vendredi 17 juillet 2020

Les mangeurs de lotus de l’Odyssée.


      Les mangeurs de lotus de l’Odyssée.
L’Odyssée 9, 83-84  évoque ces mangeurs énigmatiques de lotus ;  Ulysse est à Cythère (Kuthèra), selon Vinci, p . 51,  le même mot que Agdèr, ou Aghdir en Norvège, (a)k° dher) . Après dix jours , le voilà au pays des mangeurs de lôtos (vers 83), vers interpolé  tardivement: » chez ce peuple qui  n’a pour mets qu’une fleur…     On prépare en hâte le repas que l’on prend sous le flanc des croiseurs. Quand on a satisfait la soif et l’appétit, j’envoie trois de mes gens reconnaître les lieux,  à quels mangeurs de pain (c’est-à-dire de vivants) appartient cette terre,  deux hommes de mon choix, auxquels j ’avais adjoint en troisième un héraut. Mais, à peine en chemin, mes envoyés se lient avec des lotophages qui, loin de méditer le meurtre de nos gens, leur servent des lotus ( c’est le Léthé, fleuve de l’oubli, de lanthanô, mais même racine apparente que Lôtos). Or, sitôt que l’un d’eux goûte à ces lôtos  de miel (c’est un effet magique), il ne veut plus rentrer ni donner de nouvelles . Tous voudraient se fixer chez ces mangeurs  de lôtos  et, pleins d’oubli, ils ne songèrent plus, ni à leur mission, ni à leur retou. (« être mort, c’est se désintéresser », a dit un philosophe).  Ils  voulaient rester avec les Lotophages et manger du lôtos. Je dus les ramener de force, tout en pleurs, et les mettre à la chaîne, allongés sous les bancs, au fond de leurs vaisseaux ;Puis je fis rembarquer mes gens restés fidèles : pas de retard ! à bord ! et vogue la galère ! J’avais peur qu’à manger de ces fruits, les autres n’oublient aussi la date du retour. Bérard  croit qu’il s’agit de dattes, d’autres du fruit du jujubier. En effet, on a souvent traduit par trèfle , nourriture pour chevaux , le mot lôtos : Iliade, 2, 776, 14, 348, 21,351 et Odyssée, , 4, 603  Dans l’Iliade, 2, 776, le mot lôtos est utilisé pour  parler des chevaux d’Achille, qui broutent  le « trèfle », lôtôn ereptômenoi. Les fleurs du lôtos homérique sont  dites  sucrées  comme le miel, melièdéa,cf.le grec mélilôtos, mélilot, Melilotus officinalis  .
Mais  je préfèrerais traduire l’expression lôtôn ereptômenoi par broutant l’avoine. En effet, lôtos vient d’un radical yaw, nourriture pour chevaux, donnant  en grec lawtos, anglais oats de yoats , avoine, grec aôtos, de (y)awotos , français ouate,d’abord  wadda,  italien ovatta  (à remarquer l’élargissement en - tos, comme dans oats,  lôtos, ou roitos) cf. le pluriel arabe bata’in, de wota,arabe koton , coton, fourrure de vêtements,mais a d’abord désigné le fruit du cotonnier d’Egypte implanté à partir de Tartessos et de l’Atlantide et qu’on retrouve dans les momiers, ce qui a fait croire à une importation américaine , ensemble de graines pouvant évoquer celles de la grenade entourées  de « coton », d’où par métonymie de voisinage le sens de flocons ou de graines   d’avoine, latin avena, de yawena (avec changement de suffixe, en –n),  grec homérique zéiai, de yewya- , épeautre, grec zeidôros, de yewey -  , (terre) qui rapporte de l’épeautre, lituanien  au pluriel javai, blé,  sanskrit yavah, orge.  D’où vient le l initial de lôtos? Du r de roia, ou rôta, de raw°ta, à l’origine un collectif (neutre pluriel) grains de grenade ou  grenadier .
En effet, à l’origine, les mangeurs de lôtos étaient des mangeurs de grenades, car Ulysse , qui s’est rendu en Espagne, va interroger les morts (la nékuia du chant XI) dans ce que Homère appelle le Tartare.  Dans l’antiquité déjà on disait du nom de la ville de Tartessos, au nord de Cadix à l’embouchure du Guadalquivir,  qu’il sonnait comme celui du Tartare.
En Espagne Ulysse s’est peut-être rendu à la ville ibère, Liberis,  de  Grenade . Dans l'Antiquité, à l'époque ibère, la ville de Grenade en Espagne  se nomme Granata, grenade . Le nom arabo-juif est  Garnata al-yahud, qui est très semblable au nom de la ville que nous connaissons de nos jours : c’est une altération de Granata et non le contraire. La barbadine tire son nom des Barbades, la christophine de Saint-Christophe  ( on l’appelle encore chayote : le mot « chayote » est un emprunt à  l'espagnol chayote qui désigne le fruit et la plante. Chayote  vient du nahuatl chayotli qui désigne son fruit épineux. Le nahuatl chinchayote désigne  en espagnol sa racine comestible. []
Elle est appelée saosety ou chaochety à Madagascar, chouchou au Brésil, labu siam  en Indonésie, chow chow en Inde, chouchou à La Réunion à partir de la dénomination indienne chouchou de chinchayote, chouchoute en Nouvelle-Calédonie de chinchayote, pimpirela , de pipinella, cf. piper, poivre, pimprenelle,à Madère, choko en Nouvelle-Zélande et en Australie.
En Amérique du Sud, elle est connue sous les noms de chayote, chayota, tayota (par analogie avec la chair du taro), guatilla, guatila, pataste, etc ... ) .
 La grenadine, avec ce même suffixe en -ine,était consommée sur  l’île de Grenade aux Antilles, d’où son nom. Ce fut d’abord   un vin de grenades (adjectif masculin grenadin , vin grenadin par conséquent , d’où au féminin la grenadine , pour l’alcool comme pour le jus ou le sirop) macérées et fermentées appelé encore  sang-gris. La grenadine a une couleur rose-orange et non pas grise, malgré le nom  sang-gris, ce qui explique  le nom de  sang-gris (qui vient de sang du Christ, cf.  le nom de  Lacryma Christi , larme du Christ, pour un vin napolitain cher à Musset)  donné aussi au thé fort consommé sur les bateaux du nord . C’est une sangria coloniale, largement consommée jadis sur place ;
Quant aux   îles  voisines  appelées Grenadines, il s’agit de l’archipel des Grenadines ou de l’état de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, car les Grenadines sont un archipel du sud des Antilles, dans la mer des Caraïbes, partagé entre les États de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et de la Grenade.
Leur nom grenadine pourrait  être ausi une altération du français grenadille : à Haïti , on trouve une même forme créole   grenadia ou grenadine  pour désigner le fruit de la passion. Le mot grenadille est attesté en 1598 et vient   de l’espagnol granadilla, qui désigne le fruit de la passion (nom savant ) ou pomme-liane (nom créole) en Calédonie, ou maracudja , mot  ]venant du tupi mara kuya, utilisé au Brésil, encore  appelé  au Venezuela parchita . C’est [une passiflore spontanée sur l’île, nommée grenadille, petite grenade,  à cause de sa forme qui rappelle celle d’une petite grenade et à cause des ses  graines qui rappellent celles de la  grenade , même si les botanistes, pour la distinguer d’une variété à coque très  dure et vert –jaune, la qualifient de  pourpre et évoquent la grenade, mais il s’agirait  alors d’une pourpre  plutôt violette que écarlate.

Les quatre  noms de la grenade.
1 Roïtès (génitif singulier) oinos, vin de grenade , avec des grenades fermentées comme le vin de pêche,en vente aujourd’hui sur Internet , comme le vinaigre de grenade, chez Diosc., 5,34, roïnos, qui appartient à un grenadier, où l’on trouve l‘élargissement d’appartenance en  –n .   Roïa (roiè) vient de la racine indo-européenne gwragh, briser, donc être fragmentaire, grain, et nil faut la rapprocher du latin  granum et du  latin racemus , de gwragh+num , et qui désigne la grappe de raisin (racemus donnant  le mot français  raisin) .La confusion plus ou moins volontaire entre la grenade et l’avoine pour les chevaux  a eu lieu entre lawtos, lôtos, mélilot ou trèfle, et  rowitos, grenade, de (gw )ragh- + suffixe en yod et en t, attesté dans grec  roîtè, de rowi- , grenade.
2 Malum granatum ou granata, pomme à grains , dont ,le nom, en apparence clair, vient de gratana et signifie en réalité pomme d’Agdère ou d’Agadir  en Norvège : de grata + suffixe d’origine en –n, de gadira, gratana , granata.  
3 Malum  Punicum  a subi l’attraction de malum phaenica, pomme pourpre,  du grec  phoinika, pourpre , couleur d’un palmier  («  Tu sais, ma passion que , pourpre et déjà mûre, chaque grenade éclate et d’abeilles murmure »),mais vient  dAgadir en Norvège en réalité, de (k)agadir  avec suffixe d’appartenance en –n, pakadir-nos,puis métathèse de la nasale panika(dos). Le u de Punica vient d’une étymologie populaire (la pomme de Tunisie).
4 Sidè, grenade en grec,  vient de sidèron, Le nom du fer, en grec sidèros, en latin ferrum (de (si)dhérrum), vient de  gadeiros (Agdère  ou, en ancien norse Agdhir, forme actuelle, de Gadès- Agadir ,  en Norvège, à partir de agdisos , puis , avec prolepse du s et du i, sadisos , puis  déplacement du a, sidaros. Le è de sidèros est analogique des formes ioniennes. Le fer se présentait sur l’Atlantide  sous l’aspect de grenaille, d’où le  nom  sida, les grains, pour la grenade.
La grenade et la mort : mythologie indo-européenne.1Perséphone ; la nourriture pour les chevaux et l’apparition de l’avoine 2 le prêtre persan.
Le grenadier est lié à  la mort parce qu’il pousse à Tartessos , donc auTartare , aux enfers, à date plus ancienne chez Hadès , à Agadès en Norvège-Atlantide (le nom de Hadès vient de Gadès) .
1)Perséphonè en grec ou Proserpina en latino-étrusque .
Hadès ou Phorcus , le dieu des Enfers était amoureux de Perséphonè,  la fille de Dèmèter . Il  l’enleva  et la séquestra aux enfers. A la fin, Zeus ordonna à Hadès de rendre la fille à sa mère, Mais cela n’était plus possible car, nouvelle Eve, celle-ci avait rompu le jeûne
alors qu’elle était aux enfers. Tentée par Hadès, comme Eve par le Serpent, elle avait croqué un grain de grenade, ce qui suffisait à la lier à tout jamais à Hadès. Zeus décida d’adoucir la peine et décida qu’il y aurait un temps de garde alterné : un tiers de l’année sur la terre au printemps et en été, ou la moitié  selon les auteurs, et l’autre moitié ou les deux tiers sous terre en automne et en hiver.
2) Ceci doit représenter un mythe aryen , car nous retrouvons chez les Perses le même lien entre la mort et  la tige de grenadier.
 Le baresman du prêtre du Feu (la forme moderne du mot est  barsom ) est un  mot venant d’une racine signifiant croître,   destiné aussi à favoriser magiquement la croissance des moissons et de la végétation en général. Il  se présente sous la forme d’une sorte de fourreau empli de tiges fleuries. Le prêtre du feu, Agni, ne s’en  séparait jamais. Les créateurs ibères des menhirs avaient représenté  la mort préalable du grain, nécessaire à sa germination, par la dalle horizontale qui  surmontait les menhirs comme à Göbekli en Turquie actuelle  il y a quelques 10000 ans et aux Baléares, à Minorque (voir mes différents blogs sur les menhirs).Qu’en était-il avec le baresman ?Où la mort nécessaire comme préalable à la germination était-elle figurée symboliquement ? Même le barsom des Parsis,  forme moderne du baresman et qui est constitué d’herbes  nouées en faisceau au moyen d’un rameau de grenadier, réelles d’abord, puis métalliques, comporte  un accessoire de nature à évoquer la mort préalable, nécessaire à toute germination dans  l’esprit des hommes du néolithique,  car le grenadier évoque les enfers et la mort. A défaut de tige de grenadier, le prêtre du feu pouvait utiliser une hache de pierre polie, le chermadion homérique (Iliade,XVI, 733-740), puis, plus tard,  à l’âge de bronze,une arme en bronze rituelle coupante :  serpe, stylet ,poignard ou épée.
3) L’introduction plus tardive du mélilot ou trèfle officinal dans le mythe.
Göbekli en Turquie et  Gebelg-ol  sur l’îlot englouti près de Malte signifient    le sanctuaire de la Jument divine, savoir un avatar de Cérès, et göbelkl est parent du grec kobalos, en latin cavallus de kabalkos, qui nous a donné le français cheval. La jument  ou plutôt la déesse Cérès , en grec Perséphone , en latin  Proserpina , est associée aux céréales et aux menhirs, si bien qu’ on retrouve ce radical dans des noms de lieux préhistoriques riches en mégalithes  comme Gavarni , ou  l’îlot Gavrinis en Bretagne.  La déesse gauloise Epona, au nom  correspondant au  latin equina, jument,  dont, selon Juvénal (Satires, VIII, v. 155),  on peignait l’image dans les écuries devant des mangeoires emplies d’orge,  est un avatar de la déesse  Göbekli ou de  sa fille.   . Ajoutons que, le cheval portant le mort dans les cortèges,  il n’est  pas étonnant  que la déesse ait également des rapports avec le monde souterrain des morts,
 Selon la tradition,  Mars , en grec  Arès , poursuivit Cérès ou en grec Dèmètèr de ses importunités. Celle-ci se métamorphosa en jument pour lui échapper,  mais Mars se transforma de son côté en cheval de labour   et il  naquit de cette union deux enfants à l’aspect de  pouliche  et  de poulain : une fille  dont il était interdit de prononcer le nom  véritable (peut-être Epona, la pouliche ) et qu’on appelait seulement la jeune fille, la Dame ou la Maîtresse, savoir la femme du dieu des morts Orcus ou Phorkus.  Perséphone (le nom,  de Pherkus -éponè, signifie la jument d’Orcus ou Phorkus),  et un cheval nommé Aréion qui tire son  nom de son père Arès, dieu de la guerre grec ou Mars.
Toutefois,  l’engloutissement du sanctuaire  de la Jument, Gebelg-: ol Bahar, au large de l’île de Malte, ayant été interprété comme la  manifestation  du mécontentement de Poseidon, le dieu de la mer et des mouvements sismiques,  ce phénomène  amena à modifier ces croyances : on retira à Arès la paternité d’Aréion et de Perséphone  pour en faire honneur à Poseidon, dans l’espoir de l’apaiser,  en interdisant de surcroît de prononcer le nom de Perséphone. En ce qui nous concerne ici, la cavale de couleur blanche qui est un avatar de Persèphone, étymologiquement « la cavale de Phorkus », amenèrent les mythographes à remplacer la grenade, souvenir d’Agadès en Norvège et de Tartessos-Tartare  et de Grenade en Espagne,  le grenadier dont ils ne comprenaient plus la signification, savoir rawtè  en son paronyme lawtè, avoine, nourriture  pour les chevaux et les cavales comme la jument de Hadès. Persèphone.





Des Ibères appelés Grecs , la tribu des Grallaïques, se sont installés en Amérique.


Des Ibères appelés Grecs ,  la tribu des   Grallaïques, se sont installés en Amérique.
Plutarque, selon Vinci, The Baltic origins , p.272, dans De facie quae in orbe lunae apparet,  observe : « Il y a d’autres îles au-delà d’Ogygie [les îles Féroè] qui sont à la même distance les unes vis-à-vis des autres  que Ogygie vis-à-vis des îles Britanniques, à cinq jours de voile ; au-delà de ces îles on atteint le grand continent qu’entoure l’Océan Atlantique.  La côte de ce continent est habitée par des Grecs le long des rivages d’un golfe [golfe du Saint -Laurent] qui a au moins la taille du Meotide  [grec  Maeiôtidès latin Palus Maeotis qui s'étend sur une superficie de 37 600 km2, aujourd’hui la mer d’Azov] et qui se situe  dans la mer à environ la même latitude que l’embouchure  [l’effluent  disparu, aujourd’hui la dépression de Manytch  qui la reliait à la mer d’Azov et à la mer Noire ] de la mer Caspienne  [qui est une mer résiduelle de l’océan disparu  ou mer Paratéthys] . Ils s’appellent eux-mêmes les Continentaux ». Le Méotis correspond aujourd’hui à la mer d’Azov qui est elle-même un bras peu profond de la mer Noire,  précise F. Vinci.
  Mais  est-ce bien des Grecs , Graïkoi  ?  Plutarque a été dupe d’un paronyme, le nom d’une tribu ibère , les  Grallaïques , ou Gralléciens, ou  Gallèque.  
Le   fretum Gallicum qui désigne le détroit entre Bonifacio et la Sardaigne (où il n’y a pas de Gaulois)  doit se traduire par le détroit gallèque,   et fait allusion à une tribu ibère, celle des Galléciens qu’on retrouve dans la Galice espagnole et dans la Galicie polonaise.
En Corse, le Promontoire Granicum vient de granikos, altération de grallikon.

Hercule en Amérique  
Plutarque, toujours  dans De facie quae in orbe lunae apparet, nous apprend  que les compagnons d’Hercule ranimèrent la flamme chez les « Grecs continentaux » d’Amérique du Nord qui avaient perdu en grande partie sur le continent américain leur langage, leurs coutumes, et leur style de vie pour adopter ceux des Barbares. Disons plus exactement  que leur langue ibère , parente du Grec parce que c’est une langue indo-européenne a paru du  grec dégénéré aux compagnons doriens d’Hértaklès.
Pour le langage, intéressons-nous aux quelques formes parentes d’Europe, d’Inde et d’Amérique.
Le nom grec du renard, alopek-s, sanskrit lopacah, latin pecu, pecus, petit bétail, anglais fox  est à relier au mot pekan qui désigne une  martre du Canada ou un putois de Virginie réputé pour sa fourrure, ainsi qu’au mot maya pek,  chien, avec , dans alopeks,  alo venant de salvo-, forêt, le composé signifiant chien sauvage. Les sceptiques pourront se récrier qu’il ne s’agit de ma part que d’une hypothèse ; mais elle est confirmée par le quechua du Pérou allpaca, dont nous avons fait alpaga et qui désigne un mammifère parent du lama. De même,  pecari, de pek-alies avec postposition  du alo du grec alopex, désignant un  sanglier du Brésil, est un  mot de Guyane et du Venézuéla. Le mot semble ainsi panaméricain. . Le nom de la chauve-souris domestique en Océanie, d’origine ibère, signifiant renard- volant,  contient souvent cette racine pek .
Le nom du  caribou est algonquin, et il  provient du  grec helaphos, de keraphos , cerf, parent du latin cervus, de kerphos .cf. ellos, de elnos, faon, vieux –slave jeleni, balto-slave elnis, donnant élan en français,  suédois ren islandais hreinn,  allemand Reen, donnant renne en français, moyen haut allemand elend , aujourd’hui Elentier, arménien eln, d’un radical elen donnant ela + élargissement en ph.



 Où habitaient les Centaures ?
Les Centaures ou Gandharva ? Des Finnois Fervir engoncés dans leurs fourrures de martre noire.
Vinci, P, 224,225, 226 344,  rappelle que l’Iliade, 2, 711-715, cite « les habitants de Pherae,  près du marais Boebian
 (qui signifie le marais des  castors ou martres , à rapprocher de l’anglais beaver, latin beber d’origine gauloise, ancien français bièvre)), en particulier Boibé..  »
Pherae nous dit Vinci, p. 224, dans Les origines baltiques… , doit être identifiée avec la moderne Vora,située près de la rivière  du Centaure Chiron (cf. adour, daro
Kiron joki, non loin du lac Lappa jarvi (jarvi de ksinos, signifiant martre, le lac des martres,, analogue au marais Boebian. Peut-être le nom de Pherae peut-il être retrouvé dans le nom actuel de la rivière Pehro (Perhonjoki)qui coule près de Jollka.
Les Centaures sont  appelés Phériens  dans l ‘Iliade. Jordanès, dans son Histoire des Goths (du VI e siècle), mentionne parmi les peuples scandinaves les Fervir qui vivent près des Finnaith, c’est-à-dire les Finns de Finlande, les Finnois
Homère les qualifie de lachnéentas dans l’Iliade , 2, 743, 9,548, ,terme qui peut signifier engoncé dans un manteau de fourrure,  lachnè en grec désignant le poil épais d’un animal, sa fourrure , sa crinière comme celle d’un cheval,  ce qui , étant donné la latitude, paraît tout à fait normal.
.Juste avant de citer les Finnois et les Fervirs  , Jordanès mentionne les Suethans, ancêtres des Suédois, « qui approvisionnent les Romains de fourrures de martres par leurs exportations à travers d’autres peuples, chap. 3; ils sont célèbres pour le merveilleux noir de leurs fourrures (famosi pellium decora nigretudine).
Les gandharva  sont donc les dharva,=fervir, porteurs et gan  signifie belette, martre , de ksin , grec  iktinos,martre , loup,  de i prothétique et indo-européen kseinos,grec iktinos,  arménien cin, sanskrit cyenah , de ksieina . Les Centaures sont un assourdissement du même radical, de ksen tharva .
Les Finnaith, c’est-à-dire les Finns, tel est le nom de ces peuples  qui signifiait peut-être les porteurs de fourrure de  martre, animal qui avait une signification religieuse comme le montre l’euphémisme belette, la petite belle, et il ressemble au grec  iktinos  , martre. La consonne indo-européenne ks a donné  p (pek) ou  f  (finnaith) dans les langues  du Nord .
1 Pek
Le nom grec du renard, alopek-s, sanskrit lopacah, latin pecu, pecus, petit bétail, anglais fox  est à relier au mot pekan qui désigne une  martre du Canada ou un putois de Virginie réputé pour sa fourrure, ainsi qu’au mot maya pek,  chien, avec , dans alopeks,  alo venant de salvo-, forêt, le composé signifiant chien sauvage. Les sceptiques pourront se récrier qu’il ne s’agit de ma part que d’une hypothèse ; mais elle est confirmée par le quechua du Pérou allpaca, dont nous avons fait alpaga et qui désigne un mammifère parent du lama. De même,  pecari, de pek-alies avec postposition  du alo du grec alopex, désignant un  sanglier du Brésil, est un  mot de Guyane et du Venézuéla. Le mot semble ainsi panaméricain. . Le nom de la chauve-souris domestique en Océanie, d’origine ibère, signifiant renard- volant,  contient souvent cette racine pek .

2 Fin :
J’emprunte à Bessmertny , L’Atlantide, dans son  résumé des théories de Karst, les rapprochements suivants. :
En Amérique les peuples Esquimaux modernes  portent le nom ethnique caucasique  du type Inuk [de Finuk, cf .le nom de la fouine, car  le mot  fouine , bien qu’on prétende que les fouines recherchent les fruits des hêtres,fagi,  les faînes,  faginae,  et que le mot provient peut-être de fagina meles ou mustela, , avec un o analogique de fou , dérivé de fagus, me semble ressembler par trop au français fennec, qui vient de  l’arabe fanec, de finuk ) ] , Ainuk (Ainou du Japon), Inach et qu’on peut suivre jusqu’au mot maya ninik.Dans le nord-ouest de l’Europe, nous lui trouvons comme équivalence le nom breton-gallois  Veneter, dérivé de Venet=innuit (esquimau) et nous trouvons dans l’Italie du Nord la même dénomination chez les Vénitiens. Nous trouvons aussi le peuple primitif des Fenier (Fionach, Fingal) dans le pays des Picts et des Ecossais… La population primitive de l’Irlande et de l’Ecosse était constituée de rameaux primitifs de la race humaine dolichocéphale esquimau-inachidienne dont le nom national était  viunit, fuinik, vinachi, venachi, enachi, simples variantes du thème général qui caractérisait les membres de la race inachidi -ainukiche. »
 Les femmes portaient peut-être des fourrures de castors et non de martre noir ou  martre zibeline , italien zibellino, du polonais sabol, russe sobol, du latin médiéval sabellum





lundi 13 juillet 2020

Où se trouve la terre des Phéaciens ?


              Où se trouve la terre des Phéaciens ?
L’historien grec Thucydide (VI, 2), sceptique, a écrit : « Cyclopes et Lestrygons, les vieux habitants, dit-on,  d’un canton de la terre ! Je n’en puis dire, ni la race, ni le pays d’où ils vinrent, ni celui où ils disparurent. Je renvoie le lecteur aux poètes et à la connaissance que chacun peut avoir de ces gens- là ! »  Toutefois, Thucydide s’est risqué à identifier la  Scheria des Phéaciens à Corcyre, aujourd’hui Corfou (1, 25,4), alors que le mot schéria en grec signifie seulement banc de sable continu . Mais la question homérique  a été modifiée de fond en comble depuis l’ouvrage génial de Felice Vinci (1995), Omero nel Baltico,  en traduction anglaise (2006) The Baltic origins of Homer’s epic tales, The Iliad,  the Odyssey, and the migration of myth. Eratosthène  (210 avant J.C. environ) avait raillé les contradictions de la géographie homérique appliquée en Méditerranée,  disant que «quiconque voudrait trouver les lieux visités par Ulysse devrait d’abord trouver le savetier qui fit les coutures du  sac de cuir où Eole enferma les vents. » . Il accusa Homère d’avoir placé dans des régions méditerranéennes des endroits et des situations qui ne pouvaient se trouver que dans l’extrême nord.
Je suis fier d’avoir élucidé dans mes blogs au moins certaines escales d’Ulysse, en particulier l’île de Circé aux Orcades (en m’inspirant des théories baltiques de Vinci), le passage concernant les Lestrygons entre la  Corse et la Sardaigne et, au chant XII,  les Roches errantes  (en réalité un haut menhir englouti  au large de la Sicile), et on verra si je fais mentir ou non Thucydide pour les Cyclopes ci-après, comme je l’ai fait pour ,les Lestrygons,  mais j’avais séché pour l’escale des Phéaciens, dont Homère dit , chant VI, vers 200 qq  : (c’est Nausicaa qui parle ) : «  Nous vivons à l’écart et les derniers des peuples , en cette mer des marées [ce n’est donc pas la Méditerranée], si loin que nul mortel n’a commerce avec nous. »
Où est située l’antique Tarsis ? S’agit-il de la Scheria de l’Odyssée, terre des Phéaciens  ?
Aujourd’hui, je reviens sur ce lieu mystérieux après avoir vu, dans une émission récente sur Arte consacrée à l’Atlantide, des fouilles sur la mystérieuse Tarsis de la Bible, Tarschich , en grec  Tarcissos  à l’embouchure du Guadalquivir, l’ancien Béotis. Corse, j’avais été frappé par la citation d’un évêque de Tarcissos au VI e siècle ap. J.-C, Tarcissos se révélant être Carghèse en Corse. Carghèse  vient en effet  de Tarcissos.  et ce fut peut-être un comptoir commercial phéacien, près d’une haute  falaise.
Avien (Ora maritima, vers 300 ap. J.-C)  cite un ancien Périple qui place Tartessos à l’embouchure du Baetis , et Scymnos dans sa Périégèsis ,  se référant à l’historien Ephoros (400-334 av. J.-C.) dit que Tartessos était à deux jours de navigation du détroit de Gibraltar actuel. Tartessos était à l’ouest de la mer Ligure, lacus Ligustinus.  Selon Jenssen , en 1922, un ancien port de mer se trouvait derrière l’île de Tartessos, à l’embouchure du fleuve et il s’est de plus en plus ensablé. A partior du VIe siècle av. J. –C ; en partant du bras suid-est. Ce lac était alors  navigable, en large communication avec la mer Atlantique, selon l’auteur du Périple. A l’époque romaine, il y avait encore une baie ouverte, mais moins étendue que précédemment. Aujourd’hui,à l’exception des profonds canaux du fleuve,  tout le bassin est rempli de vase jusqu’au-dessus du niveau des hautes mers. C’est seulement en temps de pluie que les surfaces se couvrent en partie d’eau.

  Dans l’Ancien Testament, examinons les passages d’Ezéchiel, 27, 5 : « (adressé à la ville de Tyr)Tu as commercé  avec Tarscisch et tu as apporté sur tes marchés toutes sortes de marchandises, de l’argent, du fer, du zinc et du plomb »  et des  Rois, 1,  10,  22 : le roi Salomon avait en mer des navires de Tarsis avec ceux de Hiram, et tous les trois ans arrivaient les navires de Tarsis, apportant de l’or (de la Côte de l’Or appelée Ufa, aujourd’hui Ife , bassin inférieur du Congo , région de Bussira, en avant du Bénin , p. .43), et de l’argent
(des environs de Tarsis), de l’ivoire, des singes et des paons ; telle est du moins la  traduction traditionnelle. Mais les paons sont originaires d’Inde et on les voit mal être importés de Tarsis à Jérusalem. D’autres traduisent par guenons (pithèkos au féminin) ou par autruches  (strouthos) ; enfin d’autres se fondent, non sur  l’hébreu thukkijjoim, paon, mais  sur une leçon voisine  donnée par Flavius Josèphe sukkijjim et qui désigne le esclaves  Ethiopiens noirs ; il y avait en effet une autre Ethiopie, celle de l’Afrique  de l’ouest  , qui fournissait des esclaves noirs Ces « Ethiopiens »,  ou plutôt Nigériens, selon Frobenius, portaient un tatouage frontal en forme de cercle.  Leurs maîtres s’appelaient les Cyclopes par allusion au tatouage d’un «  œil » frontal et les Phéaciens bataillèrent contre eux en Hypérie, c’est-à-dire en  Ibérie, - en Espagne. A  la suite de leurs démêlés, ils préférèrent s’expatrier sur la terre des Phéaciens.

Deux indices principaux  pour l’identification de Tarsis et de la terre des Phéaciens.
1 Ulysse , nageant à son  arrivée  sur la côte des Phéaciens,  est prisonnier d’un mascaret, phénomène inconnu en Méditerranée, mais qui est marquant à l’embouchure du Guadalquivir dont  le fort courant  rencontre la marée montante de l’océan Atlantique.
2 La pétrification par Poseidôn, l’ennemi d’Ulysse, du navire des Phéaciens en rocher pour les punir les Phéaciens d’avoir transporté Ulysse jusque chez lui à Ithaque et la création , dans le cadre de l’ensablement du port,de hautes dunes autour de la terre des Phéaciens-Tarrtessos.. J’interprète  le mot montagne par montagne de sable, haute dune  ,au  chant XII, vers 178 sqq. , et je  traduis ainsi : « le dieu Poseidôn , qui avait immobilisé sur un rocher le navire des Phéaciens ensablé  au fond de la mer  couvrirait le bourg de  grandes dunes qui l’encercleront . » Dans l’émission sur Arte que j’ai citée, on voit la fouille (même si le chercheur imagine qu’il s’agit d’une nef noyée dans la catastrophe de l’Atlantide, ce qui n’est pas mon cas) déboucher sur un pétroglyphe représentant un bateau ensablée. La catastrophe prêtée à Poseidôn et   qui a scellé le sort de Tarsis est un ensablement progressif. Tel dut aussi être le sort de l‘Atlas marocain que  Persée aurait pétrifié en rocher, puis en montagne,  en lui présentant la tête de Méduse. Hérodote, IV, 184, est le premier à  nous parler d’Atlas  comme d’une montagne située en Afrique du Nord.
Les deux Atlas et l’étymologie de Tarsis.
On oublie trop souvent que Atlas est le  fils de Japet , et donc différent , en principe, du Atlas,  le héros éponyme de l’Atlantide, l’Atlantique , l’Adriatique , qui , lui, est le fils de Poseidôn et de Clitô , et qui a pour fils Nausithoos  et pour petit-fils Alcinoos, roi des Phéaciens, avec son épouse et sœur Arétè, dont le nom est indo-européen et vient du mot signifiant sœur : grec oar, latin  soror , sanskrit svesar  .
Il a dû y avoir très tôt confusion chez les mythographes, ce qui explique qu’on localise le premier Atlas chez les Hespérides, donc dans l’Extrême-Occident , ou chez les Hyperboréens (de ibères) ; de plus , le mythe  quile condamne à soutenir sur ses épaules la voûte céleste et l’intervention momentanée d’Héraklès est peut-être lié à cette histoire de rocher et de  montagne ; en tout cas , le roi des Phéaciens, Alcinoos, est le petit-fils d’un Atlas , fils de Poseidôn, et de lui vient le nom de Tarsis, de
(a)tl voyelle donnant al ou adr , soit tar adr + suffixe sicos, donnant shisch , soit Hadrian ou Atlant-.
Autres étymologies : Phéaciens,Palacio,  Baetis, Schéria.
Phéaciens, grec Phaiakes, vient du mot que nous connaissons sous la forme basque, de paisakes,  comme le nom de la cité actuelle à l’intérieur des terres près de l’embouchure du Baetis, appelée Palacio, de p(h)aiakio(s)..
Le nom de Baeitis ,le fleuve qui donne son nom à la Bétique,  vient de baiskis , basque.
  Quant à Schéria,le nom de l’île » des Phéaciens,  il est à rattacher au grec schéros , tertre ferme, continue (littéralement terre qui se continue, longée de côte), dans enscherô , d’une manière continue,et dans epischérô, sur une même ligne, à la suite l’un de l’autre, du verbe grec echô ,se tenir ensemble,  infinitif  scheîn,   racine segh, sanskrit sahate. J’interprète le nom de Schéria comme s’appliquant à une île  stabilisée , une langue de terre  sablonneuse ou marécageuse composée originellement de plusieurs bancs de sable agglutinés au fil du temps et devenus fermes et stables. De là aussi l’erreur de Thucydide se fiant à une autre ïle Schéria  près de l’actuelle Corfou, anciennement Corcyre.La ville de l’antiquité  peut se trouver enfouie à plusieurs kilomètres plus loin que le pétroglyphe au bateau phéacien retrouvé dans le marais de Bonanza(cf. le sort d’Aigues-Mortes la bien nommée).
Les colonnes d’Hercule, Gadeirides pulai en grec, les portes de Gadeires, en grec pluriel Gadeira, ville de Bétique aujourd’hui appelée Cadix (à rapprocher sur le plan de l‘étymologie des noms africains Agadir et  aussi île de la même côte.
Sur cette île, dite île de Gadès,  ou aujourd’hui de Santipetri, à 18 kilomètres de Cadix,  écoutons Netolitzky(1923) : « il ne peut y avoir aucun doute sur l’endroit où était le célèbre temple d’Héraklès cité par Srabon [devenu celui de Melkart ,après l’installation vers 1100 av. J .-C. des  Phéniciens] de Gadès. Il se trouvait à 12 milles (18 kilomètres) de la ville de Gadès, à l’extrémité sud-ouest de l’île de Gadès, près du bras de mer qui la sépare du continent. » Telle est l’origine du toponyme de Colonnes (du Temple ) d’Hercule qu’on continua à employer alors que les colonnes du temple avaient disparu et que Hertcule avait cédé la place à Melkart, pour désigner la fin du monde connu des Anciens. Ce sont les Gadeirides pulai (les Portes de Gadès) et le Gadeiraios  porthmos qui constituaient le détroit actuel de Gibraltar.

Quelques milliers d’années plus tard...le port  de Cadix , à 18 kms de  l’embouchure du fleuvre.

Interrogeons Internet : Cadix se situe à environ 30 kilomètres au sud-sud-ouest de l'embouchure du Guadalquivir [où se trouvait Tarsis]. Cadix est bâtie sur un rocher relié au continent par une chaussée étroite et au bord d'une baie ouvrant sur l'océan Atlantique. C'est un port de pêche, de voyageurs et possédant des fortifications militaires. C'est de là que partent les navires vers les îles Canaries, l'Afrique et l'Amérique du Sud. Un pont de 3 400 mètres, construit en 1969, enjambe la baie.

Origine du toponyme de Cadix.

Gádir , en berbère et en phénicien,   signifie littéralement « château » ou « forteresse », qui trouve son équivalent dans agadir, terme fréquent en Afrique du Nord, avec par exemple Agadir au Maroc. De nos jours, pour les berbères, agadir signifie « grenier » ou « forteresse ».Il ne faut pas confondre ce mot, semble-t-il, avec gadeirikos chez Platon,  Critias, 114b, venant d’un frère jumeau d’Atlas , le héros éponyme de l’Atlantide, donc fils de Poseidôn, dieu de la mer. Le nom de Calypsô, qu’on localise  traditionnellement au détroit de Gibraltar, une fille d’Atlas le héros éponyme de l’Atlantide,  vient peut-être de gadiro et on peut la situer sur cette île de
 Gadès, qui  devrait à la déesse son  nom,  ou aujourd’hui de Santipetri, à 18 kilomètres de Cadix. Selon Netolitzky(1923) : « il ne peut y avoir aucun doute sur l’endroit où était le célèbre temple d’Héraklès [devenu celui de Melkart ,après l’installation vers 1100 av. J .-C. des  Phéniciens] de Gadès. Il se trouvait à 12 milles (18 kilomètres) de la ville de Gadès, à l’extrémité sud-ouest de l’île de Gadès, près du bras de mer qui la sépare du continent. »Le jardin de Calypsô était celui des Hespérides et riches en Pommes d’or, les oranges,-des tangerines peut-être, que Héraklès réussit à cueillir..
Aujourd'hui le nom de la ville se dit : Gaddirr en phénicien, génitif gaddiris,  Gádeira en grec, pluriel Gades ou Gadis en latin, Qādis (قادس') en arabe, Cádiz en espagnol.
Les reliques de Tarsis.
D’abord , il y a l’écriture tartessienne, qui ressemble à des runes et aux caractères de certaines monnaies hispaniques (comme aux signes trouvés à Glozel) dont parlait Strabon, qu’on ne sait déchiffrer, telle qu’elle apparaît , par exemple, sur une bague trouvée à Tartessos en 1923 par Schulten dans un village de pêcheurs aux maisons construites en pierres à l’encontre de ce que l’on constate ordinairement dans la région (reproduction de ces caractères inconnus sur une bague, p.69, dans Bessmertny , L’Atlantide, Payot, 1949,  d’après Hennig, Terres mystérieuses, Munich). On trouva aussi un joli marbre sculpté venant des Phéaciens dans ce village (p. 77, dans Bessmertny, op. cit.).
A propos de Glozel, les archéologues  bien-pensants accusent les trouvailles de faux , parce que pour eux l’écriture doit être une invention de l’orient, des Phéniciens notamment.
Ensuite il y a la boussole inventée par Tartessos. L’Odyssée  La Vie d ’Apollonios de Tyane de Philostrate, la Pléiade, p  1135, III, ch. 46, nous montrent
que ce ne sont pas les Chinois qui ont inventé la boussole . Les grecs appelaient cette pierre magnétique la pantarbe,étymologiquement celle qui tremble devant tout objet et Anatole Bailly dans son Dictionnaire la qualifie de « sorte de pierre précieuse » !  avec les auteurs qui ont utilisé le nom : Ctès.  (Ctésias de Cnide, historien du 5e siècle av. J. C. ,  p ;265, Bahr, édition de C ; Muller dans Hérodote,1844, Didot ; Hld (Héliodore d’ Ephèse, les Ethiopiques ) 8,10 (référence fausse) : Philostrate ,133, etc.. Voici dans la Pléiade un court extrait :  (Apollonios avait demandé si  ce caillou qui se comportait comme un aimant (en grec Hérakleia , citée par Platon dans le Timée ,  80 et dans Ion 533 d , mais se dit plus tard Magnèsia lithos, Hpc Hippocrate de Cos 543,28, Porph., Théocrite 22,79 et Orph.Lith.302) existait bien et son interlocuteur lui répond : «  quant à la pierre qui  attire et s’attache d’autres pierres, tu ne dois pas être sceptique, car tu peux voir toi-même cette pierre et admirer toutes ses propriétés ;Elle atteint , au plus, environ la grandeur de ce doigt (et il montrait son pouce), et elle est conçue dans un creux de la terre, à une profondeur de 7 m  environ. … . Après quoi  il me montra cette pierre ainsi que ses propriétés » Nous sommes en Inde. »,
Le mystérieux guidage des navires phéaciens.
« Une question intrigante, écrit Vinci, p. 275, dans Les origines baltiques des contes homériques, trad. anglaise,   que Alcinoos, le roi des Phéaciens, pose à Ulysse  contient la clé concernant un outil qui a rendu les longs voyages à travers l’océan possibles, le compas nautique ». (Odyssée, chant VIII, vers 555-563) :
 «  Dis-moi quels sont  ton pays, ton peuple, ta ville, pour que nos bateaux, guidés ( tituskomenai , littéralement orientés  ) grâce à un organe qui palpite
 (  phresi , datif singulier  après un participe médio- passif comme complément d’agent inanimé, du datif  phrunasi,   d’un  verbe signifiant  mouvoir , remuer,palpiter,  cf . grec sphuxis, ,[de sphurksi] ,  pouls, pulsation cœur, respiration du poumon,  latin  pulsus,[de sphurks-i] ; faut-il corriger en datif sphuxei , une respiration,  par un pouls , par un cœur ?  En tout cas, le mot ne voient pas du grec phrèn au sens d‘esprit, de  pensée] t’y ramènent [ glose interpolée par un scoliaste qui a cru que les nefs phéaciennes  étaient des  nefs magiques et n’a pas compris la nature de l’aiguille magnétique :En effet , les Phéaciens n’ont  ni  les pilotes ni les gouvernails que possèdent les autres navires ; ] nos aiguilles [non pas naues, vaisseaux, mais à corriger, soit  en gnômones, aiguilles de cadran solaire, qui a d’ailleurs subi l’attraction de gignoskô au sens causatif de faire connaître (l’heure) mais qui est aussi à rattacher à la racine nev –ou nav- ,a   u vocalisme o,  celle qui palpite, qui , bouge, soit,  au vocalisme o,  noves, de neuô,, faire un signe de tête, mouvoir , remuer, cf. sanskrit nauti, navate, latin nutus, numen , adnuo  ou annuo ,  non de  novèma, mouvement, ci-dessous   et ne signifiant pas pensée) d’elles--mêmes ( autai ) , préviennent  (isasi,  de oida, savoir, connaissent , les  pensées et les intentions des hommes , elles pointent  (par haplologie isasin  fautif, à corriger en ieisi de hièmi, se diriger vers)   vers les cités , vers les  champs fertiles  de tous les peuples,  et les navires font voile à travers les abîmes de la mer , très vite. Même recouverts par  la brume et les nuages (kai eéri[te] nephelei kekalymménai), ils ne craignent jamais de  souffrir quelque dommage que ce soit ou de se perdre. »
Traduction de Bérard, p. 132  : « Dis-nous quelle est ta terre et ton peuple et ta ville, où devront te porter nos vaisseaux phéaciens qui, doués de raison (sic),voguent sans le pilote et sans le gouvernail qu’ont les autres navires ; ils savent deviner, d’eux-mêmes, les désirs et les pensées des hommes ; connaissant les cités  et les grasses campagnes du monde tout entier, ils font leurs traversées sur le gouffre des mers, sans craindre ni la moindre avarie ni la perte dans les brumes et les nuées qui les recouvrent » .
Traduction de  Leconte de Lisle, p. 15 : « dis-moi aussi ta terre natale, ton peuple et ta ville, afin que nos nefs qui pensent t’y conduisent ; car elles n’ont point de pilotes, ni de gouvernails, comme les autres nefs, mais elles pensent comme les hommes, et elles connaissent les villes, et les champs fertiles de tous les hommes, et elles traversent  rapidement la mer, couvertes de brouillards et de nuées, sans jamais craindre d’être maltraitées ou de périr. »
« A première vue, continue F. Vinci,  nous pourrions penser  que le poète reproduit un mythe  qui rappelle plus ou moins les fabuleux bâtiments qui se retrouvent dans les légendes celtiques, ceux de saint Brandan par exemple, saint dont le nom est apparenté à celui du mystérieux phresi qui guide les nefs phéaciennes . Cependant, si nous laissons tomber les exagérations poétiques contenues dans  ces vers, ils semblent se référer à un « esprit » (mind dans la traduction anglaise que je suis)  qui  montre la route et  qui pilote les navires phéaciens lorsqu’ils sont dans le brouillard. Le mot phresi , -c’est l’ « esprit » qui guide les navires,- a une signification complexe, qui inclut le diaphragme et le cœur (sa racine est liée au sanskrit bhurati, qui signifie  mouvoir , remuer) .Le poète semble bien se référer à une sorte de boussole,-le secret des Phéaciens. Seuls les bateaux  équipés de cet instrument, qu’une mentalité archaïque  considérait comme magique, -ou mieux encore, comme un être animé, à cause du mouvement pendulaire de l’aiguille magnétique qui revient invariablement dans la direction du  nord, -faisaient voile  dans des conditions de très mauvaise visibilité, ainsi que le suggèrent les mots « recouverts de brouillard ».
« De façon encore plus vague et plus elliptique, le poète semble à nouveau se référer à cet « esprit » quand il décrit, Odyssée, chant VII, vers 34-36,  la façon dont les Phéaciens « comptant sur la célérité de leur rapides vaisseaux,   traversent l’abysse immense (méga laitma)[ de l’Océan atlantique, que leur a donné Poseidôn l’Ebranleur de la terre pour qu’ils le fassent traverser.]  Leurs vaisseaux sont aussi rapides qu’un battement d’ailes (hendiadyn incompris  :  battement et aile ; nouèma , battement, du verbe neuô au vocalisme o, faire un signe de tête, mouvoir , remuer ,  non de noèma, pensée , voir ci-dessus noves  ). »
Bérard, p. 106 : « Nous mettons nos espoirs  en nos croiseurs rapides ; car l’Ebranleur du sol a concédé le grand abîme à nos passeurs : nos vaisseaux sont plus prompts que l’aile ou la pensée ».
Leconte de Lisle : « Confiant dans leurs nefs légères et rapides, ils traversent  les grandes eaux, et Celui qui ébranle la terre leur a donné des nefs rapides comme l’aile  des oiseaux et comme la pensée »
Nous rappelant que les Chinois utilisaient la boussole depuis des temps immémoriaux,  nous pouvons envisager les Phéaciens, «  ces fameux navigateurs » (Odyssée, 8,191 : nausiklytoi andres , comme s’aventurant à travers l’immense abyme de l’Océan Atlantique , guidés par un compas primitif , qui n’ était pas aussi perfectionné que le compas magnétique géant du Queen Mary.
Le secret d’Etat des Phéaciens, don précaire du dieu de la mer.
Phrèn, dorien phran, datif pluriel phrasin chez Pindare,  vient de phrnsi, avec un n voyelle  pouvant donner  a, ana, na, est un  nom de partie du corps, dit Chantraine. Est-ce le cœur, est-ce  les poumons ? C’est  en tout cas quelque chose qui palpite.  On peut en rapprocher, avec un o prothétique, le nom grec des sourcils, ophrus, sanskrit bhruh, de bhravu- , vieux slave bruvi ,  gaulois Brandan (de bhransa- ), nom du mystérieux chef des navigations fantastiques et désignant à l’origine la  boussole, l’aiguille magnétique.  Pourquoi la connaissance même  de cette aiguille a-t-elle  disparu ?
On peut invoquer l’épuisement de la mine, mais le plus vraisemblable est  le cataclysme dont parle Platon : en même temps que l’Atlantide, la mine a été engloutie ainsi que ceux qui en détenaient le secret commercial (voir mon blog à paraître sur l’Atlantide).
La boussole  était connue donc des Phéaciens, -exactement comme en -1300 le canal de Suez avait été creusé par Séthis Ier, mais les civilisations sont mortelles.
Enfin citons le fait qu’Aristophane dans Les Grenouilles , vers 475 , à une date où on n’a plus aucun commerce avec la ville, cite comme très appréciées de ses contemporains les murènes de Tartessos , gardant le souvenir d »’un apprêtement phéacien (s’agit-il d’une sauce au garum (nyok mam à base d’anchois fermentés et d’herbes aromatiques  comme le coriandre  fabriqué en Afrique du Nord à Néapolis et ailleurs) ?)
Les Cyclopes.
Felice Vinci , dans son génial The Baltic origins of Homer’s epic tales, the Iliad , the Odyssey and the nmigration of myth, traduction anglaise de 2006 (édition originale en italien, 1995) a rattaché, p. 53, les Cyclopes à une carte du 11e siècle d’un historien allemand, Adam Bremen  qui situe sur la côte nord de la Norvège une île des Cyclopes (insula Cyclopum) comme leur  premier lieu d’occupation selon lui ; de là ils passèrent vers le sud  sur la côte située au centre nord de la Norvège et arrivèrent à un fiord appelé Tosenfjorden , riche en grottes,et Vinci rapproche le nom de la nymphe mère de Polyphème Thoosa du nom de Tosenfjorden ; ils
 émigrèrent dans la région de Klepp d’où ils tirèrent leur nom de Kyklope.
De là ils passent en Angleterre,  en Ecosse et en
 Irlande , ils y fondent des cités , les troy towns ou Trojaburg (noms dérivés du verbe de moyen anglais throwen, draja en haut allemand, thruaian en gothique, troian en celtique  qui fait allusion à l’aspect circulaire de ces temples) ,  et des mégalithes comme ceux de Stonehedge consacrés à la fertilité agraire et au rendement des récoltes. Ils confirment par un tatouage frontal vert (qu’on retrouve chez les Pictes) cette croyance en la force magique de la  végétation .Comme ces grands navigateurs vont jusqu’en Afrique noire, ils ramènent des esclaves noirs qu’ils tatouent,  comme eux-mêmes, au front de plusieurs cercles pour affirmer leur propriété sur ceux-ci ; de là,  la transformation de leur nom de Klepp en  Cyclope, œil unique tatoué  en vert  au milieu de leur front. Esclaves, or  et singes viennent  de la Côte de l’Or appelée Ufa, aujourd’hui Ife,  dans le  bassin inférieur du Congo , région de Bussira, en avant du Bénin , selon Frobenius, dans Théogonie Atlantique, spécialiste de l’Afrique noire , avec des reproductions , p. 43, dans Bessmerty , L’Atlantide, Exposé des hypothèses relatives à l’énigme de l’Atlantide,Payot, 1949,  de ces tatouages sur des masques de  terres cuite, tant ceux qui furent trouvés en Méditerranée occidentale que et datés du premier siècle avant l’ère chrétienne que d’autres de même époque et provenant de l’ Ife,  ou encore de la région de Bussira, haut bassin du Congo.  Les  Cyclopes ont laissé en chemin vers l’Afrique noire , le Bénin et la Nigérie, des mégalithes au Sénégal (voir mon blog sur les traces des indo-européens dispersés dans le monde ancien) et en Afrique du Nord , où ils fondèrent la confrérie religieuse et artisanale  des Kabires  (forgerons) qui  a donné leur nom aux  Kabyles..
Les Cyclopes, sous le nom de basques,  ont passé par l’Ibérie  (l’Espagne et le Portugal), où ils ont laissé tant de mégalithes. Sur la côte du Portugal actuelle, ils sont entrés en conflit armé avec les Phéaciens et ont réussi à les chasser  jusqu’à ce que ceux-ci se réfugient sur l’île de Schéria,  à l’embouchure du fleuve Baetis. De l’Ibérie  ils ont essaimé dans toute l’Europe , laissant le souvenir de leurs murs cyclopéens .