jeudi 19 janvier 2017

ITINÉRAIRE DE CESAR , DES ENVIRONS DE SENSET DE VELLAUNODUNUM JUSQU 'A GENABUM 6GIEN ET LE CAS D'ORLEANS

L’ITINERAIRE DE CESAR,   DES ENVIRONS DE SENS EN PASSANT PAR VELLAUNODUNUM JUSQU’AUX BORDS DE LA LOIRE A  GENABUM-GIEN  ET LE CAS D’ORLEANS .  
Après le Père Danville qui fit autorité  trois siècles durant, ce fut Camille Jullian, qui établit dans sa monumentale Histoire de la Gaule  une identification des lieux cités par César. Or, depuis le début du XXe siècle, nous avons d’autres moyens d’investigation  qu’à l’époque de Camille Julian. A noter que le gaulois , langue indo-européenne faisant parte du groupe celtique, est une langue riche en faux amis, par exemple le nom du golfe du Lion n’a rien à voir avec un lion, fût-il des cavernes, mais vient du golfe de Lakudon, l’ancien  nom phocéen  de Marseille, qui  désigne une  darse ou une anse ;  de même,  la Gaule Chevelue  n’a rien à voir avec des forêts qui constitueraient la chevelure de cette partie de la Gaule : l’expression vient de Gallia Comata qui veut dire la Gaule unie ou fraternelle, komata  voulant dire fraternelle ; deiwon ne veut pas dire divin (latin divum), mais redoutable (racine dweinos), novum ne signifie pas nouveau (latin novum), mais lieu du sacrifice,  etc.

Agedincum,  Montacher-  Villegardin, à  proximité de Sens.
On a beaucoup discuté pour savoir si  Agedincum était l’actuelle Sens (ablatif Senonibus), la ville des Senones, ou Provins.
Provins s’appelait anciennement Tasgentilia,  du nom du dieu Moritasgus. , de Moritasgetius, puis Tasogendinia., et par la suite   Tarodin, C’est cette  dernière forme, donnant Trodin,  qui  a subi l’attraction du nom d’une rose de couleur pourpre (en latin rosa probana), rapportée de Syrie à son retour de  croisade par Thibaut de Champagne. Le nom de probana  viendrait, dit-on, du nom de Probus,  un teinturier romain qui avait, à partir du murex,  inventé une nuance de pourpre dite purpura probana.Mais il peut s’agir d’une forme dialectale dérivée du grec porphura, propura, probara. .  Il s’agit d’une Rosa gallica dite de Provins. Donc Trodin a subi l’attraction de (rosa) Probana et a donné Provin., avec un s analogique.  
Agedincum, de tasgetincum, tient son nom du dieu gaulois  Moritasgus. Le nom a donné aujourd’hui gardin dans Villegardin, métathèse vocalique de villa agerdin,  la ferme (villa) d’Agerdin , de Agedin(cum). 
A proximité de Sens, là où passe une voie romaine et où existait un pont de bois sur l’Yonne,  à  Villeneuve-sur-Yonne,  on a un oppidum de 120 hectares, ceint d’un rempart,  celui de Champ -Château,  lieu du combat entre Labienus et les Senons, et le nom de Villegardin qui, dans la commune de Montacher-[de mon, de medhuanum, sacrifice, et de tasgetès,] Villegardin.,  perpétue le souvenir d’Agedincum. Sens a conservé une partie de son enceinte romaine et un  plan avec deux rues perpendiculaires, decumanus et cardo. Le camp de César au sud de la ville a abrité les six légions de Labienus..
  De Sens, César (César, VII, 11, 1) met deux jours pour atteindre à raison d’étapes de 20 kms environ par jour  Vellaunodunum, aujourd’hui lieu-dit les  Veluns, oppidum  des Sénons, dans le Loiret, près de Montargis[de mon, du gaulois  medhuanum, sacrifice, et de Targis, de Tasgetès,] sur la route de Genabum (Gien). 
Vellaunodunum.
L’identification  de Genabum avec Gien entraîne, de façon quasi automatique, celle de Vellaunodunum avec Triguères et inversement. Pareillement, l’identification de Genabum avec Orléans entraînerait  celle de Vellaunodunum avec  Montargis, Beaune-la-Rolande, Château-Landon, ou Sceaux-en- Gâtinais.  
A) De nombreuses  identifications ont été proposées : l’abbé Leboeuf, Leblanc et Chardon tiennent pour Auxerre et ses alentours : Vallan, Bléneau.  Le jésuite danville, dans  Eclaircissements, p. 219 et suivantes, partisan d’Orléans pour Genabum, propose logiquement  Beaune-la-Rolande (anciennement Beaune –en- Gâtinais) près de Pithiviers, dans le Loiret, comme Maillart,  Mercure de France, août 1737, p. 1762. La Commission de topographie des Gaules proposent  Château-Landon, près de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, mais malheureusement pour cette dernière Landon ne peut venir de Vellaunodunum car Château-Landon est un ancien Château- Nanton , Castrum Nantonis au VIe siècle.
Mais c’est aux alentours de Montargis que les identifications pullulent : Lancelot et Paultre crurent avoir trouvé leur bonheur  dans Montbouy (Aquis Segestae, les eaux de Segesta, la source  thermale de la déesse des semences d’orge Segesta  , comme Walckenaer, I,  p.  410 avec Chenevières,  célèbre pour son amphithéâtre près de Montbouy.  Jollois ,  Mémoires de la société archéologique sur les Antiquités du département du Loiret, 1836 , p.22 et suivantes  et  Cosson, Mémoires de la société archéologique de l’Orléanais, II, 1853, p. 478 et suivantes,  proposent les environs de Sceaux- du- Gâtinais, toujours  près de Montargis. Comme certains proposent, au voisinage de Montargis, Girolles (hameau de Villon),  on en vient, dans la logique d’un chemin menant de Sens à Orléans,  et après divers auteurs du XVIIIe siècle, à proposer  Montargis même avec Le Roy, Bulletin monumental, XXX, 1864,  p. 344-345, le général Creuly (Carte, p. 72) et  Camille  Julian, Histoire de la Gaule, p.435.
B En faveur de Triguères, on a :
1 Eugène  Boutet de Monvel,  « Etudes sur les expéditions de César chez les Carnutes », 1863, dans les Mémoires de la Société d’agriculture… d’Orléans, VII,  p. 43 ;
2 Ange  Petit,  Dissertation sur Genabum- Vellaunodunum, 1866.
3. Napoléon III, Histoire de Jules César, 2e volume et note intéressante (du capitaine Ed. Rouby) publiée par A. Petit, op. cit, p. 283.
4. Adolphe  Bréan, Jules César dans la Gaule, 1864, Orléans, p. 109, et  Itinéraire de l’expédition de César, 1865, 96 pages, Orléans,   p.15. ;
5. Salomon, « Agendicum,Vellaunodunum et Genabum » dans le Bulletin de la société des Sciences historiques  et naturelles de l’Yonne, année 1866, XX, p. 99 et suivantes, p. 118 et suivantes .
Seuls Ange Petit, le capitaine Ed. Rouby et l’archéologue Eugène Boutet de Monvel  ont une connaissance des lieux. Tous les ouvrages en question  sont consultables sur Google Books.
Le nom de Vellaunodunum signifie la forteresse des quatre (gaulois ver, cf. anglais for) collines(dunum) de la rivière Laun, c’est-à-dire l’Ouanne (ou la Vouanne, selon la prononciation, cf. la Vanne près de Montargis)  de launo, donnant les noms du Loing (de louane),  de la Ouanne  (de louane) et de la commune de Ouanne.
Nous avons à Triguères, aujourd’hui encore, trois  dunum devenus  donons  et un donjon: les lieux-dits les Donons et le Donjon, altération de donon, par croisement avec do (mi)nionem, éminence de terrain. Ce nombre quatre explique aussi  le pluriel dans un autre lieu-dit, Les Vélins, de Vellaunodumun, mauvaise graphie pour Les Véluns. Personne n’a remarqué ce lieu–dit  au nom révélateur : les Velins, Route de Château- Renard à Fontenouilles (D 142) qui perpétue le nom de Vellaunodunum. On peut noter encore le moulin de Vaux, de veldo, et le Champ de Vaux,  Route des Grands Moreaux (S-O du bourg),  le champ de bataille de Vellaud, de velod . Autres lieux-dits au nom intéressant : les Chariots et le champ des Juments, au sens latin de jumenta, le  train des équipages. C’est  lieu où l’on peut placer l’armée de César. La tradition populaire raconte que, précisément en cet endroit, César but une coupe de vin de Triguères (du lieu-dit Les Vignettes ?).
La voie gauloise qui est faite de silex est très différente de la voie ou chaussée romaine, droite et faite en principe de pavés. On l’appelle la voie perrée, c’est-à-dire empierrée. Or, la voie perrée gauloise de Sens à Gien par Courtenay  passe près de l’Ouanne : selon Ange Petit, il s’agit d’une chaussée faite de cailloux secs concassés sur une profondeur de 1, 50 mètre, sous une couche de terre épaisse seulement de 10 cm à 12 cm.
  C’est le  conseiller général Ange  Petit qui fit connaître  qu’il avait découvert le véritable oppidum gaulois de Vellaunodunum près de Montargis,  à Triguères, de brig-adura, le gué sur la rivière, adura en ibère, ici la Ouanne ou le Loing.   En effet, les Anciens donnaient le nom de Loing à la rivière dont l’Ouanne est considérée de nos jours  comme un simple affluent aussi bien qu’à cet affluent qu’ils supposaient être son cours  supérieur.
Le nom ibère des fleuves, ligwsera, et ses variantes gauloises, en particulier launo, lausano et adura
Il faut d’abord éliminer le problème du l initial, pris pour l’article. Ligwsera a donné le nom de la Loire, du Loiret et du Loir ou encore de l’Aigre, de laigre. Le nom a évolué pour donner :
- lausana , venant de ladusana, de ladusara : l’Ozanne, Lausanne, l’Houadouane près de Chartres , la Rhône de Rhodanos en Eure-et-Loir, etc. ;
-launa, launo en composition comme dans Vellaunodunum, est l’abréviation de la forme précédente lausana  et donne les noms du Loing, de l’Ouanne, de  la Vanne,  etc. ;
-ladura,  adura, ou edera (l’Adour, l’Arrou,en Bourgogne, Arrou en Eure-et-loir,  la Droue,  l’Yerre ; le nom des Atrébates qui a laissé le nom d’Arras et de forêt arrouaise venait de atrawa + suffixe gaulois  ethnique  -ete.   
Vellaunodunum.
On y trouve un théâtre,  une somptueuse villa, gallo-romaine avec  des thermes alimentés par une conduite de 7 kms venant de la fontaine  Sainte-Anne de Douchy (Anne étant la
christianisation de Ouanne), un cimetière, un dolmen qui porte un curieux  nom de polissoir très altéré, le dolmen.    L’histoire des « fouilles » est aussi brève que leur durée : vers 1857,  l’abbé Guiot, en poste à Triguères, accompagné du maire Ange Petit, et d’un architecte,  reconnaît un théâtre de 9000 places au sud-ouest de la ferme de la Mardelle,  ainsi que des thermes (rapport de Ange Petit à la Société d’Orléans);  puis Ange PETIT fait appel à un archéologue, Eugène Boutet de Monvel. Enfin, en 7 jours, le capitaine d’artillerie Ed. Rouby,  missionné par Napoléon III, reconnaît une enceinte gauloise autour du donjon (donon), ainsi qu’un  fossé de circonvallation,  qui semblerait être  l’œuvre de César   et dresse un rapport cité par F. Raud, dans Les deux Genabum, 1903, p. 111, ET  publié par  Ange Petit en 1866  dans sa Dissertation sur Genabum- Vellaunodunum p.92-94. Le rapport du capitaine Ed.  Rouby  est ce qu’on trouvera  de plus intéressant dans l’ouvrage de A. Petit avec les plans publiés à la fin :  
« A 50 ou 60 mètres au-dessus de la vallée de l’Ouanne, s’élève une colline [le prétendu « donjon » de Vellaunodunum], dite le bois de la Garenne, au bas de laquelle est bâtie Triguères. Quoique les hauteurs voisines [les trois autres dunum devenus Donons] soient légèrement arrondies,  les flancs de [cette colline paraissent avoir été taillés en talus par la main des hommes pour en augmenter la pente. On rencontre d’abord, en venant du nord, un massif considérable de terre, de l’autre côté duquel se trouve un fossé, dont la largeur, au niveau du sol, est de 20 mètres environ. Les terres de ce fossé  ont été rejetées du côté du sud, où elles forment un rempart de neuf mètres de hauteur d’escarpe [c’est-à-dire une muraille de terre ou de maçonnerie, qui règne au-dessus du fossé, du côté de la place] ; la crête du rempart s’abaisse vers les extrémités et va se raccorder avec les  talus qui terminent la colline à l’est et à l’ouest, formant ainsi une enceinte continue. Plusieurs fouilles exécutées sur la crête du parapet ont mis à découvert les vestiges d’un mur, dans lequel on a trouvé des cendres, du charbon et quelques clous en fer oxydés .Une seule médaille a été découverte à 20 ou 30 centimètres de la surface du sol, dans une fouille faite au pied du talus intérieur, et c’était une médaille gauloise [….] Les crampons de fer oxydés  que nous avons trouvés nous paraissent avoir servi à lier entre elles les poutres qui, conjointement avec les grosses pierres, constituaient les murs d’un oppidum [….] Un chemin ou voie perrée , reconnue pour une voie gauloise par le plus grand nombre,  [… ] vient directement de Sens à Courtenay et longe le côté oriental de l’oppidum [pour se rendre vers le Vieux- Gien et son pont dont on a retrouvé les piles dans la Loire]. » L’ensemble reconnu forme une superficie de 9 hectares, ce qui est peu. Selon moi, il doit s’étendre davantage et englober les Donons.  
Les cultivateurs vont ensuite se hâter de recouvrir de terre tous les lieux de fouille, même le dolmen. Il n’y a plus rien à voir aujourd’hui.

Le Genabum de César ou Gien,  oppidum des Carnutes.
La série de l’orge : Gorgobina, Gargantua, Gergovia, Genabum, Genua.
Pour l’étymologie de Genabum,, il faut partir de kern –av-um, de gor, grain, cf. anglais corn et kernel,  latin granum,  et du nom de l’orge, sanskrit yawah, latin avena, avoine .
Innombrables sont en Europe et en France  les Genabum : Genappe dans les Flandres,  Iéna en Prusse,  Gènes (Genua), Genève (Genava), et en France même Gien- sur- Cure dans le Morvan, la presqu’île de Gien dans la commune d’Yères, sans parler des Gennes etc. Parfois, le toponyme a été christianisé ; à Gien même, on a Saint- Genou ! Il n’y a donc rien d’étonnant si deux Genabum se trouvent sur la Loire. Le Genabum d’Orléans a dû être une colonie du  premier  après son pillage et son incendie par les Romains.
Il existe deux problèmes :
1)le Genabum de César et celui de Hirtius, son continuateur, sont-ils les mêmes ?Sont-ils respectivement  Gien et  Orléans?
2)L’orthographe est-elle Genabum avec un G , apparaissant sept fois chez César, ou Cenabum avec un C,   qui n’apparaît que chez Hirtius , l’auteur du dernier livre des Commentaires , et dans des inscriptions et des textes plus tardifs ? C et G sont identiques en latin dans les noms propres comme les prénoms Caius et Cnaeus, et c’est le souvenir de l’ancien alphabet latin qui ne notait que les sourdes.   On trouve Cenapum chez  Paul Orose, Cenabon chez Strabon  et   Ptolémée,  et Cenabum  dans des inscriptions. Sur le sujet, il faut lire Les deux Genabum, de F. Raud (1903).
Le Genabum de César  est bien l’actuel Gien car César précise  qu’il fait passer la Loire à son armée et qu’il arrive immédiatement sur les terres des Bituriges. « In Biturigum fines pervenit ». En effet, les Carnutes occupaient la rive droite de la Loire au droit de Gien ;  en face,  sur la rive gauche , c’étaient le territoire des Bituriges. Au contraire, de l’autre côté d’Orléans, sur la rive gauche de la Loire, c’était encore  le territoire des Carnutes qui se continuait sur une trentaine de kilomètres de profondeur avant de céder la place aux Bituriges.
Cette dissymétrie, ainsi que l’identification de Vellaunodunum et de Triguères ou plus exactement les Véluns, nous semble apporter la preuve de l’identité de la Genabum de César avec Gien.
Les noms de lieux-dits dont l’un est destiné à donner celui d’Orléans :Cenabum,  Avenio et « Aurelianis » .
1 Le Cenabum de Hirtius, le continuateur de César : Orléans.
Le Cenabum ou  Cenabo de certains manuscrits de  Hirtius (qui devait se prononcer malgré l’orthographe archaïsante comme s’il y avait une sonore, G)  le lieutenant et continuateur de César,  auteur du livre VIII,  est Orléans et non pas Gien. « César vint, à la fin de la saison,  camper à Cenabum, où il fit hiberner deux légions, en partie dans les maisons gauloises, en partie dans les huttes qu’il fit recouvrir en vitesse d’un peu de chaume [pour les isoler]…. Les Carnutes, accablés par la rigueur de l’hiver et par la crainte du danger, chassés de leurs demeures sans oser s’arrêter longtemps nulle part, ne pouvant même trouver dans leurs forêts un abri contre les plus affreuses tempêtes, se dispersèrent,  après avoir perdu une grande partie des leurs, et se répandirent chez les nations voisines » [comme Avenum,  une partie de  la future Orléans] ».   Mais après la conquête apparaît le nom de Cenabum ou Cenabo avec un C. On suppose que, leur ville de Gien détruite,  les Carnutes   descendirent la Loire et s’arrêtèrent, passant par Avenio , puis se fixèrent à  Cenabum,.
A noter qu’ils devinrent des commerçants dynamiques : le mot d’emporium que leur attribue Strabon se rapporte aux Orléanais.
2 Avenio, l’équivalent gaulois de Junon, l’avoine (latin avena) ou plus anciennement l’orge divinisé.
Il existait un lieu-dit appelé  Avenum ou Avenio, Avignon, ce qui a laissé à Orléans le nom de la rue d’Avignon. On retrouve à Châteaudun une rue d’Avignon menant à  Orléans, ce qui montre qu’il existait un autre chemin pour aller à Orléans- Avignon  et que le chemin de Gien suivi par César ne passait pas par Châteaudun
3 Orléans,   « Aurelianis » ou plutôt Orlianos
On a cherché à rattacher ce nom,  apparu tardivement,  au nom des empereurs Marc Aurèle  ou Aurélien, ou bien  à la gens de l’officier Fusius Cita assassiné à Genabum –Gien par les Carnutes. Les problèmes que pose l’étymologie d’Orléans par Aurelianis sont les suivants : il n’y a aucun lien prouvé entre la ville et  l’empereur Marc Aurèle et, bien moins grave, il n’y a pas de raison d’avoir un pluriel. . Me semblent fantaisistes  le rapprochement avec une tribu des Aulerques du Mans (par  métathèse de  Aulercis ?), surtout  les étymologies par aurum alienis, de l’or pour les étrangers, ou aurum heliou, l’or du soleil, ou ora ligeriana, le bord de la Loire.  
Reste l’étymologie véritable  d’Orléans. Elle vient, selon moi, du nom de la  déesse  gauloise de la guerre, Rudiobos ou Rudianos, conforté par des restes archéologiques relevés par B. Robreau, dans « Les dieux des Carnutes : Mars, Jupiter, Apollon » in Mémoire de la SAEL XXXIV-2, numéro 90, octobre novembre, décembre 1990,  p.  3-49, p.  38. Il rappelle que la divinité Rudiobos   « est attestée par l’inscription du socle du grand cheval de bronze découvert à Neuvy-en- Sullias  [près d’Orléans,  chez les Carnutes] ».  Cette inscription cite également  une curie de Cassiciate, cassic signifiant jument en gaulois. Il pourrait s’agir de Rudianos  sous la forme d’une jument et on reconnaît la déesse Epona qui figure sur les pièces de monnaie. .
Rudiobos est  la déesse  des sillons pour l’orge, de rud, cf. lut, sillon, et de iobos, indo-européen yaw-, sanskrit yavah, grec, zéia, orge, et son nom est devenu Rudionos, Rudianos, dans certains dialectes gaulois,  Carnutes notamment.    Ce dieu Rudianos a laissé en Eure-et-Loir le nom de (Villiers-Saint)-Orien , le nom de Ruan dans  le  Loir-et-Cher et ailleurs le  nom des Ruthènes et de Royan, de roillian , en Charente-Maritime,, ainsi que le nom de Louans en Indre -et- Loire. , Louhans en Saône-et-Loire. Peut-être Nottonville, la ferme (villa) de Notionos pour Rudionos,  Nodens ou Nodons, irlandais Nuadha nous offre-t-il une autre forme du nom  de la divinité Rudianos  Citons enfin une petite région de la Drôme appelée le Royans, fort proche du nom d’’Orléans et  qui a dû passer par les stades phonétiques rudianos rolianos (le d se transforme en l par dissimilation), enfin par métathèse à  orlianos..
Le  correspondant irlandais  du gaulois  Rudianos  est Ruadh, le correspondant latin  Libera  de Rudera, qui est identifiée à Cérès.
  A Neuvy-en- Sullias, près d’Orléans,, indique B. Robreau, op. cit.  , donc chez les Carnutes,   on a découvert un grand cheval de bronze avec sur le socle une inscription, qui cite également  Cassiciate, cassic signifiant jument en gaulois. Il pourrait s’agir de Rudianos  sous la forme d’une jument et on reconnaît la déesse Epona, qui figure sur les pièces de monnaie.
Dans les environs d’Orléans, on a Saint-Jean –la- Ruelle  qui vient du féminin latinisé  Rudera, puis rudela.. Les formes en –l mouillé noté [-eil], renvoient à  un Champ de Mars gaulois, champ étant en gaulois ialo-  simplifié en -ogilum .  Grégoire de Tours nous a conservé au VIe siècle un Rotoialensnsim pour  Rueil-Malmaison, qui explique en Eure-et-Loir Rueil-La -Gadelière, Dans le Loiret, la forme La Ruellée, commune de Poilly -lès- Gien, vient de Rudera avec -og (ilu:) ruderogc(il)um,  rueragum, ruelag,  ruelay
A Neuvy-en- Sullias, près d’Orléans,  chez les Carnutes,   on a découvert un grand cheval de bronze avec sur le socle une inscription, qui cite Cassiciate, cassic signifiant jument en gaulois. Il pourrait s’agir de Rudianos  sous la forme d’une jument et on reconnaît la déesse Epona, qui figure sur les pièces de monnaie.
«On a découvert, écrit B. Robreau, au sanctuaire des Bolards en Bourgogne, un petit équidé (mulet) de bronze offert à Mars Segomo [gaulois correspondant au  grec hégémon, guide, chef, celui qui mène les hommes] , le « victorieux », , et le grand cheval de Magdalensberg en Autriche semble aussi une offrande à un Mars celtique.  L’épithète Rudiobos apparaît également très proche de celle d’un Mars Rudianus qui semble en lien avec le culte des têtes coupées sur une stèle découverte à Saint-Michel- de la Valbonne (Hyères, Var) représentant un cavalier dominant cinq têtes coupées. Le dieu pourrait être attesté à la station routière antique de Matavo (Cabasse, Var) si la restitution vraisemblable de la dédicace à M (ars) R(udianus) est bien exacte sur un autel découvert dans cette localité.  On a découvert un torse cuirassé à Orléans dans le secteur de la Porte Bourgogne et une tête casquée à une dizaine de kilomètres plus au nord, à Chevilly, la Croix- Briquet, le long de la voie d’Orléans à Chartres. Mais le dieu est surtout figuré à deux reprises, nu avec la lance et le bouclier, à Vienne- en- Val [près d’Orléans également],  la première fois avec un petit bouclier rond sur une base à quatre divinités en compagnie de Jupiter, Vulcain et Vénus, et la seconde sous les traits d’un jeune homme musclé tenant un grand bouclier ovale sur un autel dont les autres faces portent les représentations d’une Virtus casquée tenant une lance, de Vulcain et enfin de l’Abondance. Etant donné la proximité de Vienne et de Neuvy, il est probable que nous soyons en présence ici de figurations romanisées du même dieu Rudiobos, voire provenant du même sanctuaire que le cheval du dépôt de Neuvy, lequel comptait également une petite statuette de Mars en bronze. »
A Orléans, on a également trouvé en 1902 une inscription provenant d’un bloc utilisé en remploi dans la muraille gallo-romaine mentionnant un dieu Mocetis ou  Mocetes : B. Robreau pense que Mocetes « semble assimilable à un Mars Mogetius,  connu à Bourges et, plus lointainement,  à Saint-Pons de Thomières (Languedoc) ».  Mogetes  vient de ma, grand,  du gaulois ve, semences, et de gesta, grains d’orge, ma-ugesta,  à comparer avec le vieux haut allemand gersta, grains d’orge,et avec Segesta, la déesse des moissons, où le latin se- ou swe- , cf . to sow, semer, en anglais, signifie semences, graines,  ainsi qu’ avec   le latin seges, de segets , moisson , champ d’orge.
Tous ces éléments sont en faveur de l’étymologie d’Orléans comme la ville de Rudianos.
Noviodunum Biturigum, Neuvy-sur-Barangeon
Les partisans d’Orléans comme identique au Genabum de César ont proposé pour ce Noviodunum Biturigum dans le prolongement d’Orléans Nouan –le-Fuzelier ou Neung- sur- Beuvron (où il y a les ruines d’un oppidum, mais qui  se trouve   en territoire carnute, et non biturige) ;  d’autres,  comme Raud , ont proposé Sancerre et  certains partisans de Gien Argent-sur-Sauldre ou Aubigny- sur- Nere. On a aussi proposé Neuvy -en- Sullias, Dun -le- Roi, Châteauneuf, Nérondes, Nevers, les environs de  Châtillon-sur-Loire, Vierzon, Nohan -le -Goût, Pierrefitte, etc.
 Je me rallierai avec Julian à Neuvy- sur -Barangeon qui présente l’avantage de posséder des ruines romaines, des vestiges de voie ancienne et un nom, Neuvy qui provient de Noviodunum., doublé du  nom de Barangeon, évolution de Biturigum (génitif pluriel, des Berrichons,  cf .  Bourges), qui a été pris tardivement pour une rivière.  A 3 kilomètres de là, à Villatte, il y a des eaux et des sources, ainsi que des antiquités. Sur la voie gauloise de Gien  à Bourges (César,  VII, 12, 2), « oppidum Biturigum positum in via », 12, 2), vers la Sauldre, frontière des Carnutes et des Bituriges,  l’oppidum de Neuvy  – sur- Barangeon était au centre du village du  Grand Villatte .  
Avaricum.
Avaricum (de l’ibère adura, rivière, donnant aduar, puis avar + suffixe –icum, la ville sur la rivière)  survit dans  le nom de rivière   l'’Auron (de avar + suffixe de rivière -on),  par exemple dans le nom de l’oppidum de Dun –sur- Auron à proximité de Bourges (qui vient de  Biturigis , la ville des Berrichons)   et dans le noms de  rivière,  l’ Yèvre, de adura.   
Gergobina, la Gergovia des Boïens : Sancergue.  
Gergobina, la colonie  fondée en Gaule par les  Boïens (de  Boii, habitants originellement la Bohemum ou Boiohaemum, la Bohême, gaulois haemum, terre, proche du latin humus et du grec chthôn, des Boiiens.
César les regroupa dans une Gergobina, où bina est probablement l’adjectif correspondant à Boïens.
Sancergues vient de cirig, qui est attesté, et qui a été secondairement  sanctifié.  Cirig  vient  de gorgo(bina) par Corgi Corig avec  métathèse du G.   
Noviodunum, Neuvy- sur- Loire, et non pas Nevers.
  Ce Noviodunum, où  César avait placé son intendance générale, est  Neuvy- sur- Loire. Noviodunum ne signifie pas la nouvelle éminence, ce qui d’ailleurs n’aurait guère de sens, ni même la nouvelle forteresse, mais la forteresse où l’on fait le sacrifice, novio-  étant l’altération du gaulois medhio qui signifie lieu du sacrifice.
Nevers, « Nevernis »,   ablatif pluriel, chez ceux qui habitent la Nièvre
  Nevers est attesté à l’époque carolingienne : Nevirnum, Ebirno, Neberno. Ce n’est pas le Noviodunum qu’on croit, où César avait placé son intendance générale (Neuvy -sur- Loire).  Son nom est dérivé du nom de la Nièvre, Niverna, de neva-rona,   et apparenté au nom masculin de Narbo, Narbonis, Narbonne, de narv-ona , -ona dérivant de vona, suffixe hydronymique. Sont parents les noms de la  Navarre,    de la Neva en Russie, de la Nive en pays basque, du Morvan, de novrona, morvona. La racine ibère est nev, niv, nov-  et signifie cours d’eau. Elle prend une forme instable  avec m initial.


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