvelle-Calédonie (Le symbolisme de la flèche faîtière) se rapportait  à une ré- interprétation moderne de la flèche, comme chez l’écrivain calédonien Jean Mariotti,  tandis que ce qui va suivre tente d’en exposer  le sens originel, grâce aux découvertes récentes de la zoologie marine. Au surplus, le premier schéma  de la  flèche n’a pas obligatoirement été dressé en Calédonie, mais date peut-être d’avant les  migrations qui aboutirent à la Grande Ile.

  Il faut préciser que les motifs des flèches varient dans le temps et dans la géographie et qu’aucune explication ne vaudra pour toutes. Mais, en tout cas, ce qui frappe l’observateur des flèches conservées au musée de Nouméa, c’est une   symétrie binaire,  qui fait songer à une représentation du  règne animal. Je diviserai en trois parties

géographiques  ces mystérieuses représentations : une première partie   représentant le calmar géant, Architeuthis dux, à Bourail par exemple, une   deuxième   représentant le  calmar colossal, Mesonychoteuthis hamiltoni , pour la région de Ponerihouen , de Canala, et de Païta ;  une  3e pour la région de Hienghène et d’Ouvéa (représentation d’un crocodile disparu , Trilophosuchus rackhami Willis).

 

1) Le calmar géant,,  que les caméras d’une équipe scientifique japonaise ont réussi à saisir pour la première fois en 2005 dans le Pacifique Nord, a pu inspirer des représentations : les caractéristiques de celles-ci  sont une sorte de « crinière » de huit tentacules  au-dessus de la tête , deux yeux latéraux et non frontaux qui ont été percés secondairement pour ressembler à des oreilles , mais ce qui le distingue surtout  du calmar colossal  , c’est l’absence des  deux  ventres  rebondis à   peu près égaux en superficie et l’existence d’  un seul ovale ou poche au noir,  très important,   avec un orifice d’expulsion de la sépia ou encre , et au-dessous un arc de cercle figurant la queue .

Photographie d’une flèche de la région de Bourail  dont le nom doit s’interpréter la crinière du poulpe (bou) par opposition à la flèche proprement dite, montrant  six tentacules intacts sur les 8  du calmar géant. Au-dessous des ces 6 tentacules, on voit  les zigzags des deux bras  du calmar géant (tentacules diversifiés au cours de l’évolution, plus longs que les autres)  qui   représentent les rotations de ces fouets  entortillés. Au-dessous de cette ligne  en forme de treillis on peut discerner ce qui est  les nageoires, puis le visage avec les yeux latéraux, (et non frontaux) , le pancréas en arc de cercle, sécrétant la mélanine qui compose la sépia , celle-ci s’accumulant dans l’énorme poche au noir ou ventre , enfin le  début du « glaive » osseux ou « plume » du calmar (l’ « os de seiche ») se prolongeant en un arc de cercle  qui figure la queue du calmar.

 Ci-dessous, photographie des tentacules qui sont représentés dans la « crinière » de la flèche.

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Autre photographie montrant 5 flèches faîtières de la région de Ponérihouen appelées pwa-ma-baï, ce qui signifie le ventre du calmar. La 3e montre 7 tentacules sur les 8,  formant par leurs replis une sorte de treillis plus ou moins losangé, appelé maru.

 

 

 

 

 

La 5e permet de les  comparer à la flèche représentant le calmar colossal avec ses deux ovales caractéristiques.

Les  couleurs du calmar.

Nous allons tenter de vérifier la couleur de ce grand calmar grâce au livre passionnant de Bernard Heuvelmans sur les calmars, Dans le sillage des monstres marins, Le kraken et le poulpe colossal, tome second, p. 298.  Etant rappelé  que ces monstres peuvent mesurer 20 m de long et peser 700 kg, voici ce que le cryptozoologue écrit à propos de la couleur  qu’un observateur antérieur avait décrite comme un manteau d’écarlate    :

« Cette teinte écarlate  est familière à la plupart des calmars d’une taille exceptionnelle.  En réalité,  il est impossible de définir la couleur des céphalopodes, car ceux-ci, grâce au jeu des chromatophores qui garnissent leur peau, en changent avec une facilité surprenante. Ainsi les poulpes, qui, à l’état de repos, sont d’une couleur gris verdâtre, marqués de taches ou de mouchetures rousses, ont le corps parcouru de vagues multicolores quand ils sont excités : toutes les nuances du rouge, du pourpre, du violet et du bleu déferlent sur eux en un éclair et se fixent parfois en des marbrures très contrastées...  Parlant d’un calmar -flèche de la Méditerranée, Jean-Baptiste Vérany écrivait : « Dans l’état de vie, ce céphalopode est d’un blanc livide peu transparent, se nuançant de bleu, de verdâtre et de rose irisé par des reflets argentés…Quand il a perdu toute vitalité, et que le jeu des points chromatophores a cessé, sa couleur est d’un  rouge brique uniforme. » Il n’est pas étonnant que les calmars géants trouvés moribonds sur une plage ou à la surface de la mer, -ou même leurs restes mutilés [par leurs prédateurs, calmars colossaux,  cachalots ou crocodile ont été décrits comme d’un rouge plus ou moins éclatant.  » Les Mélanésiens avaient été dans ce cas et la flèche a pu être peinte en vert ou en rouge, sauf lorsqu’ils voulaient indiquer que le calmar magique de bois était toujours en vie en le peignant en blanc; ainsi, dans la tribu de Méchin,  près de Kouaoua (c’est le nom du calmar), on voyait sur la case du chef un fût circulaire très simple avec une tête (collection preivée),et au sommet  les deux conques de triton qui  étaient accrochées au fût  symbolisant par leurs décorations en forme de stries (maru) les deux  bras du calmar géant . a ceux qui douteraient de la peinture , rappelons que les temples de l’Antiquité étaient peints de couleurs vives et que dans le Morbihan, des traces de polychromie sur les mégalithes  ont été révélées à lumière blanche grâce aux travaux de Philippe Gouézin qui disait : « Pourquoi ,y aurait-il des traces de peinture en Espagne et au Portugal  et pas en Bretagne ? »

 

 

 

La hache dite ostensoir

 

 Le  disque, vert le plus souvent, de ce qu’on appelle hache mais qui est plutôt une main de justice, un sceptre indice du pouvoir suprême, est en principe pourvu de  huit cordelettes , comme il y a 8 tentacules.  On l’appelle, dans la  parlure de Canala  na-kweta, à rapprocher de Nakéty,  na est l’article, et où kweta semble venir de la racine austronésienne kwigwa, calmar (cf. Kouawa),  ou  encore dans d’autres parlures d’un  nom apparenté, bwet  ou i-bwet, ou encore kono , euphémisme signifiant la verte à cause de la couleur de la serpentine, ou encore toki , de tigwo, (cf. le nom de Tiga)  de la même  racine  kwigwa signifiant calmar, littéralement ensemble de tentacules, cf .  le japonais jomon –doki , doki ayant le sens de cordelette et qui est à rapprocher du toponyme  de (Koutio)-Kweta.

 Le nom de la carangue, celui de l’encornet  et celui de la hache- ostensoir  sont identiques dans de nombreux dialectes. Toki, le nom de la carangue (traduction variable de Leenhardt selon ses informateurs ; d’autres fois : mulet)  n’est pas une homonymie ;  s’agit-il de la carangue iridescente , ainsi nommée  à cause de sa couleur rappelant les reflets nacrés  du calmar ? En tout cas, son nom apparaît expressément rapporté à certaines flèches ; mais à mon avis c’est plutôt le poisson –perroquet, Scarus vetula,  une métonymie due au  bec de ce poisson et à l’analogie  entre la sépia et le mucus excrété par les poissons perroquets. Cette matière visqueuse est libérée la nuit et crée  couche protectrice sur le corps du poisson. Un poisson-perroquet, nous dit Wikipedia, met en moyenne 30 minutes pour synthétiser cette couche et pour l’éjecter. Le mucus sécrété ayant  une odeur et un goût nauséabonds, on peut supposer qu’il s’agit d’un mécanisme anti-prédateur comme l’encre noire de la seiche. A noter ce fait surprenant, -s’il est exact,- que le nuage d’encre projeté épouserait, dit-on,  la forme du calmar, pour achever de terroriser l’ennemi.  

La base renflée du manche de la hache ostensoir symbolise la queue du calmar.

Les casse-têtes à bec de calmar géant.

Le nom des  casse-tête dits  à bec d’oiseau renvoie en réalité au bec des calmars,  et ils seraient mieux appelés « casse -têtes à bec de calmar géant   » En langue paici (langue de la région de Ponerihouen) ils sont appelés goporo puwa rawerewa . On reconnaît dans puwa  le nom du  calmar en paici,  qu’il s’agisse d’un calmar géant ou d’un calmar  colossal.

 

2) Les flèches de Canala , Ponerihouen et de Païta représentant le calmar  colossal  à Nakety et à  Koutio-Kweta .

Otto Dempwolff  établit pour la racine austronésienne du nom du calmar la forme kwigwa, qui donne puwa en paîci , à Ponerihouen, na-kweti (Nakéty),  à Canala , kweti en kapone (dialectes du sud , Kouthio -Kwetha ou Kouetha)..

   L’existence du calmar colossal (Mesonychoteuthis hamiltoni)  ,  n’est connue de nous  que depuis 2003.

 

Historique de la découverte néo-zélandaise d’un calmar colossal.

Le 17 septembre 2014,  120 000 personnes  de 180 pays  ont suivi sur le Net  l’autopsie d’un  calmar colossal  (elle a duré 3 h 37), réalisée au Te Papa Tongareva (Muséum d’histoire naturelle de Nouvelle-Zélande) de Wellington.

 En 2003, un bateau de pêche en mer de Ross, près du continent Antarctique,  avait  capturé un  premier spécimen de 150 kilos, une femelle, mais ce spécimen était  très endommagé. En 2007, un palangrier néo-zélandais,  à la recherche de légines australes,  remonte une autre femelle, de 495 kilos, mais aussi en très mauvais état. Elle fut cependant réfrigérée, autopsiée et naturalisée au Musée.  

 

 

 

 

Les plus gros spécimens de calmar colossal peuvent mesurer 10 mètres et peser plus d’une tonne ; ils vivent à des profondeurs de 1000 mètres, là où l’obscurité est permanente et, le plus souvent,  dans les eaux de l’Antarctique. Les chercheurs en connaissaient l’existence grâce aux résidus retrouvés dans l’estomac des cachalots, qui sont  les uniques prédateurs du calmar  colossal. Le calmar colossal  se nourrit de légines antarctiques ou australes (Dissostichus mawsoni),  de  gros poissons  dentus de 2 mètres.

 Enfin, en 2013, une autre femelle, de 350 kilos, faisant 1  mètre de circonférence et 4,2 mètres de longueur,  est remontée, pratiquement intacte cette fois.

« Ce céphalopode a trois cœurs, deux pour le fonctionnement des  branchies et un pour celui du  corps entier, un bec à la mâchoire inférieure dépassant la mandibule supérieure et longue de 5 cm, des tentacules armés de griffes, composés de chitine et dotés de la particularité de pouvoir effectuer des rotations afin d’agripper les proies. Les yeux sont énormes  et situés de chaque côté de la tête [comme sur les flèches faîtières] : ils mesurent 27 cm de diamètre, soit la taille d’une citrouille. Son corps est doté de deux ailerons d’un mètre de long sur un de large, de deux longs bras et de 8 tentacules pourvus  de photophores : ce sont des structures bio luminescentes  situées en bordure de rétine et qui, telles des lampes torches, émettent une lumière suffisante pour éclairer à  100 mètres devant l’animal et pour suppléer à la déficience de la vue bilatérale du calmar. Pour partir en chasse, le calmar place ses bras au-dessus de sa tête. ».

 Ce monstre,- et c’est ce qui nous intéresse, - a inspiré plusieurs formes d’art océanien.

Voici le schéma qu’aujourd’hui les biologistes dressent du calmar colossal (Sciences et  Avenir et sur le Net), évocateur  de certaines flèches faîtières, car on y distingue les deux ovales si mystérieux. Quant aux huit  tentacules, ils sont très rarement représentés par de fines baguettes qui n’ont pas résisté au temps. La « plume » ou glaive  des calmars,

constituée de carbonate de calcium, est l’équivalent de l’ « os de seiche » des plages calédoniennes :   le pseudo- squelette de cet invertébré ressemble d’ailleurs vraiment à une plume.

Le calmar colossal semble avoir été représenté par les sculpteurs la tête et les tentacules vers le bas  et le glaive en haut.

 

 

 

 

  

                                              

 

 

Ailerons latéraux  soudés par-dessus la plume qui se prolonge en flèche  et composant un premier  « ventre »  rebondi, avec au-dessous à droite un  tentacule (il  y en avait un autre à gauche , qui a été complètement cassé) et deux bras de chaque côté avec des guillemets ouverts à gauche et fermés à droite qui symbolisent les crochets des deux bras,  bras bien plus longs que les 8 tentacules ; les deux bras ou plutôt la double série de crochets acérés  qui arment le bout des deux bras  sont représentés ici par des guillemets ouverts et fermés. Les « guillemets » sont appelés maru.  

 

Puis encore un tentacule, le 3e   orienté vers le bas (il y en avait  un  autre, le 4e, à gauche ,  qui a été  cassé ) ;

puis,  la tête du calmar avec les yeux latéraux dont l’un cassé en partie ;

la radula ou langue dentée; 

ensuite la poche au noir défensive du calmar ;  

un 5e  tentacules à gauche et un 6e   à droite dirigés vers le bas;

 le ventre ou poche au noir :un  quadrilatère  avec double trait  encastré dans le pancréas ;

 enfin, ce sont les deux derniers tentacules , le 7e à gauche ,   et  le 8e.  

3) Hienghène et Ouvéa : la représentation d’un crocodile marin ,  Trilophosuchus rackhami Willis1993 :

 

Examinons d’abord  les chambranles,  gardiens de la porte d’entrée  qui défendaient ou ornaient  la case du grand chef de Hienghène. Le  corps du chambranle est orné de dessins en forme de losanges : pour moi, il s’agit là d’une imitation de la peau d’un crocodile avec ses écailles qui s’imbriquent  comme des tuiles. De plus on aperçoit une langue tirée -, la radula râpeuse et pourvue de dents chitineuses du Trilophosuchus rackhami Willis1993 . Trilophosuchus (« crocodile à trois crêtes ou aigrettes »),  est un genre éteint de crocodiles de la sous-famille  des Mekosuchinae, qui a vécu en Australie, où ses fossiles ont été trouvés à Riversleigh, dans le nord-ouest du Queensland.

A-t-on aperçu en Calédonie ce crocodile fossile caractérisé par trois aigrettes et une crinière ?

 

 J’emprunte au livre de J. J. Barloy , Serpent de mer et monstres aquatiques  , 1979, p.215, ce témoignage : le serpent de mer, « … en Nouvelle-Calédonie, est signalé dès 1878 ; un spécimen montre, cette année-là, sa tête et sa crinière aux officiers du navire de guerre français la  Seudre. [Il s’agit peut-être du crocodile avec ses crinières dont les matelots n’en aperçoivent qu’une] .« En 1923, se situent plusieurs observations dont le combat des cachalots avec l’Architeuthis » [Architeuthis dux, calmar géant]. Extrait  des Echos d’Altaïr, article consacré à l’apparition d’un « Grand Serpent de mer » repéré en Nouvelle-Calédonie à plusieurs reprises durant l’année 1923.  « Le 22 novembre  de cette année-là, deux Néo-Calédoniennes [autochtones] se trouvent près de la pointe Abel, quand elles entendent une détonation semblable à un coup de fusil. A 60 mètres de distance, elles aperçoivent un curieux animal de couleur brun acajou avec une sorte de crête sur le dos [le crocodile]. Il pousse un long sifflement et rejette « un jet de fumée, puis une gerbe d’eau [ce qui fait penser à un  cachalot pousuivi par le crocodile]».

« Un gendarme à la  retraite, M.  Millot [ le père de Alexandre Mllot, décédé récemment},  gardien de la quarantaine de l’îlot Freycinet, confirma à son tour  le témoignage de la femme kanak Fels. Voici ce qu’il déclara à  La France Australe : « Le 22 septembre 1923 vers 16 heures, étant dans mon jardin, j’ai vu un jet d’eau dans la direction de la Pointe aux Lantanas. Ce jet me semblait avoir la hauteur de la colline qui domine cette pointe ; puis,  un autre jet,  moins élevé, plus à  l’ouest.Par trois fois, en quelques minutes, il m’a semblé voir plusieurs gros animaux, plus forts que des marsouins ; puis, avec regret, j’avais perdu de vue ces apparitions, quand un bruit sec, formidable, suivi d’un autre,  plus prolongé, me fit reprendre ma veille.  [Le bruit en question était peut-être dû au choc provoqué par l’animal quand il retombait dans l’eau.] Je vis plusieurs « morceaux » plus gros chacun qu’un cachalot, puis une masse noire : la queue présentait un écran de 2 mètres de hauteur sur 3 mètres de large, environ. Le bruit et les apparitions devinrent plus fréquents et plus nets, la couleur noire persistant. L’animal est venu entre Freycinet, l’île aux Chèvres et la presqu’île Ducos. Le plus beau tableau que j’en ai vu représentait trois dômes successifs de plusieurs mètres de haut, qui m’ont paru tenir plus de place que mon habitation. J’en étais à 1500 mètres ; ces trois morceaux me semblaient trois baleines à la suite les unes des autres. Je ne puis rendre plus exactement ce monstre, qui m’a paru plus poisson que serpent. La longueur est difficile à estimer ; les trois parties que j’ai vues,  se touchant presque, mesuraient plus de 20 mètres, et on devinait sous l’eau un prolongement de l’animal (à moins d’admettre une famille à la queue leu- leu). Je n’ai pas vu la tête ; mais à chaque apparition, j’ai entendu ce bruit formidable semblable au barrissement de l’éléphant, suivi du bruit du remous comparable à celui que ferait la chute de nombreuses feuilles de tôle. Il faisait calme plat. »

Il s’agit peut-être du crocodile à trois crêtes, mais l’apparition suivante n’est pas la même, c’est vraisemblablement celle du calmar colossal.

 « A nouveau, le dimanche 30 septembre, le monstre apparut. Cette fois, ce fut à 3 kilomètres du port de Nouméa, entre l’îlot Maître et l’îlot Tabou, que M. et Mme Bailly, accompagnés d’un Kanak nommé Emile, le virent distinctement alors qu’ils allaient pêcher en pétrolette. D’après M. Bailly, l’animal « avait érigé son corps verticalement comme un mât. »

 Parfois,  il y avait deux branches dressées  à la fois, comme la tête et la queue d’un même animal. Ces deux branches s’abattaient en sens contraire, et dans le prolongement l’une de l’autre, avec grand bruit.  Mme Bailly précisa que la créature « jetait fréquemment un jet de fumée. » Extrait du livre du cryptozoologue Bernard Heuvelmans, Le Grand Serpent -de- mer, 1975.Les deux branches dressées pourraient être les deux bras appartenant au calmar colossal qui les dresse ou se dresse lui-même quand il est attaqué peut-être par des cachalots émettant des jets de fumée,  ou qu’il part en chasse

Ce reptile océanique a laissé son nom à  Gosana  (Ouvéa aux Loyauté) : le mot gosana est parent du  nom caraïbe d’un gros lézard,  l’iguana, de govana,  et du goana ou goarge australien. La cordelette est peut-être la représentation de la radula, sorte de langue du crocodile très râpeuse et munie de dents chitineuses en forme de crochets ressemblant à des guillemets. Ce qui surprend sur certains de ces  talés, c’est une sorte de nez en bec d’aigle, très peu mélanésien : en réalité, c’est  le bec du crocodile avec sa mandibule inférieure proéminente, dépassant la mâchoire supérieure  et longue de 5 à 10 cm.

Conclusion : Ce qui précède est un essai, une hypothèse, qui ne se veut aucunement dogmatique, surtout dans l’identification des détails anatomiques, et qui reste ouverte à toutes les corrections. Mais ce qui est certain à mes yeux, c’est le rôle protecteur que ces figures terrifiantes devaient assurer contre les ennemis du chef.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vendredi 16 juillet 2021

L’Inde, berceau de l’humanité plutôt que l’Afrique de Lucy ?

 

L’Inde, berceau de l’humanité plutôt que l’Afrique de Lucy ?

 

 

Le grand savant indien Lokamanya Bâl Gangâddbar Tilak, dans Orion ou recherches sur l’antiquité des Védas, trad . en1989, et dans Arctic Home in Vedas (Early Aryans lived in the Polar regions  which had a mild and plesant climate), date les Védas de -10000 environ.

  D’autre part, des noirs , les Tamils , d'après la tradition tamoule,   seraient originaires du Kumari Kandam. Des épopées telles que celles de Silappatikaram et de Manimekhalai décrivent la cité engloutie de Puhar. Il y avait deux principales rivières sur le Kumari Kandam, le Pagliyaru et la rivière Kumari, ainsi que des montagnes. L'action du premier poème tamoul de la tradition sangamIdaï Sangam, est censée se dérouler sur ce continent lémurien. Ce continent administré en 7 ou 49 (7x7) régions, fut victime du kadatkol, un déluge comme l’océan dévorant la terre, ce que des scientifiques, comme le Dr A. Velupillaï, assimilaient à un tsunami. Le Tamil Nadu de l'Inde, le Sri Lanka, l'Australie et Madagascar seraient les parties émergées de ce continent disparu.

À Mahabalipuram, près de Chennai (ex-Madras au Tail Nadu), des ruines submergées ont été trouvées dans l'océan, ainsi qu'une tête de lion divinatoire et un chapiteau de temple.

Le pont de Rama,un chapelet d’îles et de bancs de sable qui attestent que jusque vers 1450 on passait à pied sec de l’Inde à Ceylan, ou Sri Lanka ou en grec Taprobane .  

Les fonds marins scannés lors du crash du MH370, révèlent une chaîne sous-marine entre le sud-ouest de l'Inde et Madagascar.

 

 Surtout , au large du golfe de  Cambay ou Khambhat, en 2001, les sonars de l’Institut national de Madras ont enregistré , nous révèle un article de Philippe Delorme dans Valeurs actuelles , l’image d’une vaste cité (est-ce  cette Puhar dont parlent les épopées tamoules ? ) ainsi que des montagnes. engloutie par 40 mètres de profondeur, à 40 kilomètres de l’Etat indien de Gujerat  sur 9 kilomètres , le long des rives d’un fleuve disparu (peut-être le  Pagliyaru ou la rivière Kumari des tamils ) ainsi que des montagnes.  s’alignent des structures géométriques géantes  rappelant celles de Harappa dans la vallée de l’Indus et de Mohen Djaro (3e millénaire avant notre ère).Des dragages  ramènent plus de 23000 objets comme des fragments de poterie, des pierres semi-précieuses, des ossements fossilisés et un morceau de bois qui , soumis à la méthode du carbone 14, donne la date de7500 à 9500 ans , soit 3 millénaires avant Sumer qui ,passait pourtant pour la première civilisation urbaine connue.
A cette date de -10000, je ne connais que les stèles découvertes par Klaus Schmidt à Gobekli Tepe en Turquie (voir mon blog et l’ouvrage de K.  Schmidt , Le premier temple de l’humanité ) ; curieusement , ces menhirs se retrouvent en Afrique, par exemple au Sénégal, en Rhodésie à Zimbabwé  ou au Nigéria avec les menhirs akwanshis dont le nom signifie : « celui (le grain de blé)   qui meurt dans la terre » ; cette traduction fait penser à mon interprétation du menhir comme illustration de la phrase du Christ : Si le grain ne meurt au préalable dans la terre, il ne donne pas de fruit (voir mes blogs sur les menhirs) ;ce sont les symboles du blé qui pousse et surgit de la terre où il a dormi en quelque sorte, où il est mort. On retrouve de très nombreux menhirs de ce type en Inde et en Corée.

Cambay est un port situé à l’embouchure d’une des sept rivières sacrées de l’Inde, la Narmada ou Nerbada , qui commerçait de toute antiquité  avec la péninsule arabique. De plus , la cité engloutie pourrai bien être la première Dwarka , la cité que le Seigneur Krishna aurait eu pour capitale selon l’épopée du Mahabharata.

 

 Je dois aujourd’hui corriger mon blog sur l’origine des races qui ont formé l’Amérique du sud. Le territoire antarctique a fait lui aussi partie du continent englouti qui fut le berceau de l’humanité et des races blanches , jaune et noires. Avant la migration des australoïdes dont parle le savant  portugais A. A. Mendès Corréa , dans O significado genralogico  do «australopithecus » e do cranio de Tabgha e o arco anthropofiletico indico,  il y a eu des migrations jaunes qui ont peuplé l’Amérique du sud à partir de ce continent perdu : ayant constaté, dit Rivet,dans  Les origines de l’homme amériain, p.  97, que la distance entre l’Australie (j’ajoute : le territoire antarctique) et l’extrémité méridionale de l’Amérique du Sud se trouve considérablement réduite si l’on examine le globe d’après une projection polaire antarctique  et qu’il existe entre les deux continents , aujourd’hui encore, une série de terres reliques du continent englouti et pouvant servir de relais : Tasmanie,  Nouvelle-Zélande, îles Auckland et  Campbell ,ces dernières  non recouvertes,  même aujourd’hui,  de glaces permanentes, Macquarie, etc. , Correa pense que les Australiens (et avant eux des jaunes ancêtres des Amérindiens et des blancs) ont pu suivre cette voie, les Australoïdes important au passage , par exemple,  des noix de cocos jusqu’en Nouvelle-Zélande et y laissant des traces de l’usage du boomerang. D’autant que les migrations par cette voie  polaire  se sont produites   à une date où le climat était bien plus chaud, vers -40 000 ans.

Le savant anthropologue, ainsi que  Paul Rivet, ont  méconnu  l’existence et l’importance des courants pour les migrations, et notamment le fait qu’il existe un puissant courant circulaire autour du pôle sud, lequel facilite la migration d’Australie jusqu’en Amérique du sud.

Conclusions provisoires.

Il nous faut admettre notre ignorance de beaucoup de choses. La date des migrations qu’on donne est certainement trop récente ainsi que le ou les sens des migrations, car l’homme de l’époque est nomade, sans parler des circonstances environnementales qui le poussent à quitter son lieu natal.

Ainsi on peut admettre que les Indo-européens sont partis les premiers de ce continent englouti auquel on peut pour la commodité donner son nom tamoul Kumari Kandam et à partir du sud de l’inde sont remontés vers le nord , essaimant dans ce qui allait devenir la Perse et la Médie et les civilisations dont témoignent les Gathas de l’Avesta , puis sont remontés  en Asie mineure , allant jusque vers l’extrême nord de l’Europe, près du pôle. Avec le durcissement du climat, ils sont descendus vers la Méditerranée, comme le montrent les théories de l’Italien Felice Vinci dans The baltic origins of Homer’s epic tales, the Iliad , the Odyssey, and the migration of myth.

La diffusion extraordinaire de l’igname,  de l’Afrique à l’Océanie, ainsi que du taro, du bananier dit d’Egypte  (appelé poingo en Nouvelle-Calédonie,

banane -cochon à la Réunion ou  , en général,  plantain ou pomme d’amour et  du cocotier, voire du riz.  

J’ai toujours été très surpris de voir que l’igname , le taro ou le cocotier, qui me paraissaient indigènes en Nouvelle-Calédonie et dans tout l’immense Océan Pacifique, existaient aussi en Afrique noire , y constituaient la nourriture de base, et n’étaient pas du tout ressentis comme importé. De même pour le bananier dit d’Egypte répandu jusqu’en Egypte et en Afrique du nord –est. Je pense que l’existence de cette extraordinaire diaspora végétale  ne s’explique que par l’existence de ce continent originel, peut-être celui auquel la Genèse fait allusion avec ses deux fleuves , le Pishon  qui contourne le pays d’Havila où il y a de l’or, de la gomme appelée bdellium , et de la cornaline, et le Gihon qui contourne le pays de Kusch (2, 11), au  jardin d’Eden qui est situé vers l’orient..