dimanche 5 septembre 2021

SCHLIEMANN ET TROIE EN 2021

 

           SCHLIEMANN ET TROIE EN 2021

 

David Trail, dans Scliemann of Troy, 1995, New York, chapitre XCI, jette le doute sur le fait que le lieu fouillé par Schliemann serait la Troie homérique : « Strabon nous rapporte que la plaine d’Hissarlik –Troie  avait était un bras de mer au temps de la guerre de Troie et que par la suite il avait été comblé par les alluvions d’un fleuve.  Si la mer était venue battre les murs de Troie, comment les Grecs auraient-ils pu occuper , comme Homère nous le dit,  la plaine entre la cité et la mer ?Schliemann, Burnouf et Virchow ont creusé des puits dans différentes parties de la plaine et leurs conclusions furent que , jadis,il y avait  un bras de mer au nord de la plaine  et que le Menderes (le Scamandre homérique) avait coulé beaucoup plus près d’Hissarlik qu’aujourd’hui .Grâce à une série de sondages  profonds exécutés en 1977, nous savons aujourd’hui que, ,aux temps préhistoriques, la plaine était couverte par un bras de mer extensif qui submergeait même Hissarlik dans la période dite Troie 6 et beaucoup plus  dans la période dite Troie 2, mais qui , du temps de Strabon,s’était réduite à une très petite baie à l’embouchure de la rivière. Aussi Strabon avait-il parfaitement raison et les découvertes de Schliemann, Burnouf , et Vinchow , fondées sur des échantillons inappropriés, étaient dans l’erreur. » N. B : les couches sont décomptées à partir de la plus ancienne, si bien que plus le chiffre est bas , , plus les restes sont anciens. La Troie homérique est traditionnellement réputée être la Troie 6-7a.

Pour sa part, Moses Fi,nley , dans son célèbre essai Le monde de l’Odyssée,  appendice 2, , New York, 1977,écrit : « Il existe un fait indubitable, c’est que ni Schliemann ni ses successeurs n’ont ,jamais trouvé le moindre fragment liant la destruction de Troie 7a  à la Grèce mycénienne ou à  une invasion d’une autre origine. On ne connaît rien , dans l’archéologie de la Grèce et de l’Asie mineure ou bien dans les tablettes du linéaire B , qui soit lié au mythe homérique  d’une grande coalition grecque contre Troie, pas plus qu’à une mention de la guerre de Troie.Il n’y a rien qui accuse un conquérant comme Agamemnon, ou une coalition mycénienne , ou même une guerre. Caskey le confirme lorsqu’il a écrit : « les restes matériels de Troie 7a ne prouvent aucunement  que la ville ait le moins du monde fait l’objet d’une attaque.  Si la citadelle n’a pas été ravagée par les Grecs sous le commandement d’Agamemnon , nous n’avons aucune raison  d’appeler Troie cette Hissarlik. »

Le professeur Fausto Codino, dans Introductione a Omero,  Turin ,  1990, , 16, , écrit : « Il n’est pas sûr du tout  que l’incendie de Troie 7ait été causé par une action militaire. Si Troie a été réellement conquise et détruite, il n’est pas certain que les conquérants aient été des Achéens venus de Grèce. »

Fritz Graft écrit dans  « Il mito in Grecia », Bari, 1977, qu’ «  Il est véritable que Troie 7 ait  été détruite par une action violente, mais cela peut être un tremblement de terre suivi d’un incendie ; il n’y a aucune preuve  d’une attaque par des ennemis. »

Strabon avait déjà écrit cette Troie,  qui correspond à celle de Schliemann,  ne constituait pas le site de Ilion, si l’on considère la question par rapport à ce qu’en raconte Homère. »

Même en France , et de plus sous  le patronage de l’Association Guillaume Budé, un savant homériste Charles Vellay , de 1936 à 1938, a publié trois  brochures : Nouveaux  aspects de la question de Troie,

Controverse autour de Troie,

Comment se pose aujourd’hui la question de Troie,

a contesté l’identification faite par Schliemann,et ce,   même  après la découverte  ou pseudo-découverte de vestiges à Hissarlik.

Enfin , plus récemment, le suédois Martin P. Nilsson , dans , New York, 1963,s’étonne de la mention  des Ciliciens et des Lyciens,dont nul ne connaît la présence ailleurs que

 dans le sud –est de l’Asie mineure (voir ci-dessous).

James G. Macqueen, dans The Hittites,  remarque que c’est probablement dans la riche plaine d’Eskisehir, à plus de 180 milles des Dardanelles , que se trouvait  la Wilusa hittite et  qu’elle ne saurait se confondre avec Ilion –Hissarlik. De son côté le professeur Dieter Hertel qui a travaillé sur le site de Hissarlik, dans son ouvrage Troy, Bologne, 2003,  écrit que Wilusa et la cité de Schlimann n’ont rien à voir avec la Troie homérique.

Hissarlik –Ilium était seulement une citadelle très bien fortifiée à l’embouchure des Dardanelles , comme les fouille de Rose et de Korfmann l’ont montré.

 Après la revue de ces autorités internationales récentes  faites d’après Vinci, interrogeons maintenant le catalogue des navires au chant II de l’Iliade.

Dans le Catalogue  arrivent les premiers,au vers 819, ,  après les habitants de Troie d’Hector,  les Dardaniens d’Enée  qui sont ses voisins les plus proches , ceux chez lesquels il a choisi sa femme Andromaque , comme son père avait choisi Hécube chez les Phrygiens de la grande Phrygie voisine elle aussi..  Deux épisodes de la brève carrière d’Achille nous permettent de préciser la région :

1) I, 366, Thèbes ,Kaÿstrum , de kuba -strum, strum signifiant la ville,le nom étant resté pour désigner un fleuve, aujourd’hui Cybistra, qui figure sur la carte du Gaffiot , p.930,  à l’article Lycaonie, au ,nord  de Séleucie ,  de kubais+ (a)ndr, rivière,  la ville d’Eetion , le père d’Andromaque, est prise par les Achéens et avec elle Chrisèis , de Chrysa. Plus loin, apparaît Thèbes Hypoplakie , altération par incompréhension de Plakie, de phl°gwia, c’est-à-dire   la Thèbes phrygienne, de la grande Phrygie, opposée aux Thèbes d’Egypte et de Béotie (Sapphô la nomme ainsi), , dont les habitants sont appelés Ciliciens , et Achille leur a volé un cheval, XVI, 152 ; Brisèis (II, 689, XVIV, 295 vient de Lyrnessos  (Termessos aujourd’hui sur ma carte de Gaffiot, p.931, à l’art. Lycia  ), VI,394 sqq.  Selon Dictys, II, 27,  Ajax  a   pris Pitya , latin Pitaium, en Carie ] ,  Zéléia, latin Zélia , Pline ,5, 141, ville de Troade,  Gargaros [près de l’Ida]  Arisba [en Troade],  Gorgitae [pour Cercetes ,  mont de Samosate en Leukassyrie, aujourd’hui Samsat] Scèpsis [ville de Mysie citée par Xénophon ] et Larissa en Leukassyrie,  et il a capturé beaucoup de bétail dans l’Ida.  Durant

L’hiver,  il  répète ces opérations en Phrygie (la grande Phrygie, au nord de notre Troie de Cilicie) .

2) Iliade, 20, 89 sqq. Enée reconnaît qu’Achille l’a poursuivi dans l’Ida (Taurus)  lors de son raid contre le bétail troyen et lorsqu’il saccagea Lyrnessos (c’est-ce la Termessos de Tite-Live , 38, 15 , 4) et Pedasos., Pedasos, celle qui est riche en sources, grec pègè, nous aide à localiser ces raids, car Pline, 5,122, nous apprend que c’est la même ville qu’Adramutte, dans le golfe turc d’Edermit , de adramutte. Les  habitants sont les Lélesges et les  Troyens.

L’auteur du Catalogue des navires , tout de suite  après avoir présenté Hector et ses Troyens, puis Enée et ses Dardaniens, passe à Pandaros et à ses Lyciens. Mauvais coup pour les partisans de Hissarlik , car la Lycie est à l’autre bout du royaume !  

 En effet, Pandaros habite la Lycie, chant 5, vers 105 : « le jour où je suis parti de Lycie «  et vers 173 : «  en Lycie, personne ne se flatte de l’emporter sur toi ». Chant XVII, 151 sqq. : (c’est Glaukos qui s’adresse à Hector : «   Hector, jamais plus les Lyciens  ne lutteront contre les Danaens pour Troie… Si les Lyciens m’écoutent, nous retournerons dans nos demeures…  (Hector lui répond : )

Ami, je te croyais supérieur en prudence à tous ceux qui habitent la fertile Lycie….  Troyens , Lyciens et braves Dardaniens,soyez des hommes, amis ! 

 Vers 824-827 :« Puis viennent ceux qui possédaient Zélée, non loin du pied de l’Ida, les Aphneioi troyens ,  qui boivent l’eau glaciale (j’ai corrigé melan qui est surprenant, noir , en kelan, glacial) de l’ Aisèpos  que commande  le glorieux fils de Lycaon, Pandaros, dont

l’ arc est un don d’Apollon lui-même. »

Zéléia en  Lycie  est une  ville fondée par Carcabos , le grand-père de Pandaros  , lui-même  fils de Lycaon.  Après avoir tué son père  Triopas ou Dynas , qui était roi des Perrhèbes  dans la Phrygie du nord, , il fut purifié par Trôs , le roi de Troade,  qui lui accorda, en outre, une concession sur laquelle il fonda Zéleia, actuelle Cybistra citée par Cicéron  , proconsul de Cilicie en 51 av. J. C.  . Voici ce que nous apprend le Net  à son sujet : « Ereğli s'est appelée Héraclée Cybistre ou simplement Cybistre (en grec : Ἡράκλεια Κύβιστρα ; en latin : Cybistra). En 51 av. J.C., Cicéronproconsul en Cilicie campe « à l'extrémité de la Cappadoce, non loin du mont Taurus, près de la ville fortifiée de Cybistre1 ». Il était alors chargé de rétablir l’autorité romaine dans la région et « de remettre la Cappadoce sous l'obéissance du roi Ariobarzane, et de le réconcilier avec ses peuples. »

Héraclée, Ereglise de Konya en turc (Conisium en Mysie selon Pline, 5, 126, plutôt que Iconium au sud qui figure sur la carte de Gaffiot comme Cybistrum) ) est une  ville est sur le plateau anatolien à l'entrée des Portes de Cilicie, cette position sur la route menant de Konya à Adana joue un rôle important dans son histoire.

Le bas-relief hittite sur la rive méridionale du lac du barrage d'İvriz à une quinzaine de kilomètres au sud-est d’Ereğli est le témoin d’une présence humaine très ancienne dans la région (IIe millénaire av. J.‑C.).

1.  Cicéron« Lettres à des familiers, livre XV, 4 » [archive], sur Itinera Electronica»

Lycaon reçut son nom, pour honorer le plus jeune fils de Priam tué par Achille, Iliade, III, 333, XX, 81, XXI, 34 sqq,  XXII, 46, XXIII, 746.  Il est possible que Hécabè, dorien Hekaba, de kekagwa , ce   qui explique la forme latino-étrusque et française  Hécube , la 2e femme de Priam, soit originaire de Zéleia –Kubisthra , de Kugws°sa   et la sœur de Carcabos, de  kahagwas, Hécuba venant de  hag°wa.

 Larisa, au  vers 841, 36, p 153, citée par Pline, 5,121, est-elle  à ranger dans cette région lycienne . Pélasgôn au vers 840  et Pélasgou au vers 843 associés à Larissa sont étonnants . Selon Dictys, II, 27,  Ajax  a   pris « Pitya  Zéléia, Gargarus , Arisba, Gorgitae, Scepsis et Larissa, et il a capturé beaucoup de bétail dans l’Ida ». 

Teuthamos est un  roi d’Assyrie, appelé aussi Tautanès, dont le règne coïncide avec la guerre de Troie. Priam lui envoya des ambassadeurs pour lui demander du secours. Il se rendit à sa prière et lui envoya .1) selon Diodore de  Sicile, II, 22 appuyé par une scholie des Chroniques d’Eusèbe, I, 66,  10000 Ethiopiens de Suse et 200 chars de guerre, sous le commandement de Memnon. Homère ne semble pas connaître ce renfort qui vient des Chants cypriens.

2) Pylaios , petit-fils de Teutamos,  qui, avec son frère Hippothoos, conduit un contingent venus de Larisa , selon Strabon, XIII,3, 02, , p. 620 et Dictys de Crète,  II, 35: (vers 840 sqq.) « Hippothoos conduit les tribus des Pélasges aux bonnes lances, des Pélasges habitant la plantureuse Larisa. Ils ont à leur tête Hippothoos et Pylaios, rejetons d’Arès, fils du Pélasge Lèthos, fils de Teutamos. » Ces Pélasges étaient issus de Pélasgos fils de Larisa. Celui-ci avait deux  frères  avec lesquels il partagea la Thessalie en trois royaumes dont l’un s‘appela la Pélasgiotis. Cinq  générations plus tard, les descendants furent expulsés par les Curètes et les Lélesges et , tandis qu’une partie d’entre eux finit par émigrer en Italie, une autre émigra en leukosyr , où elle fonda une Larisa.

Bien curieusement, deux vers ont été rajoutés postérieurement pour tenter de résoudre cette difficulté pour ceux qui tiennent à tout prix à Hissarlik et pour les colons dont parle Leak , soucieux , vers le VIe siècle,  de légitimer leur présence en feignant d’honorer les rois fantoches d’Ionie,  Glaucos et Sarpédon  , les vers 876 -877 : « Sarpèdon, lui, commande aux Lyciens, ainsi que Glaucos sans reproche . Ils viennent de loin, (tèlothen) de la Lycie  et des bords de son Xanthe tourbillonnant. » La précision tèlothen , qui signifie au loin,est pour ceux qui , comme moi,  situent Troie en Cilicie. en contradiction complète avec la place de la Lycie tout de suite après les Dardaniens . Le mot loin  est un indice qui doit éveiller notre attention, car il peut aider à fixer un lieu. En revanche, l’adverbe tèlé , loin, est  bien venu en  862 : Phorkys conduit les Phrygiens avec Ascagne pareil aux dieux. Ils viennent de loin (tèlé) , de l’Ascanie. » Il s’agit de la petite Phrygie (Phrygia minor), opposée à la grande Phrygie (Phrygia major) près de Troie-Sileucie . .Homère l’appelle encore en 24, 545, kathuperthen,  la Phrygie qui est au-dessus de Troie , au nord , la Grande phrygie. Telè ou tèlothen sont appliqués justement aux Paeones , II, 849, ou aux Halizones, II, 856.  L’auteur de cette interpolation en a remis une couche, pour ainsi dire, avec tèlé et tèlothen :V, 478 et 479 Sarpèdon , 478 :  tèlôthen èkô tèlou gar Lukiè  Xanthô épi  dinenti, et les bords de son Xanthe tourbillonnant ,

Sarpédon est le petit-fils du Sarpèdon crétois, frère de Minos, qui  passa en Lycie et eut un fils nommé Evandre qui épousa la fille de Bellérophon, Laodamie. De ce mariage naquit notre Sarpédon qui, avec Miletos, fonda Milet et Sardes.  Milètos , qui alla d’abord à Samos où il fonda une ville Milet , alla de là en Carie où il fonda une seconde Milet  , Millawanda.

L’auteur de l’interpolation  des deux  derniers vers du chant II a confondu le  fleuve et la ville de Xanthe avec son célèbre temple d’Apollon lycien, près de la ville de Termera,  peut-être par la suite Tekmesa . Même la Phrygie est dite loin

 

  Pour le fleuve des  vers 824-827  ,  citons Strabon,602,  qui était originaire de Paphlagonie (de même Démètrios de Skepsis , que suit ici Strabon , est originaire de Scepsis dans cette région) : pour lui , l’Aisèpos, auquel a été selon moi rajouté le nom  d’ andeiros (variantes andiros, andèros signifiant rivière , qui n’est pas cité dans la liste des fleuves en Il. , 12,20, de l’indo-européen adura, cf .l’Adour ) est un affluent du Scamandre qui prend sa source dans le pays de Caresèna ; la ville de Andeira dont le  nom dérive de celui de la rivière , en indo-européen adura ,est située  selon Strabon (610 et 614) près de Scepsis (la ville natale de Dèmètrios) , Pionidae et Gargaris , citée dans Il. , 8, 48 et 15,152, ville  près de la cime méridionale de l’Ida  citée par Quintus de Smyrne, 10, 90 etc., où Zeus possède un temple).    Strabon, 602, l’Aisèpos   se jette dans le Scamandre à partir de la Karèsènè, une région montagneuse peuplée de nombreux hameaux et bien cultivés, s’étendant auprès de la Dardanie jusqu’ aux villes de Zéleia et de Pitueia. »

La Dardanie est le même mot qu’Ascanie.   Le nom du fleuve de Troade,Karsos ou Karèsos , Il. 12, 20,  la ville de Coracensium , ville de Cilicie citée par Tite Live, 33,20 et les Ceracica sacra, fête  en l’honneur de Mithra , C. I. L.,  6, 751, nous précisent  la localisation.

  Examinons maintenant  le passage de ce chant II, relatif à la région d’Ilium – Hissarlik, vers 835-sqq : Puis ceux de la région de Percote et du Practios (de

phr°g- , phrygien , de la grande Phrygie + Tia ,Cf .Tyana, nom de ville ) ceux de Sestos et d’Abydos, ceux de la divine Arisbè. Ceux-là ont à leur tête Asios , l’Hyrtacide, commandant des guerriers , Asios , l’Hyrtacide, que de puissants coursiers à la robe de feu amènent d’Arisbè, des bords du Selleis. »

Allen , p. 152, commente sobrement : Phaerops , fils ou ami de Asios , apparaît à Hector tel un double , 17, 582 sqq , comme venant d’Abydos , qui est la capitale de la région , contrôlant le trafic de l’Hellespont. Pline, 5,141, nous indique que Percote est une ville de la Troade (de la région d’ Ilium -Hissarlik) .Quant à Practios, le Bailly nous indique qu’il s‘agit d’un fleuve de Troade, aujourd’hui Bargus ou selon d’autres le lac de Muskakoï. Virgile nous parle d’Arisba comme une ville de Troade  dans l’Enéide, 9,264. Quant au Séllèeis, Sellèentos, ce serait un fleuve de Troade. Notre bilan est maigre concernant  une région importante pour les partisans de Schliemann

    Reprenons notre catalogue des Troyens au chant  II, vers 827, après la Lycie de  Pandaros voisine de Troie.     

Tout le texte jusqu’à la fin du chant est interpolé

d’additions et  surtout l’ordre géographique n’est pas respecté, l’ordre naturel des vers est chamboulé.

La Carie et Milet (Millawanda), vers 868 p. 165, 15, avec le mont Phthirius, de pt , pitys, pin et du mot grec strobilos donnant –ir-ios,   aiguille de pin, par métonymie et en lien avec la religion de Cybèle, le Méandre, vers 869 (nom signifiant rivière andre , de indo-européen adura, cf. l’Adour,  des Meiones) , le promontoire de Mycale , cf. le nom de Mycènes et am’uraghen , l’endonyme des Berbères ; langage qualifié de barbarophônos,altération probable de berbérophone,  Cf.  l’empire Amurru, ,  agriophônoi, allothrooi, alloglôssoi : Homère  n’était pas un  linguiste .

Ephèse (Apasa) : vers  828, les habitants d’Adrestia (Kedrus de tedres aujourd’hui par métathèse syllabique ?) , d’Apaesos (Ephèse), de Pitya , latin Pitaium , ville de Carie, Pline, 5,107 (c’est une allusion au pin qui intervient dans la religion d’Agdistis et d’Atys ;, et nous allons  trouver une 2e  ville Pityia en Troade du sud),   et du mont Tereia, ; 4, p 152,  soit au sens d’observatoire, soit plus probablement en liaison avec Térée, Téreus , roi de Thrace, des Perrhaebes plus exactement, père de Triopas , lui-même ,père de  Carcabos  qui le tue pour sa cruauté tyrannique , puis s’exile auprès de Trôs , roi de Troie, qui lui donne une concession à Zélia, aujourd’hui Soli,  à  l‘est de Séleucie, vers Coracesium , dans la Pisidie voisine de la Lycaonie, ou Soloe, grec Soloi,  patrie du philosophe stoïcien  Chrysippe, de Ménandre l’auteur comique et du poète Aratos. [Les Zéleiens habitaient au pied de l’Ida (du Taurus), buvant l’eau hivernale (correction : kelan et non melan , noire ;l’adjectif se justifie  parce qu’intermittente et coulant surtout en hiver, à la saison des pluies ) de l’Aisèpos (de ai , rivière ),  aujourd’hui Sepu .  Térèe est le père du Lycien  Pandaros. Térée est lié au mythe de Philomèle et de Proknè, l’oiseau phrygien, deux soeurs  dont l’une, Proknè, est donnée en mariage à Térèe. Elle a un fils de son mari, Itys ou  Atys.  Mais Térèe tombe amoureux de sa belle-sœur, Philomèle (en grec , celle qui aime la musique en mode phrygien) ; il lui fait violence et, pour qu’elle ne puisse révéler son crime, Térée lui coupe la langue. La jeune femme trouva quand même le moyen de révéler à sa sœur Proknè en brodant sur fils d’or  ses malheurs.  Proknè décida alors  de punir son mari en tuant punir Térée .Elle tua son propre fils Itys, le fit bouillir.  et donna sa chair à manger  à Térée  à son insu. Les deux soeurs s’enfuirent alors. Quand il s’aperçut de ce nouveau crime, Térée prit une hache  et poursuivit les deux sœurs ; il les rejoignit à Daulis en Phocide, mais les deux sœurs implorèrent les dieux  qui eurent pitié d’elles et les transformèrent , l’une , Philomèle, pour les Romains , en rossignol mélodieux , l’autre, Proknè, l’oiseau phrygien, de phryg +ornis,  en hirondelle migratrice. Les dieux frappèrent de folie Térée qui s’émascula avec sa hache de pierre,  et porta depuis,  comme les Garamantes et les castrats , une plume sur la tête  en forme de huppe. Pour la mythologie, Térée devint l’oiseau appelé huppe, ôpôpos en grec, upupa en latin et on peut sans peine imaginer que le mont Téréiè doit son nom à sa  forme de huppe.

Les Meiônes en  Lydie, vers 864,  p. 165, 14,  du lac Gygée , aujourd’hui Koloè , de gyroè (c’est-à-dire rond, cf. grec gyros ) sous le  Tmôlos sous le neigeux Ida  , le fleuve est l’Hermos. 20,384 : (Achille tue Iphition, le fils  d’Otryntès , conçu ) «  sous le neigeux Tmôlos , dans la fertile Hydè (aujourd’hui Lussay Haydasi au sud du lac) ;  «  tu es mort ici, toi qui est né non loin du lac Gygée où est ton champ paternel , sur les bords poissonneux du Hyllos (de Hydl°nos, Cf. la métathèse donnant de nos jours à partir de Wd°ll , ll°n d°ve, Allandiven) et du Hermos tourbillonnant .  » Sardes , aujourd’hui Sart , n’a pas encore reçu son nom et Homère l’appelle Tarnè (Atarneus,Atarna), aujourd’hui Atar Alam-koy  , métathèse de atarmawa , le l étant un morphème d’adjectif  hittite et koy signifiant rivière,  la rivière  atarna , chant V,  vers 44 : « Pheste le Méonien, fils de Bôros (de Berbôros) est venu de Tarna au sol fertile ».Cette  plaine alluviale devant Sardes est très fertile.Tarna ou plutôt selon Allen, p. 185, Atarneus (Atarna et Tarna chez Stéphane de Byzance à ce mot  et à Apaisos. Il existe chez Pline , 5,122 et 37 , 156, une Atarnea de Mysie  ,ainsi qu’une source  de Tarne.. Atarneus appartient à Teuthrania, de Télèphe, où les Achéens débarquent par erreur. Ni Atarna , ni  Teuthrania   me semblent ne  rien avoir avec la région de Sardes,mais plutôt avec Attalia (de athar° nya) ,  sur la côte entre la Pisidie et la Lycaonie.   

 

Ici devrait être placé le passage  concernant la  région de Hissarlik, avec les vers 835-sqq : « Puis ceux de la région de Percote et du Practios , ceux de Sestos et d’Abydos, ceux de la divine (pourquoi divine ? Parce qu’elle est d’origine hittite ?) Arisbè. Ceux-là ont à leur tête Asios , l’Hyrtacide, commandant des guerriers , Asios , l’Hyrtacide, que de puissants coursiers à la robe de feu amènent d’Arisbè, des bords du Selleis. « 

 

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Les Thraces , vers 844, p . 154,   d’Ainos, aujourd’hui Enos sur la Maritza et les Cicones, vers 846.

Les Paiones (de kwara, pala, pays, patrie, +(ghwzon, terre , cf. Karia, de kwarya) et l’Axios (le Vardar) qui donne son nom au Pont-Euxin, la mer de l’Axos,alors qu’il devait son nom à sa couleur bleu-vert (cf. le mot bleu en avestique) , vers 849 et 850, p . 155 .

Les Paphlagoniens (métathèse de kobalos , latin cavalkus, cheval, au sens de mule, comme Pamphylie , de kwanghw°l-ia ) et les Enètes (d’un mot signifiant âne sauvage ou mule  ,sumérien ansu, arménien ês, latin asinus, grec onos),  p.157 , avec Cytorus (Kidros , aujourd’hui Quitros ou Kotru, ) , Sesamon (citée par Pline 6,5),  le fleuve Parthenios (aujourd’hui Bartan), Cromna (selon certains, Amastris, aujourd’hui Amasserah ), Aegialos (sur la côte) et Erythini. Passage rajouté selon Allen, p. 157, à partir du Catalogue des Troyens des Chants cypriens , qui datent du VIIIe siècle,   , époque  où Sinope , ville importante, n’avait pas encore été fondée, ce qui explique son absence dans les villes.

La Mysie du nord  (les Moesiens ) ,  vers 858, p ;161

Les Phrygiens (petite Phrygie, Phrygia minor, Phrygie du nord, Phrugia hyperthen ) .

Les Halizones , p ;159 et la lointaine Alybe d’où provient l’argent ,  vers 857,11, p.161, Sayce, cité par Allen, p 160. , fait correspondre le nom du fleuve Halys  avec Alybé : « Halybè ou plutôt Alybè,  correspond au hittite  Khaly-wa, « le pays du Halys », exactement comme Arzub(è) correspond au nom de l’empire Arzawa [Carie ]. Les Halizoniens  sont les klhalitu  des inscriptions cunéiformes du roi proto-arménien Rusas II (650 av. J. –C.)  qui dit que ce roi a fait une campagne contre les Moschians (Moesiens du nord), les Hittites et les Khalitu (les Alizones).  Les mines  d’argent du Taurus, travaillées par les Hittites, étaient la première source d’approvisionnement du monde antique  à l’époque préhistorique ». Allen commente : « Alybè et Chalybes correspondent à la moderne  Aleppo, en assyrien haluppu, en arabe halab,  qui était appelée en grec chalubôn.. Aleppo est éminemment hittite et parent de Alys, Halybè et Chalybè. »

 Enfin, certains naufrages d’anciens combattants de retour de Troie vers leur  Grèce natale ont eu lieu, comme celui de Diomède, dans des pays comme l’Egypte et la Libye, où l’on pratiquait  encore des sacrifices humains sur des étrangers de préférence, comme c’était  le cas de Diomède qui réussit malgré tout à s’en sortir. Ce qui m’intéresse, c’est que, si forte qu‘ait été la tempête, il est peu probable que ce soit de Hissarlik,  au nord et  très loin, mais bien plutôt de la Cilicie, beaucoup plus proche, que son navire ait été déporté, et ceci est un indice de plus en faveur de notre localisation de la Troie homérique en Cilicie.

Bref, tout me confirme dans la localisation de la Troie Homérique à Séleucie en Cilicie , où , entre autres, on repère , sur une modeste carte du Gaffiot, à l’article Lycaonie,  les restes  des remparts des Achéens , Tichachea, qu’on ne saurait expliquer autrement.

 

 

 

 

vendredi 27 août 2021

Les colons libres ou colons Feillet en Calédonie.

 

Les colons libres ou colons Feillet en Calédonie.

Madame Christiane Douyère –de Meuleneyre qui a fait sa thèse sur les colons libres dit Feillet a fait la seule liste des colons Feillet que je connaisse. Elle a paru dans un Dimanche  Matin de 1998, puis dans  Sagas calédoniennes publié à Nouméa par Dimanche Matin, sous le titre Les 1000 colons  Feillet, p.216-229. La voici sans tous les détails qu’on y trouvera.

La  liste dressée par S. Douyère comprend tous les passagers libres arrivés en Calédonie à l’époque Feuillet, même s’ils ne sont pas des colons, par exemple le pharmacien corse Tomasini (3.01.1897) avec  sa femme, ou bien Jules et Emile Jauneau, avec  femmes et enfants chacun,  partis le 29.01.1999 d’abord comme engagés par le colon  Prévet à  Ouaco avant de devenir colons à Oué Hava près de  mes grands-parents. Il vaudrait mieux parler de colons libres.  Il faut ajouter les colons libres attirés par le gouverneur Pardon, devancier de Feillet, savoir sur Hienghène :  Robert, Berthomier et sur Ponérihouen la famille Lacroix,qui a donné  le plus grand poète calédonien, ainsi que sur Koné Henriot qui était une famille de gauche attirée en Calédonie par un Henriot communard . Il faut ajouter aussi les personnes  qui arrivèrent peu après la fin de l’ère Feillet, comme Pennel installé  à Pouébo, mais qui était venu en Calédonie en tant que directeur du pénitencier de Bourail.

J’ai bien connu Gobalou , le conducteur de la pétrolette des Laborderie qui avait reçu un lot à Hienghène et dont certains « historiens » ont fait un colon Feillet . Il me disait : « Moi pas Français, moi Indien ». C’était un pauvre gosse des Indes monté à bord d’un paquebot lors d’une escale pour le fret et qui, fatigué,  s’ était endormi  dans la soute.  Passager clandestin sans l’avoir voulu, il s’était retrouvé finalement en Calédonie, -une « victime de l’histoire ».en quelque sorte !

 

Afchain, Alibe , Alphonsi, Amiet,, Anquetin, Avelot, Ayraud, Banguil, Bardou, Barrals, Barrols, Bastien , Béalet, , ,Beaulieu, Beauregard, Béghin,, Belguise, Belluscci, Berger, bergès-Casamayor, Bernard, Bétemps, Billard (Couiox-Billaerd), Billiçen, , Blancher, Blandeau, Boguil, Blivet, Bloc 2 frères dont l’un revient en métropole, Bocabarteille, Boldin, Boissay, Boissin Boisson , Bongourd, , bonnard, , Bonnaviat, Bonnome, Boquet-marchand, , Bouchenoire, Boué, Boulet, , Bournoure, Bourlon, Bourrèche,, Bourret,  Bourretière-Guillou, Bousquenoit,Bouthaux, Bouvaist, Bouvier , Bouzereau,  Brangier, Brenet, , Bridon, Broche, Broquet, Browaeys, Brugel, Brun, Brunet,Busot, Caffe (René Cyprien Marie, né le 20 janvier 1901, acte 1 Hienghène,fils de Charles Emmanuel et de Marie Mathieu,  témoin madame Wilson à Tiouandé, propriété à la Vallée du Génie en déshérence), Cantel, Canu, Capdevielle, Capdun, Capolun, , Caritey,  , Carlod, Celery, Cellier, Cerisier, Cez, Chapeau, Charrier, Chollier, Christian, Claisse, Clarisse, claudel,, Clavez, Cochet-Balmey,  Coguelat, Coilard, Colin,, colin debla Cropix, , Collard, Gombaud, Cornet-  Cernaud Cosnier, Cottin, Couderc, Coulomb, courcier, Courrioux, Cousinier, Couvert, Creoizet, Cuvillier, Dagrand,Daguet,   Damas,Daubrossedavid, de aranda,  de Gombert, De Hélouvrier, de Lagenhagen, de Montgrand, Barbiere de préville, , Debée, Decan de Chatouville, Dechavanne, Dehaen, Delage, Delarbre, Delauyère, Delbore, Delécluze, Deloupy, Delpit, Delport, Deluc, Demay, Demortière, Deneuville, Denis, Denos,Deruelle  ,Deschamps, Deshoulières, Dsruisseaux, Destoop,Devillers, Dézuginge , dhérine, dossxat, Doulouze, Drouhard,  Dubois, Duclos, Ducouzon, Duperron, Durand, Duruffet, Dussel, Dutilh, Etienne, Etvant, Even, Faury, Ferand, Féré, Ferniot, Fleuriot, Fleury,  Floricourt, Flory,Foucrier, Fournier ,François,Franzetti, Garridou,

Garrier, Gaston, Gauchet, Gaude,Gaudry, Gausset,

Gauthier,Gautrieu, Gautriot, Gerbet, Germain,Ghillet, Ginguené, Girard, Girold, Giudicelli Paul, colon Feillet installé à Negropo rive gauche, où il rejoint son parent ci-dessous, vend en 1913, 30ha20,

Giudicelli Jean Baptiste, commis de l’administration pénitentiaire, fils de Sébastien Giudicelli et de Marie Carli , tous deux domiciliés à Zonza, né le 10.09.1849 à Zonza.  Marié le 19.03. 1881 à Nouméa avec Eulalie Philomène Meurice Lèques, née le 19.12. 1844 à Ajaccio, veuve de Eugène Mignot, décédé le 3. 03.1874 à Nouméa, fille de Guillaume Lèques et de Lisette Elvira Livietta, morte en 1889 à Nouméa (nom francisé en Elivière Levicte) Piazza.  Cette dernière viendra à Nouméa avec 5 enfants : François, Louis (né en 1890), Eugénie (née en 1854), Joséphine (née en 1840), épouse Rivière, et Eulalie,  épouse Mignot.

Giudicelli Jean Baptiste et son épouse, colon Feillet , 43 ha,Negropo,  vend en 1911

Gobert, Gogelat, Goisavost, Gosselin,Gouibet,Gouge,  Gourdin,Gousset, Grassin (capital 100000francs), parti le28.01 ;1900Grière, Groiset, , Gros, Guérin,Guidicelli Paul, colon Feillet installé à Negropo rive gauche, où il rejoint son parent ci-dessous, vend en 1913, 30ha20,

Guidicelli Joseph, marié à Julie Garnossi. Naissance enfant sans vie à Bourail le 4.06. 1901, Guillaume, Guillemot, Guillermin,Guillote , Guilloux , Guinard (marié à une Lifou, sœur de Madame Lenormand, directrice de la France australe, père d’un enfant, Jean François,  colon à Oubatche ) Guisti, Guitel (Adrien, Henri,né le 26 février 1870 à Maintenon, mort à Nouméa, acte 186,le 13.11. 1904, colon à Poindimié , marié à une Marlier, qui épousera une fois veuve  Paul Bloc dont elle aura 3 filles, l’aînée  s’appelant Adrienne (Mycèle) Guitel, don,t un enfant décédé, ayant pour père le capitaine edt baron  Maxime d’André, Jean-François Guitel)  Guitton, Gustave,Haemmerlin, Haurat, Hautcoeur, Hebert, Heiz, Hennequin, Henry, Herbeaux,Heudelot, Holtzer, Hoquard, Hubin,Hugonard-Roche,  Hugot Mme, Huguet, Jacob, Jacobé de Haut, Jacques,Jacquet,Jamain, Jamin, Janisel, Janvier, Jaouen, Jaquet, Jean Mme, Jeannin, Janselkme,Jouneau,, Jouvent,Kollen, Lachaud Marcel (reste , après son départ de la colonie,  le nom du  creek Lachaud à Sarraméa ), Lacombe et,Mme  Lafargue et Mme , repartis immédiatement, Laforgue,Lagrésille,Lallut,Langerbuch, Lapetite, Laplanche, Laporte, Laret,Laroche,Laurent, Lavoigne, Lawless, Le François, Legoupils, Le Guiner, Le Pochard  Leblanc ;Lechartier M. et Mme, Leclerc, Legrand Lehaussois, Lejeune, Lemière, Lenez, Lenoir,  Léonetti,  Lesaine,  Lescurat, Létard, Letendre, Letocart Léon et Marie,

Lévêque, L’Hôpital, Libaud, Limousin, , Loubatier, Ludeau ,Maclou , Magnin Mahoux, Maillefert, Mainguet, Mazirot, Malassigné, Malherbe,

Malinovski, Mallefond, Manauté,Mansot, Marcelis , Marjery,  Marot, Martin, ,Marx, Massakovski, Mathieu, Mattéria, Maurivard, Maury,

Mayet,, Mazoudier, Mérat, Mérian, Meuret,  Michaud, Michel-Villaz, Michelet, , Michelle, Micholet,Millot, Milot, Mireau, Mitan, Mitride, Moreau, Morin, Mougenot, Moulédous, Moureauy,Moury,  Muston,Neroy Neveu, Nicolas,  Normandin, Novis, Nurdin, Obry, Offret, Olliéric, Oppenheim, Palasca, Panné, Papin, (6000 Francs de capital ),parti le 31/12/1899,  Parent, Pasquier, Passaguin, Paturel, Paul, Peigné, Pelletier,  Pennetrat, Perrault,  Perronnet Persan, Pesnel Arthur , 1846-1904, (Canala, Nakéty) avec un capital de 154000 francs, parti de Loire Atlantique le 1.3.1896, achète ses terres à Freeman et madame,née  Beauregard de Morbihan repartie, avec 3 enfants Berthe (1892-1965, épouse Adrien Féré , puis divorce), Raymond (1884- ?), Madeleine (1885, épouse Charles Jacques)) et Henri (1885 ?Nouvelles –Hébrides ) Petit, Pétrel,  Pia,, Picard  , Pieltant, Pierre, Pierron, Person,Piette,Pineau,Planchenault,,Poincheval,Poircuitte, Pollet,  Poncin, Porcher, Pougnault, Poupard, Pourain, Proust, Prunières, , Quinard,  Rafalli, Raffaitin , Raoul, Ratineaud, Reboul,  Reboulet, Reignier, Renaud, Reverchon, Rigoulet, ,Rime, Rivallin, Rob illard, Roche, Roffidal, Roger, Rolland, Rommeur, Ronsin, Roques, Rosier, Roth, Roumy, Roussel, Routier de Granval, Roux, Royer, Sadoux, Saint-Paul (18.08.96)à Amoa,mari, femme et enfant né  »n 1892, partis le 16.08.1892  pour rejoindre sa famille ? ; Sanders, Sauvageot, Savay, Scorbiac, Sérène, Séruguet, Sigismond, Simon, Sommier, , Sossoz, , Souron, Soury-Lavergne,, Suberviue, Suire, Sundberg, Talbot, Talon, , Tardivel,  Tavernière, , Testard, Testud, Thébaud, Theuret, Thonon,Tixier, Tolmé,  Trornézy, Tortel, Tourniaire,  Trolé, , Troquet, Turgetto, ,Ubin, Vaison,Variganet, Varigot, Veiten, Verger,Vichot, iVgneronb, Vincent, , Vinot, Vitalès, Vivier, Wierth

A quoi correspond la « chrysoprase de Nouvelle-Calédonie » des joailliers métropolitains ?

 

A quoi correspond la « chrysoprase de Nouvelle-Calédonie » des joailliers métropolitains ?

Les joailliers et bijoutiers métropolitains parlent souvent de « chrysoprase de Nouvelle-Calédonie». A quoi correspond cette appellation ? J’avais questionné un « petit mineur » expert,  le défunt sénateur H. Lafleur,  sur cette chrysoprase calédonienne. Il m’avait dit s’être interrogé lui aussi et avoir conclu qu’elle provenait  de l’ île Ouen et qu’il s’agissait en ce cas des plus beaux morceaux de ce que les Calédoniens appellent «  jade de l’île Ouen », même si c’est dans le sud de la grande Terre qu’on trouve également  ce minerai,  de couleur plus claire, avec des traînées blanches.

 Or, le jade est difficile à identifier précisément. Généralement on l’identifie à la jadéite que les Chinois apprécient depuis très longtemps. Mais la néphrite, de moindre valeur et plus tendre,  est aussi appelée jade. La gemmologie est science bien incertaine et les Calédoniens croient souvent que le minerai de l’île Ouen est de la néphrite, donc du jade quand même. Mais  est-ce vrai ?

En Australie, dans le Queensland, existe une mine de chrysoprase, qui est une des plus importantes du monde et qui offre les plus beaux échantillons. Les Australiens parlent aussi de « jade australien », ce qui est aussi inexact que pour le « jade calédonien ». Or, ce minerai est de la chrysoprase, c’est-à-dire une calcédoine colorée en vert par le nickel. On peut la confondre avec la serpentine, minerai de nickel vert dont sont faites la plupart des haches –ostensoirs et des herminettes,bien qu’il ait existé à l’île Ouen une carrière de chrysoprase où puisaient les mélanésiens pour les haches d’apparat . Il existe des serpentines noir foncé, d’autres marron jaune, mais le plus souvent elles sont d’un vert sombre et veiné. Toutes les haches- ostensoirs que j’ai vues, malgré l’appellation  de  jade, de  jadéite, de néphrite (toutes prétendues de l’île Ouen), étaient en réalité de serpentine. Je n’ai jamais vu qu’une seule  hache en chrysoprase. Elle appartenait au chef de l’île Ouen, feu  Jean Wédé , et c’était la plus belle que j’ai jamais vue. Ces haches en chrysoprase sont fort rares.

La seule concession de carrière  qui fut accordée sur le territoire « sous réserve des droits coutumiers antérieurs » se trouve située à l’île Ouen.

La chrysolithe et la chrysoprase  dans l’Antiquité.

La chrysolithe, en grec pierre jaune comme l’or,  désigne d’abord la topaze verte, puis la topaze jaune. Tandis que  l’émeraude n’apparaît qu’avec Néron, le mot chrysoprase,  qui vient du grec prason, poireau, et de  chrysos, (avec des paillettes d’or)  désigne d’abord le péridot avant de désigner la calcédoine verte que nous connaissons aujourd’hui. La calcédoine tire son nom de la ville de Khalkèdôn.  Dans l’Apocalypse (21, 19), le troisième   fondement des murs de la Nouvelle Jérusalem est de calcédoine (notre chrysoprase), le quatrième d’émeraude, le septième de chrysolithe (de topaze verte), le neuvième de topaze (jaune), le dixième  de chrysoprase (de péridot), comme la pierre qui ornait le plastron des prêtres juifs. Pline l’Ancien (37, 77 et 113) fait provenir la chrysoprase des Indes, c’est-à-dire d’un gisement de péridot exploité  au Cachemire, sur la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan Le péridot ou olivine, dont la couleur vert- jaune vient à la fois  du chrome et du nickel, tire son nom de l’arabe farid, pierre précieuse , et les Juifs l’importaient des carrières de l’île volcanique de Zabargad (île de Saint John) dans la mer Rouge, moins éloignée que le Pakistan qui, lui, ne rebuta pas les Grecs et les Romains. Aujourd’hui, on trouve encore  du péridot au Pakistan.

La chrysoprase de nos jours

On  la trouve au Brésil (Minas Gérais), lieu dont viennent la plupart des chrysoprases vendues sur le Net,  ainsi qu’ au Queensland, avec les mines de Candala, connues sous le nom de mines de Marlborough qui doivent ce nom à la ville voisine de Marlborough, à 87 kilomètres au nord-ouest  de Rockhampton. La production à commencé vers 1960 et a dès lors détrôné la production calédonienne. Les propriétés avoisinantes ont été vidées complètement du minerai, si bien que la mine proprement dite est encore pratiquement vierge. Les veines de chrysoprase sont dans une garniérite et contiennent au moins 2, 6% de nickel, d’où leur couleur jaune ou verte selon le taux de nickel. La production calédonienne, elle, est devenue anecdotique. 

Ainsi, la chrysoprase de Calédonie est-elle ce que les Calédoniens appellent à tort le jade de l’île Ouen.

L’origine du tiki maori et l’existence de deux animaux fossiles peu connus du Pacifique et de Nouvelle-Calédonie : le teganpaïk, une sorte d’otarie qui pond des oeufs et qui est vivipare , représenté sur le tiki, et le chevrotain aquatique ou doubé .

  

 L’origine du tiki maori et l’existence de deux animaux fossiles peu connus du Pacifique et de Nouvelle-Calédonie : le teganpaïk, une sorte d’otarie qui pond des oeufs et qui est vivipare  , représenté sur le tiki, et le chevrotain aquatique ou doubé .

  I) L’origine de l’animal fossile représenté sur le  tiki : un mammifère marin mystérieux disparu  , le teganpaïk, présent en Calédonie,   une sorte d’otarie  à long cou, parente de l’ornithorynque, Megalotaria longicollis Heuvelmans 1965.

 

Selon  B. Heuvelmans, dans Sur la piste  des bêtes ignorées, p.133, tome 1, ce mammifère marin   a été entendu pour la première fois en 1801 en Australie.  

 « En juin 1801, le minéralogiste Charles Bailly et ses compagnons de l’expédition de Nicolas Baudin s’enfonçaient dans l’intérieur des terres après avoir donné le nom de leur bâtiment, le Géographe, à la baie de la côte occidentale.  Et soudain les voilà glacés de terreur par un rugissement terrible, plus bruyant qu’un beuglement de taureau, et qui semble sortir des roseaux de la rivière des Cygnes. Terrorisés, nos hommes ne demandent pas leur reste et s’éloignent à toutes jambes. Mais il ne fait pas de doute à leurs yeux qu’une bête aquatique formidable hante le nouveau continent. » Or, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie,  Edouard Normandon a raconté avoir  entendu s’élever des marécages de l’embouchure du Diahot l’effrayant rugissement d’un animal, et les Mélanésiens ont confirmé ses dires, tandis que  des métropolitains incrédules se gaussaient et cherchaient à expliquer le phénomène  par le cri d’un lion évadé d’un cirque du temps des Américains ! Le  nom  de ce mammifère marin subsiste dans le nom de la tribu littorale de Touho teganpaïk (de tegan, serpent de mer, et de païk, « long-cou » du type du  héron des récifs (Ardea sacra albolineata). Cela correspond en Australie au katenpaï (métathèse religieuse de tekan-, paï) ou tunatapan (de  tutan, de tukan pan).Terenba en Nouvelle-Calédonie a la même origine : la palatale g devient souvent r.

 Ce mammifère marin (Heuvelmans,  op. cit. p.125, tome 2, et  Peter Costello, dans A la recherche des monstres lacustres,  p. 233) pondrait des œufs mais allaiterait ses petits comme l’ornithorynque et ressemblerait à  une otarie à long cou, avec trois bosses, caractérisée par une crinière blanche, et des rugissements rappelant ceux d’un lion.

Maoris et  Polynésiens  semblent avoir été frappés par  l’allaitement maternel  des petits d’ « otaries » à la surface de la mer, les pores des bosses diffusant le lait  comme des mamelles.

 Rien d’étonnant dès lors si les tiki  (autrefois gravés par trois dans des dents d’otarie aux Touamotou) en gardent le souvenir, car on peut être tenté de  voir dans ces figures inexpliquées que constituent les tikis porte-bonheur de Nouvelle-Zélande la représentation d’un embryon d’otarie à long cou, dans lequel  les Polynésiens voyaient le début de toute vie. Pour eux, le fait,  à partir de  l’œuf  cosmique, de passer à l’allaitement emblématique des vivipares représente l’histoire de la vie,  de  son origine à notre époque. Le mot tiki désigne étymologiquement une statuette, le plus souvent en cire, à but magique et c’est l’adaptation du mot ibère dagus , dagudos qui se retrouve en grec.

2) Le doubé préhistorique .

Dans le bulletin n°63 du premier trimestre 1985 de la Société Historique de Nouvelle-Calédonie, j’avais écrit un article sur l’existence présumée d’un animal pré européen ressemblant à une biche plutôt qu’à un  cerf (sans cornes) en Nouvelle-Calédonie, -mammifère marin en vérité car  à part les roussettes et les hommes,  il n’y a pas de mammifère terrestre en Calédonie. On l’appelait doubé, nom qui a passé tout naturellement au cerf lorsque celui-ci fut introduit par les Européens.

 Or, au cours d’une passionnante émission de la 5 (31 octobre 2019) consacrée à l’histoire de l’évolution (Grand format de la science) ,  dans la lignée évolutive complexe de la baleine, mammifère marin  également , j’ai pu voir, fût-ce très furtivement,  un mammifère aquatique , ou en tout cas semi aquatique,   nageant avec ses pattes comme une chèvre,  appelé chevrotain (et non chevrotin , petit de la chèvre),  ressemblant à une biche et appelé biche ou  biche-cochon (à cause de ses pieds qui ressemblent à ceux du cochon), nom savant Hyemoschus aquaticus , Ogilby ,1841, du grec hys, hyos,  cochon, et moschos , petit d’un animal, gazelle qui donne le musc ,  de l’ordre des Artiodactyla , famille des Tragulidae, seule espèce du genre Hyemoschus.

 Nous apprenons par Wikipedia que son « pelage est lisse, brun rougeâtre (doubè désigne justement cette couleur), avec des rayures et taches blanches longitudinales et il serait aussi impliqué dans la flottabilité. »

 

  Un parent du chevrotain de Calédonie existe encore  dans les forêts côtières de Côte d’ivoire, jusqu’au Liberia aujourd’hui les individus sont rares hors des réserves et même dans les aires protégées. L’habitat est limité aux vallées fluviales, aux zones marécageuses et aux bas fonds de certaines forêts subtropicales africaines de plaine.  C’est une espèce plutôt nocturne,  qui est herbivore et se nourrit de jeunes pousses, de figues, de noix de palmiers, d’arbres à pain, etc., et de bourgeons. Elle mange plus rarement des crustacés. 

 Sa description est la suivante : « D’une taille à l’âge adulte de 60 à 110 cm de longueur totale (dont la queue très courte dépassant rarement 15 cm de long).Le poids varie entre 6 et 17 kg. avec des individus mâles plus légers. En effet ils font en moyenne une dizaine de kg. contre douze pour les femelles. La hauteur au garrot est de 30 à40 cm. Le corps est compact, porté par des pattes fines et élancées ; l’encolure est courte, la tête petite et étroite et les yeux grands. L’animal possède un nez caoutchouteux, avec des narines fendues. Le menton, la gorge et la poitrine sont couverts de poils rudes et marqués d’un « V » inversé blanc. Les canines forment des défenses, assez peu visibles chez les femelles, mais pouvant dépasser les lèvres chez les mâles. Ses pattes non palmées, mais avec des doigts vraiment développés lui permettent une nage asse efficace. »

Il s’agit selon moi d’un fossile vivant et il est dommage que son statut de conservation UICN soit qualifié de préoccupation mineure, ce qui serait dû à un besoin de donnés scientifiques sourcées récentes.

 Est-il possible qu’un parent de ce  chevrotain aquatique africain ait hanté les côtes calédoniennes à date ancienne, comme semble l’indiquer les traditions

mélanésiennes ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les quelque 200 ou 300 tumuli de l‘Ile des Pins et les débuts de l’agriculture préhistorique.

 

      Les quelque 200 ou 300 tumuli de l‘Ile des Pins et les débuts de l’agriculture préhistorique.

1 La  découverte de leur intérêt par le professeur de géologie Paul Avias en 1949.

C’est dans « Contribution à la préhistoire de l’Océanie : les tumuli des plateaux de fer en Nouvelle-Calédonie », Journal de la Société des Océanistes, Tome 5, n°5, 1949, que Paul Avias  attira l’attention sur ces tumuli jusqu’alors méconnus ; sa  description est toujours valable : au centre une colonne de débris calcaires de coquillages, parfois existent au sommet des trous.

 

2 Les diverses hypothèses : origine géologique, origine animale, origine humaine

a) L’origine naturelle

  Les deux hypothèses d’une origine naturelle, géologique ou animale,  des tumuli.

1) En Australie, on a trouvé des stromatolithes, c’est-à-dire des colonnes calcaires fossiles formées par l’activité de bactéries. Pascal Philippot, au CNRS, Institut de physique du globe, Paris, a étudié ces bactéries très nombreuses d’il y a 2,72 milliards d’années, vivant dans des lacs  hypersalés et peu profonds  et capables de se nourrir d’arsenic,  malgré la toxicité de cet élément. Le seul fait d’avoir déposé des détritus de coquillages sur le plateau de l’île des Pins, comme sur l’îlot Koniene, pourrait  avoir stimulé l’activité bactérienne. On pourrait supposer que les courants ou  les vents ont accumulé des terres latéritiques autour de ces colonnes.

Discussion.

Les trous de poteau signalés par Luc Chevalier , au sommet des tertres , incitent, selon moi, à préférer une origine humaine.

2 L’origine animale.

Des  mégapodes pourraient, selon les partisans de cette hypothèse,  être  le  bâtisseur du cylindre et du tumulus.

1Worthy, Trevor H. (2000). "The fossil megapodes (Aves: Megapodiidae) of Fiji with descriptions of a new genus and two new species.". Journal of the Royal Society of New Zealand 30 (4): 337–364. doi:10.1080/03014223.2000.9517627. 

2 ,Worthy, T., Mitri, M., Handley, W., Lee, M., Anderson, A., Sand, C. 2016. Osteology supports a steam-galliform affinity for the giant extinct flightless birds Sylviornis neocaledoniae (Sylviornithidae, Galloanseres). PLOS ONE. doi: 10.1371/journal.pone.0150871

3"Object: Fiji Scrubfowl, Megapodius amissus; holotype". Collections on line. Museum of New Zealand Te Papa Tongarewa. Retrieved 2012-08-18.

Des spécialistes du Jardin des Plantes ont relié une tradition de l’île des Pins que j’avais rapportée dans le bulletin de la SEHNC , Société d’Etude Historique de la Nouvelle-Calédonie (« Deux oiseaux fossiles de Nouvelle-Calédonie, bulletin n° 29, 2e tr. 1976, savoir un oiseau noir aptère ,le du, et une sorte de dindon) sur un oiseau fossile,   à l’existence d’un grand mégapode présent dans la partie indonésienne de la Nouvelle-Guinée sur l’île Waigeo, localité de Jeimon (Aegypodius brujnii ou talégalle de Bruijin). Celui-ci constitue la seule espèce d’oiseaux qui ne couve pas ses œufs mais, au lieu d’un nid, construit un monticule d’incubation haut de 2 mètres avec toutes sortes de débris,  si bien que, au centre, se forme un cylindre organique sur lequel le mégapode dépose ses œufs et les recouvre de terre. Le mâle porte trois caroncules rouges et une crête noire. Les mégapodes, en voie d’extinction, étaient largement répandus aux Philippines, en Indonésie, en  Australie, aux Fiji,  et existaient   à l’île des Pins, si l’on se fie à  la tradition locale que j’ai rapportée.

  Mais d’autres zoologistes penchent aujourd’hui plutôt pour un rattachement au Mégapode noble de Fiji, Megavitiornois altirostris,  éteint, qui ne pouvait bâtir de telles colonnes et de tels monticules, étant donné la configuration de ses pattes. Il couvait ses œufs comme les poules qui lui sont apparentées. Cette hypothèse semblerait donc  devoir être également rejetée.

 

 

Note sur  le talégalle de Latham en Calédonie,  Megapodius mollistructor Balouet 1989.

On trouve ce talégale   en Australie dans le nord du Queensland et dans la  Nouvelle- Galles du sud jusqu’à Illawara. Or, ce dindon existait à  l’île des Pins et sur la grande Terre. Il y avait été aperçu  par William Anderson (Notes manuscrites) lors du second voyage de Cook  et celui-ci le nomma Tetrao australis, trouvant qu’il ressemblait aux tétras d’Ecosse, précisant qu’il était noir,  sans plumes sur les pattes, à la différence du coq de bruyère ou grouse.  Ce mégapode   fut encore aperçu en 1860 par Verreaux et des Murs qui le décrivent comme un dindon des broussailles (les insulaires de  Morari [Boulari] , au Mont-Dore, l’appelaient ndino). Balouet, qui en a trouvé des ossements fossiles, l’appelle Megapodius mollistructor, nouvelle espèce.

Le Sylviornis neocaledoniae Poplin 1980, dont le statut est très débattu,  pourrait n’en être qu’une variété (Mourer- Chauviré et Balouet, monographie de 2005)

  Il ne faut pas confondre ces dindons de grande taille avec le du des Kounié , une sorte de poule noire aptère Megapodius eremita, analogue à des volatiles voisins aux Salomon (Megapodius eremita, Mégapode mélanésien), au Vanuatu (Megapodius layardi)  et en Papouasie (Megapodius decollatus).

Roheim, Héros phalliques… , p.131, nous apprend qu’un pulapa (danse des hommes) pitjentara correspond au mythe du totem du dindon australien apparenté au Megapodius mollistructor, nouvelle espèce.

 

c) L’origine artificielle

On la trouvera exposée dans l’article de J. Exbroyat : « Les tumuli de l’île des Pins, un système d’irrigation ? », bulletin de la SEHNC  n°146, 1er tr. 2006.

 

4 Mon hypothèse.

a) Les menhirs et pierres à ignames en Nouvelle-Calédonie

La fonction première du menhir : un catalyseur magique de la percée végétative.

James George Frazer, dans Le Rameau d’or,  Balder le Magnifique, Ed. Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 1984, 4 vol., vol .4,   p. 98,  en donne un exemple : « Dans plusieurs parties de la Bavière, on pensait que la hauteur des tiges de  lin dépendrait de celle des sauts des jeunes gens. » Au Vanuatu, sur l’île Pentecôte, le spectaculaire saut du gaul (mot signifiant plongeoir),  toujours pratiqué malgré les accidents mortels et consistant  à sauter du point le plus haut, est censé faire pousser les ignames  d’autant plus profondément  que le saut aura été accompli du plus haut plongeoir . En Nouvelle-Calédonie existaient de très précieuse pierres à ignames, sur lesquelles les sorciers  faisaient encore, il n’y a pas si longtemps, leurs  conjurations secrètes pou faire croître celles-ci. Ces pierres à ignames étaient les équivalents en miniature des pierres  pour l’orge, le  sésame ou le blé qu’étaient  les petits menhirs en France.

 Dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, à Arama,   il existe même une quarantaine de petits menhirs dépassant du sol de 60 cm environ : eux aussi, comme les plongeoirs de l’île Pentecôte,  sont censés favoriser magiquement la croissance en profondeur des tubercules  souterrains  des ignames.

Il existe aussi  des sortes de menhirs à Cradji près de  Poya (connu des préhistoriens pour la curieuse  hache préhistorique dite de Poya) et à Païta,où l’on note la présence de  trois tumuli.   On trouve aussi dans la vallée de la Tchamba des tumuli qui présentent,  par rapport à ceux de l’île des Pins ou de Païta,  la particularité d’être clos d’une enceinte de pierres circulaire.

 A  l’île des Pins,  notons les toponymes N’Ga et Gadgi (ces deux derniers  se retrouvant à Païta et e nom de Gadgi évoque celui de Cradji près de Poya).  

Le nom de Gadgi à Païta évoque celui de Cradji près de Poya , et   Cradgi semble  bien être un  nom   de ces monticules préhistoriques  de coquillages  appelés kaizuka au Japon et sambaqui au Brésil.

 D’où viennent les mots gadji ou cradji. ? Ils sont apparentés à l’aïnou kai, coquillage, avec un suffixe  de collectif  ainou en –ki. Au singulier, sans le suffixe de collectif  –ki,  on a la forme N’ga (venant de kai), le pic de 250 m  de l’île des Pins , à rapprocher de  celui de Païta du même nom ,  tous les deux ayant été comparés à un  coquillage pointu.

b) La culture de l’igname, le rôle de la perche à igname ou tuteur .

L’igname a été introduite à partir du Japon par les Aïnous (cf. Avias) ou Djomons. C‘est une plante qui aime la chaleur et peut mesurer jusqu’à 5 mètres au-dessus du sol, aussi est-on en droit de déduire que le tertre et son tuteur devaient originellement mesurer quelque 5 mètres. On réputait que plus la plante croîtrait haut, plus le tubercule souterrain serait gros et long. Mais les tiges sont flexibles et fragiles, si bien quelles doivent être tutorées pour résister au vent. De là les trous, au sommet des buttes, où était plantée une perche dont parle la tradition. La perche était aussi le symbole magique de l’igname.

Nos épis de faîtage au nom symbolique reposaient sur la même croyance que, grâce à ces talismans placés en hauteur   les récoltes croîtraient aussi haut que  ces ornements. L’érection d’un menhir avait ainsi  pour but de mimer analogiquement la pousse  de l’orge ou de

l‘igname,  de la stimuler et de la favoriser par magie imitative. Frazer, op. cit, vol.  III, Esprits des blés et des bois, p. 26,  écrit du « Dionysos de l’arbre » que « son image n’était souvent qu’un poteau planté en terre, sans bras  », imitant très grossièrement  l’arbre fruitier , ici le cep de vigne, qu’il s’agissait de faire pousser par sympathie. 

 

c) La mort préalable à la renaissance de la semence végétale

Le grand secret des menhirs, ou  la problématique fondamentale de la représentation du blé ancien et du blé nouveau dans les  menhirs  et ses diverses solutions.

Voltaire a raillé ce qu’il appelait l’ignorance botanique du Christ lorsque celui-ci déclare dans Jean  12, 24: « si le grain  de blé qui est  tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ». Pourtant,  le Christ se faisait là l’écho d’une croyance populaire universelle : le grain ne pouvait germer que s’il mourait d’abord !

Il faut donc que la mort du grain, condition de tout,  soit symbolisée, d’une façon ou d’une autre, dans le menhir qui représente la germination du grain. La solution pratiquée à Göbekli en Turquie (-10000), à Minorque aux Baléares , en Ethiopie, a consisté en l’adjonction au sommet du menhir d’une dalle horizontale figurant le grain mort. Ici, les tas de coquillages morts symbolisent cette  mort préalable et ont contribué à l’édification de la concrétion calcaire en forme de colonne au centre du tertre avant qu’elle ne soit enterrée avec de la terre des proches environs. On peut se demander d’où vient cette étrange idée de la mort précédant la  renaissance ; peut-être est-ce la considération du germe du cocotier, issu d’une noix verte et vivante qui doit se dessécher pour que le germe jaillisse de cette pourriture du coco sec.

 On connaît la solution de Göbekli en Turquie (-10000) ou des Baléares: placer sur le fût du menhir une dalle symbolisant le blé mort. La solution de l’île des Pins semble avoir consisté dans la stèle centrale du tertre, faite de coquillages morts compactés et fermentés grâce à l’action des bactéries.

1 Ilot Koniene cf. Kunie, le nom de l’île des Pins : les deux toponymes signifiant l’île des coquillages morts.

a)Les monticules de coquillages de l’îlot Koniene.

J’emprunte à Max Shekleton (Bulletin de la SEHNC, n°158, 1er tr. 2009, « « Walkabout du 14 juillet 1941, sur l’îlot Koniene en Nouvelle-Calédonie, par Wilfred G. Burchett ») la description suivante :

« Alors que nous traversions l’île vers la côte faisant face au récif, nous avons rencontré des hectares et des hectares de coquilles en tout genre y compris des huîtres, des bénitiers, des conques et bien d’autres coquillages qui me sont inconnus, des monticules entiers formés de masses compactées de ces coquillages. Mon guide [originaire de Lifou] m’indiqua qu’on les trouvait jusqu’à une profondeur de deux mètres. Deux mille tonnes ont déjà été prélevées  pour en faire de la chaux et l’impact sur la ressource est insignifiant ; mon hôte [Jules Calimbre] est convaincu qu’elles représentent des siècles d’accumulation alors que l’île était un lieu de festins pour les indigènes se rendant au récif à marée basse, récupérant les coquillages par pirogues entières et  revenant sur l’île pour un festin et un pilou- pilou… « Mais ce n’était pas seulement un lieu pour festoyer », mon hôte interrompit ainsi mes pensée. «  Venez par ici ! ». Et,  en me retournant, je remarquai un grand banyan. Nous nous en approchâmes lentement, les coquillages s’écrasant en poudre sous nos pas. A l’ombre, sous les racines du banyan, se trouvait une possibilité d’explication horrible pour ces festins.   Des os blanchis y étaient éparpillés et, scrutant la pénombre, je pouvais voir les orbites vides de crânes humains. Lisses, gris et polis, il y en avait à tous les stades de conservation, certains dont les dents étaient intactes. Il y avait des os de bras et de jambes, certains avec des traces de fractures. En certains endroits, les racines et les branches avaient entouré les ossements humains, -bien implantés dans le bois de l’arbre, -laissant supposer que les corps avaient pu être placés sur l’arbre même. « Il y avait des centaines de crânes quand je suis arrivé, mais les Javanais les ont dispersés et jetés. Pas les indigènes. » Le guide de  Lifou  apprend au journaliste  qu’il ne s’agissait pas de cannibalisme, mais de tombes parmi ce cimetière de  coquillages morts .

b) Au Japon dont viennent selon Avias les constructeurs de ces tertres :   des dépôts de coquillages sont n également associés aux tombes.

Chez les Djomons ou Aïnous  du Japon, c’est sous le tumulus que se trouvent les ossements.

On peut d’abord songer aux kanjo dori qui sont des tumuli abritant des sépultures collectives, d’une hauteur allant jusqu’à 5 mètres et d’un diamètre de 30 à 75 mètres ;  le montant de terre est estimé à 300 m² : il a fallu 25 personnes travaillant  pendant 123 jours pour remuer cette terre en provenance du puits funéraire voisin, un homme remuant 1 mètre cube par jour .Ces tumuli sont associés à des dépôts coquilliers du Djomon final. Il y  a 14  kanjo dori  contenant de 1 à 21 puits funéraires à Kiusu près de Chitose.

Au Japon préhistorique,  à Terano– Higashi, on compte 127 dépôts coquilliers (et 804 dans la région entière), nombre qui serait plus proche du nôtre : 200 ou 300 tumuli à l’île des Pins. Il y a 1108 dépôts djomons au Japon: d’autres avancent le chiffre de 4 000 mais en comptant des dépôts de période plus tardive.

 Les archéologues japonais pensent qu’il s’agit au départ de détritus d’ordures qu’on aurait transformés, au fil du temps,  en  tumuli funéraires.  

c) A l’île des Pins, c’est à Vatcha,  qu’on a  trouvé des poteries lapita. Or, ce toponyme évoque le catcha de Lifou, c’est-à-dire ces débris coralliens qui ont donné à Gaitcha (Lifou) son nom,  et il est intéressant de voir associées  poteries lapita (servant comme urnes cinéraires ?) et  débris coquilliers.

 Il faut décomposer les mots Vatcha, Gaitcha ou catcha en un mot signifiant coquillage en langage aïnou, kai, et  un suffixe de collectif  en –ka : on a kaika, puis  Gaitcha.   d) L’évolution de la culture des ignames. 

Les cultivateurs d’ignames s’aperçurent rapidement que, avant la récolte du tubercule et comme indice de sa maturité invisible, la partie aérienne de la plante jaunissait, se flétrissait, c’est-à-dire, en quelque sorte,  mourait. Il pouvait donc être inutile de construire, pour renvoyer à la mort préalable, ces colonnes de coquillages morts. De là l’avènement des pétroglyphes qui sont des menhirs sans le renvoi à la mort préalable, comme les pétroglyphes du pic N’Ga à l’île des Pins.

 

 

 

 

 

Les pétroglyphes de Calédonie et leur signification

 Les  pétroglyphes de Calédonie et leur signification

Bibliographie :

Il y a  l’excellent  CD de Fernand Jammes, malheureusement épuisé, et les ouvrages magistraux  de MONNIN Jean et SAND Christophe, 2002. Kibo, le serment gravé. Pétroglyphes de Nouvelle-Calédonie. Nouméa : Les Cahiers de l’Archéologie en Nouvelle-Calédonie, et de Christophe Sand en 2016 Kibô, Pétroglyphes du pays kanak / Petroglyphs of the Kanak Country

Archeologia Pasifika, Institut d’archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique (IANCP), 2016

qui,  après celui publié en 1988 par  la SEHNC , de  Buchalsky et Perron ,  Les pétroglyphes , un siècle d’occultation scientifique ,  a dressé un inventaire quasi exhaustif des pétroglyphes calédoniens. D’autre part, C. Haddon a publié  en 1894, The decorative Art of British New Guinea , de plus de 300 pages, avec de nombreuses illustrations,   réimpression numérique de nos jours ,

Mais nous  restons  toujours leur notre faim concernant leur signification.

La surprenante agriculture préhistorique à base d’empierrement ,   la chaleur, les tertres à ignames de l’île des Pins

Voici une technique agricole préhistorique méconnue, utilisée sur des terres latéritiques peu fertiles comme le plateau de l’île des Pins et qui se retrouve aussi bien à l’île de Pâques qu’au Pérou, celle des jardins empierrés .Voici ce qu’en a écrit Jared Diamond à propos de l’île de Pâques et de sa technique des jardins de pierres dans Effondrement ou Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, Paris, 2005, p.  132  : « les zones d’agriculture extensive étaient partiellement recouvertes de pierres placées en surface à proximité les unes des autres afin que les cultures puissent pousser entre les pierres ; d’autres vastes zones furent modifiées par ce qu’on appelle des « mulchs lithiques », c’est-à-dire que l’on ajoutait au sol , sur une profondeur d’environ trente centimètres,  des pierres qui étaient, soit prélevées sur des affleurements rocheux environnants , soit obtenues en creusant jusqu’au substratum rocheux pour briser les roches qui le composaient. ».[On appelle mulch en anglais un paillis, une couche protectrice faite d’éteules  et de déchets de moisson , d’herbes séchées laissées à la surface du sol pour le protéger avant et pendant la mise en culture.]

 «  Dans les fermes du nord-est des Etats-Unis, […] les agriculteurs se donnaient beaucoup de mal pour évacuer les pierres de leurs champs et ils auraient été horrifiés à l’idée d’y apporter délibérément des pierres .On retrouve […] l’agriculture de mulchs lithiques dans de nombreuses parties du globe, comme dans le désert du Néguev en Israël, dans les régions sèches du Pérou, de la Chine, de l’Italie antique et en Nouvelle-Zélande maorie. Les pierres rendent le sol humide en le recouvrant, réduisent l’évaporation d’eau due au soleil et au vent et empêchent la formation à la surface du sol d’une croûte dure qui favorise  le ruissellement des eaux de pluie [en  ne laissant pas l’eau de pluie pénétrer en profondeur]. Les pierres réduisent les fluctuations diurnes dans la température du sol en absorbant la chaleur du soleil au cours de la journée et en l’évacuant pendant la nuit ; elles protègent  le sol contre l’érosion car les gouttes de pluie viennent s’écraser à leur surface ; des pierres sombres sur un sol plus clair réchauffent le sol en absorbant une plus grande quantité de chaleur solaire ; et elles peuvent également servir de pilules fertilisantes à diffusion lente […],  car elles contiennent des minéraux indispensables qui pénètrent progressivement dans le sol .

Des chercheurs américains comme Christopher Sevenson ont expérimenté ce système agricole dans le sud-ouest américain et prouvé que la quantité d’humidité était ainsi doublée et  les températures maximales des sols au cours de la journée abaissées,  tandis que les températures minimales durant  la nuit étaient augmentées ; le rendement  était de quatre à cinquante fois supérieur selon les espèces. »

Au départ, à l’île des Pins, telle fut la technique agricole pratiquée sur le plateau latéritique pour cultiver les ignames. Celles –ci avaient besoin de  chaleur et les pierres la leur procuraient.

b L’évolution de la culture des ignames et l’origine de l’apparition des pétroglyphes en Calédonie, vers -1500 .

Les cultivateurs d’ignames s’aperçurent rapidement que, avant la récolte du tubercule et comme indice de sa maturité invisible, la partie aérienne de la plante jaunissait, se flétrissait, c’est-à-dire, en quelque sorte,  mourait. Il pouvait donc être inutile de construire, pour renvoyer à la mort préalable (voir mon blog sur les quelques 200 ou 300 tumuli..), ces colonnes de coquillages morts. De là l’avènement des pétroglyphes qui sont des menhirs sans le renvoi à la mort préalable, comme les pétroglyphes du pic N’Ga à l’île des Pins.

c) Les figures identifiées, toutes relatives à l’alimentation végétale ou marine.

 L’igname  est symbolisée sur les pétroglyphes par les  hannetons qui sont des parasites du tubercule. Cette référence métonymique et allusive s’explique pour des raisons religieuses apotropaïques.

Les insectes à métamorphose comme les chenilles ou les libellules ,  ou à mue comme les hannetons, les criquets, les charançons ou les sauterelles, qui perdent leur peau, dépouilles ou exuvies, ont un grand rôle à l’époque préhistorique parce qu’ils sont l’objet d’une mort apparente suivie de renaissance..

La chenille de sagoutier et de  bancoulier .

 La chenille de bancoulier calédonienne aujourd’hui est une grosse chenille de couleur blanche ,  très appréciée des aborigènes australiens comme du Sud-est asiatique en général.  Aux dires du préfacier de l’édition française  de Héros phalliques… de Roheim,  les femmes la  détectent avec un flair infaillible. Elle est consommée crue ou à peine grillée, son goût rappelant celui du rôti de porc,  d’être humain ou des œufs frits. Ce sont les larves d’un lépidoptère, Endoxyla leucomochia. En tant qu’aliment  (ce sont pourtant des charançons !), elles sont  les héritières  des vers de sagoutiers de Papouasie, que l’on consomme,  aujourd’hui encore, partout en Asie du sud, parfois aussi sous forme de farine. Le sagou est une farine jaune issue d’un arbre, sagoutier, qui fut longtemps , la nourriture principale à l’époque préhistorique (et comme la poudre râpée au pied du bananier dit d’Egypte ou le fruit de l’arbre à pain).

 Sur les pétroglyphes reproduits par Luc  Chevalier, dans « Nouveaux pétroglyphes du Nord », Etudes Mélanésiennes n° 12-13 de décembre 1959, consultable sur le net,   pour Ouégoa et Tiari,  certains d’entre eux  pourrait être des représentations du totem des  chenilles, à côté d’une croix enveloppée à droite  (les bananiers plantains dits d’Egypte) et de deux cercles concentriques (le germe du cocotier)   A Sarraméa, les chenilles sont encore aujourd’hui très appréciées des Mélanésiens.  

La croix enveloppée est l’emblème du bananier dit d’Egypte, dont on mange cuites  les très grosses bananes appelées encore  plantain ,ou à la Réunion  banane-cochon . L’emblème finira par évoluer en France en …la fleur de lis !

Le fruit du cocotier est symbolisé par des cercles concentriques représentant la noix, la crème et le germe.Le cocotier, nouvellement importé, était très précieux et faisait l’objet de plantations attentives. Le prédateur est parfois représenté : il s’agit du rhinocéros des cocotiers (voir mon blog sur le sujet ). La magie imitative de la gravure  du coco  se rajoutait à la vertu du  menhir et la menace du  rhinocéros  était conjurée

Le riz de montagne, qui existe en Calédonie à l’état naturel, cultivé en terrasses (appelées pirogues à Païta ou tarodières)  est peut-être symbolisé par des feuillages.

Les œufs de seiche sont  représentés par  un ovale avec un trait pour favoriser magiquement la croissance  des seiches. Mais en Bretagne  c’est une autre représentation des capsules des œufs qui a été utilisée, mais qui, faute de compréhension à été appelée le motif de la « hache-charrue ». !

La représentation d’iguanes (caraïbe iguanana), gecko (mot néerlandais , du malais gékok, saurien)  , margouillats ou lézards préhistoriques, très appréciés comme aliments, est aussi fréquente, en particulier un gecko constellé de taches noires apparenté au Hecadactylus oskrobapreinorum qui ne survit qu’aux Petites  Antilles, à Saint-Martin. Cf. aussi le margouillat, Gekko mabouia Moreau de Jonnès, 1818, mabouya désignant un mauvais esprit en Afrique et ayant été altéré en margouillat .

 

Thecadactylus oskrobapreinorum

Description de l'image Thecadactylus oskrobapreinorum - ZooKeys-118-097-g004-c.jpg.

A remarquer que ni les taros ni les oualeï ne semblent représentés sur les pétroglyphes calédoniens.

 Ils doivent être postérieurs à l’ère des pétroglyphes et a         avoir été introduits par les  Polynésiens , à Ouvéa d’abord.