lundi 17 avril 2017

L’étymologie du nom de Vercingétorix, du Vermandois (Veromandui), de Verdun des Mandubii (le Bugey) et d’Alesia ou Novalaise dans le Bugey.


L’étymologie du nom de Vercingétorix, du Vermandois (Veromandui), de Verdun (Veredu(i)m(a)n de Mandubii (le Bugey) et d’Alesia ou Novalaise dans le Bugey.
 Avant de me pencher sur les Boïens et sur leur déesse Gorgobina citée par César, j’avais tâtonné pour certaines étymologies, faute de connaître le nom de la déesse et son importance dans mes toponymes.. Par exemple, je dois revenir  sur l’étymologie d’Uxellodunum donnée dans mon blog sur Capdenac=Uxellodunum,
Etymologie de Uxellodunum
Le mot s’analyse en gorgsoduina, (g)orgs(o)du(ina )+dunum, éminence, pic, ugsolo + dunum,  .Il a subsisté peut-être à Puy d’Issolud et en tout cas aux deux Issoudun de la Creuse et de l’Indre,de (g)i(rg)sodu(ina), isodu  + dunum , de l’ibère vonum , montagne, cf. en langue sami ,ougro- finnoise, ougro- venant de ouigour et de hongrois, vone, montagne.
Maintenant je puis examiner les noms d’Orgétorix et de Vercingétorix. Orgétorix , le nom du chef helvète, vient de  de gorgoduina rix , le roi (gaulois riks, latin rex) de Gorgoduina, de (g)orgedu  reg-s, orgetorix. Le nom de Vercingetorig-s vient  d’une métathèse de na, ger°nagadu +reg, avec prolepse du second  g donnant verg°n(a)goturix, verkingetoriks
Etymologie du nom de la Gaule et du coq.
Le nom de la Gaule , Gallia, vient de gar(go)n)a,gallia et le coq , gallus,est appelé le lestrygon en grec, alektruôn , de laistrugon, peut-être à cause de sa crête rouge qui évoquait
la couleur et la forme à pointes du bonnet des Ibères , tel le bonnet phrygien (les Phrygiens avaient un fort substrat ibère).On peut songer aussi à d’autres oiseaux qui ont reçu le nom de lestrygon, pour quelque raison (migration,forme, couleur [la tunique verte des Phrygiens a peut-être servi d’élément métonymique pour l’alcyon , le martin-pêcheur ayant un plumage bleu-vert],…) qui m’échappe, tel l’alcedo ,nominatif pluriel alcedones, en latin, métathèse de aldekones, al comme la notant un l voyelle, lausthregones,  l’alcyon  en grec, du nominatif pluriel  alkuones ,de alcudones, identifié au martin-pêcheur (Alcedo hispida)  la cigogne, latin ciconia, sanskrit çucih, métathèse de kiku(onia), cf . le nom dans l’Odyssée du peuple thrace des Kikones, de (lai)strygones), le cygne , kuknos en grec.
Etymologie du nom des Veromandui , de Verodunum (Verdun) et des Mandubii
Il y a 4 Verdon et 5 Verdun en France dont Verdun -en -Lauragais, près de Carcassonne( de garsadu(i)na, karkasun) , lauragais venant d’une métathèse :  gorgoduina, (g) or, ol ,lo,  puis lonaga(b)i , loragai,. Tous les  Verdun  viennent  de Verodunum , le Verdun de la Meuse, attesté par Grégoire le Grand au V e siècle,  de  ger(g)o)du(i)n-a .
Le nom des Veromandui vient d’une métathèse de ma ou na dans Gorgoduima: gor(g)omadui, veromandui.
De même, le nom des mystérieux Mandubii (car ils conditionnent la localisation d’Alesia) vient de Gorgoduima, avec prolepse de ma,  gor(g)o donnant (vero)mandui, dui donnant duvi, dubi-i.  Or le nom des Mandubii a évolué pour donner le nom du Bugey aujourd’hui, d’une métathèse encore, dubii donnant budii. L’attraction du nom de la Savoie a joué et explique la métathèse.
Bugey vient de dubii, de duvi-i,  par métathèse  budi-i, avec l’adjonction du suffixe –ici, budici-i , bu(di)gi-i ,bugii,  Beugeis en 1372 sous des  formes diphtonguées influencée par le nom de la ville Belley,de Bellici, bellii ,   et Bugey , de bugeii qui apparaît en 1722. Le pays des Mandubii se trouve donc au petit Bugey actuel et lui a  laissé son  nom.  []Ce qu’on appelle le petit Bugey est le véritable Bugey originel, le pays des Mandubii,  et c’est là que se trouve en réalité notre Novalaise, l’Alesia assiégée par César. Voir Théodore Fivel,  L’Alésia de César près de Novalaise sur les bords du Rhône en Savoie,  1866, et pour plus de détails mon blog sur les Mandubii.    []
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Quelques autres noms : Nantua,  le nom de la Savoie et celui des Allobroges.  

Nantua vient de la métathèse de na dans gorgoduina , (gorgo)nadua
Le nom de la Savoie, attesté au IVe siècle, vers  354,   chez Ammien Marcellin, lib. XI, cap. XI, sous la forme Sapaudia , vient  de Sebudia.   
Il nous faut d’abord rapprocher certains noms et tenter de les élucider : les Segusiavi, les Sebusiani,dont le nom est  attesté par Cicéron, Pro Qinctio, , 80,  les Sedusii, un peuple germain dont nom attesté par César, I, 61.
 Le nom des  Segusiavi (cf . le nom de Segovie) qui ont fondé le Forum Segusiavorum,  le forum des Segusiaves, vient  de gorgodui(na),dui donnant siav-,  métathèse de (ga)ragusiavi , sagusiavi,
 Le nom des  Sebusiani vient aussi de  gorgodui(na),dui donnant siav- + ni ,   métathèse de (ga)ragusiavi , lagusiani, segusiani
Le nom des  Sedusii vient pareillement de gorgodui(na), du venant de dui.
Le nom des Allobroges vient aussi de gargoduina, par métathèse de garodui(na) , dui donnant brod, lagobrogi, cf. le nom des Ségobrigi,   brodgala, brogalo, labroga , comme Segustero, Sisteron , de lagudui, lagostero, , ou Brodgar, ou Brogar (métathèse  de gar(g)odui(na) ,garodui(na), dui donnant brod, duigaro, brodgaro) .
Nous pouvons enfin aborder le problème difficile du nom de la Savoie, Sapaudia, à rapprocher du nom des Sebusii et des Sedusii. Le nom de la Savoie, sapaudia, vient aussi   de Gorgobi(na), dui donnant diav, puis dia-,   métathèse de (ga)ragodia , lagodia , sagaudia, puis sauaudia, sapaudia, enfin savaui, savoie.
 Quant à Novalaise, qui ne signifie aucunement la nouvelle (latin nova, nouvelle) Alésia, le nom comprend deux éléments,  Alésia et le faux- ami  nova.
1 Alesia, Alisia ou Alixia,Aleria, Alalia,  est un nom d’origine ibère, ou plus exactement boïenne et vient du nom de leur déesse Gorgoduina. En Corse,  le nom d’Aleria, de alesia,  appelé Alaliè par Hérodote dans ses Histoires, I, 165, vers -425, doit être rapproché de Alesia , aujourd’hui  Novalaise au petit Bugey, l’Alésia de César . Alalia vient de (g)ara ou ala, notant  un l voyelle, +dui(n)a donnant lia , puis sia, alesia.
On retrouve ce s provenant d’un l et d’un dui dans Alixia, d’aligsia, de gorgoduina, (g)arag(o) +dui(n)a donnant lia , puis sia, donc alaksia ,aliksia , (forme de l’Alesia traditionnelle à Alise –Sainte- Reine), comme  Alaise, commune d’Eternoz ,, ,
2 Le faux ami Nove dans Novalaise.  
Novalaise signifie le lieu sacré de la terrible déesse Gorgobina, où l’on fait les sacrifices en son honneur  (ibèro- gaulois medhio pris pour le latin medium, qui signifie centre).Le toponyme composé  Novalaise signifie le lieu du sacrifice de l’orge, dit du cheval d’octobre à Rome (voir mon blog sur Les Chefs carnutes et le sacrifice de l’orge).
Le gaulois nova  ne veut pas dire neuve, nouvelle, comme l’homonyme latin, mais il désigne le lieu où l’on fait un sacrifice, medhu en sanskrit, qu’on retrouve dans le nom propre Epomeduos, celui qui fait le sacrifice du cheval epo).  Le gaulois (langue indo-européenne) est une langue riche en faux amis : medhuana ,de medhu, sacrifice, avec un suffixe adjectivant -ana, qui signifie (le lieu ) du sacrificed’où dérive  notre nova,  a été compris par Diodore comme par César au sens de qui est au milieu (latin medium, grec meson),  ce qui nous a valu la phrase de César  sur les druides qui se réunissent une fois par an au milieu , au centre de la Gaule chez les Carnutes, alors que son interlocuteur gaulois voulait seulement dire que les druides carnutes  se réunissaient  dans un Meduanum, lieu où se pratique  le sacrifice, le Bois de Moléans , comme les druides mandubii dans le sanctuaire de Novalaise.
Le contresens de Diodore de Sicile est une preuve de plus que nous sommes bien sur la bonne Alesia avec Novalaise,
puisqu’elle correspond à l’Alesia que Diodore avait en vue, ainsi que l’indique son contresens sur le centre (medio, nove) .Alésia est, écrit Diodorele centre religieux de toute  la Gaule  celtique : en réalité c’était  tout simplement en gaulois  le   sanctuaire (medhuano)  des Mandubii et, peut-être, de leurs  voisins immédiats, les Sebusii et les Savoyards. L’évolution phonétique a fait de medhuanum  Moléans en Eure-et-Loir   (le l de Moléans vient du d, comme celui du latin immolare, avec o bref, sacrifier),  Milan, Melun, Meung -sur- Loir près d’Orléans dans le Loiret et Neung –sur- Beuvron dans le Loir-et-Cher près de Romorantin. Les noms Meung et  Neung lllustrent l‘instabilité de la nasale,  m qui se transforme en n dans  les syllabes finales de toponymes comme  -nore (Izernore), -noz (Eternoz), -nave (Izernave) ou dans les initiales  comme nova.
 Pour la transformation en –euve,  -ove,  -ave  , -ore et –oz, citons Meuvaines, dans le Calvados, de medhuan,  Meuves en Eure-et-Loir (commune de Saint- Maur -sur -Loir), Mesves- sur- Loire dans la Nièvre près de Cosne, et rappelons  les  lois de Grimm sur l’identité de v, d, r, le z venant aussi d’un dh.   
 Neuvy-sur- Loire,  à 60 kilomètres de Nevers,vient de Novio-dunum e(ce n’est pas Nevers) ,  Noviodunum ne signifie pas la nouvelle éminence, ce qui d’ailleurs n’aurait guère de sens, ni même la nouvelle forteresse, mais l’éminence où l’on sacrifie.  


L’argument en faveur de notre Novalaise  tiré du discours du Gaulois Critognatus.
Dans le discours que rapporte César,  Critognat dit aux assiégés gaulois (VII, 77) : « Vous pouvez ignorer ce que sont devenus les peuples éloignés de vous ; mais, d’ici, regardez à vos pieds ( finitimam, superlatif, tout près) cette portion de la Gaule qui, réduite à l’état de  province romaine (Galliam … in provinciam redacta), privée de ses lois et de sa liberté,  courbée sous une servitude démunie de toute espérance, gémit sous la hache des licteurs. » Le texte de César devient chez un partisan d’Alise comme Germaine Roussel (collection 10-18) : « Regardez la Germanie [au lieu de la Gaule, Gallia !] toute proche qu’ils ont réduite en province » !
 Quel est le sens de  cette expression Gallia provincia chez César et quel pays désigne-t-elle,  puisqu ’Alésia devra obligatoirement en être proche? Théodore Fivel, dans L’Alésia de César près de Novalaise sur les bords du Rhône en Savoie,  1866, p.147,  écrit : « César appelle Provincia le territoire  qui dépendait nominalement de la suprématie romaine depuis les succès de Promptinus en 61 av. J.- C., mais qui n’était qu’une expression géographique comprenant à la fois
-la vieille Province [Provence] de Fabius Maximus, de la mer jusqu’à l’Isère et la Romanche,
-et la confédération des Allobroges, de l’Isère au Rhône.
Quand, au contraire, César veut distinguer la partie conquise  de celle  qui ne l’est pas, la région romaine de celle qui a conservé encore son autonomie, les peuples sujets de ceux qui avaient été récemment pacifiés  et ne semblaient pas encore montrer des dispositions favorables  vis-à-vis du peuple romain,  il se sert, chaque fois, de l’expression restrictive Gallia provincia », comme ici. Le pays voisin montré du doigt à ses  auditeurs  par Critognatus est donc le pays des Allobroges, vaincu, mais libre et frémissant, qu’il présente avec exagération comme entièrement conquis, « départementalisé » par Rome. Pour ce qui nous intéresse, Alésia est donc près de ces Allobroges (Savoie et Dauphiné) théoriquement indépendants et l’on comprend l’ironie cinglante de Th. Fivel, p.151, lorsqu’il écrit : « Restituons à la finitimam Galliam in Provinciam redacta son acception normale et sensée, au lieu de supposer Critognat montrant du haut du mont Auxois [à Alise-Sainte-Reine], à ses compagnons affamés, des plaines éloignées de plus de deux cents kilomètres [les plaines allobroges] ! »
Trois Romains et un Gaulois qui ont marqué la toponymie de Novalaise et prouvent qu’il s’agit bien de l’Alesia de César: César lui-même,  le  neveu  de César, le légat Lucius Caesar , Caius Antistius Reginus  et le  Gaulois  Vergasillaun.
1) On a Comba Juli, la combe ou vallée de Jules (Julii) César,  c’est-à-dire la vallée de Saint- Genix par où César est arrivé à Alésia, ainsi que le Mur de César, 
2) Le nom de la commune de Lucey, de Lucii, vient du génitif de   Lucius Caesar,  qui était chargé de surveiller les arrières de l’oppidum. « Les cohortes de Lucius qui occupaient le pays des Allobroges, écrit V. de Saint -Genis, avant l’arrivée de César, surveillaient sans aucun doute la vallée de Chambéry et fermaient les seuls défilés  par où les pauvres et rares habitants de ce pays auraient pu essayer de ravitailler l’oppidum. »
3) Les munitiones superiores , opposés aux munitiones campestres de Marc Antoine et de Trebonius. Vergasillaun , un des chefs  des Gaulois de l’armée de  secours, quitte avec 60000 hommes les hauteurs de Romagneu (de Romani), occupées par l’armée de secours et emploie 18 heures à ce mouvement tournant qui doit le placer devant le camp de  Reginius , aujourd’hui encore le camp de Régis (de Caius Antistius Reginus) dans la plaine d’Avressieux, devant le mas de Régis, c’est-à-dire le mur  de Caius Antistius REGInus , mas venant  du latin maceria, qui signifie mur de pierres sèches situé  au Château de Lès- Avressieux  (l’un des 23 castellum ou fortins).  
4 Vergasillaun , de gorgabina-la, gergabinala,  le nom de la déesse, a laissé son nom  dans les Portes de Chailly, de gallis, métathèse de (ver) gasil(aun).
Les Lingons.
Le  nom ancien de leur capitale,  la ville de Langres, de Lingonorum (civitas), la ville des Lingons, est  Andemanduum, de gorgoduima, ande, métathèse de dui,  man de ma, et dui –um
Le lieu-dit  Aux Lingonay, de Lingonici (près de La Bridoire), comme Longerey, de longirici , avec rhotacisme du n, dans la plaine d’Avressieux où a eu lieu justement le combat de cavalerie,  renvoie aux  cavaliers Lingones, ces Gaulois alliés de César, si importants pour les combats de cavalerie, notamment lors du combat de cavalerie qui eut lieu près de Monluel à la Colline sainte, à Port- Galland , de (gor)galaduina, .  On a trouvé, en creusant les fondations des piles et des culées du pont de Port- Galland, sur la rivière de l’Ain, des  armures de bronze doré qui ne peuvent appartenir  qu’aux cavaliers Lingons  qui, associés aux Germains, formaient le gros de la cavalerie de César.  On a recueilli au même endroit des glaives  romains, des fers de lance, des armes gauloises. Ces objets furent achetés sur ordre de Napoléon III et déposés au musée de Saint -Germain-en- Laye. Au livre VII, 63, lors de l’assemblée de Bibracte chez les Eduens , qui donne à Vercingétorix et non aux Eduens le commandement  suprême contre César, seuls avec les Rèmes et les Trévires, les Lingons sont absents. Alors que César explique que les Trévires étaient trop éloignés et trop  menacés par les Germains, il précise que les Rèmes restent fidèles à l’alliance romaine, mais n’éprouve pas le besoin d’expliquer l’absence des Lingons, qui va de soi : ils fournissent de forts contingents de cavalerie à César contre les autres Gaulois et permettent  à deux légions romaines de prendre leurs quartiers d’hiver chez eux  en -53 (VI,  44).

Le témoignage des lieux-dits.
Les Murailles (Muralia, remparts, à Montbel), les Muniers (muni[tion]es, remparts ), la Porta, la Mala Porta (Rochefort), le Camp (de César ) à Rochefort,  Vauxserre ( de  valla serrata,  remparts en forme de dents de scie ),à  Saint- Albin - de-  Vauxserre et à Saint-Martin- de- Vauxserre , renvoie à la palissade au-dessus de la levée de terre , comme la Serra, de serrata également (Saint- Béron), la Serra (Rochefort) , la Serraz (Montbel), la Sarra (Ayn).  Les Tours ( 5 toponymes : commune du Pont, de Sainte-Marie- d’ Alvey, Montbel, Ayn, Avressieux),  la Malo (dicta), (la vallée] maudite, Rotherens (du germanique roth, rouge,  le ruisseau sanglant,  et Saint- Maurice -de- Rotherens, le Champ de sang, les Sépultures de la bataille, le Champ de bataille, la Chapotière (de chapoter, cogner , frapper en ancien français),le Bert et le Bard  dans les  communes de Saint- Béron (ber =combat en gaulois) et d’Ayn , le  Bert (commune de la Bridoire ), les Bertières dans la commune de Rochefort, les Barres,  les  Barrières  et le Bret  dans la commune de Champagneuxx, la Taglia (de taille, action de frapper) dans les communes de La Bridoire et d’Ayn ,la Pugnière (de pugna, combat) dans la commune de Champagneuxx, Pignieu (Saint-Genix) ,de pugnosum ;  le Château (castellum, l’un des  23 de la ligne de défense initiale de César) dans la commune de Domessin , Châteauvieux (de castellum) et  un  château  lès- Avressieux dans la commune d’Avressieux , le Vieux Château  sur le sentier entre Chailles et le Pont,  Châtelard.
La Ville (Montbel) renvoie à l’emplacement de l’arx ou citadelle d’Alésia, tandis que la Grande Ville (Domessin) renvoie à la ville d’Alésia. Voir, pour les communes,  Relevé des noms de lieux dits dans Fivel, op. cit. , p. 161-164, édition numérique.

Nota Bene : Si l’on faisait appel à la technologie utilisant la lumière (Lidar) pour prospecter, autour de Novalaise en Savoie, en obtenant ,  par hélicoptère ou,mieux,  par drone, des levés  aéroportés [ et topobathymétriques dans le cas de Vanikoro (l’épave de la Boussole près du récif Makulumu  autour de l’îlot sableux Noungna de la passe des Esprits (des blancs), d’après le rapport du commandant Bonnet de 1956,   voir mes blogs sur Lapérouse, en particulier le scénario du naufrage de Lapérouse selon les insulaires  de Vanikoro . Il suffirait pour cela de s’adresse à la SHOM par exemple. On aurait alors des résultats sans appel et moins coûteux que les fouilles d’Alise. 



vendredi 14 avril 2017

LES VERITABLES COLONNES D’HERCULE DE L’ANTIQUITE SONT SITUEES À MINORQUE ET NON PAS AU DETROIT DE GIBRALTAR.

LES VERITABLES COLONNES D’HERCULE DE L’ANTIQUITE SONT SITUEES À MINORQUE ET NON PAS AU DETROIT DE  GIBRALTAR.

 L’emplacement des  colonnes d’Hercule a toujours passionné les érudits de l ’Antiquité.  Le plus souvent, ils y ont vu une métaphore pour les montagnes qui encadraient le détroit de Gibraltar, mais il n’y avait pas le moindre souvenir de colonnes.
Or, à Minorque, l’une des Baléares, on peut aujourd’hui encore, admirer 26 colonnes colossales que, vu leur poids,  seul Hercule aurait pu soulever et dresser appelées taula , dont la forme est très curieuse : une sorte de  menhir avec au sommet une dalle horizontale en équilibre . Cela ressemble fort  aux  colonnes en tau égyptien , ou en T,  de Göbekli Tepe en Turquie, qui constitueraient  le plus ancien temple de l’humanité, si l’on en croit Klaus Schmidt et dateraient de quelque 10 000 ans.
Un stade important de l’évolution vers les menhirs que nous connaissons : les taulas de Minorque  avec pierres indépendantes taillées de façon géométrique placées à leur  sommet de Minorque. 
La preuve de l’interprétation de cette pierre : le nom de l’île Pityussa (Minorque), qui signifie  l’île de l’orge dormante, par allusion à la pierre qui surmonte les taulas,   et des  îles Pityussae. 
 Le nom des Baléares est à rapprocher du grec aleiar, de waleiar, grec Baliar-ides, les îles de la farine d’orge. Peut-être sous ce nom au singulier désignait-on Majorque (Baléares majores). Quant à Minorque et à Ibiza, elles font parte pour nous des Baléares (Baléares minores) mais pour les Anciens elles font partie des îles Pityussae : on peut même supposer que Pityussa au singulier  employé par Tite Live était le nom de l’actuelle Minorque, tandis que Ibiza s’appelait Ebusia ou Ebosia,  Ebusos, Ebusus. L’origine des deux noms est à chercher dans le mot orge (eta en vieux –haut- allemand [cf. Gerte], anglais oats, avoine  et wheat, froment,  d’un radical wet.  D’où dérive pity -. , de weti, devenu bitu- cf le nom des Bituriges, les habitants du Berry, puis pit;u- .Dans le cas du nom ancien d’Ibiza,  Ebussus,  eb- vient de  wet, orge, puis , par métathèse, ew – devenu eb-.
Le second élément, aussi bien dans l’ancien féminin  Ebusia   que dans Pityussa ,  pour nous plus intéressant encore, est –-usia ou –ussa, participe présent au féminin du verbe signifiant dormir, grec auô, de yauô, dormir, sanskrit va-sati., latin jaceo, gésir, être étendu. Le participe ya-ntya, attesté par le grec Pityunt-, ou encore Pityoessa, Pityoussa, dorme iussa, l’ensemble signifiant  l’orge dormante et renvoyant  au linteau surmontant le menhir, symbole du sommeil ou de la  mort de l’orge, préalable à l a germination.
Le sens général des menhirs plus récents, sans « marteau ».
Le menhir est un  catalyseur magique de la percée et de la germination   végétatives.
En effet, le menhir ou toute stèle en général a pour fonction magique d’imiter la croissance des plantes et de la favoriser par magie imitative : plus la pierre ou le tronc monteront haut, plus la plante montera haut. James George Frazer, dans Le Rameau d’or, Esprits des blés et des bois Ed. Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 1984, 4 vol., vol .3, p. 26,  écrit du « Dionysos de l’arbre » que « son image n’était souvent qu’un poteau planté en terre, sans bras  », imitant l’arbre fruitier qu’il s’agissait de faire pousser par sympathie, comme cela a dû être le cas à l’île de Pâques pour les grands arbres nécessaires à la navigation.
 Et, vol. 4, dans  Balder le Magnifique,  p. 98, Frazer écrit : «  Dans plusieurs parties de la Bavière, on pensait que la hauteur des tiges de  lin dépendrait de celle des sauts des jeunes gens. » Au Vanuatu, sur l’île Pentecôte, le spectaculaire saut du gaul  (mot signifiant plongeoir),  toujours pratiqué malgré les accidents mortels et qui consiste  à sauter du point le plus haut, est censé faire pousser les ignames  d’autant plus profondément  que le saut aura été accompli du plus haut plongeoir . En Nouvelle-Calédonie existaient de très précieuse pierres à ignames et pierres à taros, sur lesquelles les sorciers canaques faisaient encore, il n’y a pas si longtemps, leurs  conjurations secrètes.
Le sens du linteau au sommet du menhir, soit qu’il ait été taillé dans la masse comme à Göbek-li, soit qu’il soit indépendant comme àMinorque.
Il faut  se rappeler  la phrase du Christ raillée par Voltaire, mais qui représentait pourtant les connaissances en botanique de l’époque des débuts de l’agriculture : « Si le grain mis en terre ne meurt au préalable,  il ne donne pas de fruit, mais s’il meurt, il donne de nombreux fruits ». Pour les hommes de la préhistoire et pour les primitifs, il fallait au préalable la mort avant la germination et c’est l’horizontalité de la dalle, linteau  ou traverse  posée en équilibre au sommet de la stèle  qui symbolise la mort du germe.
Un peu de philologie .
Le nom de la capitale, Maõn, dérive de moon désignant le sésame (grec sèsamôn) ou le millet (radical mel ou man) Ecoman à Viévy -le- Rayé dans le Loir-et-Cher ou Germignonville,  de ger minio villa, la ferme des grains de millet.
Les mystérieux nuraghe sardes (de ligura, de ligura, lyurag ) , les turghii corses , ainsi que les talayots des Baléares,  ne sont-ils pas tous  des bâtiments en forme de barques (aux Baléares , on les appelle naveta, petit navire) renversées en signe de mort comme au nord du Tibet et   aux Orcades , il  y a 5000 ans ?
L'appellation de naveta (« navette ») procède de la ressemblance de ces édifices avec un navire la quille en l'air. Cette forme était celle des maisons de l'époque de ces monuments. À Majorque et à Minorque, il y a plusieurs dizaines de navettes (petits barques), dont certaines à deux niveaux, le premier pour le pourrissement des chairs des cadavres entreposés, le second pour la conservation des ossements   La datation par le radiocarbone des ossements trouvés dans celles de Minorque donne une période d'utilisation allant de 1130 à 820 avant J.-C. Pour la naveta de EsTudons (de  (l)estrugons ) cette période est 1000-800 avant J.-C.
   Il faut voir dans ces navetas baléares  la barque renversée en signe de mort de son propriétaire, avec l’écope, le plat , l’écuelle, l’huile pour affronter le soleil de l’au-delà, le tout étant caractéristique des Ibères ou Ouigours.
Le mot  « taula » qui désigne à Minorque les mégalithes en forme de marteau, comme en Asie mineure où ils datent de
-10000 (voir mon blog Les colonnes d’Hercule véritables sont à Minorque) est apparenté au grec steleva qui désigne le manche d’un marteaustèlè, dorien stala, éolien stavla,stalla avec deux a longs  correspondant au  latin stela, de staala une colonne, une stèle.  Il faut le rapprocher du latin stolo, de stavlo,  stolonis, rejet, drageon, comme stipula,  chaume, éteule, c’est-à-dire « chaume qui reste après la moisson faite » (Littré), de stivulus.  Taula vient de (s)tavla ,taula, ,désigne le manche d’un marteau et, par  une métonymie doublée d’une métaphore, un marteau, un menhir en forme de marteau.
On a retrouvé à Minorca près d’une trentaine de  taulas qui ont survécu et  274 « talayots », bâtiments coniques à  usage funéraire. Talayot est une métathèse de  (lais )trygonès aboutissant à  tru(gonès)laïs, tr avec  r voyelle donnant ala , tala et avec prolepse du u de tru  +lyiavs, talalyias, talayaus , talayot,  ethnonyme   apparenté à Lestrygones, ainsi qu’ au nom de l’ Espagne Tarraconnaise (de Tarragonès) et au nom d’ Aragon.  Dans le monde égéen, le mot tholos désigne une rotonde où l’on  met quelque chose de précieux et vient peut-être aussi de thalayaus  donnant par assimilation vocalique  thaul(ay)-os, tholos. Malgré tout, à cause de la forme, le mot a pu subir l’attraction sémantique de thulakos, panier en osier tressé en cône pour la farine ou le grain.   
Il ne faut pas confondre ces huttes à toit conique des Orcades destinées à l’entreposage des cadavres (en Sardaigne, les nuraghe, à Minorque les talayots, en Corse les turghii)  comme les Tours du silence en Inde et en Perse,  avec les moulins  en pierre  appelés torre en Corse, en Sardaigne et aux Baléares. Le mot  torre est apparenté au grec  thulakos ou thulak-s, sac à farine, panier rond, boisseau de farine, employé par métaphore à cause de la forme conique de l’édifice. On part de thul(akei)dès,  toldes , torre; avec le suffixe de  ressemblance ibère en -eidès,
On trouve l’ancien nom de cet édifice sous la forme altérée de Torralba , la tour blanche, près d’une des plus fameuses taula  de Minorque, celle d’Alaior (on trouve aussi en Sardaigne  une Torralba  ): ce n’est pas la tour blanche, alba en latin, mais la trace de toralba , de thula(kei)dès,  tolade, que la contagion sémantique du mot signifiant blanche,- la couleur de l’édifice au surplus,a altéré en toralba.
Pareillement, dans la commune d’Antisanti, on trouve un lieu-dit Pietro Biancha, où il n’y aucune pierre blanche, parce que ce nom vient en réalité de Petra Piancata ou Plantada, pierre en forme de bouture, d’’épi. Les Pierres Plantées,  Pantellaria  (de plantellaria) en Sicile ou Pancheraccia en Corse, puis, par incompréhension, les Pierres Blanches, comme  à Pléneuf dans les Côtes-du-Nord, sont nombreuses.






  On est intrigué  devant la tolla de Taliti qui représente une dalle oblique appuyée contre le pied droit d’une taula avec ,  au sommet de la dalle oblique,  une grosse pierre ronde évoquant un épi d’orge. L’étymologie de Taliti  nous donne tal – eta, tal , de dav,   lié à duo, deux , double, et à  eta signifiant orge (vieux haut allemand gersta], soit l’orge double , les deux plants d’orge. Certaines autres taula présentent d’ailleurs le mégalithe  intact, avec cette  dalle aujourd’hui oblique encore droite et servant de 2e support (photo sur la couverture du livre de A. Pardo, L’Espagne primitive).
  Quant aux navetta  (d’En Tudon, et autres) , il faut y voir la barque renversée en signe de mort de son propriétaire, avec l’écope, le plat , l’écuelle, l’huile pour affronter le soleil de l’au-delà, le tout étant caractéristique des Ibères ou Ouigours.
Le trajet des créateurs des taulas.
Deux voies s’offrent à nous pour remonter à la source des taulas : la voie linguistique et la voie de l’ADN de l’orge en cause.
1)On peut les suivre à travers le nom Pityussa : non loin de Göbekli,  on trouve Pityunte, une ville de Colchide près du Pont-Euxin, Pityussa, une ville de Troade, puis une ville de Chio, une de Lampsaque, une de  Salamine, une île Pityoussa entre l’Attique et le Péloponnèse dans le golfe Saronique.  L’ancien nom de la Sardaigne  était, selon Aristote, Ichnoussa, qu’il est tentant de rapprocher de  Ebussa ou de  Pityoussa , et signifierait blé blanc dormant. Le nom ichnos  désigne la sandale. Orle mot latin sandala selon Pline l’ancien désigne le blé blanc, Le nom Sardaigne viendrait selon Pline de sa forme de sandale et il la qualifie de sandalôpis, qui ressemble à une sandale…ou à du blé blanc, car  sandala désigne cette variété de céréale.
On retrouve la trace de ces migrateurs ibères et de leur tombes  au nord du Tibet, dans l’immense désert de Taklamakan ,où  des archéologues chinois ont eu l’étonnement de découvrir une nécropole, avec des momies aux traits européens, aux cheveux châtains et au nez long, datant d’il y a 4 000 ans et enterrés dans des bateaux retournés recouverts de peaux de vache , avec un mât de bois situé à la proue , de 4 mètres de haut et dont la sculpture varie selon le sexe : pour les hommes , le sommet est effilé, tandis que , pour les femmes, le sommet serait plat et  peint en noir et rouge. Le mât renversé devient une godille (à la poupe du bâtiment) qui permet de se diriger  dans les eaux de l’au-delà.
2) Grâce à l’ADN végétal, on a pu suivre les céréales d’Europe et remonter à leur origine il y a  quelques 10 000 ans. Bien avant le changement de climat qui provoqua dans le  Croissant fertile, au nord de la Syrie,  une désertification importante, poussait à l’état sauvage  une sorte d’engrain (de un grain, einkorn en allemand ;  l’escourgeon  a deux grains, l’orge en a quatre) qui est présent encore aujourd’hui sur le mont Karacadag, dans la province de Sanliurfa. C’est l’ancienne cité de Hiérapolis , «  la ville sacrée » ,  où est né Abraham et dont le pseudo-Lucien  a évoqué le temple dans La Déesse syrienne, Altagartis, nom signifiant la déesse des sillons pour  l’orge(cf le vieux haut allemand gersta, grains d’orge),ou Astarté ou Astréa, ou Rhéa (de dhéa, orge ) .  Là se situe le sanctuaire de Göbekli Tepe fouillépar Klaus Schmidt et daté de 100000 ans : ce serait , selon le chercheur allemand, le premier temple de l’humanité.  Or, l’ADN  nous révèle  que cette plante sauvage  est l’ancêtre de 68 céréales contemporaines, dont l’escourgeon à deux grains ou orge d’automne de Minorque ! Voilà  qui nous permet de remonter à la source des taula, aussi bien pour  la forme du mégalithe que pour la céréale en cause.




Le menhir d’origine avait ainsi  le sommet plat pour qu’on puisse y  poser la dalle symbolisant le grain mort. D’autre part, pour plus de facilité, les sculpteurs se sont parfois contenté de tailler le haut du menhir en demi-cercle et de séparer le haut du bas par une ligne : la tête du menhir représentait le grain mort ou dormant.
La disposition en cercle des menhirs est peut-être inspirée  des ces « ronds de sorcières » qui, en une nuit, apparaissent soudain sur les prairies et donnent une  preuve de la fécondité de la nature ; ceux-ci  sont composés de champignons souvent comestibles, mais l’imagination populaire, stupéfaite devant la régularité  du cercle et la soudaineté de son apparition, y voit l’œuvre de forces souterraines.
Quel était le but de cette disposition circulaire qui apparaît dès l’origine, à Gobek-li ? il s’agissait  de représenter le cycle de la mort du grain,  de sa germination et de sa mort à nouveau, sans solution de continuité.



Il est révélateur que les statues de l’île de Pâques avec leur chapeau aient suscité plus d’articles, voire d’ouvrages  que ces taulas à portée de nous pourtant.
L’extraordinaire trilithon (3 dalles) de Tonga, à rapprocher de la taula de  Talati à Minorque aux Baléares.   
Tel est aussi le sens du portique de Tonga. Il s’agit de deux cocotiers qu’on désire faire pousser magiquement, la traverse représentant les germes des  cocotiers   morts, comme la taula de  Taliti à Minorque représentait  deux pieds d’une orge « dormante », entendons morte. Il y a 10 000 ans, dans la  Turquie actuelle, à Gobëk-li , les menhirs dits en t ou en  tau (ou en marteau) avaient la même signification que les taula de  Minorque … ou que le portique de Micronésie, celui de  Tonga et les moai de l’île de Pâques. A noter qu’au fil des siècles et des distances parcourues la dalle s’était transformée en ce qui ressemble plutôt à un cylindre.
Il y a dix mille ans, la révolution agraire et le sanctuaire  de Göbekli  Tepe en Turquie., ou l’apparition  concomitante des premières céréales cultivées et des  premiers menhirs, ou menhirs en forme de maillet ou marteau d’une seule pièce , dits encore menhirs en tau grec à deux branches (T)

Un peu de mythologie.
 Göbek-liTépé signifie sanctuaire non couvert d’un toit en  phrygien, langue indo-européenne faisant partie du groupe tokharien,   plus exactement enclos sacré, délimité par de curieux  menhirs disposés en cercle .Le mot tepé est apparenté au grec téménos, enclos sacré, comme  au latin templum , désignant à l’origine un espace délimité dans le ciel., puis le même espace sur terre, et pour finir,  le temple monumental. . 
Quant à Göbekli,-, on retrouve ce nom  à Malte pour un  sanctuaire  englouti à 2 kilomètres de la côte, le sanctuaire  de  Gebelgol -Bahar, la jument chargée d’orge, de gobek + suffixe de féminin –l voyelle et  bahar en tokharien signifiant froment, cf. le .latin far, grec puros. L’historien grec du VIe siècle Hérodote (IV, 94)  nous a conservé  le nom de la déesse Gebeleïdzis (où l’on reconnaît Göbekli avec un postfixe -dzis signifiant orge , comme le grec homérique  zeia,  C’est une déesse dont on a la variante thrace Zamolxis, de gabokldsis ,  et Hérodote attribue cette divinité  aux Gètes,  peuplade Thrace   installée sur le Danube, dont le nom est à rapprocher de celui de l’orge, vieux haut allemand gersta, du nom de la   déesse latine des moissons Segesta, , de segersta, semences d’orge ,ainsi que du nom du  Taygète,  de gresta. , grains d’orge. 
La  mythologie a mythe nous apprend que Triptolème inventa le triple labour  ainsi que les chariots à quatre roues, bien utiles pour tirer les énormes blocs rocheux dont sont faits les menhirs. Son nom, signifiant celui qui laboure trois fois, vient de tri, trois fois, et du radical  qu’on retrouve dans le latin plaustrum, de plauk-strum, chariot de labour, dans l’anglais to plough, labourer,  dans le latin plicô , faire un sillon, faire un pli, et dans le grec plekô, plier. La jachère au sens premier  consistait à préparer le sol à la fin de l’été pour les semailles d’automne par un triple labour, de façon à en extirper les racines. C’est une pratique des Gaulois de certaines régions de la Gaule, en Eure-et-Loir notamment.  Les Gaulois appelaient  cette action  gasicharia, ce  qui donne la galichère (Châillon-en- Dunois), de gasicaria, aussi bien que le nom du site de Montgasteaude gaskariata, colline gastellée, transformée en jachère., dans la commune de Saint- Denis-les- Ponts, ou le bois du Gast à Châteaudun. 
C’est Allemand, Klaus Schmdt  qui a exécuté les fouilles de Göbek-li de 1995  à sa mort en 2014 et il  a fourni  le récit de ses recherches dans Le premier temple, CNRS Editions, Paris, 2015, 420 pages et illustrations.
Que signifie Göbekli ? Avec un suffixe –li (ou –ni) de féminin (c’est le sanctuaire de la Jument), il est parent du latin cavallus (de cavaklus), qui nous a donné le français cheval, et  du grec kobalos ;  il désigne tout animal destiné à porter une charge, un onagre ou âne sauvage originellement (l’âne a servi pour le labour et il fut le favori d’Apollon lycien), puis un cheval de labour. , ou  destiné à porter une charge, d’orge notamment.  Le mot a été repris par l’arabe al-gazal, qui a donné notre gazelle. La jument est associée aux céréales et aux menhirs , si bien qu’ on retrouve ce radical dans des noms de lieux préhistoriques riches en menhirs comme Gavarni (de gabalni, la  déesse Jument),  l’îlot Gavrinis en Bretagne, le dolmen de Kergavat à Plouharnel dans le Morbihan , et dans Cauro(ni) en Corse.  La déesse gauloise Epona, au nom parent du latin equa, equina, jument,  dont, selon Juvénal (Satires, VIII, v. 155),  on peignait l’image dans les écuries devant des mangeoires emplies d’orge, doit être un réaménagement de la déesse  Göbekli : le cheval portant les morts dans les cortèges,  il est naturel que la déesse ait également des rapports avec le monde souterrain des morts,
 Cérès ou Dèmètèr (dont le nom signifie la mère de l’orge,  dhea signifiant  orge, cf. le mot  latin hordea, grammaticalement un collectif, grains d’orge),deux déesses de l’orge et du  blé, transformées en jument, et le rôle de Mars, originellement un dieu agraire.
Le nom de Mars, archaïque Mavors , génitif Mavortis ,  vient de ma ,nourricier,et d’une racine werkw,  qui donne à la fois un mot signifiant ligne droite,puis sillon,  orthos en grec (cf Artémis Orthia , avec digamma attesté en lacédémonien , première partie d’Arté-mis , et la déesse gauloise Artios) et plusieurs autres  noms du sillon , en latin sulcus, en lituanien welku, et en  grec aulax, ou , à l’accusatif, ôlka. Son nom est identique à celui de la déesse irlandaise de la guerre, Morriggu, de ma, nourricier,  et de urikw, sillon, le celtique Brigitta signifiant le sillon nourricier de l’orge, de ma-vrig et eta , orge. Mars   est l’ancêtre des  Romains  comme celui des Marses, peuple sabin du Latium, celui des Marrucins et celui des Mamertins. Le mot français malt, c’est-à-dire  l’orge germée et séchée pour la fabrication de la bière, vient de l’allemand Malze et, comme vraisemblablement le nom de l’île de Malte lui-même (de ma arta), vient du nom du Mars agraire, ma arts, qui signifie le  sillon  (varts) nourricier (ma)..
  Selon les traditions locales,  Mars poursuivit Cérès de ses importunités. Celle-ci se métamorphosa en jument pour lui échapper,  mais Mars se transforma également en cheval de labour et il  naquit de cette union deux enfants : une fille  dont il était interdit de prononcer  le nom  et qu’on appelait seulement la Dame ou la Maîtresse, savoir la femme du dieu des morts Orcus, Proserpine ou Perséphone (de Pherks -éponè, la jument d’Orcus ou Phorkus),  et un cheval nommé Aréion qui tire son  nom de son père Arès, dieu de la guerre grec.
Mais l’engloutissement du sanctuaire  de la Jument, Gebel –Gol Bahar,  au large de l’île de Malte, vint modifier ces croyances. Cet engloutissement  témoigne de la montée des eaux et du recul de la côte  lors du dernier maximum glaciaire, à la fin du pleistocène, vers -8500. Il est contemporain de l’immersion  de l’île de Pantelleria Vecchia, à 60 kilomètres au large de la Sicile, où, par 60 mètres de fond, on a trouvé un menhir de 12 mètres de haut. Le raz-de-marée fut attribué à la colère du dieu de la mer   Poseidon,  et on retira à Arès la paternité d’Aréion et de Proserpine pour en faire honneur à Poseidon, pensant l’apaiser, mais en interdisant de révéler le nom de Perséphone. .
Les mystères d’Eleusis furent consacrés à Déméter, la mère de l’orge,  et comprenaient un concours «  ancestral » dont on ne sait pratiquement rien, sinon qu’il s’agissait d’une course de chars et qu’elle se déroulait en octobre, avant les labours. Précisons que l’orge dont nous parlons est l’orge d’automne, ou escourgeon, plutôt que l’orge d’hiver. .Le mot escourgeon est d’origine gauloise et vient de ksordeon, avec,  à l’initiale, une palatale à explosion sifflante, équivalente à l’h du latin hordeum,, grain d’orge.  Le rituel  romain du Cheval d’octobre, probablement comparable au « concours héréditaire » des Mystères, son rapport à la moisson et à Mars sont  étonnants  pour nous, mais ils sont bien établis.  Le rituel du cheval d’octobre à Rome nous montre le  sacrifice d’un  cheval sur le Champ de Mars avant les semailles. La tête du cheval sacrifié était garnie de pains et sa queue était  coupée, et apportée au palais royal, donnant lieu à une compétition sur des chars  entre groupes de quartiers différents. Cette queue du cheval (il s’agit sans doute d’Aréion, le fils de la déesse du blé) incarne  la dernière gerbe de blé coupée, dans laquelle les moissonneurs voyaient à l’époque la mort provisoire de la déesse du blé, et toutes deux, la tête et la queue,  sont offertes à Mars  « en vue de la germination des futures moissons », selon Festus  au IIe siècle, cité par Georges Dumézil qui a étudié ce rituel romain mystérieux dans Fêtes romaines d’été et d’automne, Gallimard, Paris, 1975, p. 145-157.  Mais nous avons  suivi  ici  Mannhardt et son école, et nous nous sommes librement inspirés de James Georges Frazer et de ses Esprits des  blés et des bois. Les Védas (-10000 av. J. –C. selon  Bâl Gangâdhar Tilak) décrivent un sacrifice du cheval (asvamedhi) qui présente de troublantes ressemblances avec le sacrifice romain: la tête de la jument est offerte à la reine, tandis que la queue, le ventre et les reins sont offerts aux  autres assistants, et le prêtre offre à la jument sacrifiée les restes de l’offrande d’orge de la nuit précédente.
Les menhirs en cercle.
 Le menhir d’origine avait ainsi  le sommet plat pour qu’on puisse y  poser la dalle symbolisant le grain mort. D’autre part, pour plus de facilité, les sculpteurs se sont parfois contenté de tailler le haut du menhir en demi-cercle et de séparer le haut du bas par une ligne : la tête du menhir représentait le grain mort ou dormant.
La disposition en cercle des menhirs est peut-être inspirée  des ces « ronds de sorcières » qui, en une nuit, apparaissent soudain sur les prairies et donnent une  preuve de la fécondité de la nature ; ceux-ci  sont composés de champignons souvent comestibles, mais l’imagination populaire, stupéfaite devant la régularité  du cercle et la soudaineté de son apparition, y voit l’œuvre de forces souterraines.
Quel était le but de cette disposition circulaire qui apparaît dès l’origine, à Gobek-li ? il s’agissait  de représenter le cycle de la mort du grain,  de sa germination et de sa mort à nouveau, sans solution de continuité.
Les menhirs en forme de marteau  se joignant  dans des cercles ou crom-lechs .
A Göbekli Tepe, vers 9600  avant J. -C, on a déjà  des enclos circulaires de « menhirs » en tau , surmontés d’ une pierre horizontale dépassant de chaque côté, qui symbolise par son horizontalité le dieu  du  grain mort afin de renaître, Sabazios ou Zagreus. Un cas d’évolution sémantique surprenant nous est donné par le latin populaire tutare,  protéger,conserver,  mettre (le grain (sous terre  à l’abri des rongeurs et des oiseaux) ,enterrer (le blé), verbe  qui ,en français,   a laissé l’étonnant  doublet sémantique tuteur et tueur.
  .A Göbekli, Tepe, en – 10 000 il s’agit  d’un « cromlech » où les menhirs en tau sont simplement  juxtaposés, prêts de se rejoindre comme ils le feront plus tard, vers  -2800,  à Stonehenge. Le second élément de Stone -henge  est, d’après Christopher Chippindale, dans son Stonehenge Complete , un mot signifiant potence, gibet, savoir en vieil anglais hen (c) en, plus tard rapproché à tort  dans l’esprit populaire du nom courant  du dolmen, stone hung, pierre suspendue. Henge est parent du grec phalang-, fléau de balance  : avant de désigner le gibet,c’est-à-dire un poteau avec un une traverse,  le mot henge désignait le marteau. Tel était le nom  de  ces curieux linteaux. A moins de 3 kilomètres de Stonehenge, sous le sol, à 1 mètre de profondeur, on vient de découvrir   un autre  site, celui de Durrington walls, riche de 200 menhirs en cercle et antérieur, pense-t-on, au cercle de « pierre de sarsen  » avec ses 30 linteaux et 30 monolithes, daté de  -4500.
  Il est révélateur que les statues de l’île de Pâques avec leur chapeau aient suscité plus d’articles, voire d’ouvrages  que ces taulas à portée de nous pourtant. Nous allons brièvement examiner deux exemples exotiques d’architecture comparables à à celle de Minorque et de Göbek-li, àTonga et àl’île de Pâques.
L’extraordinaire trilithon (3 dalles) de Tonga, à rapprocher de la taula de  Talati à Minorque aux Baléares.   
Tel est aussi le sens du portique de Tonga. Il s’agit là  de deux cocotiers qu’on désire faire pousser magiquement, la traverse représentant les germes des  cocotiers morts, comme la taula de  Taliti à Minorque représentait  deux pieds d’une orge « dormante », entendons morte.
Le prétendu -chapeau indépendant (pesant parfois jusqu’à douze tonnes !) des «  moai »de l’île de Pâques.
Au fil des siècles et des distances parcourues, la dalle s’est transformée ici en ce qui ressemble plutôt à un cylindre.Le cylindre (voir mon blog sur l’île de Pâques)
a la même signification qu’à Minorque, sauf qu’il s’agit ici, non plus d’orge, mais d’un de ces  grands arbres nécessaires pour construire les pirogues et qui avaient disparu  dans l’île.

La postérité de la  pierre qui surmonte les menhirs de Gobek-li et de Minorque .
Revenons un instant au livre de Klaus Schmidt : il y montre comment le sommet des menhirs ou plus exactement la partie de la pierre qui était un linteau était soigneusement creusée de cupules, mais n’explique pas pourquoi. Je pense que ces cupules étaient emplies de terre et semées de plusieurs grains de céréales sauvages. Dans l’esprit des populations préhistoriques,ces grains  devaient mourir,être en latence,  avant de pouvoir germer et constituer, à certaines saisons, un jardin suspendu, comparable aux Jardins d’Adonis, encore pratiqués à Pâques dans certaines régions de Corse.
Au VII e siècle ap. J. -C. encore, dans les mystères d’Osiris, les prêtres devaient façonner une effigie d’Osiris, appelée « Osiris végétant », avec du limon noir et des graines d’orge. La composition de limon et d’orge se retrouve dans le mot sicilien dagus, dagudos,   nom qui est composé de da, orge et de gus, proche du grec gè, terre, et qui désigne une poupée magique. Les Egyptiens arrosaient cette poupée  avec l’eau sacrée du Nil jusqu’à germination, puis l’emmaillotaient dans des bandelettes comme si c’était une momie et, -plus étrange pour nous, -inhumaient, enterraient cette orge germée en forme d’effigie d’Osiris.
Le  cercle des menhirs  visait  à  imiter et à favoriser , par magie sympathique, non pas le cours du soleil dans le ciel, mais  l’indispensable  mort des grains durant la saison froide, puis  leur germination ,  ensuite  leur mort à nouveau dans un cycle sans fin. Il existait parfois,  au centre du cercle, un  ou deux menhirs plus grand, les chefs d’orchestre divins en quelque sorte  qui représentaient,  non pas le soleil et la lune, mais la déesse du blé  ressuscité   et sa fille la déesse du blé mort,  Dèmèter et  Perséphone  : Perséphone , représentante du blé mort et enterré, était  capable de fléchir son époux Pluton et de libérer des demeures  souterraines les grains morts comme de s’en libérer elle-même. Les hommes de la  préhistoire étaient frappés par le fait que les morts sont plus nombreux que les vivants et ils étaient persuadés que les grains « morts » sortiraient de terre  en grand nombre, s’entraînant les uns les autres. Le grain mort est symbolisé dans le mythe par le grain sanglant de grenade avalé par Proserpine et qui la lie à jamais aux Enfers, à la vie souterraine.
  Qu’est-ce qui nous indique aujourd’hui , dira-t-on, la mort du blé dans ces cromlech, à défaut du linteau horizontal  primitif  ou d’un nom comme celui du Parc ar verret, , le champ aux morts, dans la presqu’île de Saint-Laurent ? Peut-être la fermeture du cercle y suffisait-elle. Mais on trouve souvent des pierres éparses tout près, autrefois disposées de façon à  symboliser cette mort parce qu’elles constituaient un prolongement .horizontal à la base des menhirs et qui les liait entre eux.  Ainsi,  à Crucuny, 22 menhirs se trouvent  reliés par un mur de pierres sèches presque aussi grosses que les plus petits des 22 menhirs ; dans la presqu’île du Crozon, à Lagatjar (où l’on reconnaît le mot signifiant jument et désignant Cérès cf. le nom du dolmen de Kergavat à Plouharnel dans le Morbihan et signifiant la maison de la Jument), le grand côté du rectangle qui forme une sorte de cromlech se prolonge par de petits bras qui dépassent les angles du rectangle. Ce muret (qu’on retrouve dans un cromlech  à Porspoder), ces dépassements qui évoquent ceux du tau d’Asie ou de Stonehedge , sont des indices  que le symbole du grain de blé mort a pu être transféré du sommet du menhir à sa base.
 Une  preuve, en tout cas, que le « cromlech »  est identique au menhir dans sa fonction de catalyseur magique des récoltes nous est donnée par le nom de l’un d’entre eux en Bretagne, Crucunio, nom  qui, comme  celui de Courcouronne,Cucuron dans le Vaucluse, Coucouron en Ardèche, Cuguron en Haute-Garonne ,Cuqueron dans les  Pyrénées –Atlantiques , ou du  site préhistorique de Cucuruzzu en Corse,  dissimule   le radical acur-  du latin acus (de acurs), aceris, balle du blé.  Cette racine akur- signifie la (pierre-) épi, mais iI y a parfois  eu confusion entre acucula, de acurcula, pointe d’épi de blé ou d’orge avec sa balle, et cuculla, capuchon. D’autre part, le toponyme Crucunio  a subi  l’attraction sémantique du latin  curculio, curculionis, charançon  ou ver du blé,qui venait lui-même de curcul (a)+suffixe –ellio, et il est devenu crucunio à partir de curcurio, crucurio,  par dissimilation du r. On songe, en Turquie, au site néolithique de Gurcu-tepe, le temple des pierres -épis.


vendredi 7 avril 2017

COCA -COLA, INVENTION CORSE !

                       COCA -COLA,  INVENTION CORSE ! 



 Ma femme aime à collectionner les carafes et les verres anciens ou simplement curieux, artistiques comme on disait. .Elle a acheté d’abord un verre fabriqué par René Lalique en 1932,  gravé au nom du  mystérieux docteur Pierre. On connaît le dentifrice du docteur Pierre, qui était bien docteur en médecine de la faculté de Paris et s’appelait Pierre Mussot, inventeur de la publicité » moderne. La meilleure étude sur lui est celle de Robert Cornaille, L’usine du docteur Pierre à Nanterre. Un patrimoine remarquable, Nanterre, 2011, nombreuses illustrations en couleur, bulletin de la Société d’Histoire de Nanterre, n°45. Un verre artistique comme celui que  possède  ma femme est représenté à la page  33, avec la légende :  « Verre créé par Lalique en 1932. Docteur Pierre est moulé en relief, les lettres D et P sont formées par un motif en losange »
Or, la mère de ma femme affirme  que sa grand-mère maternelle lui disait, vers 1931,  lorsqu’elle passait  devant une publicité murale avec le portrait du docteur Pierre qu’on apercevait sur la route entre la Vache- Noire (commune d’Arcueil) et Montrouge ,  que les propriétaires du  dentifrice du Docteur Pierre étaient liés à la famille de ma femme, les Blanchard de la Bretesche .
Le portrait qui figurait sur les affiches et sur les murs semble bien être le portrait du père du Docteur Pierre Mussot . On ignorev son auteur, mais il pourrait avoir été  l’œuvre d’un peintre amateur nommé de Lamotte- Baracé de Sennones , , Sennones étant une terre(et une commune  de la Mayenne .  Le peintre  est plus connu pour le portait de sa femme, fait par son ami Ingre en Italie en 1814, conservé au musée de Nantes , le Portrait de Madame de Senones,,  portrait qui porte la même touche, semble-t-il, que celui du père du  docteur Pierre Mussot.  .
  En 1923, la société en nom collectif « Les héritiers du docteur Pierre » comprend pour membres Paul Chouët , fils de Charles Chouët et de Adrienne Mussot,  soeur du docteur Pierre Mussot, ,  et Léo Fink . Ce dernier,  un Juif polonais qui fut déporté, passa par le camp de Drancy et mourut à Auschwitz (son nom figure sur le mur de la Schoa),  avait été l’un des fondateurs, en 1908,  de la Société française des parfums d’Orsay. Il apporte sa société à la Société des héritiers du docteur Pierre  avec laquelle il fonda en 1923 la Société des parfums Forvil et dentifrices du docteur Pierre .
Qui appartenait, par alliance à la famille de ma femme ? Ce peut être Léo Fink dont  l’épouse  pourrait être une fille du publiciste Armand Blanchard de la Bretesche dont descend ma femme .Celui-ci, d’une vieille famille bretonne  qui avait émigré à la  Martinique , paroisse saint Louis, puis à Saint-Domingue, enfin en Louisiane, avait au moins sept enfants ; c’était des protestants Plusieurs de  ses fils et de ses filles avaient épousé  des   juifs : Pierre  Fernand  Blanchard de la Bretesche, marié avec Irma Fréderick Zwilling, fille d’un juif polonais ou ukrainien ,  Marie Lucienne Camille Blanchard de la Bretesche, née le 27 novembre 1867 à Wissembourg, acte n°121, divorcée d’ avec Charles Dumont en août 1893,  et remariée avec  un juif alsacien Auguste Henri Veit , Gaston Germain Prosper Honoré Blanchard de la Bretesche , marié le 17 juin 1899 à Paris , 17e, avec Adelaïde Reitre ou Reuter, témoin au mariage un Louis  Isaac, 40 ans, armurier à Argenteuil,  divorcé le 8 octobre 1909, et remarié le 8 octobre 1920 avec Gabrielle Marguerite .
On peut  supposer que Léo Fink  junior avait épousé une autre fille , Marie Gabrielle Blanchard de La Bretesche, née le 21 mars 1873 à Valence , acte n° 106, et que tel serait  le lien entre le dentifrice du docteur Pierre et la famille de ma femme. On peut donc supposer que Léo Fink avait épousé une autre fille Blanchard de La Bretèche, et que tel est le lien entre le dentifrice du docteur Pierre et la famille de ma femme.

Revenons aux  collections de mon épouse, au vin Mariani et au Coca Cola. Ma femme a déniché une  carafe gravée « Coq, vin tonique au quinquina », coq étant l’amalgame de coca et de quinquina. : Elle nous renvoie à Angelo Mariani, décédé le 14 avril 1914, Corse né à Bastia, installé à Paris , en 1873, dans sa boutique du 41 , boulevard Haussmann, avec son usine d’alccol cocaïné et ses serres de coca à Neuilly-sur-seine (Hauts -de- Seine).Cette carafe a contenu la première mouture du futur vin Mariani,  et date par conséquent d’avant 1873 .
le Figaro du samedi- dimanche 25 février 2017, article de Stéphane Reynaud, « Le grand retour du vin Mariani. »
Le vin Angelo Mariani(1863), mélange  secret de vin de Bordeaux et de feuilles de coca infusées, le « plus agréable et plus efficace des toniques et des stimulants » , dit l’ étiquette.
Le vin Mariani  2.0 produit par son descendant Christophe Mariani.
Je tire mes renseignements de l’article de Stéphane Reynaud paru p.33, dans  le Figaro du samedi- dimanche 25 février 2017, sous le titre « Le grand retour du vin Mariani. »C’est un descendant, du pharmacien parisien, Christophe. Mariani, restaurateur sur le port d’Ajaccio, qui,a l’idée de fabriquer son vin à partir du cépage corse vermantinu [cépage italien à l’origine  venant de Ligurie et de Toscane principalement et dont le nom correspond à  vermouth en français, anglais wormwood, allemand wermut, absinthe ou herbe-à-vers à cause de la saveur amère] provenant d’une coopérative installée près d’Aléria,  d’alcool de feuille de coca décocaïnisé., qui arrive directement de Bolivie et « une liste secrète » comprenant notamment de la noix de kola, des herbes, et de la myrte ;.Il le vend en flacons de 50 cl. , fabriqués  sur le modèle de l’ancienne bouteille par une verrerie niçoise. » L’ensemble est produit et embouteillé par la société Mavella, -« des distillateurs experts de l’’alcool de prune, qui font aussi un whisky superbe » à Bavelle .15000 bouteilles ont déjà été produites  en 2017, à 25 €. Un e série de 201 flacons numérotés est vendue en parallèle. Ce vin, dit l’auteur de l’article, « fait penser au fino d’Andalousie. »  Le fino est un xérès   qui se boit frais et s’altère rapidement la bouteille une fois ouverte ;Le plus célèbre est le Tio Pepe, produit Gonzalez Byass ;  «  Et puis il y a cette touche racinaire qui rappelle l’alcool de gentiane… Il s’accorde parfaitement bien avec le brocciu fumé, le chavignol fermier ou la volaille grillée 0. »
John Pemberton’ s French Wine Coca, le vin français à base d’extraits de coca
John Pemberton , vétéran de la guerre de sécession, est herboriste diplômé et pharmacien comme son ami et associé  Jacobs et il a contracté une addiction à la morphine pour soulager la douleur des blessures reçues pendant la guerre . Il cherche une boisson qui pourrait lui permettre de se désintoxiquer progressivement de la morphine, par un produit de substitution,  la cocaïne. C’est alors que,  d’après le vin Mariani, il met au point , à Atlanta, une boisson à base de vin français (de Bordeaux ) et de coca péruvien  ,la French Wine Coca .
Le coca -cola, 1886 ;
Mais en 1886 la ville d’Atlanta impose  la prohibition, ce qui amène Pemberton à remplacer le vin par un sirop contenant 8, 46 mg de cocaïne,issue de la coca  péruvienne ,  du quinquina et de la noix de kola. C’est Pemberton qui a l’idée du double C, et  c’est  son ami Franck M. Robinson qui trouve le nom de Coca –Cola et dessine le premier graphisme du double C. Mais en 1887 la prohibition est annulée et Pemberton reprend la production de son French Wine Cioca, laissant à son fils celle du Coca –Cola.
Les imitations : Docteur Pepper, Zimba Cola, Pepsi -cola ,etc.
Le vin Mariani  2.0 produit par son descendant Christophe Mariani.
Je tire mes renseignements de l’article de Stéphane Reynaud paru p.33, dans  le Figaro du samedi- dimanche 25 février 2017, sous le titre « Le grand retour du vin Mariani. »C’est un descendant, du pharmacien parisien, Christophe. Mariani, restaurateur sur le port d’Ajaccio, qui,a l’idée de fabriquer son vin à partir du cépage corse vermantinu [cépage italien à l’origine  venant de Ligurie et de Toscane principalement et dont le nom correspond à  vermouth en français, anglais wormwood, allemand wermut, absinthe ou herbe-à-vers à cause de la saveur amère] provenant d’une coopérative installée près d’Aléria,  d’alcool de feuille de coca décocaïnisé., qui arrive directement de Bolivie et « une liste secrète » comprenant notamment de la noix de kola, des herbes, et de la myrte ;.Il le vend en flacons de 50 cl. , fabriqués  sur le modèle de l’ancienne bouteille par une verrerie niçoise. » L’ensemble est produit et embouteillé par la société Mavella, -« des distillateurs experts de l’’alcool de prune, qui font aussi un whisky superbe » à Bavelle .15000 bouteilles ont déjà été produites  en 2017, à 25 €. Un e série de 201 flacons numérotés est vendue en parallèle. Ce vin, dit l’auteur de l’article, « fait penser au fino d’Andalousie. »  Le fino est un xérès   qui se boit frais et s’altère rapidement la bouteille une fois ouverte ;Le plus célèbre est le Tio Pepe, produit Gonzalez Byass ;  «  Et puis il y a cette touche racinaire qui rappelle l’alcool de gentiane… Il s’accorde parfaitement bien avec le brocciu fumé, le chavignol fermier ou la volaille grillée  ».
0le gouvernement bolivien suit cette production de près, car il désire favoriser la, commercialisation de la feuille de coca au niveau international : il  est même prêt   à investir dans la construction d’une usine en Bolivie pour produire le vin Mariani et aussi les produits dérivés : bonbons , etc , afin de distribuer cette gamme en Amérique du Suid.;


3è et dernière partie de mon ESSAI SUR LES TOPONYMES BASQUES DANS LA TOPONYMIE CORSE corrigé en 2017.

3è  et dernière partie de mon ESSAI SUR LES TOPONYMES BASQUES DANS LA TOPONYMIE CORSE corrigé en 2017.
                               LES MEGALITHES CORSES
                        ET BIBLIOGRAPHIEN GENERALE.

Sénèque au premier siècle après J. C.
Sénèque fut  exilé en Corse, près d’Aléria,  à Chatra, du latin castra, camp, en cantabre Charax , où était , sur un oppidum, le Praesidium (protection) romain ; le mont Opido actuel.a pris la relève de l’ancien Opino, lié à la tribu des Opinoi . Sénèque  écrit dans sa Consolation à sa mère Helvia (VII):
“ L’île où je suis a changé plusieurs fois d’habitants. Sans parler de ces anciennes peuplades dont le temps a effacé le souvenir, les Grecs fixés aujourd’hui à Marseille, après avoir quitté la région de Phocée, commencèrent  par s’établir dans cette île. Quel motif les en chassa? Fut-ce la rigueur du climat, ou la crainte de la puissance des Italiens, ou le désavantage d’une mer privée de port? On n’en sait rien, mais ce ne fut sûrement pas la férocité des naturels, parce qu’ils passèrent dans la partie de la Gaule qui pour lors était la plus sauvage et la plus barbare.
“ La Corse fut ensuite possédée successivement par les Ligures et par une colonie d’Ibères: la conformité des usages ne permet pas d’en douter. On retrouve ici les ornements de tête et les chaussures des Cantabres [Ibères] d’aujourd’hui, et quelques mots de leur langue, vu que le commerce des Grecs et des Ligures a entièrement dénaturé le langage primitif. ”Les chaussures sont blanches et le chapeau est un bonnet phrygien rouge dont la pointe est recourbée.
Sénèque était  né en Espagne, à Cordoue, d’un père qui était lui -même né en Espagne. Le  grand philosophe est un témoin oculaire, et pas n’importe lequel. La langue des Corses indigènes près d’Aléria  n’était pas indo-européenne, de son temps, elle n’était pas parente du gaulois, du latin ou du grec, mais  un dialecte cantabre, c’est- à- dire celtibère, celui des Opinoi. . Sénèque n’était pas un linguiste, certes, car il  eût dit que leur langue cantabre  était apparentée au  ligure  au lieu d’y voir une langue dénaturée par des commerçants ligures. Quant aux mots d’apparence grecque dès l’époque de Sénèque (Figari, de physaria, etc), il s’agit,  tout au contraire, de mots propres au cantabre et empruntés par le grec.
  Après avoir traité des premiers occupants phéaciens, basques ou paléo- ligures (Ostricons) et de leurs mégalithes,  nous essaierons de  suivre les deux grandes familles d’envahisseurs,  les Ligures  et les  Cantabres, Artabres  et autres Ibères.  Rappelons que ces deux branches,  ligure et ibère,  sont parentes entre elles.    
  1)”Sans parler de ces anciennes peuplades dont le temps a effacé le souvenir”, écrit sénèque.  Ce sont les  Boïens,  les Turdes ouTorréens, la première vague de Ligures (Laystrygons ou en Corse les Ostriconi ), les Phéaciens , les adorateurs du Serpent à aigrette (les Cossons) ,  les Pélasges et les Cariens, tous Paléo-Ibères .
L’ancêtre des Phéaciens venait d’Hypérie, altération d’Ibérie, cf. hyperborée, de ibèr bor,  et Boraia, nom d’un vent, le Borée.   Les Phéaciens,  lassés des attaques de leurs voisins les Cyclopes, rejoignirent la Sardaigne d’où ils passèrent  en Corse par les îles Lavezzi et Bonifacio. 
Origine des Phéaciens.
Le nom de l’Hypéreia, d’où viennent, selon Homère,  les pacifiques Phéaciens,  est une altération  de Piéria, le pays des Muses, dont le nom existe aussi bien dans le monde méditerranéen que dans le monde scandinave.  Hypéreia  vient d’Ibereia, le pays des Ibères, qui  peut désigner  la Grande Bretagne, grec Brèttania, latin Britania, de  (I) beritania  et renvoyer à l’Ecosse, de Scottania, de (eu)skaldu(nia), la basqueLe fleuve norvégien Figgi rappelle le nom des Phéaciens et la description surprenant des objets du palais d’Alcinoos avec des objets d’or et de bronze évoque les mêmes objets découverts à Kelpp en Norvège.

Origine des Cyclopes :
Kelpp en Norvège est un dérivé du nom des Cyclopes.Ceux-ci ont envahi le territoire des Phéaciens qui est celui de Norvège où l’on trouve le plus de restes de l’âge de bronze du IIe millénaire avant notre ère,  En Grande-Bretagne, nous trouvons le mot Kaldonia, Calédonie,  de (eus) kaldunia, basque, doublet de Cyclope, de  [eus] kuldun okw,de  kudlo, basque et okw, serpent.de mer (cf. grec ophis, serpent) .
Le « troisième œil » dessiné au milieu du front des Cyclopes est l’œil du super- calmar divinisé, aussi représenté comme sur certains menhirs et chez les Hindous de nos jours par un cercle dessiné au milieu du front, appelé tilak (le mot, de  [euskal] dulak, basque,  est apparenté à Cyclope, de [eus] kuldulokw, basque).


Les noms des « polissoirs « créés par les paléo- ibères, entre – 12 000 et -1500 ou bien plutôt.   
Il est curieux qu’aucun archéologue ne se soit penché sur les polissoirs corses. Les polissoirs, avec leurs grandes stries parallèles(voir mon blog sur les pseudo-polissoirs et la naissance de  l’agriculture ) ont exercé l’imagination de nos ancêtres et leur nom a même servi pour désigner par la suite tout mégalithe indifféremment.
La coquille de Saint-Jacques (jacque étant une altération de basque, christianisée) ou coquille basque était le nom des stèles ou dolmens réputés  funéraires de la plaine (latin campus) de Compostelle, les stèles de la plaine.De là le fait que les pèlerins qui avaient rendu hommage au tombeau  de saint Jacques à Compostelle ou de  Notre Seigneur à Jérusalem aient porté à leur cou ce symbole du tombeau du Christ ou de son frère. .
 La désignation la plus courante du polissoir est celle du soufflet, folium en latin (Cf. les « Folies » d’Eure-et-Loir pour désigner un lieu-dit avec un polissoir, en Corse Folelli –Orezza, de foleida, les (pierres) qui ressemblent à des  soufflets). Ainsi Ptolémée cite une ville corse appelée Physaria. Il s’agit de l’actuelle  Figari, dont le nom  vient du nom du polissoir,  physarion, soufflet,  au pluriel, physaria à cause des stries du polissoir rappelant celles du soufflet de forge.
Dans  Sainte-Marie -SichéMari est  la grande Déesse  Mère des  basques. La christianisation a été vite faite par l’adjonction d’un e à Mari : pour la Chapelle- Basse- Mer dans la Loire Atlantique qui était originellement Basi Mari, la déesse  Mari (sur Internet on peut lire que la chapelle était la propriété d’un seigneur appelé Basi Mari qui lui a donné son nom!),  il a fallu plus d’imagination ! Quant à Siché, du pluriel  psychèia,  le nom est à rapprocher  de la famille du mot grec   psychè, souffle, froid, , et d’un mot   signifiant soufflet,  comme  les mot grecs psycheion, psychidion avec suffixe ibère  de ressemblance
 - edia ou -eria ou Psy (ché) ra, Psyra, , nom d’une île de la mer Egée, aujourd’hui Ipsara ou Osara.  Le nom Marie -Siché signifie le soufflet-polissoir de la déesse Mari.
Ruvignani et Rospigliani  viennent  d’un mot ibère apparenté au grec ripis, ripidos, soufflet, de rispidiani, avec un s épenthétique ou analogique du grec  rips au sens de claie, palissade.




L’origine de l’archéologie corse en Scandinavie : poignards et mégalithes à cupules et à trous de sortie.
L’origine du stylet corse est à chercher dans le poignard dit germanique ou nordique (« flange-hinted »), à poignée à rebord, dont on trouve des exemplaires du nord de l’Italie jusqu’ en Sardaigne, en Sicile, aux Baléares et à Malte. On peut comparer les dessins de deux poignard  corses anciens figurant dans un article de A. de Mortillet  et trouvés à Bocognano et à Feno (Revue anthropologique, octobre 1916, n°10, p. 400) , ou ceux de certains menhirs,   avec ceux qui figurent , p. 191,  dans Atlantis of the North de Jürgen Spanuth.De même , les dolmens  à cupules de l’âge dit de bronze de Corse ont leurs ancêtres en Scandinavie.Même les trous dits de sortie des dolmens scandinaves   se retrouvent en Corse sous le nom de « trous de l’âme par lequel allaient et venaient les âmes des défunts ».

Les menhirs
1) Initialement, les petits menhirs agricoles, de 40 cm au-dessus du sol,  ne cherchent pas à  ressembler à un homme : ils n’ont aucune gravure.
  La société paléolithique pratiquait ce que G. Frazer appelle la magie imitative .Dans Le Rameau d'Or, en particulier dans Balder le Magnifique , celui-ci  nous rapporte que certains primitifs, à la saison des plantations, sautent le plus haut possible (ou bien depuis la plus grande hauteur, s’il s’agit de planter des tubercules comme les ignames ,-comme à  Vanuatu, sur l’île Pentecôte, lors du fameux et toujours pratiqué saut du gaul ou plongeoir: plus grande sera la hauteur d’où, au péril de leur vie , ils se laisseront tomber, et plus profondément s’enfoncera le tubercule de l’igname, autrement dit plus grosse sera l’igname ; plus haut ils sauteront, et plus haut le lin, le blé ou l’orge, pousseront; , autrement dit plus haut  sera le blé,   et meilleure sera la récolte dans tous les cas, qu’il s’agisse de blé ou d’ignames.
  Ainsi, le fait d’ériger un menhir a-t-il pour but de mimer analogiquement la croissance de l’orge ou du blé et de la stimuler magiquement. Le menhir symbolise l’épi et prétend exalter sa croissance. Ainsi, dans la commune d’Antisanti, on trouve un lieu-dit Pietro Biancha, où il n’y aucune pierre blanche, parce que ce nom vient de Petra Piancata ou Plantada, pierre en forme de bouture, d’’épi. Les Pierres Plantées,  Pantellaria  (de plantellaria) en Sicile ou Pancheraccia en Corse, puis, par incompréhension, les Pierres Blanches, à Pléneuf dans les Côtes-du-Nord, sont nombreuses : à Alzon, dans le Gard, il y a un  menhir nommé Peyre plantade , pierre en forme de bouture.
2) Mais la signification des menhirs a beaucoup évolué au cours des millénaires. La statue- menhir, caractéristique des Pélasges, est un menhir anthropomorphe, comme le menhir dit indicateur de la présence d’un dolmen : ce dernier marque une évolution, car il est anthropomorphe, tel l’omo di Cagna, l’homme de Cagna (ri), de Gadeiria (en liaison avec Gorgobina) près de Sartène, c’est-à-dire l’être humain  gardien du monstre. Il a des pectoraux et des seins avec des cupules,  caractéristiques des mégalithes nordiques ,  auxquels, comme à des seins, on forçait l’initié à boire, sans que ce soit du lait, mais un liquide coloré en rouge par l’hématite et évoquant le sang. Les noms des pierres dites Perda  latta , lasta renvoyant à  Péleste ou  Pélasge,  Coffres de Géants ou Perda Lunga en Sardaigne,  sont de la même origine.
 Filitosa vient de  firitosa. , savoir d’un mot ibère, frit, que nous a heureusement conservé l’auteur latin  Varron (Res rusticae, 1,43, 3) et qui désigne la pointe de l’épi, et du suffixe basque –oida, signifiant qui ressemble à, confondu avec le suffixe latin  –osus. Le nom corse du menhir est filarate, de frit, ou flit - + suffixe de ressemblance
–arate,  de –oidate,  en   français  pierrefrite Le menhir dérive ainsi de la  magie imitatrice agricole.
A Cambia (de kumasena), signalons la Petra Frisgada  frisgada venant de frit-eida, la pierre qui ressemble à  la pointe d’un épi, sur laquelle certains auteurs ont vu des traces d’écriture ibère.Il y a eu contamination entre deux racines de sens voisin, l’une frit, désignant l’épi et  le menhir, l’autre désignant les polissoir (soufflets, en grec physaria, corse Figari, avec un g, comme dans Frisgada en Corse,  FrigaraFrigoso ou Filigosa en Sardaigne, Filitosa en Corse).
Le nom grec, d’origine ibère,  du cep de vigne ampelos est lié à la déesse des semailles Aprositos , dont le nom est connu par des pièces ibères (cf. les noms d’Aphrodite,  d’Aprilis, avril,  et d’Amphitrite), cf. Ampugnani, de ampulani.  
Parfois en Corse, la déesse des semailles  ibère, Aprositos ou Ceres,  accompagne le menhir. Ainsi, à Vico, à Apriciani (cf. Ampriani près de Moïta),  anciennement apretiani  de apro(si)t-iani , le menhir décrit par Mérimée représente –t-il le buste d’une déesse ibère des semailles Aprositos .Ce menhir a été transporté,  vers 1960, devant la cathédrale  consacrée à saint Appien, -une christianisation de la déesse Appisiana.  Il y a deux  autres menhirs incorporés à l’église de Sagone.   L‘alignement de statues –stèles avec un dolmen à Appazzo,  de aprodta, près de Sartène porte  le nom de la même  déesse.
3) La statue- stèle est un menhir armé d’une épée de cuivre, datant de l’âge corse  des métaux  et menaçant les intrus. Elle  se trouve dans les alignements. Elle n’a souvent qu’un oeil, le troisième œil au milieu du front comme les Cyclopes. Elle vient  peut-être de la tribu des Soubasanoi citée par Ptolémée comme vivant à l’âge des métaux., les porteurs de carquois .  Cette tribu devait son nom au  carquois utilisé pour boire le sang utilisé dans les cérémonies initiatiques, en grec subènè, le carquois,   de subisana. 
 4) Dans la région de Sagone, le menhir avec de chaque côté de la tête des protubérances, malheureusement brisées, et la bouche ouverte, est  plus récent. Les protubérances seraient les ailes du serpentaire, l’oiseau qui, comme dans la mythologie ouigour (ibère),  est plus fort que le Serpent  et le dévore : il laisse dépasser de son, bec   dans la réalité jusqu’à 1m50 de la queue du serpent ingéré. Mais cette queue (on en voit parfois sur le menton des traces), - signe de triomphe sur l’ennemi, -a le plus souvent été brisée et laisse une bouche ouverte. Elle a laissé chez les Corses des traditions populaires vivaces. .
Les rites funéraires et l’inhumation secondaire.
Le nom du  Cap Sacré (grec ieros),  comme celui du  fleuve Sacré,  renvoievaux éperviers et indique la coutume funéraire de décharner les cadavres avant de procéder à l’ inhumation secondaire des seuls ossements. Le  mot ibère isira, entrailles, cf. le grec ta hiera, l’étrusque haru conservé dans le latin  haruspice, le nom du prêtre chargé d’observer et d’interpréter les présages révélés par les entrailles,est l’indice de ce rite funéraire .
Les dolmens corses et les rites secrets  d’initiation.
L’hypothèse des dolmens comme tombes ne tient pas ;  pourquoi bâtir des tombes au milieu de rivières comme  la Conie en Eure-et-Loir ? Ce sont en réalité des lieux d’initiation, comme l’indiquent certains noms bien interprétés. Ainsi, le nom de maison de nain donné aux dolmens en Corse doit nous faire songer que le sol sous le dolmen devait être anciennement beaucoup plus haut qu’aujourd’hui de façon à contraindre le candidat à l’initiation  à marcher courbé, à quatre pattes, comme un  bébé. Comme l’écrit F. Niel dans Dolmens et menhirs, « en général, il faut se courber pour pénétrer à l’intérieur de ces monuments, et, parfois, se mettre à plat ventre ».
Les divinités de l’initiation
  En Corse, on  donne à certains menhirs  des noms de dolmens, i Stantara, mot qui vint de Statana (avec suffixe ancien en -tina) de Stata –tina, qui donne Stantara. .  C’est la déesse qui présidait aux premiers pas de l’enfance, dont le nom est à mettre en rapport avec Stata Mater,  assimilée à la déesse du foyer Vesta. La déesse est  encore nommée  Statulina, de Stata tina avec le même  suffixe hypocoristique, puis Statulina. Statana est de la même racine  que l’emprunt grec stèlè, employé pour désigner les mégalithes, pour Staala, déesse de l’initiation qui faisait que les hommes  cessent de marcher à quatre pattes et se lèvent comme l’homme de l’énigme du Sphinx.
 Comme témoins des divinités associées à l’initiation, on a en Corse Marmano et en Sardaigne Mamoiada, mama -oida, suffixe signifiant qui ressemble à, c’est-à-dire qui ressemble à une mère, à une fausse 
«  mère masculine », à rapprocher de Mammisi, de mammeidi, mot copte désignant le lieu dolménique de naissance véritable, introduit par Champollion pour désigner une chapelle où se déroulait annuellement une cérémonie anniversaire de cette naissance véritable de l’homme.  Au Portugal, nous avons marmadi, murumendi (mendi désignant levsein en basque) ou mamra, de mam oida.  Ces noms, comme celui de Moguiro (de moguer, épouse) au Pays basque,  renvoient à des gouffres (équivalents dolméniques) où, tous les sept ans,  se passait une procession avec danse et sacrifice en l’honneur de la déesse Mari.
  Rappelons que, selon Strabon le rite de la couvade aurait été pratiqué en Corse : l’homme se mettait au lit lorsque sa femme accouchait, afin qu’il paraisse  mettre au monde ,  lui aussi , le futur initié.Le professeur Rhys (Hibbert Lectures),cité par Tilak, p.141 et 152,  a interprété, il est vrai, le rite irlandais ,- donc ibère, -de la couvade des héros Ouitoniens comme une imitation de l’absence du soleil durant neuf mois dans une zone arctique très froide suivie de la naissance du soleil au solstice d’été, au 21 juin  ; il cite Plutarque qui raconte que le dieu phrygien dormait tout l’hiver et reprenait ses activités à l’été seulement ou que les dieux Paphlagoniens étaientcensés être emprisonnés durant l’hiver et être libérés en été.
  La couvade est attestée chez les Celtibères d’Espagne stricto sensu  et chez les Scythes (les Ossètes, nom qui a donné scythe). Selon Jan de Vries, dans La religion des Celtes, p.  146, les habitants mâles de l’Ulster , si l’on en croit Ces noiden Ulad dans la Tain bo Cualnge, sont aussi faibles qu’une femme en couches pendant une période de 5 jours et quatre nuits appelée neuvaine,  noindiu (9 jours, par allusion aux neuf mois de gestation). « Bien rentendu, cette légende ne prouve aucunement que tous les Irlandais s’étendaient vraiment quand un enfant leur naissait. Nous savons déjà que cette faiblesse des hommes est présentée comme une malédiction : Macha, mère des jumeaux d’Emaîn, l’aurait prononcée contre les mâles de l’Ulster. Cela veut dire que l’on en était surpris : la légende est l’écho d’une ancienne coutume, disparue depuis longtemps» (Vendryès). En tout état de cause, le nom de la déesse présidant à cette «  parturition » masculine était  Marmano, avec un radical marma signifiant la mère (mamma, marma) et suffixe –oida transformé en –ano.
  Nous  rencontrons aussi en corse le nom de Anta qui vient de la déesse Annotina, la déesse qui protégeait les enfants d’un an, âge où l’on apprend normalement à marcher. Et précisément on va voir l’importance du pied.  
Le pied et le dolmen
Le dolmen est le symbole du fait que  le candidat à l’initiation doit apprendre à marcher sur ses deux jambes  et non plus sur quatre pattes comme l’animal ou le bébé   et être sevré du lait maternel. .
Le mot caxa (de capsa, châsse)  est utilisé  en Espagne comme en Corse (où la caxa di Orcu,  le coffre d’Orcus-Gorgobina, dieu de la mort terrifiant, est altéré en casa di l’Urcu, maison  de l’ogre) pour nommer les dolmens, ainsi que arca, lequel est lié à charax, parent de  calx, le talon. En effet, le dolmen est lié à la plante des pieds, représentée au-dessous d’une déesse serpent et dans un rectangle sur le dolmen du Petit- Mont, mont au sens de mound, tertre, à Arzon dans le Morbihan. On a le même dessin dans la presqu’île de Quiberon, à Roch Priol, sur une roche sous abri.  De même, à Crouzilles en Indre-et-Loire, en 1842, l’abbé Bourassé écrivait : « On remarque encore à la surface de ces dolmens la forme assez vague d’un pied sculpté en creux dans le bloc. » Alzone  près d’Ajaccio, comme Altiani, métathèse de altano, altani et Alzon près de Corte,  est à rapprocher de Alzon dans le Gard et d’Arzon  dans le Morbihan  ou d’Arzano dans le Finistère et vient de l’ibère  arksano, dolmen.
 La sortie du dolmen comme nouvelle naissance de l’initié.
   La pierre de fermeture de certains dolmens  (elle porte le nom de pietrapole, pierre pivotante), lorsqu’il ne suffit pas de la basculer pour sortir du dolmen en rampant, a parfois un trou, avec un bouchon , malheureusement souvent perdu , que l’initié devait enlever pour passer à travers et naître vértitablement.
.Le mot ibère (pa) longon, de pélasge, désigne  une  pierre percée, soit celle qui servait à amarrer les navires,  soit les dolmens à trou (cf.Erbalunga, de arca, le dolmen, et balunga, pélasge et Porto Longo Sardo près des Bouches de Bonifacio). . En Corse la tradition, dans certaines régions, interprète l’aménagement d’entrée ou de sortie des dolmens comme « le trou de l’âme par lequel allaient et venaient les âmes des défunts » identifiés aux initiés, ce qu’on retrouve en Scandinavie, comme les pierres percées d’amarrage des navires.
La cérémonie de l’initiation.
Les  allées  découvertes (peut-être simplement couvertes de claies de branchages et de terre) ont précédé les dolmens : elles obligeaient  les initiés à la marche  à quatre pattes, phase essentielle  de la cérémonie. « Les grandes dalles plates, écrit Denis Roche, émergent à peine du sol comme les écailles aplaties d’un énorme boa dont l’échine aurait été déviée d’un coup sec. »
  La danse sacrée venait ensuite : elle consistait dans un premier temps à mimer la reptation du serpent, puis , dans une seconde phase, à piétiner triomphalement un  sol jonché d’ossements broyés menu dont on trouve encore parfois  la trace.  Le terme espagnol pour ce piétinement apparenté au fandango,  zapateada,  de sagas-oida, qui ressemble (suffixe -oida) à un serpent, désigne cette vieille technique de pompage des forces vitales telluriques  par la plante des pieds,  ponctuée du cri basque, l’irrintzina,  et censée imiter la progression du serpent.
Dans la région de Sartène, le nom d’un dolmen semi- détruit à côté du dolmen d’ Arghiola, Sapara ventosa,  provient de cette danse sacrée, de sapa(tea) da, la danse du Serpent, saghol, comme le montre l’ancien nom de l’Indus, Mausoolos.
Dans le nord de la Corse existe encore, christianisée,  une danse, originellement celle de la déesse Serpent, appelée Granitola, de Grao nigolha, de nigoli, de ligurioi,  et graoh, de gyro, enroulé. à comparer avec le nom du dolmen breton  de Graoh Niohl  de graohnigole ,le serpent enroulé,  à Arzon (Morbihan)  et le nom de dolmens corses ,  à Murato,   passé  à des menhirs,  e Collule,   de (cu) cur –edo, le Serpent à aigrette.
Le nom du dolmen de Fontanaccia et la réutilisation des mégalithes dans les rites pour faire pleuvoir.
Fontanaccia signifie la mauvaise fontaine, mauvaise parce que païenne et utilisée dans des rites magiques. On montait sur le haut du dolmen et on  faisait tomber des seaux d’eau sur la dalle supérieure : la nature, avec beaucoup de chance, imitait alors la chute de l’eau en faisant pleuvoir !

 Le culte des cupules sur les dolmens ou sur les menhirs (corse  pile, latin pila,  au sens d’auge, d’abreuvoir).
Ensuite l’initié devait boire dans un biberon en cuir ou en osier tressé appelé kibisis chez Homère ou kissubion, où le lait était remplacé par du sang frais. On a trouvé sur un site du Sartenais un godet avec de l’hématite près d’un alignement ; le dolmen de Bizzico Rosso, de (ki) bisiscon, biberon (kibisis) et de rosso, rouge,  possède sur l’une des dalles de couverture 8 cupules. Le nom de Zonza, de sou (ba) sa (noi),  vient peut-être de la tribu des Soubasanoi citée par Ptolémée comme vivant à l’âge des métaux. Cette tribu devait son nom au  carquois (cf. Carcheto-Brustico) utilisé comme biberon dans les cérémonies, en grec subènè,le carquois,   de subisana, cf kibisis ou kisubion.
Dans la plaine de Levie, le nom du  site de Capula, du latin capula ou capudo qui désigne un vase sacrificiel à anse (-edo) destiné à cette libation, en est l’indice.
 Le nom donné aux dolmens de cista,  le panier ou hotte tressés,  renvoie aussi au biberon d’osier.  On peut le mettre en rapport avec le panier sacré dérobé par Persée, appelé kibisis et contenant des objets sacrés conférant la royauté ou, plus modestement,  la qualité d’initié. On retrouve en Egypte dans la coiffe pharaonique ces objets sacrés en sparterie.
Du trou du polissoir,  fonctionnel et primitif, au Graal.
Au départ il y avait  un simple trou dans la pierre  des polissoirs. Ce  trou était le résultat de l’affûtage du tranchant des outils, comme les rainures parallèles étaient le résultat de l’affûtage des bords des outils, le tout destiné à leur donner plus de résistance.
Puis ceci évolua dans ce qu’on appelle le culte des cupules préhistoriques sur menhirs ou dolmens: on utilisa les cupules (capudo et capula  désignent  en latin, le premier un vase sacrificiel, lme second un vase à anse),  naturelles ou éventuellement artificielles, du sommet du menhir (ou de la table du dolmen),  et on les remplit de sang issu du sacrifice. Tel est le modèle de la lance qui saigne dans la procession christianisée du  cortège du Graal du Perceval ou Conte du Graal de Chrétien de Troyes avec allusion à la lance de Longin frappant le Christ.  Mais à quoi se réfère ce sang ?
Le mot sanskrit graha désigne  selon Tilak, dans Orion, cité par Vinci, op.  cit. , p.314,  un vase blanc destiné à recueillir le soma,  boisson sacrée destinée à donner l’immortalité (persan haoma , finnois juoma , désignant une bière brune d’origine divine  comme le latin camum ou le  lapon sjöma, grec homérique  [vin] pramneios).
  Dans la liturgie hindoue, il y a 9 types de vase liturgiques différents,  et chacun est affecté à un jour de la semaine, à une planète ou à une fête donnant lieu à sacrifice. L’un est appelé Shukra (correspondant au grec Kupros, Vénus), un autre Manthin (la lune).Un autre, le graha, de agrahayana, nom de Kronos, qui nous a donné notre  graal, désigne ,  selon Tilak, un vase blanc destiné à recueillir le soma ,  boisson rouge sacrée destinée à donner l’immortalité . Le  soma  était , selon le Rig Veda, un  mélange de lait caillé et de miel, de couleur brune.  On y ajoutait du vin, mais à l’origine du sang provenant de victimes (cf grec aima, sang et persan haoma, soma) ; au pôle la couleur rouge du soleil au solstice d’hiver amenait les populations à craindre le crépuscule du dieu soleil et sa mort. Les étoiles Arcturus et Rudra (l’étoile rouge en sanskrit), proches du Soleil du pôle,  leur paraissaient grièvement blessées : dans la tradition celtique,  le roi Arthur (Arcturus), immobile sur sa barque solaire, est paralysé des hanches,  où il a été frappé d’un coup de lance « félon ». 
  La magie et la religion ont pour rôle de ranimer le Soleil à l’agonie en s’identifiant à lui par l’imitation de  sa couleur de braise et  en le confortant par une sorte de transfusion de sang destinée à réparer celui qu’il a perdu, ainsi que par des  mouvements vers le haut du ciel et vers la droite afin qu’il puisse reprendre sa route habituelle. Le vase sacrificiel était empli de sang ou d’un liquide rouge, vin ou eau teintée d’hématite comme en Corse,  dans le Sartenais par exemple,  et on levait le vase à la fin du sacrifice en se levant soi-même et en lui faisant faire un tour de droite à gauche, dans le même sens que la marche du soleil ou les aiguilles d’une montre.   Le graal est ainsi le symbole du soleil agonisant. Dans le Perceval de Chrétien, traduction de Charles Méla, p.239,   « un jeune noble sortit d’une chambre porteur d’une lance blanche, qu’il tenait empoignée par le milieu…..Tous ceux qui étaient là voyaient la lance blanche et l’éclat blanc de son  fer.. Il sortait une goutte de sang du fer, à la pointe de la lance, et jusqu’à la main du jeune homme coulait cette goutte vermeille….D’un graal tenu à deux mains était porteuse une demoiselle, belle, gracieuse, élégamment parée .Quand elle fut entrée dans la pièce, il se fit une si  grande clarté que les chandelles en perdirent leur éclat comme les étoiles au lever du soleil ou de la lune. .Derrière elle en venait une autre qui portait un tailloir en argent [la Lune]. Le graal qui allait devant (agrahayana  en sanskrit) était de l’or le plus pur. » Le blanc ou le doré du graal semblent  être le symbole de la santé, le rouge, celui de la mort proche.
  Nous avons,  dans ces régions   aujourd’hui  glaciales,  de Laponie,  la trace de populations qui précédèrent les Esquimaux ou Inuits. A l’arrivée des Inuit au Groenland, au nord-ouest, existait encore une population appelée «  Dorset » par les archéologues et qui s’y était installée vers – 1000 en provenance du Canada actuel.  Dans un manuscrit du XVIe siècle, L’Histoire de la Norvège, voici comment  ils  sont décrits : « Plus au nord, au-delà des établissements viking, des chasseurs ont rencontré de petits hommes qu’ils appellent skraelings …. Lorsqu’ils sont poignardés, mais que la blessure n’est pas mortelle, celle-ci devient blanche et ils ne saignent pas (de sang rouge), mais, lorsqu’ils sont mortellement touchés, ils saignent abondamment ».  Ils ont disparu, peut-être suite à leur perturbation sanguine, mais aussi  par migration en Amérique.
Comment interpréter cette curieuse description ? Il y a plusieurs types d’albinisme  plus ou moins total et souvent caractérisé par d’importantes hémorragies ainsi que par  une anémie due à la nourriture et la prédominance  de globules blancs comme dans la maladie de  Waldenström ou dans le syndrome de Griscelli (du nom de mon parent,  le Professeur Claude Griscelli,  qui a étudié ces enfants appelés enfants de la lune parce qu’ils craignent le soleil).
L’ancienne religion du Serpent
1) Au départ était la déesse  ligoro, représentant  le super- calmar géant à 4 bras,  Architeuthis dux Steenstrup , gadeira en ibère.  
La grande déesse ibère était la représentation d’un super- calmar. Pline l’Ancien (livre IX, 3, 1) parle d’un céphalopode  monstrueux appelé rota, la roue : « [Parmi les géants des mers], il y a aussi les «  roues »  qui tirent leur nom  de leur ressemblance avec la roue d’Ixion et  qui se distinguent par deux séries de quatre  rayons [en haut et en bas de la
«  Roue »],  deux  yeux barrant le moyeu [carré] de la roue de chaque  côté  ».B  Heuvelmans, p. 153, tome I, Dans le sillage des monstres marins, commente en ces termes : « la description s’applique à un animal doté de 4 bras de chaque côté de la tête, où les yeux frappent sans doute par leur grandeur .On n’a pas de peine à reconnaître dans cette description un céphalopode aux huit bras toujours en mouvement.».Heuvelmans n’a pas voulu préciser s’il s’agissait d’un poulpe monstrueux  Octopus giganteus Verrill  (3 bras +1 tentacule x 2) comme en Corse ou d’un super- calmar géant  (4+1 x 2) : un amphithéâtre d’Aléria présente précisément trois cercles renvoyant à la déesse poulpe. Mais Akkoro (les Açores) renvoyait primitivement à cette roue, un super- calmar géant fréquent dans l’Atlantique. Voici la description que donne du super- calmar l’Odyssée, XII, 61 : « Et c’est là qu’habite Skyllè, qui pousse des rugissements et dont la voix est aussi forte que celle d’un jeune chien  (allusion à son nom par étymologie populaire, Skulax, jeune lion, arménien çul, grec skumnos). C’est un monstre prodigieux, et nul n’est joyeux de l’avoir vu, pas même un Dieu. Elle a douze pieds difformes (4 bras + 2 tentacules) ; six cous sortent longuement de son corps ;  à chaque cou est attachée une tête horrible, et dans chaque gueule pleine de la noire mort il y a une triple rangée de dents épaisses et nombreuses. » . Ceci semblerait prouver que l’écueil se situe dans l’Atlantique.  
 Il en reste la superstition consistant à replier le pouce et l’auriculaire et  à ne laisser que trois doigts , l’index, le majeur et l’annulaire levés en signe de talisman pour écarter le mauvais œil, les trois doigts symbolisant  les trois bras du super- poulpe divinisé.
De l’  œil du super-calmar géant au troisième oeil des Cyclopes ou au tilak hindou.
Heuvelmans écrit (Dans le sillage des monstres marins,  tome 2, p.271) à propos de l’œil de ce  monstre : « [Le fait ] que [son cristallin] ressemble,  tant par la forme que par l’aspect,  à une perle avait été remarqué depuis bien longtemps, puisque des fouilles archéologiques ont démontré qu’au temps des Incas  les Péruviens se servaient des cristallins des grands céphalopodes à des fins ornementales et que les anciens Egyptiens en mettaient comme yeux à leurs momies .A une époque plus récente, les indigènes des îles Sandwich en vendirent comme perles authentiques à de naïfs voyageurs russes. »
  Le port d’une  perle à chaque oreille, comme,  initialement, le port de deux  cristallins en boucles d’oreille créole, était un hommage à la déesse  céphalopode et à sa force divine. Il sera aussi plus tard symbolisé par l’opercule d’un coquillage considéré comme )l’œil du calmar.  C’est l’œil de sainte Lucie  de ruk lié par métathèse à Gorg(ob)i (n)a , de orkia, rokia, lokia, christianisé ou l’aragonite percée chers aux Corses et aux Cantabres en  Aragon. .
  Mais l’œil du calmar était aussi représenté comme sur certains menhirs, chez les Cyclopes et chez les Hindous de nos jours,  par un cercle dessiné au milieu du front, appelé tilak chez les Hindous (le mot, de kulakw, est apparenté à Cyclope, de kuklakw)
 La pierra quadrata (en langue corse, non pas pierre carrée, mais équivalent du latin quadrati lapides,  pierre taillée géométriquement,  trouvée à Canari en Corse,  est constituée de petits blocs cubiques fragiles de magnétite couleur grenat, des oxydes de fer cristallisés réputés prévenir  les fractures des membres .La superstition les utilise,  en raison de leur  fragilité  qui imite celle des membres humains, pour prévenir la fracture des os. La pierra quadrata  représente originellement le centre du super- calmar géant. On la trouvait près de Canari à Oreglia de or-eida, qui ressemble à oro, c ‘est -à- dire à des cristaux de sulfure de cuivre rouge foncé, une  sorte d’azurite.
 Les sabres aux lames ondulées, encore appelées  lames flamboyantes,  sont des représentations des bras ondulants du super- calmar ou du super- poulpe géants et ces lames existaient en Corse,  pour chasser le mauvais œil, comme arme du guérisseur mazza curati (littéralement curé, prêtre sacrificateur, exorciste, en corse u mazzeru ou a mazzera, le sacrificateur ou la sacrificatrice, cf. grec mageiros et machaira,  sabre).  J’en ai une dans ma collection.

  La baleine, phallaina.
Elien, auteur grec du IIIe siècle après J. C., dans sa Personnalité des animaux (9, 49), écrit : « (les baleines, krioi)  hibernent dans les parages du détroit qui sépare la Corse de la Sardaigne. Le serpent de mer  a autour du front un bandeau blanc. On pourrait dire qu’il ressemble au diadème de Lysimachus ou d’Antigonus ou d’un autre roi macédonien. Les habitants des rivages de l’Océan atlantique disent que, dans les temps anciens, les rois de l’Atlantide, descendants de Poseidon, portaient sur la tête, comme insigne de leur pouvoir, les bandeaux (blancs) du front des baleines femelles », en grec phallaina, en latin balaina, peut-être dérivé du nom du super- calmar géant, gadeira,  et  lié à deux mots ibères  signifiant, l’un blanc, phalos cité par Hésychius et l’autre, roi, phalen..
La couleur blanche du  bandeau  de la tête de Maure corse  a été prise à la baleine comme insigne de royauté (cf. le grec phalen  signifiant roi ou  Képhallen, le royaume,  cf. basileus de l’ibère  basi, prince, et phalen, roi , égyptien kephallen ou Kephren. Le nom de Képhallénie s’est restreint par la suite à une île appelée Céphalonie aujourd’hui)..
Le serpent à aigrette a succédé à ces monstres marins, le super- poulpe et la baleine, comme déesses, sous le nom de  Korkura.
Le cantabrum ou étendard cantabre et corse.
En latin, cantabrum désigne un étendard.Il vien du nom : des Cantabres, les Ibères du Serpent (cant) parce qu’il représentait sur fond blanc , -royal,-une tête noire de serpent, ou plutôt de supert-poulpe géant , Octopus giganteus Verrill  (3 bras +1 tentacule x 2, 8 membres) ; telle est l’origine de notre tête de maure ou plutôt de notre tête de mauresse surmontée d’un diadème royal, originellement solaire. Elle a été rattachée des raisons chrétiennes à  la Vierge noire ibère , c’est-à-dire le Soleil (une jeune fille, féminin en langage ibère) disparaissant , mourant au pôle le 25 décembre avec le furur soleil représenté cmme l’enfant qui va naître, cela datant de l’habitat polaire avant la glaciation. Voir mon blog sur la Vierrge noire et mon blog sur le drapeau corse pour plus de détails.

1 E. Blasco-Ferrer, Paleo-Sardo : Le radici linguistiche della Sardegna neolithica, 2010, Berlin, New York Etude sur la toponymie sarde d’origine basque.
2 Mario C. Ascari, «   La Corsica nella carte geografiche di Tolomeo » dans Archivio storico di Corsica, juillet-septembre 1939, an XIV, n° 2, 3 et 4, n°2,  p.161-191 et particulièrement n° 3 p.331-393.  
2 Prince Louis -Lucien Bonaparte, Remarques sur les dialectes de la Corse et sur l’origine basque de plusieurs noms locaux de cette île, Londres, 1877, 11 pages.  Une bonne idée, mais trop peu d’exemples.
 3 J. Karst, professeur de l’Université de Strasbourg, Essai sur l’origine des Basques, Ibères et peuples apparentés,  1954, 164 p.
4 Franc de Ferrière,  « Toponymie de la Gaule aquitaine »,  dans  Bulletin de la Société archéologique et préhistorique de Blansimon.
5 A. Pardo, L’Espagne primitive.
6 Victor Bérard, Les navigations d’Ulysse, Nausicaa et le retour d’Ulysse, tome IV,  sur les Lestrygons p. 195-280 et sur les Phéaciens, p .9-88
7 Felice Vinci. Omero nel Baltico,   Il existe une  édition en anglais de cet ouvrage génial : The Batic ortgins of Hommer’s Epic Tales : the “Iliad “ , the “Odyssey “ and the Migration of Myths,.
8 Franck Leandri. , Les mégalithes de Corse.
9 Fernand Niel, Dolmens et menhirs, 1995, Que Sais-je ?
10 Robert C. Davies, Esclaves Chrétiens, maîtres musulmans, L’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800).Babel, 2003.
Mes autres  blogs sur la Corse, en plus des 3 parties de mon Essai sur la toponymie corse d’origine basque, la 3e  partie étant consacréc aux mégalithes corses, soit 11 blogs sur le sujet   :
1 Les Mémoires de Griscelli de Vezzani, baron de Rimini, avec la généalogie des Griscelli ;
2 Le drapeau corse ;
3 Le prince Bonaparte et son Etude sur les toponymes corses d’origine basque ;
4 Kyrnos, une ouvelle étymologie pour la Corse, Corsica :
5 Les représentations  gravées des dolmens en liaison avec la circoncision ;
6 Les Boïens et leurs souterrains annulaires, en liaison avevc la circoncision , ainso qu’un  motif du dolmen de la Table des Marchands dans le Morbihan ;  
7 Les pétroglyphes calédoniens, en liaison avec la circoncision;
8 Coca-Cola, une invention corse !
                                             Fin