dimanche 6 décembre 2020

LA MYSIE OU MOESIE OU PHRYGIE ET LES SIGNIFICATIONS MULTIPLES DE CES MOTS.

 

 LA MYSIE OU MOESIE OU PHRYGIE ET LES  SIGNIFICATIONS MULTIPLES DE CES MOTS.

 

 Troie , disent les Chants cypriens , était située en Mysie. Mais c’est comme la Troade, dont nul ne sait exactement où elle se situait ; où est donc  la  Mysie  ou plutôt les Mysies?

Les régions asiatiques sont fort mal délimitées ; ainsi, dans le Gaffiot, , on peut lire à  Cybistra , neutre pluriel, employé par Cicéron , proconsul de Cilicie, dans ses Lettres,15,  2, 2 (grec ta Kubistra ) que c’est une ville de Cappadoce , alors que,  plus exactement ,   grâce au net, nous pouvons voir que cette ville s’est appelée ensuite Hèrakléia  Kubistra et que le premier mot , de erakli ,  a évolué aujourd’hui en turc en Ereğli  

(province turque de Konya) .  Dans le Gaffiot, p .l930 ,  à la carte géographique illustrant l’article Lycaonie, on peut voir Cubistrum (la ville, -umbria, - de la déesse Kybèlè, non loin de la ville  Iconium , grec ta Iconia , aujourd’hui Konya, dans la région comprise entre la Cappadoce voisine à droite et la Pisidie à gauche et plus loin la Lycie, avec  au-dessus  la Lycaonie et plus haut la Galatie  et  à gauche  la Grande Phrygie (Phrygia major),  région qui m’intéresse parce que j’y  ai trouvé le camp des Achéens, Ticachea  , de Teicha Achea, soit Troie , la ville actuelle de Séleucie  ville dont Pline l’Ancien, 5,27, nous dit qu’elle était  surnommée Trachéa , Trachiotis, grec Tracheiôtis,  c’est-à-dire la Troyenne, pour distinguer peut-être  la Séleucie et la Cilicie  des homonymes si nombreux. Ceci ajouté à la mention d’un figuier sycomore dans l’Iliade , alors qu’il ne pousse pas dans la région de Hissarlik  contribue à confirmer ma localisation dre Troie à Séleucie.

A 17 km au sud-est de Kubistra , à Ibriz, aujourd’hui Aydınkent,   on trouve un fameux bas-relief hittite qui a été copié en un autre endroit et qui rappelle celui de Silifke ou Seleucie que j’ai commenté  dans mon blog sur Troie, avec le dieu de la  fécondité hittite Tarhunzas,  l’équivalent du dieu troyen Sagarios. Warpalawa,  qui sacrifie au dieu , roi  d’une capitale hittite   Tuwana ( Tyane ou Tyana, Τύανα, Tana ou Dana chez Xénophon, Anabase , 1, 2, 90) , dont les ruines sont situées à Kemerhisar , au sud de Niğde , Nikdeh aujourd’hui) , est connu par des sources assyriennes comme  Urballa ( 738-710 av. J. –C.). Le scribe des inscriptions  en louvite est Tiyamartu. Le lieu d’un autre bas relief (il y en a au moins trois) est  le mont voisin Ambar Desi. Le Net donne : The three-line hieroglyphic Luwian inscription in front of the god is translated (by Hawkins) as: "This (is) the great Tarhunza of Warpalawa. For him let him/them put long (?) Sahana (?)". C’est, selon moi, l’altération de Tuwana.
 

Quelle est l’étymologie de « mysie ? Au XIVe siècle , l’empire Amurru , avec des zones d’influence  comme Millawanda (Milet, de miraigwa, de am ‘ira(z)ighen ) s’étendait çà toute la côte asiatique et même à la côte européenne qui lui faisait face au nord. Le mot mousia , musia ou moisia, vient de l’ endonyme des Amaurons ou Amourrou,  savoir Amazighs, en berbère : Imaziḡen (tifinagh : ⵉⵎⴰⵣⵉⵖⵏ, ABL : Imaziɣen) Mazices, Maures, Numides, Gétules, Garamantes, etc. Ce nom signifie guerriers. Les Romains ont essayé de mettre un peu d’ordre sans ce vocable trop étendu et ont spécialisé Moesoia pour la région d’Europe , comprenant la Macédoine (de am’zikhen) ou grande Mysie (Myso-macedones chez  Pline 5,120 ), le Palus Maeotide [de maisotides , aujourd’hui la mer d’Azov] et citons pêle-mêle divers dérivés : Mycènes , Myconos, Myrmidones,    Mycale,  Amaxitos, le Maiandros (de andros, rivière, radical adura, et de moisia). Les Romains ont encore tenté de remplacer la Maionie, de mai +oni, pays de indo-européen gh(z)em , terre, par la Lydie pour éviter une confusion.

L’origine du culte du rat en liaison avec Apollon.

Elien, tome 2,  p. 61, 12,5 , écrit : « Les habitants d’Hamaxitos  en Troade vénèrent le rat. De là vient, paraît-il, le qualificatif de « sminthien » qu’ils donnent au dieu Apollon qui reçoit un culte chez eux. Et, de fait, le mot « sminthe » est le nom par lequel les Eoliens aussi bien que les Troyens désignent le rat, tout comme Eschyle dans Sisyphe : « Mais quel sminthe des champs est aussi énorme que ça ?»  Ils élèvent dans le temple du dieu sminthien des rats apprivoisés qui sont nourris aux frais de l’Etat,et il y a des rats blancs qui gîtent sous l’autel ; à côté du tripode d’Apollon se dresse également la statue d’un rat .J’ai d’ailleurs eu connaissance du récit mythologique suivant qui tend à justifier ce culte. Des dizaines de milliers de rats envahirent les champs sur pied des Eoliens et des Troyens et ils se mirent à ronger le pied des tiges avant la moisson et privèrent les agriculteurs de leurs récoltes. Le  dieu de Delphes,  qu’ils étaient allés consulter, leur dit alors qu’ils devaient sacrifier à Apollon Sminthien ; ils obéirent au dieu et furent débarrassés des déprédations des rats , et ils virent leur blé pousser normalement jusqu’au temps de la moisson.

Ils ajoutent à cette histoire cet autre épisode.

Des Crétois avaient été envoyés hors de leur pays pour fonder une colonie, à la suite d’un malheur qui les avait frappés ; ils demandèrent au dieu Pythien de leur indiquer une région qui leur serait favorable et se prêterait avantageusement à l’établissement d’une colonie .L’oracle répondit que là où « les fils de la terre » leur feraient la guerre, c’est là qu’ils devaient se fixer et élever une cité. Ils parvinrent ainsi à l’endroit où se trouve Hamaxitos et y établirent un campement pour bivouaquer, mais un nombre indicible de rats firent irruption, rongèrent les courroies de leurs boucliers  et mangèrent les cordes de leurs arcs. IIs comprirent alors que c’étaient eux, « les fils de la terre »,  et comme par ailleurs ils ne disposaient plus d’armes pour se défendre, ils s’établirent dans ce lieu et édifièrent un temple à Apollon Sminthien. » Le nom du  rat est lié au latin mus , au grec mus,au sanskrit muh,  à l’anglais mouse, et il est homonyme des guerriers amauron, de là son culte.

Notes du traducteur, p.216 : « 1 (à propos de  Hamaxitos ) , la fondation de cette ville était attribuée aux Achéens (voir Strabon,XIII ,63) et elle était donc considérée comme grecque » ;

2 (à propos de Smintheus ) : épithète courante d’Apollon (Iliade, I, 39), dérivant peut-être du toponyme Sminthè en Troade,mais traditionnellement interprété comme signifiant « destructeur de rats » ; Apollon Sminthien, d’origine créto-mysienne, était associé aux rite agraires comme divinité protectrice des semences contre les surmulots. «  Hamaxitos est citée par Pline, 5, 124. Le net nous indiqueque «  ses environs s'appelaient en grec Ἁμαξιτία (Hamaxitia[)], et comprenaient le temple d'Apolon Smintheus, le desert de sel de Tragasai et la rivière Satnioeis (nom moderne Tuzla Çay). La cité a été localisée sur un promontoire du nom de Beşiktepe près du village de Gülpınar (anciennement Külâhlı) dans le district Ayvacık de la province de Çanakkale en Turquie[].

 

 

 

 

 

Le mot Mysie a conservé plusieurs sens. Ainsi Elien,La personnalité des animaux, tome 2, 14, 25 , nous parle  de deux de ses significations : « Je vais parler des Mysiens , -entendez par là , non pas les descendants de Télèphe [le Troyen selon Hygin,273 ] qui habitent Pergame [aujourd ’hui Bergama en Turquie, pas très loin de Burnabashi ou Pinarbasi qui sont des formes altérées de Pergame, citadelle, hissarlik en turc) et de Hissarlik,  considérée à tort selon moi , comme la Troie homérique], mais ceux  qui vivent sur la partie inférieure du Pont-Euxin [la mer Noire]  et qui, étant limitrophes de la Scythie, refoulent les incursions scythes et assurent la garde de tout le territoire en question pour le compte de Rome, autrement dit ceux qui sont près d’Héraclée [Sintinkè à l’est de la Macédoine , différente de l’Héraclée du Pont Sur les ruines de Héraklée Pontique  se dresse l'actuelle ville de Karadeniz Ereğli (Ereğli , de Hérakleia, de la Mer Noire) dans la province de Zonguldak en Turquie] et du fleuve Axios [ de nos jours le Vardar : Le nom grec du fleuve, Axios, est  une adaptation thrace de la racine iranienne

*axšei, qui veut dire «bleu noir » ou « sombre »et qui, incompris, a donné le nom du Pont -Euxin. Vardar peut être rattaché à adura, rivière, cf. le nom de l’Adour ].

Une note de l’éditeur précise, tome 2, p. 229 : « Le nom de Mysie (Mysia ) désignait effectivement deux régions différentes  

1)    : une région d’Asie Mineure (Mysie) où se trouve Troie (Pergame).

2)    et une région européenne très vaste (Moesie) s’étendant de la Macédoine (et, à l’époque romaine romaine, de l’Illyrie) à la Scythie. La Moesie inférieure (voir II,53, « Ripa Thraciae ») est la partie la plus orientale de la Thrace, sur le bord de la mer Noire (Pont-Euxin) ; au –delà de sa frontière septentrionale se trouvent les Scythes mot devenu Ossètes aujourd’hui) ;Héraclée (Sintinkè) , distincte de l’Héraclée du Pont, , se trouve à l’est de la Macédoine , sur le fleuve Strymon. Le Strymon (du grec ancien Στρυμών) est un fleuve coulant en Bulgarie et en Grèce. Il est nommé Strouma en bulgare (Струма), Strimonas en grec moderne (Στρυμόνας) et Karasu en turc.

 L’Axios coule en Macédoine et se jette dans la Méditerranée à Thessalonique. La partie « inférieure » du Pont-Euxin  n’est pas la côte méridionale, mais la côte orientale. »

 

Comment pareille erreur sur la localisatoion de Trfolie a-t-elle pu se répandre chez les Anciens , même si le géographe grec Strabon (13, 1, 27), au début du premier siècle,  se montre pour sa part plus que réservé ,écrivant que  les lieux (appelés aujourd’hui en turc Burnabashi ou Pinarbasi  , altération par métathèse du  grec Pergamidès, petite Pergame, citadelle, au sud d’ Hissarlik  en Turquie, près des Dardanelles ),  où il y avait une ville appelée Ilion en grec à son époque , «  n’étaient pas le site de l’ancienne Ilion, si l’on considère la question en rapport avec le texte d’Homère… .Les pseudo –Troyens eux-mêmes  étaient bien conscients que leur cité n’était pas la Troie homérique. »

 

Qu’était donc cette Ilion où le britannique Calvert et surtout Schliemann ont voulu placer la Troie homérique ? 

Il s’agit de la cité nommée  Pergamos  au Ve siècle par Hérodote, 7,112,  dont le nom subsiste en turc sous la forme altérée Burnabashi ou Pinarbasi, voire Gülpınar (Hamaxitos).  . La preuve que Troie est bien notre Pergame de Cilicie  est que les Turcs n’appellent pas celle-ci  hissarlik, petite citadelle  comme ils l’ont fait pour  la Pergamos citée par Hérodote, 7,112. Cette dernière  pourrait bien être l’Hissarlik-Troie  de Schliemann, avec sa  célèbre bibliothèque, citée par Pol.,  4, 48, 11  et par Xénophon,  Anabase,7, 8, 8 et 23.En effet, Hissarlik- Ilion (de wilusa, signifiant la hauteur)  désigne une  citadelle , fort petite au demeurant 250 sur 200 m² ,  située  sur une colline artificielle, faite de bois , de pierres et de remblais, et non sur une colline naturelle escarpée comme la Troie homérique, ville qui avait été secouée par le volcan du lac de Van vers 1300 ; ce serait la Troie VI sur les neuf de Dörpfeld . Lorsqu’elle fut brûlée, elle fut rebâtie sous le nom d’abord d’Ilion, puis, après le IV e siècle , peut-être dans le voisinage méridional, de façon encore moins importante , sous le nom de Pergamidès, avec pour la qualifier le nom commun de petite citadelle, hissarlik,  en turc.

 

Historique de l‘erreur.

On savait en tout et pour tout que Troie était située en Mysie. Or , il y avait les mythes sur Dardanos,Télèphe, le roi de Mysie héritier de Teuthras (équivalent phonétique de Teukros, troyen),  qui indiqua aux grecs la route de Troie qu’ils ignoraient, après les avoir combattus ,  sur Ténédos (Bozcaada) , sur Hamaxitos ,  Sestos et Abydos, qui étaient d’authentiques colonies troyennes ; en plus , un village nommé Ilion et Pergame. Cela suffit. Mais tout ce qui précède n’est qu’un essai. Par exemple, les étymologies de la Lydie  et  de la Lycie (et par suite de la Lycaonie) sont peut-être fausses et il est tentant de rattacher ces noms être  à celui des populations Louvites de Kubistra  , pour Lydia et pour Lycia , de lukwya , cf. leukos  dans Leukosuria , dans le nord de la Cappadoce. Le –ite de louvite n’est pas un suffixe, mais un élément radical, de lukwita ou lukwikwsya et par métathèse donner le nom de la Cilicie, de kaluki,  ou de  Séleucie, de ksalukia. La racine pourrait être celle du grec ilèmi, de si-slami, laconien ilèwos , la cité  bénie des dieux. D’autre part  le hittite wilusa  ressemble à une métathèse de luwisa et pourrait être à la base de Iliôn, de ilukwon .

 

mardi 1 décembre 2020

QUELLE ÎLE MÉDITERRANÉENNE EST LA VÉRITABLE ITHAQUE ULYSSE?

 

QUELLE ILE MÉDITERRANÉENNE  EST LA VÉRITABLE ITHAQUE ULYSSE?

 

 

Résumé :

L’auteur de ce blog se fonde sur la généalogie d’ Ulysse  pour identifier l’Ithaque d’Ulysse à Taphos ou Tapha  près de Leucade,  comme le faisait déjà Strabon, Méganissi aujourd’hui , la grande île, et balaie les identifications de Bérard et de

Cuisenier avec Theaki,  l’Ithaca actuelle.

 

Bibliographie par ordre chronologique, avec entre parenthèses la solution retenue pour l’identification d’Ithaque :

1 Strabon (Tapha, île près de Leucade selon Pline, la Meganissi des modernes, la grande île) ;

2 W.  Doerfeld et H. Rueter, Homer odyssee, Muenchen, 1925  (Leucade);

3 Victor Bérard, Ithaque et la Grèce des Achéens, Librairie Armand Colin, Paris, 1927 (l’« Ithaque »actuelle) ;  

4 Gilles Le Noan , A la recherche d’Ithaque : essai sur la localisation de la patrie d’Ulysse, Edition Tremen, Quincy-sous-Sénart, 2001( Céphallénie)  ;

5 Jean Cuisenier, Le périple d’Ulysse, Paris, Fayard, 2003 (l’« Ithaque » actuelle).

 

 

Un peu de généalogie concernant les ancêtres d’Ulysse et quelques étymologies pour les noms de certaines  îles.

Tèléboas ou Taphios,le Taphien ,    s’empare de l’île de Leucade ,  à partir de l’île voisine de Taphos, ou Taphè,  Ithaque selon Strabon, soit pour nous Meganissi, en grec : Mεγανήσι, de mega, grand,  et de nèsidion  , îlôt ) la grande île,  à 800 mètres de Leucade,  qui fait partie des Echinades, les îles du Serpent sacré. Parti de Leucade, il conquiert les régions voisines, tant l’Ithaque actuelle que Leucade,  et s’installe avec sa famille sur Méganisi à  Vathi  , cité par Homère, de l’indo-européen  vastu, ville,  port.

Le père de Téléboas  est Taphos , de  taphè, l’île royale , dont le nom est à rapprocher de l’étrusque Tarquinius , de tarkw-, et du grec wanaks, grand roi , au-dessus des simples petits rois ou basileis  (de basi , en grec souvent kasi, titre de courtoisie et de laos, roi.  Taph- vient de tankhw-,l’île du  roi, le t s’expliquant comme venant d’un khw , devenu dv ,  devenu d’abord l, comme dans Laërte , le père d’Ulysse , qui vient de lankhw-+suffixe .

Ithaque ,  grec Ithakè, comme  Utique, Attique  ou en Syrie Lattaquié , viennent , avec vocalisation du n en a et prothèse i ou u, de thankw-.  roi.  Képhalènia ou Képhalonia,  cf.  Latin caput grec Képhalè, égyptien Kephren ou Kheops,s’expliquent à partir de khephwn  + suffixe -alè , avec vocalisations du n et du l et métathèse syllabique. Pourquoi Céphalonie est-elle qualifiée , à en croire cette étymologie, d’île royale ? Probablement parce qu’elle fut conquise très tôt par la dynsatie des Téléboas.

 Le nom de Leucade est à mettre en rapport avec celui de la déesse qui sauve Ulysse de la noyade à son arrivée chez les Phéaciens,  Leukothéa, analogue à la déesse gauloise Lukotétia. Son nom, de lekwo- ,  vient de Lelex , le héros éponyme des Lélèges, de teleg-. De même celui de Tèléboas , de lèlegwo-as , le père d’Ulysse  , doublet de Laërte,    ou Ptérelas ,le grand –père d’Ulysse, avec métathèse de la labio-vélaire gwselela +-aos  . Teleboas  a pour père Ptérélaos , que citent  Apollonios de Rhodes, dans les Argonautiques, 1, 747,  scholie,   et Apollodore, dans sa Bibliothèque, 2, 4,5 et suivants. 

Voici ce que nous apprend Wikipedia au sujet de Taphos : « Les Taphiens (Τάφιοι) étaient de redoutables pirates, pilleurs de villes et vendeurs d'esclaves, et qui sont mentionnés dans l'Odyssée[1].

« Du temps d'Euripide, ces îles étaient identifiées avec les  Echines ou Échinades ( de eskanadu,  du basque Eskaldun,   serpent, cf. le grec Fechidna, Wechinos,  vipère, Fechis, Fophis, latin anguis, sanskrit naja et ahih, anglais snake,vieux haut allemand igil,  grec aspis, lituanien skyda ; toutes les îles ainsi nommées auront des noms de serpent.   ) [2]. Les auteurs modernes identifient Taphos avec l'île de Méganissi (à l'est de Leucade).

« Les Taphiens disaient descendre de Persée, car leur fondateur éponyme Taphios était l'arrière-petit-fils de Persée par sa mère, et avait Poséidon pour père. Une autre tradition fait de Taphios un Lélège, petit-fils de Lélex, ou encore Pélasge », de kwelasgw -.et le nom même du blond Ulysse, Ulixes en latin, de kwolkws-es ,   Odysseus en grec , de kwolukseus , en provient, comme une lointaine colonie Odessa. Le nom de Polyxène vient comme celui

 d’Ulysse  de Kwolksèn. Celui d’Alexandre de

 Alashiya , nom de la Chypre ibère pré-égyptienne,  Alashiya , de vanak+-ya  + titre de courtoisie andere , cf.grec  anèr, andros, anthropos, drôps, latin Nero,sanskrit nar,    maîtresse  .

 « Le roi le plus notable des Taphiens fut Ptérélas, rendu immortel par Poséidon en le dotant d'un cheveu d'or dans sa chevelure. Lorsqu' Amphitryon vint à Taphos pour venger les Mycéniens, sa fille Cométho  arracha ce cheveu pour donner la victoire à Amphitryon dont elle était tombée amoureuse.

« Apollonios de Rhodes évoque le sanglant combat qui opposa les fils d'Électryon aux Téléboéens venus de Taphos, pour enlever leurs troupeaux[]. Il y a peut-être une confusion entre deux peuples, les Taphiens et les Téléboéens, car le Bouclier d'Héraclès évoque une histoire mettant en scène des Taphiens et des Téléboéens [4].

Notes

1.   Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], XIV, 452 ; XV, 427 ; XVI, 426.

2.   Euripide, Iphigénie à Aulis [détail des éditions] [lire en ligne [archive]].

3.   Apollonios de Rhodes, Argonautiques [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], I, 749.

4.   Pseudo-Hésiode, Bouclier d'Héraclès [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], v. 19.

 

Îles   Ioniennes

Îles principales

Céphalonie · Corfou · Cythère · Ithaque · Leucade · Paxos · Zante

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Îles secondaires

Anticythère · Antipaxos · Doulichion · Kalamos · Kastos · Lazaréto · Méganisi · Pontikonísi · Skorpios · Vido

Groupes d’îles

Îles Échinades (Drakonera · Makri · Oxia · Petalás · Provati · Vromonas· Îles Diapontiques (Érikoussa · Mathraki · Othoni· Strophades · Taphos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nom de l’Ithaque actuelle, Ithakè , Theaki , de Pheaki, la basque, pas forcément  la phéacienne , a donné un homonyme  , l’Ithakè homérique , patrie d’Ulysse, savoir Meganissi près de Leucade, dont le nom a une autre origine.    

« [Nommée Ithaca à l’époque romano-byzantine, l’île, nous dit le Net,  apparaît durant le Moyen Âge (période vénitienne) sous les noms de Itacha, Thiaki, Dulichia ou Val di Compare[].   À partir des années 1830, les lettrés de l’île utilisent de préférence « Ithaki », tandis que pêcheurs et marins continuent à utiliser le nom de « Thiaki ».

« Hormis les golfes de Brostaetou et de Skinou desservant le port de Vathy [ du grec  vastu,  mais le même  radical vastum, (cf. sanskrit Angkor Vat  , de Nagara Vastu , la ville du Serpent ),  qui signifie port, ville, a donné aussi un autre  Vathi ,  de Vasty : ce n’est donc aucunement une preuve de l’identité de l’Ithaque homérique et de l’Itaque  actuelle, quoi qu’en disent Bérard et,   à sa suite,   Cuisenier ) ,  la côte orientale de l’Ithaque actuelle présente des falaises assez abruptes et rudes alors que la côte occidentale, face à Céphalonie, est plus basse et verte. L'île semble être constituée de deux presqu’îles reliées entre elles par l’isthme de Pissaetou. L’intérieur d’Ithaque est montagneux , avec le mont Niritas (784 m) au centre (là encore, Nèriton , a un quasi homonyme Nèrikos  sur Leucade, il est vrai que le nom signifie simplement les lauriers-roses et le poète précise d’ailleurs «  au feuillage qui bruit harmonieusement dans le vent »,  einosiphyllon .

 « Dans ce cas, le nom populaire de « Thiaki » pourrait venir de Φεάκια (Pheákia) : il ne serait alors pas une déformation d’Ιθάκη—Ithaque, mais le nom originel de l’île.

« Si ces localisations sont exactes, les Phéaciens d’Homère (Φεάκοι-Pheákoi) ne seraient pas pour autant les habitants de l’actuelle Corfou (ils étaient , à mon avis, plutôt les habitants de  Tartessos  à  l’embouchure du Beto ou Guadalquivir , voir mon blog sur la terre des Phéaciens) , mais peut-être ceux du nord d’Ithaque, autour de l’actuelle Platithrias, où s’élevait un village du nom de Pheákoi

« Des astronomes ont estimé que la date de retour d’Ulysse vers Ithaque serait -1178 avant notre  ère, bien que cette historicité reste encore à démontrer et repose sur des postulats encore incertains, tels que l’inclinaison de l'axe de la Terre à l’époque donnée. »

 

N. B sur les Phéaciens de l’Ithaque actuelle , ou Pélasges , qui ne sont pas les Phéaciens de l’Odyssée .

Du nord au sud, terre de  Duracchium, Doulichion,  ou Dolicha, Durazzo aujourd‘hui en Epire, puis Corcyre (aujourd’hui Corfou), enfin l’Ithaca actuelle (celle de Bérard).   

Les Phéaciens, qui sont des Pélasges et dont le nom est le même que celui des Pélasges,   de phailasges, Phai(l)askes , vaiaskes, Basques ou avec suffixe en -on Gascons, avaient pour héros éponyme Phaeax.  Il eut lui-même trois fils : 1Croton qui fonda une colonie grecque dans l’Italie du sud, Crotone ,2 Locros (cf. Teucer) qui émigra en Italie du sud et y fonda une colonie, celle des Locriens Epizéphyriens, près de la chaîne du Zéphyrion dans l’Italie du sud, ainsi que trois colonies en Grèce, et 3 Alcinoos qui lui succéda et régna en Epire, mot signifiant en grec la terre ferme, le continent par opposition aux îles et parent du breton aber, de l’anglo-saxon ufer, de l’allemand ufer, hafen,du  néerlandais haven (français havre ), de l’arménien ar’n avec suffixe en - n ou en -yo. Mais, harcelé par les Cyclopes en Epire  , à Duracchium,  Durazzo aujourd’hui ,grec Durrachion, même mot que  Doulichos, l’ancien nom de l’Ithaque actuelle (celle de Bérard),  Alcinoos s’expatria d’abord…au nord de l’Ithaque actuelle où s’élevait un village du nom de Phéacoi (aujourd’hui Plalithrias, métathèse de pelikathry -as). «  Les gens de Crocylée  (l’île au safran, krokos,  Korkuros , Corcyre, pour l’île appelée Ithaca aujourd ’hui , ce qui prouve que ce n’est pas l’Ithaque d’Ulysse puisque celle-ci est expressément nommée (Ithaka)  ) , ceux de l’escarpée Aigilips (traduction de l’adjectif aigylips qui signifie escarpée comme l’est Céphallonie ) .

La véritable Ithaque homérique , Taphè.

Taphos, Odyssée, I, 417, Taphios , Odyssée, 15, 427 ; 16,426, ; i, 181 ; 17,426 , ou selon Strabon  Taphè  est l’Ithaque homérique, la patrie d’Ulysse, pour nous Meganissi , de megan  nèsidiion , Meganisia au jourd’hui et selon Pline l’Ancien, 4,53, il s’agit  d’ îles près de Leucade qu’il nomme Taphiae au pluriel,  ou pour la région en latin  Taphiusa,  36, 1 et pour l’habitant Taphiusius.

 

Mais d’abord rectifions un contresens sur le mot néion, au vers 1,  185-186, traduit par : «   sous le Neion boisé », comme si Néion était un toponyme. Mais il y a contradiction entre les bois,  les forêts et  le mot néion qui signifie jachère, terre défrichée, champ comme le vieux slave nijva. En réalité, il s’agit de l’équivalent de l’adjectif connu d’Homère,néiaira,  Iliade, 5, 539 et 616,   et signifiant au-dessous, si bien que le passage signifie au-dessous de la forêt . Adieu le Néion ! Le texte doit être corrigé, par exemple  avec  l’adjectif  néiarion . qui est au-dessous , à l’extrémité.     

Selon le Net, « l’ethnologue et navigateur Jean Cuisenier, a refait en 1999-2000, au terme de longues recherches et de nombreuses navigations en Méditerranée, tout le périple d’Ulysse : il a acquis la certitude que plusieurs ports et mouillages de l’Ithaque homérique correspondaient « exactement » ( !) à des ports et mouillages de l’Ithaque moderne,  [, , ] en accord, la plupart du temps, avec les conclusions de l’helléniste Victor Bérard, passé en ces lieux un siècle avant lui. Il dresse ainsi la liste de ces localisations :

  • le port de Phorkys, Φόρκυνος λιμήν (Odyssée, XIII, 96-104) = Dexia, Port de Vathy
  • le port de la Ravine ou Rheitron, Ῥεῖθρον λιμήν (Odyssée, I, 186) = Frikès / Kioni

Il faudrait pouvoir consulter une carte d’état-major de Méganissi avec tous les lieux-dits, tandis que je n‘ai que les maigres cartes du Net, peu lisibles au demeurant.

 Toutefois je réponds dès maintenant point par point à Cuisenier :

1 Spartochori, du grec chôros , lieu, et de Parto de Phorkos,   l’emplacement de Phorkus répond mieux que Dexia de Cuisenier,  au  port de Phorkys, Φόρκυνος λιμήν (Odyssée, XIII, 96-104)  et quant à son port de Vathy nous avons aussi bien sur Méganissi le port de Vathi,  de Vasty [ du grec  vastu, radical vastum, qui signifie port, ville).   

2 Nous avons à Meganisi un autre port , Ryanna,   le principal port d‘Ithaque Ry(thr)anna pour le port homérique de Ῥεῖθρον λιμήν,  Rheithron ou Ryanna, d’où Ulysse a dû partir pour Troie.  Reithron  désigne, non une ravine comme le veut Bérard, mais un cours d’eau ou plus exactement une aiguade, un  lieu d’approvisionnement en eau pour les navires. Le rapprochement que je fais me semble plus vraisemblable à tous points de vue que celui de Cuisenier de Reithron avec Frikès / Kioni.

3  Pourquoi  Homère ne nomme-t-il pas la ville, polis, la capitale d’Ithaque ? C’est que  ce village de l'intérieur des terres s’appelle , de nos jours encore ,  Katomeri , du pluriel neutre  ta  kala-neria , par métathèse (ta)kata-meria , kata meri devenu kaloi  nèrioi , ce qui  du temps d’Homère, était interprété comme signifiant  « aux beaux lauriers –rose », et qui nous donne le nom du  le lieu de naissance d’Homère qui connaissait si bien cette région . Faute de comprendre ce nom, les Vénitiens au Moyen Age l’ont interprété Kalèméra, Bonjour ou Au-revoir et l’ont traduit par  « Vale «  , appelant l’île « Vale di compare », le bonjour des compagnons,  et le Net s’est trompé, donnant ce nom à l’Ithaque de Bérard ! Autre étymologie populaire sur Homère : en grec Homèros signifie aveugle  et on a fait du poète un aveugle !

 

  3 Homère appelle l’Ithaque de Bérard du nom de son point culminant, le Mont Niritas (784 m) au centre de l’île, au vers  633 : «  ceux qui possédaient Ithaque , ceux du  Nèrite ( to Nèriton, de nèris laurier-rose  ou nard. Homère le qualifie de « au mouvant feuillage », épithète due au sens que donne le poète , étymologiste à ses heures,  au mot  laurier-rose, même s’il y a de fortes chances que le nom du laurier –rose  dérive de celui du nard, et même,  plus anciennement,  d’un  nom du  serpent  anguillula ). « Le Laurier-rose (Nerium oleander) est une espèce d'arbustes ou de petits arbres de la famille des Apocynacées. Cette espèce est présente sur les deux rives de la Méditerranée mais de façon plus éparse sur la rive nord. Il s'agit de la seule espèce du genre Nerium. Cette plante est parfois appelée Oléandre et plus rarement Rosage, Nérion ou Lauraine », de naurdine, avec métathèse du d et transformation en l .Le n initial est labile, comme le montre le latin laurus, laurier-rose, de navros. Le grec nèrion avec èta  s’explique à partir de navrion ou de nardvion, navrdion. »

Le nom du nard, Nardostachys grandiflora , vient du sanskrit naladam (Indian spikenard ), grec  nardos .

Il ne faut pas confondre le Nèriton de Méganissi avec le Nèrikos de Leucade.

4La pierre aux corbeaux Ag(ia , homérique , sacrée ) Korek , le dolmen du corbeau sur Méganissi.

Nous avons justement   à Méganissi le  dolmen Korakos pètrè  cité par Homère comme présent dans la patrie  grecque d’Ulysse , Ithaque-Méganessi,  Odyssée, XIII, 407,  sous le nom actuel de ag(ios) korak, la pierre sacrée du corbeau .

  Nous avons à  Leucade deux autres dolmens :   le premier est appelé agios petros , la pierre sacrée .Mais de qui ? De Leucadios probablement. Selon Strabon, X, 452, 461, il était le frère de Pènélope, la femme d’Ulysse,   qui, selon Aristote, Poétique, 25, était elle-même la fille d’un homme de Corcyre (Corfou aujourd’hui) appelé Icadios. Icadios demeura en Acarnanie, où il s‘était constitué un petit état. C’est son fils Leucadios qui donna son nom à la ville de Leucade sur l’île du même nom.

Le second dolmen de Leucade est appelé agios Ilias (la pierre sacrée d’Ilion, de wilusa, Ilion,  ou simplement de Leucade, du Serpent,  ilgw  ou Aigilips , cf., mais sur  l’Ithaque de Bérard, ce qui est aujourd’hui l'anse de Péra Pigadi , de  petra perigiali , de aigialion , la pierre du serpent..

Mais on peut  interpréter autrement le nom de ce dolmen ; le jeune  Homère, né à Katoméri, ne savait pas le sens de Ilyus, serpent, et, coutumier des étymologies comme celle de  son lieu de naissance  et de  celle de Nérite , il a pu lier cette pierre et Ilion . Il aurait pu écrire alors son premier ouvrage,  la Petite Iliade, du Vè ou du  VI è siècle, avant d’écrire la Grande Iliade ou Iliade qui  relate  la colère d’Achille et l’Odyssée. Homère lui-même , selon moi,dans la   (Petite) Iliade [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], arg. 4 ; Apollodore, Épitome, V, 13 ; papyrus Rylands 22)  raconte en hexamètres dactyliques comment  Ilos avait fondé Ilion, ville appelée ainsi de son nom. La  statue de Pallas Athèna, qui  la représentait avec l’aigide (le serpent)  et qu’on appelle Palladion,   tombée miraculeusement du ciel,  passa pour un signe que les dieux approuvaient la fondation de cette ville par Ilios , puisqu’elle  était tombée du ciel , comme souvent les mégalithes , dans le temple d’Athéna qui était alors en construction (ou bien , selon moi , on y avait découvert ce mégalithe  en fouillant le sol). « Lors du siège de Troie, dit le Net, le Palladium devint un enjeu majeur. Hélénos, capturé par Ulysse, révéla que Troie ne tomberait pas tant qu'elle abriterait la statue[]. Selon la tradition grecque, elle fut alors dérobée par Ulysse et Diomède  [originaire d’Argos, qui recueillit le palladium, selon Pausanias ],  qui la rapportèrent à leur  navire » Cette pierre , selon moi, est un menhir de type archaïque, comme ceux de Cappadoce et des Baléares , c’est- à dire en deux parties, dont la partie supérieure consiste en une grosse boule de pierre, qui symbolise la mort préalable du,grain enfoncé dans la glèbe avant sa renaissance (voir mes blog sur le sujet .Diomède a pu la ou les faire rouler car , paraît-il, il y en avait deux)à jusqu’au navire à la fin de la guerre et la transporter à Leucade. Mais Leagros offrit ensuite le palladium aux rois de Sparte, qui le placèrent  auprès de la ville , au sanctuaire des Leucippides . Les rois de Sparte, conseillés par l’oracle de Delphes, élevèrent à côté un temple  à Ulysse.  La déesse Athéna tire son nom de Pallas d’un nom de la pierre , selon moi, khwalkw-as , forme troyenne, correspondant au latin calc- et  au  grec chalch-. Il y avait dans la citadelle , Pergame,d’Ilion à Séleucie (Lycaonie)   en Turquie , en face de Chypre, selon moi , et non  près des Dardanelles (vpoir mon blog surTroie) , à côté du temple d’apollon , un temple dédié à Pallas .  

Homère trouva les éléments du mythe troyen et la langue poétique traditionnelle dans les Hymnes homériques (cf . les Hymnes védiques aux dieux) et dans les Chants cypriens , œuvre d’un habitant de Chypre Stasinos de Chypre , corrigée par Hégésias de Chypre : en 11 livres  , l’œuvre partait des événements antérieurs à ceux de l’Iliade et pouvait appeler une suite. Avantage, pour Homère, des Chants cypriens : leur auteur habitait Chypre et était donc  près d’Ilion –Troie sur le continent, en face très exactement (voir mon blog sur Troie qui la localise bien  loin d’Hissarlik), dont il avait pu visiter les ruines ou au moins en avoir entendu parler par des témoins dignes de foi. Pour ceux qui s’intéressent au sujet, il faut lire  de  François Jouan, Euripide et les légendes des Chants Cypriens ,  aux Belles Lettres, 2009, 516 pages .

Il y a,   en beaucoup d’endroits  de par le monde, des dolmens   de ce nom, en ces régions où ont habité des constructeurs de mégalithes.

 J’en citerai deux : en France et au Danemark, avant d’en donner mon explication.

Le nom du  dolmen du Corbeau, près de Doué-la-Fontaine, commune de Louresse -Rochemenier, dans le Maine -et-  Loire ,  vient de kouros, de kowr- , donnant korbellus , jeune homme, adolescent non encore initié,  et on retrouve le même nom dans l’ Odyssée, XII, 407,  la pierre du « corbeau », korakos lithos,  de kouros , jeune homme : c’est le plus ancien nom de   dolmen connu . Ce toponyme est commenté par Plutarque, Moralia, 776e, et  le dictionnaire Bailly le  localise sur un  cap d’Ithaque nommé aujourd’hui Koraka Petra, non pas  sur l’Ihaque de Cuisenier et Bérard, Péra Pigadi , de  petra perigiali , de aigialion , la pierre du serpent , mais bien, selon moi,  ag(ios) korak(petra), la pierre sacrée du corbeau,sur Méganissi.

   F. Vinci, dans The Baltic origins of Homer’s epic tales, The Iliad , The Odyssey, and the migration myth, 2006, Inner Traditions, Rochester, Vermont, qui,  p 34 , a trouvé sur l’île danoise Lyë    un dolmen appelé Klokkesten sten signifie pierre et où, selon moi, klokke  vient de kolkw, cf .  kouros de korkvos, donnant corbellus .  La même incompréhension a fait passer du dolmen des Jeunes hommes, futurs initiés, kouroi, attendant leur  tatouage au fer chaud sur la poitrine d’une déesse Serpent  , au dolmen du Corbeau, tant sur l’île danoise que sur Ithaque- Méganissi et sur  Leucade. Nous avons dans  Korakos lithos  ,  le dolmen du Corbeau , un curieux singulier antéposé à lithos , où korakos vient en réalité  de kworakos avec un r voyelle donnant ra.   

Trois textes fondamentaux

1) Le roi Mentès à Taphos (la véritable Ithaque ,

Méganissidia aujourd’hui, de Mégannissi (dion), le grand îlot, où se trouve Télémaque), Od. , I, 181 : «  Je me nomme Mentès ; j’ai l’honneur d’être fils du sage Anchialos  [tué par Hector pendant la guerre), et je commande à nos bons rameurs de Taphos. Je viens de débarquer (à Taphos Meganissi), tu vois ; j’ai mon navire, et j’ai mon équipage ; sur les vagues vineuses, je vais à Temesa [Lemessa à Chypre] chez les gens d’autre langue (assyrien, puis égyptien à Chypre au XIVe siècle av. J. – C.), troquer mon fret de fer brillant contre du cuivre.  Du temps le plus lointain nous sommes l’un pour l’autre, et nous nous en vantons, des hôtes de famille. Interroge plutôt le vieux héros Laërte… »

Où se trouve Témesa ? Chypre, grec kuparis,  était une île  riche en cuivre, dont l’ancien nom égyptien était Alashiya, en assyrien Latnama (qui a donné le nom de la ville chypriote  Tarnaca avec un  passage de l à t que nous retrouverons dans Temesa.   

Témésa est une ville portuaire  de l’île de Chypre.  Le nom venait de l’assyrien Latnamasa  et il est devenu Lemossos , de lemosos, en turc Limasol . Avec un neutre pluriel, comme pour ta Kuthera, Cythères,  on a ta  Lemésa , puis notre homérique ta  Temésa .  

Où allait s’approvisionner notre Taphien en  fer ? A l’époque,   en Grande Grèce, dans le sud de l’Italie,  à Sybaris (de sidèros, fer,  ou à Barium , de dhèrium, cf. latin ferrum, fer,  dans le golfe de Tarente.

2) Le royaume d’Ulysse .

Iliade, chant  II, vers   625 : «  Puis ceux de Doulichion (Duracchium ) et ceux des ces îles saintes  des Echines , 626  qui font face  à l’Epire  (èpeiron)   au-delà de la mer. »  . anta èlidos du vers 626 est fautif et il faut lire anta èpeirou , car l’Elide se situe au Péloponnèse ! !!

 Iliade, II, 631 : « Ulysse conduisait les Céphalléniens au grand courage,

632 :   vers 634  à déplacer en 632 et il faut inverser les hémistiches  pour suivre un ordre géographique du nord au sud : » kai Krokulèn enemonto kai Aigilipâ trècheian ,

 

« les gens de Coryclée (Corcyre, Corfou ),   ceux de l’’escarpée  Aigylips (Leucade) » ,

 

633  ceux qui possédaient Ithaque , ceux du  Nèrite (sommet au centre de l’Ithaque de  Bérard , aujourd’hui le Niritas (784 m) ,« au mouvant feuillage », épithète due à une étymologie populaire rattachant le nom du sommet au nom du laurier-rose, nèrite , alors qu’il vient en réalité d’un nom du serpent, par métathèse de  cf .  latin anguis et grec echidna,  vipéra , de ngwidna , nagwid- , par dissimilation Nèrite de navirite ;

634 hémistiches à inverser : èdè oi Samoi amphemonto,   oi te Zakunthon  echon,

« ceux de Samos (Céphalénie) et de Zakunthe (Zante aujourd’hui )  », ,  

635  ceux du continent  aussi et des rives  qui sont en face de ces îles.

Voici le texte sous une forme  plus facile à lire, sans commentaire  et où les îles sont dans l’ordre géographique : « Puis ceux de Doulichion et ceux des ces îles saintes  des Echines ,  qui font face  à l’Epire    au-delà de la mer... Ulysse conduisait les Céphaléniens au grand courage: les gens de Coryclée , ceux de l’âpre Aigylips  , ceux qui possédaient Ithaque , ceux du  Nèrite au mouvant feuillage,  ceux de Samos  et de Zakunthe ,  ceux du continent  aussi et des rives  qui sont en face de ces îles. »

Ou bien, si l’on préfère : « ceux de la côte de Durazzo  et ceux des ces îles saintes  des Echines , qui font face  à l’Epire    au-delà de la mer, les gens de Corfou ,   ceux de l’âpre Leucade  , ceux qui possèdent  Méganissi  , ceux d’ Ithaque dont les lauriers –rose balancent leur feuillage au vent, ceux de Céphalénie et de Zante  , ceux du continent acarnanien  aussi et des rives  qui sont en face de ces îles,celles de  l’Acarnanie. »

Il nous faudra commenter le nom de ces îles et leur identification, lorsque cela n’a pas été fait précédemment dans ce blog ,  savoir pour Crocylée, pour Leucade ,  pour Samos et pour Zakunthos.

1 La  Krokyleus homérique est l’île que nous appelons aujourd’hui Corfou, autrefois Corcyre. Le nom de Krokyleus  est à rattacher au latin colubra, couleuvre, cobra, latin crotalis  , au grec  krokodeilos.

 2 Le nom homérique de Leucade, de lelekws , cf. leukothéa, Leukadès devenu  Nikosie à Chypre et   Leucate en Gaule du sud, est  Aigylips ,l’escarpée Aigilips  dit Homère,qui rattache  là le  nom à   l’adjectif aigylips qui signifie escarpée, mais en réalité le nom

d’ aigilips vient de silngh  , par métathèse snghl  , snaighw ° li p, avec vocalisations et prolepse,-un nom du serpent à nouveau, vieux haut allemand igil,  de sigil , allemand schlange , grec  echidna , anglais snake. Les Ioniens doivent leur nom au serpent, cf. grec ios, venin, de wisos  latin virus ,de weisus  ,  vipera de kwisa sanskrit visam, poison,.

3 Le nom de Samos , de saghn- ,  nom aujourd’hui d’un u mouillage  de Céphalénie, vient d’un nom du serpent qu’on retrouve dans Samothraikeia   et dans le nom d’une île du même archipel, Drakoneira , de ksakundhrak+-aria, avec prolepse du k. 

4 Zakunthus  , aujourd’hui Zante,   est à rattacher aux noms  de Sagonte en Espagne , Saguntum en Tarraconaise, de Sagone en Corse  ainsi qu’à  celui des îles  Sanguinaires , de sagin –aria, en Corse , toutes signifiant dragon, serpent.

 

 

3) Asteris pour Fasteridon  avec digamma , Viscardo

aujourd’hui. 

Porto Viscardo , de wasteridon, vastu , cité, port,  et aèris , (île) sous le vent, Cf.  Astyalos, ville maritime chez Homère : Viscardo est aujourd’hui l’héritier de Wasteris , Wasteridon.

 Télémaque est en pleine mer, « dans la passe entre Ithaque

( celle d’Ulysse , Taphè , Meganissi ) et la Samé des roches (mouillage de Céphalonie aujourd ’hui ) , un îlot de rocher, la petite Asteris  dans  les ports jumeaux  avec leurs bons mouillages. Odyssée,  IV, fin.  Bérard, dans Ithaque et la Grèce des Achéen, p. 307,   cite  Les miroirs et guides de la mer d’après Grasset  Saint-Sauveur  (III,  p.15) : « après le mouillage nommé Samos , en continuant de ranger (longer) la côte orientale de Céphalonie et en  allant au nord, on trouve un autre mouillage  [ après  le premier  mouillage de Samos, c’est le second des ports jumeaux]  , nommé Viscardo ; c‘est une petite anse qui ne peut recevoir que des bâtiments marchands de peu de portée,des galères et des galiotes. A un tiers de lieue, il y a un petit écueil nommé  D’Ascalio (de scoglio, écueil).

 « On mouille  très près de la côte, portant même des amarres à terre  pour empêcher les ancres de chasser.  L’inclinaison du fond  rend ce mouillage peu sûr [pour les gros bâtiments], et l’on risque en dérapant d’être jeté à la côte de Thiaqui  (Ithaque actuelle). On voit sur le sommet  et à la pente de la montagne  de l’île  [de Céphallonie,  Port Viscardo] un village assez considérable. »