samedi 5 juin 2021

Ma Grammaire contrastive du Houaïlou , de la langue à la pensée archaique, retrouvée .

 

Ma Grammaire contrastive du Houaïlou , de la langue à la pensée archaique, retrouvée .



J'’avais, à la demande du vice-recteur, M. Bruel, dans les années 1970,  composé dans un souci pédagogique et linguistique,  une grammaire contrastive du Houaïlou de 104 pages que j’avais montrée à Madame de La Fontinelle. « Ce sera le tube du siècle ! » m’avait dit ironiquement le Secrétaire Général. M. le vice-recteur m’avait nommé directeur du groupe d’études  des langues mélanésiennes au C. T. R. D. P., où un instituteur , Claude Lercari ,futur beau-frère de madame de La Fontinelle, professeur de houaïlou au collège des  langues orientales,  étudiait une langue morte (1 seul locuteur, Marcel Mousse  ), celle de Moindou. J’avais fait taper trois exemplaires de ma grammaire, dont je remis l’un au vice-rectorat (avec un sommaire de vulgarisation demandé par le vice-recteur)   où il s’est perdu , un autre pour la bibliothèque Bernheim (entre les mains de madame Colombani, où il s’est également perdu, semble-t-il, comme la copie dactylographiée que j’avais fait faire du texte de Delfaut publié par Laubreaux dans le Messager) et un 3e à  Bernard Brou de la S. E. H. N. C. en vue d’une éventuelle publication(mais la Société a préféré publier un texte de G. Païta et d’un Japonais sur le Kapone).

Je n’en ai pas gardé un seul et lorsque j’ai voulu en rechercher une copie, je ne pus y réussir.  Heureusement, en 2015, Christophe Dervieux  à qui j’avais parlé de ma grammaire perdue,  m’a d’abord informé que la boîte contenant mon don à Bernard Corre ne comprenait que les dictionnaires Belep (48 pages) et Canala (Harantsu-Français , 265 p. et lexique français –harantsu , 213 p. ) du père Neyret que j’avais fait dactylographier et l’évangile de saint Mathieu

 (Levanchil de Santo Mateo . Santo Mateo onan Schon Na) et un  Catéchisme  corrigé du vicariat apostolique de Nouvelle-Calédonie. En 2021 lorsqu’il inventoria le don de  Brou aux Archives, il se souvint de ma grammaire du Houaïlou et me fit part de sa découverte ainsi que du fait qu’il avait fait numériser mon œuvre.

En linguistique, je suis  un élève de Damourette et Pichon et de leur fameux et magistral Essai sur la langue française,de la langue à la pensée,  en 6 tomes, et de leur successeur, Gougenheim  avec son Système grammatical de la langue française. ; je voulais mette en exergue une phrase célèbre de Damourette et Pichon, que voici :

« Dans la langue d’aujourd’hui, les répartitoires de rection et de supportement se combinent de trois façons  qui constituent les trois modes de complémentation.

Dans le premier mode, appelé diaplérose, qui correspond à la souplesse la plus grande du circonstancement, les deux notions de rection et de supportement restent indépendantes l’une de l’autre : le diaplérome est d’une part le diadmète d’un premier terme qui est son diacrate ,  d’autre part,le diadumène d’un autre terme qui est sa diarrize, ex. :

Le petit chat est mort

(Molière, L’Ecole des femmes, II, 5)

Mort est le diadmète de est, diacrate, et le diadumène de chat, diarrhize.

Dans le second mode de complémentation, appelé épiplérose, il y a un support-régent ou épidecte et un apport -régime ou épiplérome, exemple :

Le fils du roi vint à passer…

Roi est l’épiplérome de fils, épîdecte.

Dans le troisième mode de complémentation appelé antiplérose, il y a un support- régime : le soutien, qu’on pourrait aussi bien appeler antirhrize

qu’antidmète, et un apport- régent, l’anticrate, qu’on pourrait aussi bien appeler antidumène. Ex. :

Le roi boit.

Roi est l’antirrhize (soutien) de boit, anticrate . »

Je lisais avidement dans ma turne de l’Ecole normale Supérieure le chef d’oeuvre de Damourette et Pichono , six volumes qui me servaient à caler l’antenne de ma télévision,  continués par Gougenheim pour les struments ou prépositions.  J’avais lu l’Etude métaphysique sur les langues mélanésiennes de Julien Bernier, curieux et non scientifique, et je disposais   des photocopies du texte d’Otto Dempwolff, le seul à avoir dressé un dictionnaire des racines austronésiennes, à partir de l’indonésien surtout, ouvrage repris par des Suédois qui n’ont apporté que leur ordinateur et des détails. Comme l’avait fait le groupe suédois, sous l’autorité de M. Bruel, je tentai de mettre les racines houaïloues sur ordinateur avec l’aide d’un collègue du Lycée, professeur de mathématiques et ferré en informatique,  mais les événements balayèrent ce projet imité des Suédois.  

 

 

« [lE HURON .] Car la langue huronne est une bien belle langue en vérité.

MADAME DE KERMADEC :  -J’avais toujours cru pourtant que le français était la plus belle des langue , après  le bas- breton. »  Voltaire,  Le Huron . 

 

Mes études philologiques et grammaticales des langues kanakes.

Ma curiosité fut d’abord éveillée par le  livre, Primal Law, du calédonien Lord  Atkinson , livre qui inspira Totem et tabou de Freud et dont je projetai un moment la traduction. J’avais pris contact avec son descendant qui me montra des photographies du génial observateur du cheptel calédonien et de sa soeur , fort belle et à laquelle la source de Freud , qui avait aussi lu Robertson Smith,  était très attachée.   Puis je recueillis des mythes à Fayawé (Ouvéa), publiés par la SEHNC. Enfin le vice-recteur de l’époque, M. Bruel, le seul intelligent qu’ait jamais eu la Calédonie, me chargea de superviser le bureau des langues mélanésienne. Ce dernier  ne comptait alors qu’un instituteur métropolitain protégé d’abord, puis devenu beau-frère de Madame J. Brunet  de La Fontinelle (disciple  de G. Martinet, professeur de houaïlou aux Langues orientales), savoir Claude Lercari, niçois spécialiste du moindou, langue morte (1 locuteur, défunt aujourd’hui, le chef Marcel Mousse). Ce bureau, que je dirigeais , était rattaché au centre territorial de recherche de documentation  pédagogique (C. T. R. D. P.) et fut l’origine de l’actuel Bureau des langues mélanésiennes. 

 Linguistiquement, j’étais comparatiste, ce qui est mal vu, et disciple acharné de Damourette  et Pichon, Je composai alors une Grammaire contrastive du Houaïlou,Des mots à la pensée canaque, 104 pages , avec deux parties : l’une consacrée à une étude des répartitoires du Houaïlou qui utilisait l’ouvrage de J .De La Fontinelle (je lui fis lire mon texte) et les repensait en fonction de Damourette et Pichon , en vue d’une utilisation éventuelle pour l’apprentissage du français (le plus intéressant était les noms de parenté du Lifou et leur variation suivant le sexe du locuteur, par exemple père signifie géniteur du même sexe que celui qui parle ou à qui on parle : comme le disent Damourette et Pichon à propos du français et des langues indo-européennes :par suite d’une évolution,  « les choses semblables à un locuteur mâle seront précisément les dissemblables d’un locuteur femelle »,  définition du genre masculin utile pour comprendre  noms de parenté et  struments oncinatifs en Lifou) ; et une partie philologique , -de phonétique historique, -dont je n’ai vu nulle part l’équivalent qui appliquait Dempwolff , lequel n’avait rien fait sur les langues mélanésiennes),-au houaïlou.

J’ ai remis un exemplaire de mon travail  au  vice-recteur, M. Bruel, avec un résumé plus lisible par des profanes  ;mais  qu’est-il devenu ?

 

 

 

 

Je me suis intéressé cde longue date aux langues de Calédonie. Mon oncle, Roger Grassin, parlait vers 1910 le pinjé et fut appelé  comme interprète devant les tribunaux en 1917.Après un séjour aux Belep, où officiait le Père Neyret, ce dernier me confia ses dictionnaires manuscrits  de Belep et de Canala , où il avait été en poste auparavant, après avoir résidé longtemps aux Salomon.  Je les ai fait dactylographier et j’ ai remis aux archives territoriales les tapuscrits. Je me suis aussi passionné pour le Lifou, avec entre autres les grammaires du Père A.  Coulomb,  ainsi que pour la langue mélanésienne d’Ouvéa (avec pour informatrice Madame Jeanne Luekote, épouse Ovide Bon).Je ne me suis pas intéressé aux travaux phonologiques  de Rivièrre , ni de sa femme née Ozanne , ni de Daniel Miroux  sur la langue mélanésienne d’Ouvéa  (bonne idée de la part de celui qui fut nommé   grand commandeur de l’ordre de la francophonie ! en même temps que fut nommée telle femme africaine du  Burkina qui  ne parle  même pas français, -ce qui est une garantie, n’est-ce pas ?- et qui est anglophone !), ni de Lenormand (thèse) sur le lifou, ni d’un Japonais sur le kapone (langue du sud ; informateur Gabriel Païta. Ni la phonologie, ni les propositions de graphie, ni la phonétique ne m‘ont vraiment intéressé,mais   seulement la philologie historique et les catégories grammaticales.

 

Depuis lors  je me suis passionné  pour l’origine de la migration qui amena à Houaïlou les premiers habitants et aujourd’hui je ne parlerais plus de langue austronésienne  comme à l’époque, même si le travail de Dempwolff sur l’indonésien et ce qu’il nomme austronésien avec dégagement de racines est le seul et donc très précieux , mais de langue austroasiatique , bien que,  pour les langues austroasiatiques (de Birmanie , etc.) l’équivalent de Dempwolff , c’est-à-dire le dégagement de racines valables pour le polynésien, les langues dites mélanésiennes : calédoniennes et fijiennes,ainsi que   le malgache , reste et restera longtemps  à faire.

 La parlure de Houaïlou, l’ (a) jie (‘a de fa ou fwa) signifiant langue) est à rapprocher du sie d’Erromango au Vanuatu. Elle fait partie d’un groupe de langues mon-khmer dites she parlées en Malaisie par des populations dont la  langue est appelée   le kensieu, le kensiu ou le kensiw (de kanasia, de (i) kan métathèse de anaik, au sens de frère, et  azika, au sens de tribu, c’est-à-dire les  frères de la  tribu).

L’odyssée des Tibawés, origine selon Gabriel Païta des Houaïlous (voir mon blog sur les migrations préhistoriques).

A) De la  Nouvelle-Bretagne jusqu’ aux Fidji et aux Touamotous.  

 De Talepakamale (de tibawé, pakéa et male, birman) aux  îles Mussau (Nouvelle-Bretagne), près de Ouatom, les Tibawés sont chassés par l’éruption volcanique du Witori en Nouvelle-Bretagne en 1350 avant J.C.  et colonisent  aux  Salomon Pakéa (de bau karen)  , puis Ticopia.

Les Tibawés  sont des « magiciens » qui, selon J. Guillou,  faisaient appel,  à Tikopia, « à un esprit mythique surnaturel qui, la nuit, se chargeait de la mise en place de ces énormes pavés ».  Une tradition hawaïenne, rapportée par G. Coquilhat, nous confirme que  les Tibawés « avaient une réputation d’habiles artisans de la pierre, capables d’édifier un temple [ahu] en une seule nuit grâce à des  procédés magiques qui leur  permettaient de se passer de la main à la main de gros blocs de rocher. » Ils ont ainsi inventé le travail à la chaîne sous les yeux  des natifs médusés ! « Une curiosité remarquable de l’île, écrit Jean Guillou dans Peter Dillon, capitaine des mers du sud, p. 186, consiste en une longue route pavée de blocs de basalte qui ceinture le cratère.Ce travail colossal serait l’œuvre d’une population pré-lapita (entendons pré-polynésienne, blanche) qui, selon les habitants de l’île, faisait appel à un esprit mythique surnaturel qui, la nuit, se chargeait de la mise en place de ces énormes pavés. Un cyclone aurait anéanti cette civilisation. » Selon moi, ces blocs de basalte sont des ahu funéraires analogues à ceux de l’île de Pâques et des iles Touamotous.

  Les  Tibawés quittent Ticopia, que ce soit à cause d’un cyclone ,  d’une éruption volcanique ou d’un  tsunami et  émigrent  alors  à  Tongaroa (de bau karen) au Vanuatu, d’où ils   partent à nouveau  et atteignent  Galwa aux Fidji.

Vers -1000, à la suite de l’éruption volcanique du Nabukulevu, les  Tibawés  abandonnent   l’île de Galwa pour les  Touamotous, où l’on trouve l’île Pakaroa, de bau (birman) karen, dont le nom est à comparer avec Galwa (Cf.  Pa Gara, nom des premiers occupants  à Houaïlou). Les premiers habitants blancs de  l’atoll

d’ Anaa  sont  appelés papaa, tandis que les blancs sont appelés popaa à Tahiti et  papa’ à l’île de Pâques.

B)  C’est  vers 900 ou 700 avant notre ère que  des îles fidjiennes de Motirikii et de Naïgani (île du naga ou dragon), -qui furent des centres de poterie ouatom ou lapita très  anciens, en provenance de Papouasie,- eurent lieu des migrations vers Ouvéa, Houaïlou et Païta, et vers Maré, 

 « C’était un temps où les ressources étaient si rares et les noix de coco étaient si précieuses »,  nous dit le mythe, que deux cousins, Laiginiwasa et Rajkivono », commirent le sacrilège par excellence pour ces fondateurs de l’agriculture du Pacifique qu’étaient lesTibawés et «  arrachèrent  de jeunes noix de coco afin de manger leur chair à un endroit nommé Niucavu [la grotte du cocotier] », Nunn. (2001)  « Naigani Island and its historical connection with Ovalu and Motoriki Islands ; convergence between legends and facts », Domodomo, 13, pp. 19-28. Bannis, ils quittent Motoriki (de Hmong Li)  et débarquent à Ouvéa, où ils laissent  dans la toponymie les noms de Fayawé, de fa ou fwa , signifiant langue cf. ‘a,   et de yawe (de bawé), de Lékine (de  legur, serpent) et de Gosana, le calmar. Leur langue à Ouvéa est le iaai, de ti yawe et ils coloniseront la côte est  depuis le nord avec  Ouayaguette et   Ouaième (de bawé), où ils introduisent le  yawe, avec Hienghène et Ouaré (de Bawé) où ils laissent une langue, le fwa aai, de fwa, langage, et de yawe.

Ils fondent  Houaïlou, altération du nom de l’île d’Ovalu aux Fidji d’où la mère de  l’un des cousins était originaire : c’était les  Pa Gara (de bau,  birman, et  Gara, de Karen), nom des premiers habitants à Houaïlou (même mot que Pakaroa, nom d’un atoll des  Touamotous, Pakéa,  etc).  Le nom des premiers habitants de Houaïlou  est Pa Gara.

A Canala, ils laissent au moins une tête de pont, le clan Bakéa, tandis que sur la côte ouest  ils fondent Tiaré (de tibawé) et  Naïeni  (de Naïgani, aux Fidji) ,  avec son   tumulus isolé et son toponyme Mwanungo (déformé en Marengo), signifiant  la maison à double corne . Ils laissent encore leur  nom de Pakéa  qui restera pour désigner les gens de Païta.

J’ai choisi le houaïlou plutôt que le lifou , par exemple,  parce que deux études existaient, celle de Leenhardt et surtout celle de J.  Brunet de la Fontinelle , mariée à un homme de Houaïlou appelé Hippolyte Kasarherhu (Emmanuel Kasarheru , directeur du musée des Arts Premiers, est leur fils)  et élève du structuraliste  Martinet. Ce dernier disait que Jacqueline de La Fontinelle était la seule qui l’avait compris et avait appliqué ses théories. En effet, elle n’utilise pas les catégories grammaticales des langues indo-européennes, si inappropriées,  mais des lettres qui ne présupposent rien  d’idéologique.

L’étude des langues dites mélanésiennes permet de mieux comprendre l’origine des catégories grammaticales des langues indo-européennes, comme le genre masculin et féminin grâce à l’altérité et l’identité sexuelle (la prétendue « langue des femmes » , aux Canaries par exemple,n’est que le résultat de l’incompréhension de cette particularité) , la langue de respect, le voussoiement,  le nombre singulier et pluriel, grâce à l’inclusive, le substantif grâce aux « pronoms possessifs » qui blasonnent pour ainsi dire certains éléments personnels.

 Par exemple, que signifie dans nos langues le voussoiement, pluriel dit de majesté utilisé pour une seule personne ? Cela signifie, adressé par une femme à un homme : toi et ton épouse, et adressé par un homme : toi et ton père. Il reste une trace en italien (lei) ou en français : Sa Majesté, de la part d’un inférieur ou serviteur, et en français   populaire (Eure-et-Loir,  et Athis-mons par exemple ) : Qu’est-ce qu’il veut ? au lieu de qu’est-ce que vous voulez ?Le plan allocutoire, selon les termes de Damourette et Pichon (interrogation,  2e personne) est jugé trop direct et même offensant. Mon ,  ma ou mes  dans Monseigneur , Mes sieurs,  Madame.  Mon général ou Madame,  ne marquent  pas l’appartenance (le général qui m’appartient,  la dame qui m’appartient), mais une forme inclusive : le général auquel j’ai l’honneur de parler.

 

 

 

 

dimanche 18 avril 2021

Le cheval de Troie et son explication probable.

 

Le cheval de Troie et son explication probable.

Homère dans l’Odyssée n’appelle jamais le prétendu cheval de bois hippos , cheval en grec , et il lui attribue encore moins la qualité d’être de bois, xulinos. Il l’appelle toujours doru (sanskrit dâru , tronc d’arbre  sur pied , Cf .  avec redoublement ,initial grec dendros (dendrewon) ,  arbre, drus , non pas chêne, mais primitivement , tout arbre, le génitif sanskrit droh, de d°reu-, gaulois   druide) : c’était donc  un madrier, un bastaing , une poutre,  doru Epeios ou Epeiou,  Odyssée, traduction Bérard,   p. 184, chant 11,523 « Et quand on s’embarqua dans le   cheval de bois qu’avait fait Epeios ». Traduction Leconte de Lisle , p. 164: « Et quand nous montâmes, nous les Princes des Akhaiens, dans le Cheval qu’avait fait Epêios ».  Pour moi, le texte devait originellement porter : «  Et quand nous poussâmes, nous, les princes des Achéens, le  bélier (doru, lance) épéien… (Epeios,  l’Epeien, peuple d’Elide  cité dans l’Iliade , 2, 609,qui donne son nom à un guerrier de l’Iliade, 23,665,Epeios, à qui on prêtera gratuitement l’invention et la fabrication du cheval de Troie ). L’usage du bélier était utilisé par les Epeiens pour enfoncer les portes des maisons ou des villes lors de siège.

 Ce tronc d’arbre a  eu la tête coupée,  raccourcie (rectification kolon, et non koilon)  de façon à  offrir plus d’épaisseur et de résistance , Odyssée , 8 ,507 Bérard: les uns auraient voulu, d’un bronze sans pitié , éventrer le bois creux (doru koilon,le bois , le tronc creux, ce qui n’a pas beaucoup de sens,  à rectifier en doru kolon, cf. Iliade, 16, 117) , le fût de l’arbre  ,  doru,  kolon, tronqué.

 

D’où vient  l’apparition du cheval ? Le cheval se dit en latin equus, en grec ippos ou éolien ikkos , mais on attendrait phonétiquement epos (déesse gauloise  Epona), ce qui est poche de Epeios qui certes tire son  nom de sa patrie, mais dont la patrie tire son nom du cheval (epeidwos): l’Epire ,était la patrie des chevaux comme ,  en Asie mineure , la Pisidie  de peisidia,de peidwsia par transfert  de la labio-vélaire à sifflante -ksw  c’est- à -dire le pays des chevaux, ou Pise en Italie dont Epeios est supposé être le fondateur et  qu’il appela du nom de la ville de la ville d’Elide homonyme, Pise . Ce vassal de Nestor  avait en effet l’Elide pour pays d’origine  et les Eléens qui étaient ses sujets prirent le nom d’Epéiens. Il fonda aussi les cités de Métaponte et de Lagaria où il consacra à la déesse Athéna les outils qui avaient servi à tailler le madrier.

De là , lors d’un remaniement, de l’Odyssée,  la métamorphose par contresens ,  appelée à tant de riches développements , du bélier, du madrier  épeien , doru epeios , en « cheval de bois que fit Epeios » (à travers la compréhension comme : bois sculpté par Epeios)  :  Ulysse, hôte anonyme d'Alcinoos, demande dans l’Odyssée à l'aède Démodocos de chanter (VIII, 492-49, traduction de Leconte de Lisle : « (...) l'histoire du cheval
qu'Épéios, assisté d'Athéna, construisit,
et traquenard qu'Ulysse conduisit à l'acropole
surchargé de soldats qui allaient piller Troie ».

Traduction Bérard : p. 130 : « dis-nous l’histoire du cheval de bois que fit avec Epeios Athèna ».

Connaissez-vous  maintenant l’étymologie du mot français truie ? Il vient du bas latin troja, féminin tiré de porcus trojanus, porc troyen, c’est-à-dire farci (Macrobe),  par une allusion plaisante au cheval de Troie dont le ventre était empli  de 50 guerriers.

vendredi 9 avril 2021

Le bananier d’Ethiopie ou d’Abyssinie et les hautes stèles destinées par imitation magique à faire qu’il croisse de façon extraordinaire et se reproduise de façon prolifique.

 

Le bananier d’Ethiopie ou d’Abyssinie et les hautes stèles destinées par imitation  magique à faire qu’il croisse de façon extraordinaire et se  reproduise de façon prolifique.

A la suite d’une émission de Arte sur les  stèles phalliques d’Ethiopie, samedi 7 mars 2021, à 21h15, je donne ici mon commentaire. On sait que je suis penché,  dans divers de mes blogs,  sur les mégalithes et notamment sur ceux d’Ethiopie et que j’ai écarté l’ interprétation phallique .

On dit des descendants de Lucy , l’une de nos présumés ancêtres préhistoriques africains ,  que sa  peuplade se composait de chasseurs –cueilleurs qui ignoraient l’agriculture et l’élevage , ainsi que peut-être le feu. Mais on se garde bien de nous révéler ce qu’ils cueillaient et mangeaient cru. Or, si nous connaissons bien le bananier et les bananes ou pommes de paradis  comme on les appelait encore au XII e siècle,  nous ignorons le plus souvent le faux bananier d’Abyssinie ou d’Ethiopie, qui ne produit pas de bananes proprement dites, mais des infrutescences, alors que c’est de lui que vient notre symbole des fleurs de lys et que , pour de nombreuses mythologies africaine, c’est l’arbre de vie de la Genèse.

 Interrogeons Wiki : « Lbananier d'Abyssinie (Ensete vepntricosum) , [ensete étant l’altération de   entesokèlè du latin  enterokèlè, hernie intestinale, Pline 26, 79, emprunté au grec kèlè, gonflement, hernie, tumeur , cf.ventricosum ] est une plante herbacée de la famille des Musaceae. Ce proche cousin des bananiers du genre Musa est originaire de nombreuses zones de l'ouest, du sud et de l'est de l'Afrique.

« Ce faux bananier est cultivé en Éthiopie pour sa racine comestible, qui y est un aliment de base et peut atteindre 40 kilogrammes, et largement cultivé dans le monde pour ses qualités ornementales.

 

« Le bananier d'Abyssinie est un grand « bananier », sans rejets à la base, pouvant atteindre 6 à 10 mètres de hauteur ou plus, dans des conditions optimales. Il est très intéressant pour ses qualités ornementales, et pour sa grande vitesse de croissance. Une graine mise à germer au printemps peut donner une plante de presque 1,50 m en l'espace d'un été.

« En termes de résistance au froid, c'est un bananier relativement frileux, capable cependant de résister à de légers gels de l'ordre de -4 à -6 °C environ.

Ensete ventricosum var. maurelii est une variété intéressante à feuilles largement colorées de rouge, de bordeaux et de noir.

Culture

·                    Ce bananier apprécie un sol riche, léger et humide en permanence pendant la période de croissance.

·                    Le vent lacère facilement les feuilles, et freine la croissance de la plante. Il est donc préférable de cultiver Ensete ventricosum dans une zone abritée des vents forts.

·                    Le genre Ensete n'a pas de maladies ou parasites spécifiques, toutefois de petits vers blancs sont souvent la cause de crevasses et cavités noircies dans le pseudo-tronc de la plante.

·                    Par sa vitesse de croissance cette plante est intéressante comme plante annuelle au jardin tempéré, la multiplication par bouture assurera sa survie pour les années suivantes, à condition de garder des exemplaires au chaud durant l'hiver.

Multiplication

« Ensete étant un genre de plantes  monocarpiques non cespiteuses, la plante disparaît après fructification. Ses graines, qui sont grosses, noires et irrégulières, sont donc le moyen naturel de reproduction de ces plantes. Après décapitation du pseudo-tronc, une multitude de pousses adventives apparaissent sur la tranche. Elles sont assez faciles à détacher et peuvent être bouturées après l'apparition des premières racines. Il suffit de les poser dans un terreau humide pour les voir se développer. »

« L'infrutescence est un rameau comportant des fruits, ici avec enroulement des bractées ou feuilles , mais pas de feuilles sans fruit. Certaines fleurs n'étant pas fécondées et certains fruits n'arrivant pas à maturité, la reconnaissance entre fleurs et fruits est parfois difficile. Une infrutescence est caractérisée par son organisation en cyme ou corymbe » (comme le « régime » qui pend aux feuilles). Les Ethiopiennes  râpent sur le pseudo-tronc du bananier  même une poudre dorée pollinique  comestible en soulevant ce que j’appelle  peut-être improprement, n’étant pas botaniste, les « feuilles » ou bractées  disposées en cymes de l’infrutescence. »

 « Certains faux-fruits comme la figue ou l'ananas sont des infrutescences. » Le centre de l’ananas est le vestige de la hampe florale, tandis que les cônes sur sa peau le sont des petits fruits originels.  Citons aussi les fraises

Penchons-nous d’abord sur le mot créole régime de bananes. Le mot français régime  vient du latin regimen qui signifie  l’action de diriger, par exemple le régime de monarchie ou en grammaire le régime d’un verbe, c’est-à-dire ce qu’il dirige , ce qu’il commande , soit transitivement (l’accusatif ou complément d’objet direct) , soit intransitivement (datif en  latin , complément d’objet indirect , complément d’attribution). Mais comment expliquer le sens de régime dans régime de bananes ? Le sens vient d’un mot du bas- latin différent qui s’est confondu avec le premier, regeneramen , au sens de ce qui permet une nouvelle naissance après une mort apparente et provisoire et ensuite désigne le chapeau en forme de gland  des stèles prétendues phalliques, puis le phallus , symbole du dieu des Jardins,  Priape.

Je rappelle qu’à date ancienne on ne comprenait la germination dont dépendait la nourriture humaine que comme la suite d’une mort préalable ; Voltaire, lorsqu’il se gausse de l’ignorance botanique du Christ disant à ses fidèles : « Si le grain tombé en terre ne meurt préalablement,  il ne donne pas de fruit , mais s’il meurt, il produit de nombreux rejets. »   Or, le Christ reflétait la pensée  générale, héritée de temps très anciens et conçue  devant le mystère du faux bananier . Comme le dit Wikipedia, «  la plante disparaît [donc semble mourir] après fructification… Après décapitation du pseudo-tronc, une multitude de pousses adventives apparaissent sur la tranche. Elles sont assez faciles à détacher et peuvent être bouturées après l'apparition des premières racines. » 

Pour moi , tous les menhirs sont issus du désir d’aider magiquement la pousse des plantes  auxquelles  elles

sont dédiées et l’éventuel chapeau qui les surmontait (voir tous mes blogs sur le sujet) , qu’on retrouve par exemple aux Baléares ou en Turquie, représente ce grain mort, à l’origine l’infrutescence du faux bananier.

C’est ce qui est gravé sur les stèles si nombreuses d’Ethiopie. Les couleurs pointes des stèles,   bleu et pourpre (venant d’ocres minéraux)  sont celles qui sont éclatantes sur les bractées du faux-  bananier  , tandis que les lignes superposées imitent  les lignes superposées de l’infrutescence.

D’autres plantes analogues, comme les palmiers ou les figuiers -sycomores , ont pu également alimenter

l’ imagination . Interrogeons Wikipedia :

Ficus sycomorus

Sycomore géant ayant servi de modèle pour le billet de 5 nakfas érythréens

 

Cultivé en Égypte depuis le troisième millénaire avant Jésus-Christ, le figuier sycomore est originaire d’Afrique centrale où on le trouve du Sénégal au Nord Est de l'Afrique du Sud, à l'exclusion des régions de forêt tropicale humide. Il pousse spontanément dans la péninsule Arabique et dans certaines régions de Madagascar. Il a été naturalisé en Israël et en Égypte Dans son habitat d’origine, l’arbre pousse généralement sur des sols riches, le long des rivières et dans les forêts mixtes.

Ficus sycomorus peut mesurer jusqu'à 20 m de haut et 6 m de large avec une couronne assez dense.

L'écorce est jaune-vert et s'exfolie en bandes laissant apparaître une écorce intérieure jaunâtre. Comme tous les figuiers, le sycomore contient du latex.

Les feuilles cordiformes vert foncé mesurent 14 cm de long sur 10 cm de large et sont disposées en spirale autour du rameau. Sur la face inférieure vert clair, on voit apparaître des nervures proéminentes et les deux faces sont rêches… »

Les fruits se présentent en  est grappes d'infrutescences , chacun d’eux est une sorte de

« figue » [nom donné aussi aux fruits du faux bananier et aux petites bananes , dites bananes –figues à la Réunion  ou bananes –bébé aux Antilles] comestible de 2 à 3 cm de diamètre, passant du vert au jaune rosé. Ces fruits « poussent en grappe tout au long de l'année avec un pic entre juillet et décembre.

Son bois peut servir de combustible et le frottement de deux branches permet d'allumer un feu.

« Le fruit est comestible mais souvent rempli d'insectes. Les fruits comme les feuilles peuvent servir d'alimentation pour le bétail en améliorant la production de lait.

« Homère le cite dans l’Iliade comme poussant très haut près des remparts de Troie. Certains cercueils de momies en Égypte étaient faits de son bois, censé assurer la renaissance du pharaon. Le Livre d'Amos (7:14) se réfère à son fruit (« Je suis bouvier et  pinceur de sycomores », dit Amos, -car, nous dit la Bible de Jérusalem, « en pinçant la tige des fruits du sycomore, qui servent de fourrage, on en hâte la maturation « pour les rendre aptes à nourrir le gros bétail. Mais peut-être en pinçant la peau du fruit était-on plutôt censé assurer la reproduction et la fécondité du sycomore. » Ceci est à rapprocher du fait que lorsqu’on casse  une des branches de certains figuiers, elle repousse. 

La circoncision.

Encore aujourd’hui, par un geste qui évoque la récolte du sagou,  les Ethiopiennes  râpent , sur le pseudo-tronc du faux -bananier ,  une poudre dorée comestible en soulevant ce que j’appelle  peut-être improprement, n’étant pas botaniste, les « feuilles » disposées en cymes de l’infrutescence.  Est-ce ce geste préhistorique qui a inspiré le rite peu compréhensible de la circoncision,en particulier de la super-incision,  l’enlèvement du prépuce  étant comparé au détachement des « feuilles »  du faux –bananier  et étant destiné à assurer une nombreuse  descendance?

L’arbre de la science du bien et du mal de la Genèse, le pommier d’Eve, le Pommier de Sodome ou Calotropis procera (embuhaï en amharique). C’est un arbuste qu’on trouve en Afrique et en Moyen-Orient, poussant dans les zones arides. Au Maroc, on lui donne le nom sans équivoque d’arbre de Satan : en effet, le Calotropis est terriblement toxique, au niveau de son latex en particulier. Ses fruits, à la forme de petites pommes, ont cependant des vertus médicinales et sont encore utilisés par de nombreux tradipraticiens.

Le Calotropis est aussi bien l’Arbre de la science du bien (la médecine traditionnelle, la pomme d’amour, celle qui sauve) que l’Arbre de la science du mal, de l’empoisonnement , de la sorcellerie.